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Tome second. C - I.
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H A N N O N.

(c) Citation

(H).

69 r

( A ), je veux dire qu’il parvint jusques à i’cxtrémité de l’Arabie. II composa une Relation de sonVoiage, qui fut souvent alléguée-, mais on n’y ajoûtoit pas beaucoup de foi (B). II en reste quel-que chose (C). On n’est point d’accord sur le rems ou il a vécu (Z)), & l’on n’a aucune preuveque les Carthaginois l’aient fait mourir. J1 apendit an Temple de Junon la peau de quelques femmesíauvages qui a voient été écorchées par son ordre. Voiez la derniere Remarque ( c ).

HAR-

(1) Pompo-nius Mêla,Libr. III ;Cap. IX ,pag.63 Edit.Ifaaci Vos-sii.

(2 ) Pìinius,Libr. //,Cap. LXVII,fag. m. no,211.

(ì) Salmas.Exercit.

Flin. pag.1242, 1244.

(4') Isaac.Voíïïus ìnMelam,

Libr. III,Cap. IX,pag. ìo;.

(t) Híníus,L-ír. V,

Cab, f. par,W. 525 , Si 4 *

(S) Athcn.Libr. lll,pag. 3 3 , dectijus verbisvide Vos-lïum deHistoi.Grarcis, pag.S 14 -

(7) Salmas.Exercitar.

ï'lii::an,v ,

peg. r 141.

( 3 ) Isaac.Voffius inAîelam,pag. 302.

(p) Har-duinns, ittInd Autor.Plinif, gag.

113.

(to) On tep&ít bi’nn&ntmrr ainsi,car il ne rsm-plií pas sixàtmi~ p&o<sdant s Edt-

tim jtj 8

Oxford

fit) No'ez,que dant la,Préface desEdititmes Oxford onn a point dit

gxe Boeclc-

ÏUS pnhiia

Harmon a-vec da Notesfan . 1661.

( 12) Vos-íiuSjdeHíst.Grarís, pag.5IZ.

(il) Nequeistnm sac-rípms Bar-rhinae, de<jno Líviuslibro debello ptmïcosiCq-udo. 'íi m , ihid,ll y a biendu désordredans ces pa-roles 4 e VoS-

ÍíUS ; astres

ÏÎHíchij]^ fil fallait met-tre inimlerm , & «r-près liWio ilfaut z 1 dumde, on cjuel-qxe chose desemblable.

( 14 ) Justi-nus, Libr.

XX, û>p.ult.

(lí) Idem ,

(A) ll eût continué fa Navigation, ji les vivres ne lui eus-sent manqué. &utlques-uns astúrent qu il l’acheva . ] DeuxPassages, l’un de Pomponius Mêla, l'autre de Pline fevontici notre Commentaire. Hanno Carthaginenfis exploratummijfus à fuis , cum fer Oceani oftium exijjet, tnagnam partemejus circumveHus ,non fe mare fed commeatum defecijfe memo-ratu retulerat ( i ). Voions les paroles de Pline (z) : EtHanno, Cartbaginis potentia florente , circumveblus à Gadibusad finerr, Arabia, navigationem eam prodidit feripto. Saumai-se supose que Pline s'est abusé, & qu’Hannòn ne poussa passes découvertes jusqu’à la Mer rouge, màis seulement jusquesaux Iles Gorgades (3). Isaac Voffius nc s’éloígne pas de cesentiment; il croit que file, qu’on nomme aujourd'hui deSainte Anne, borna la Navigation de ce Général Carthagi-nois (4).

(B) ll cc^ipofa une Relation . . .; mais on rìy ajoûtoit pasbeaucoup de foi.'] Pline assez indulgent d’ailleurs , commetout k monde le fait, n’a pu s’abstenir de dire que cet Au-teur avoir débité beaucoup de fables. Fuere, dit-il ( 5: ), erHannonis Carthaginenfium ducis commentant, Punicis rébusJlorentifflmis explorare ambitum Africa jufft : quem fecuti ple-riqueé Grícis nostrisque, C7 alia quidam fabulofa, er urbesmultas ab eo conditas ibi prodidere quartim nec memoria allanec veftigium exstat. Voiez aussi Athenée (6).

(C) . . . ll en reste quelque chose.'] Sigismond Gelenius lefit imprimer en Grec à Bâle chez Froben l’an 1533. On enfit une seconde Edition dans la même ville l’an 1559, avecla Version Latine, & quelques Notes de Conrad Gesner.Cependant Mr. de Saumaise a dit qu’il semble que cet Ou-vrage n’a jamais été conu aux Grecs. Scriptum illnd non vi-detur innotuiffe. F.tenim fi venilfet in notiùam ac manus Gra-corum totam eam meridïani Oceani oram minime reliquijfentsntaâlam (7). II ignorait donc les paroles de Pline que j’aicitées dans la Remarque précédente, & le Passage du Livreet£í( 6xvp1r.17ie.1t àr.xa-ptarav , de audiùonìbus admirandìs, oùHannon est allégué. On en fait aussi mention dans l’Epito-me d’Artemidore d’Ephese. Voilà des exemples qui nousmontrent qu’il y a des choses très-faciles à savoir qui sont in-conues à ceux qui ont le plus de lecture, & la mémoire laplus vaste. Isaac Voíïìus n’a point pardonné à Saumaise cet-te méprise (8). Le Pere Hardouïn ne l’a point non plus ou-bliée (9). Notez que l’on publia à Leide en 1674 ce queGesner avoir publié à Bâle en 1539, je veux dire le Pcriplusd’Hannon avec fa Version Latine & ses Notes, & avec l’A-frique de Jean de Léon. Mais Berkelius joignit à cela quel-ques Remarques extraites de la seconde Partie du GeographiaSacra de Mr. Bochart. Le même Opuscule (10) d’Hannona été publié à Oxford en 1698, par les soins de Mr. Hudfonávec plusieurs autres Ecrits de même nature dans le I Tomedu Géographie veteris Scriptores Gr&ci minores. Les Disserta-tions de Monsr. Dodwel qui ont été mises à la tête de ceVolume, & qui traitent amplement de ces anciens AuteursGrecs font remplies de savoir. Celle qui concerne Hannonn’est pas la moins importante. Mr. Dodwel ne croit pasque ce Capitaine Carthaginois ait fait le Períplus que l’onavoir fous son nom. II l’attribue à quelque Grec de Sicilegrand fauteur de la gloire de Carthage. II croit auísi queJe Períplus qui porte aujourd’hui le nom d’Hannon estfort différent de celui qu’avoient les Anciens. Voiez lamarge (ri).

(D) On n est point d’accord fur le tems oìt il a vécu.] C’é-toit selon Pline lors que les affaires des Carthaginois floris-soient le plus. Cela est vague, néanmoins Voffius (iz) ytrouve un juste sujet de conclure que notre Hannon n’é-toit ni celui dont Justin parle dans le Livre XX , ni celuidont Pline fait mention au Chapitre seize du VIII Livre,ni celui qui étoit chef de faction dans Carthage pendant laseconde guerre Punique (r3) ; mais celui qui fut envoiecontre Agnthocles comme nous l'aprend Justin au Li-vre XXII. Hann-on au XX Livre de Justin fut envoieen Sicile contre le Tyran Denys : Les Gaulois avoient dé-jà pris la ville dc Rome (14), & ils la prirent Fan 366 defa fondation. Ce même Hannon fut tué quelque temsaprès avec toute fa famille pour avoir tâché de se rendremaître de Carthage (15). Je ne sai si cette ville n’étoit pasalors aussi florissante qu’au tems qu’un autre Hannon futenvoie contre Agathocles ( 16). II perdit la vie dans uncombat l’an de Rome 443. Je ne vois donc point de cer-titude dans la pensée de Voffius. Notez que le Passage dePline qu’il allègue regarde un Hannon qui fut condamnépour avoir eu l’industrie d’aprivoiser un lion ; car on se per-suada que la liberté de la patrie n etoit point sûre entre lesmains d’un Généra] qui étoit venu à bout de la cruauté desbêtes féroces. Primus hominum leonem manu traílare auftts ,ttf cflendere manfuefaSlum, Hanno e clarijftmis Pœnorum tra-ditur ; damnntusque illo argumenta, quoniam nihil non perfua-Jurus vir tam artifìcis ingenii videbatur : e? maie credi liber-tas es, cuitn tantum ceffîjfet ettam feritas ( 17 ). Voffius ob-serve que Phitarque a parlé du même Hannon. En effet ilait que les Carthaginois le barrirent, parce que le votant faire

Lilr. XXI, Cf!’. iv. (l S) Idem, Libr. XXII, Cep. VI. (17) xli-

Libr. VUl, Cap. XVI. pue. 1 6s.

porter son bagage à un lion ils le soupçonnèrent d’aspirerà la Roiauté (18). Pline ni Plutarque ne disent rien quifasse conoître en quel tems cela se fit, & il est mal-aisé decomprendre par quelle raison Voffius s’esl imaginé qu’ils par-lent d’un Hannon différent du nôtre. Le Pere Hardouïn estd’un autre sentiment; car il croit que le Voiageur ne diférepas de celui que l’on condamna pour avoir aprivoisé un lion.II n’en sauroit alléguer aucune preuve, & l’on peut me meconjecturer qu’il s’est trompé; car il y a quelque aparenceque si le même Hannon qui navigua autour de FAstiqueétoit celui qui aprivoisa un hon, Pline eût touché cette cir-constance. Le plus fur est de ne prendre point de parti : nenions point ce que Voffius a nié; n'affirmons point ce que lePere Hardouïn affirme. Notez qu’il supose que Pline assurequ’on fit mourir Hannon (19): mais il vaut mieux donnerune explication plus vague au mot damnatus , puis que Plu-tarque spécifie la peine du banissement. On peut faire à Vos-sius cette Objection. Aristote au Livre de admirandis audt-tionibus a cité Hannon ; il faut donc que ce Général Cardia*-ginois ait vécu avant Agathocles. Mais Voffius répond (zo)>qu’Arjstote n’est point F Auteur de ce Livre. Solin ne noussert de rien quand il avance que Xenophon de Lampsaque acité Hannon ; car outre que l’on ignore en quel tems ce Xc-nophon a vécu, on a lieu de croire que Solin nous trompéVoici ses paroles (zi): Has (Gorgades insistas) incolueruntGorgones monftra , is? fané usque aàhuc monstrofa gens habitat-Distant à continente bidui navigatione. Prodidit denique Xfnophon Lampfaccnus Hannonem Pœnorum regem in eas pertneapvijfe , repertasque ibi fœminas aliti pcrnicitate, atque ex otn» 1 'bus qua apparuerant , duas captas tam hirio atque aspero corpo-re, ut ad argumentum fpeélanda rei duarum cutes miractdlgratia inter donaria funonis suspendent : qua duravere usqtitin tempora excìdii Carthaginenfis. II est visible que ce Passa-ge est une copie de celui-ci : Contra hoc quoque promontoriu ctGorgades ïnfula narrantur , Gorgonum quondam domus, bidiPnavigatione distantes à continente , ut tradit Xenophon Latnjffacenus. Penetravit in. tas Hanno Pœnorum Imperator, prod 1 'dttque hirta fœminarum corpora , viros pernicitate evafijfÇduarumque Gorgonum cutes argumenti csr miraculi gratia tnJunonis temple pofuit , fpeSlatas usque ad Carthaginem cap'tam ( 22). La copie difere de l’original en ce que Pline n’at;tribue point à Xenophon comme fait Solin d’avoir raportequ’Hannon pénétra jusques aux Iles Gorgades, &c. Mr. deSaumaise supose que Solin a brouillé cela afin de prouver effXenophon- de Lampsaque avoir vécu après Hannon. Hoc ob'tinere vult Solinus ut finis illi respondeat principiis , ex toto &curfu stbi constet. Hanno vetustior Xenophonte Lampfacc»o.Gluomodo igitur hic de illo prodere potuit (23)7 J’avoue q uec’est une énigme impénétrable pour moi ; car je ne puis com-prendre que Solin ait eu aucun intérêt à faire voir qu’Ha n "non précéda ce Xenophon. Encore moins puis-je coropj CI î'dre que si Xenophon est postérieur au Carthaginois, il lui aiété impossible de le citer comme îe supose Finterrogation °Saumaise. Je trouve assez aparent que Solin a réduit à _° n .les deux Citations de Pline par Fesprit de brouillerie qui ^est propre; mais je n’oserois assurer que Xenophon de LamP'saque n’a point dit tout ce qu’il lui attribue: si cela étoit,mdirez-vous, Pline n’auroit pas cité deux Ecrivains, il f e *roít contenté du témoignage de Xenophon. Vous vous trompez, répondrai-je; l’ordre veut qu’à F égard des choses stl’on fait qu’Hannon a dites Iui-même, on le cite préféra»!ment à ceux qui témoignent qu’il les raporte.

Isaac Voffius s’est bien éloigné du sentiment de Con Pre; car au lieu de dire que notre Hannon a vécu aud'Agathocles (24), il Ic fait antérieur à Homère Lc Hc *de. II ne se contenta pas de le faire Chef de l’exp edltlque firent les Phéniciens un peu après la ruine de Troie GÌgst trouva dans la fuite que ce ne serait pas lui donner ad antiquité. II suposa donc dans un autre Ouvrage ( ^3-qu’Hannon & Perlée vécurent en même tems. Mt. ^wel a réfuté savamment & solidement cette prétention, ^toutes les preuves fur quoi l’on avoir tâché de Fétabn • ^fait bien valoir le Passage du II Livre de Pline, oU y 0 ; a _marqué qu’Himilcon & Hannon entreprirent de longs g /iSges. Et Hanno , Carthaginis potentia florente , cir ff r cr ìp-à Gadibus ad finem Arabia , navigationem eam produit J ^to : ficut ad extera Europa nofeenda mijfus eodem ten f°\ e X í yO'milco ( 27 ). On trouve que pendant îa guerre d, 8 x ,clés & des Carthaginois, ceux-ci avoient deux y,en ^dont l’un s’apelloit Hannon, & l’autre Himilçon q Ue

peut d’ailleurs suposer avec beaucoup de vraisembia \cet état florissant des Carthaginois, dont parle cat

céda la prémiere guerre qu’ils eurent avec les Rom ^ en tpendant cette guerre il n’y a point d’aparence q _ >j,§

songé à découvrir de nouveaux pais, & 1°" "J dom mage-ne terminèrent cette guerre - la qu a leur g ïo2 jques

C’est pourquoi ces deux grands ” ract f 1:s ., Hannon q ul

de Pline nous meneur à suposer qu d P ar J e , S M r.

florissoit au tems d’Agathocles..Vous trouve a 1 p£r .

Dodwel (29) un beau détail d Observations q P O

suader que l’on doit mettre notre Hannon enlympiade 8 c la 129.

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