HÀRPALUS. HARRAVAD. HARTUNGUS. ê$*
Moralitez du Perc Lescalopier ne font pas bien apliquées. 11 y a dans Euscbe Une faute que jc mar-querai (K).
étoìt un fameux brigand, aussi conu par le bonheur quil’accompagnoit dans ses brigandages , que par ses brigan-dages mêmes: fa longue prospérité étoit conue, comme ilparoit par la conséquence que Diogene en tira; vu qu’onfe rendroit très - ridicule à crédit , si l’on raisonnoit de lasorte dans une ville où les bonnes prises d’un Corsaire ne fe-roient du bruit que depuis quatre oU cinq ans. Joignez à ce-la qu’il n’y a rien qui aplique davantage à faire des réflé-bi) xions de murmure fur la prospérité des médians, que de
ï'* ìT»j u se voir malheureux à cause de cette prospérité ( 41 )• b il
(c > y a donc quelque voleur dont la longue impunité ait pu
arracher de 1a bouche de Diogene la plainte que Cice-*’ At hée. AS ton a raportée , c’est fans doute celui dont Diogene de-
vint esclave ; or comme il devint l’esclave d’un Pirate ,non pas du Gouverneur de Babylone , il faut conclu-kr) Lesca ^ ssi' e le témoin, qu’il croioit qu’on pouvoit produirebx. c om . contre l’Existence des Dieux', étoit le Pirate qui l’avoit pris.£'. ent ar. in C’est donc en vain que le Pere Lescalopier (42) repré-
Njtaí >n * de í ' ente a s CS Lecteurs , qu’Harpalus Gouverneur de Babylo-
Oeotúm ne ne demeura point long-tems impuni, après avoir enle-L.kr. ni vé les thrésors du Roi son maître. C’est en vain qu’il mon-
f “£'6S3.’ ire que ce voleur ne fit que passer d’infortune en infortu-
ne, & qu’il fut misérablement tué au bout d’un an: il ne
fait que raisoiiiier contre lui-même ; plus il avarice vers soirbut, plus il s’écarte de son sujet; car il s’agit d’un voleurqui avoìt été long - tems heureux : voilà l’Objeétion ; 8tvous nous alléguez un voleur qui fut puni presque sur lechamp: ce n’eit pas répondre; c’est plutôt travailler, finsy prendre garde , à faire d’Une difficulté qui n’est presquerien, une pierre d’achopemcnt pour les simples ; c’est unscandale pour eux que de voir que l’on répond à un profa-ne , en bouleversant tout l’état de la question. Et puiscette conclusion du Pere Jésuite , n’est - elle pas édifian-te? Omitte Harpalum, fume Diogenem: ne querere quoi ré-gis, pecunis.prs.do unum annum vivat in suafortuna: quere-re quoi prsio divins ptovidentis in sua impietate longamvitam vivat : sed neque id certe conquerenàum est , nam lon-ga vita miserrimi cariis omnibus infefli, omnibus exofi , Ion- f 43 ) Lescá-%um fupplicium fuit , longions tamen suppliât breve prslu- lopier indium ( 40 ) Cicer.de
(K) Il y u dans Eusebe une saute que je marquerai.~\ II dit f f*'
fous la troisième année de la 113 Olympiade, qu’Harpalus p a g.'hi.’s’enfuit en Asie, Harpalus fugit in Asiam. Scaliger aprou-ve cette Chronologie; mais il corrige Afiam par Annam-,
Pi il est certain que si Eusebe n’a pas dit Atticam , st l’a dû ck ^ Kdire. Bongars (44) avoìt corrigé fugit ex Asia.
HARRAVAD (í sac Ben) Rabin célèbre vers la fin du XII siécle. II a écritquelque chose, mais on ne fait pas au vrai ce que c’est. On lui attribue deux propriétez admi-tables i car on dit qu il pouvoit conoitre au visage des gens s’ils avoient une ame qui tut venue Bibiìothecád’un autre corps, ou qui eût commencé d’exister au moment qu’elle avoìt été unie au leur j 6cencore qu’il fût aveugle, il difeernoit sûrement par l’odorat si quelcun étoit en vie* ou non (s), dfl™, m;La Critique du Pere Bartolocci est un peu grossière en cette rencontre {A). f- 888 > 8Sî -
b) Barto-
> Bi-bl,o thtca
î^bbinica,
z 0 ”’- m,P % *8 S ,
(A) La Critique du Pere Bartolocci est un peu grosttere encette rencontre, j Aiant cité ces paroles du Rabin Rckanati,cr licet fuiffet cscus fenfibilitetgpercipicbat ex atre an ïste fuiffetvivus an vero mtrtuus , il ajoute ( I ) , cognofcere cadaver exolfaâlu mira res apud judsos : quia cum Judsi maie olentesinter fe continue verfentur , illorum olfaciendi fenfus videturdepravatus , ut inter cadaveris & latrìnarum maíum odoremdistìnguere nefeiant , n'tst prodigium fiat. C’est une mau-vaise raillerie , & si l’on veut se défaire de tout esprit dechicane , l’on reconoitra que l’odorat de ce Rabin avoìtquelque chose de fort particulier, en cas qu’il fît le discer-nement dont il est question. Car il ne faut pas préten-dre qu’on ait voulu dire qu’il difeernoit si un homme mortdepuis quelques jours ne vivoit plus ; tous les aveuglesferoient fans peine cela. On a voulu dire que lc change-ment qu’il fentoit dans l’air, aussitôt qu’un homme étoit ex-piré , lui faisoit conoître certainement la mort de cet hom-me. Ne m’avouera-t-on pas que ce changement est im-perceptible ? Le Pere Bartolocci a censuré une autre cho-se. II demande comment ce Rabin aveugle pouvoit co-noître l’âge de l’ame en regardant au visage. Afin que cet-te Censure fût juste , il faudroit que les mêmes gens quiont parlé de cette vertu de notre Rabin, eussent nettement
déclaré qu’il étoit alors aveugle, & qu’st fe servoit de l’ins-pection du visage. Or il ne paroit point qu’ils aient faitpareille déclaration. Pius iste Ben Harravad cognofcebat exvultu , ut rum anima creata in ipfo afilu infufìonis informareturhomo ; an vero aliunde ex tranfmigratione anìmam haberet ad-ventmam (2). Ces paroles du Rabin Rekanati ( 3 ) témoi-gnent bien que l’autre Rabin conoissoit par le visage , silame des gens étoit toute neuve, ou non; mais non pass’il le conoissoit en regardant le visage, ou en le touchant.Or ces deux moiens ne font pas moins merveilleux l’unque I autre , & il semble même que le dernier soit plusdifficile que le premier. On m’objectera en faveur de Bar-tolocci ,■ que Rckanati fàiíànt mention de l’autre proprié-té , observe que le Rabin Harravad étoit aveugle ; maisje demanderai toujours , le fait - il être quant à ce tems-là ce merveilleux Physionomiste qui difeernoit fì les âmesétoient dans le lieu de leur naissance ? Car s’il a seulementvoulu dire qu’Harravad difeernoit cela avant que de deve-nir aveugle , que deviendront les railleries de Bartoloccises exclamations , ses invectives? II avoit,sujet de se mo-quer de tous ces contes; mais il faloit se servir d’autres rai-sons. La justesse est nécessaire qui que ce soit que l’onveuille réfuter.
U) R. Re-,
kanati. astuáBartolocc.Biblìoth.Rabbiníca,Tom. 111 ,
fag» 888.
(3) Elles entété inférées
par Giuteius
au II Tomedu Thesau-iùs Ciitictre;
HARTUNGUS (Jean) né à Miltemberg (a) l’an ifoy, sic Tes études dans fa pa-trie, Lc puis dans l’Université d’Heidelberg. U prit ensuite les armes, Lc les porta en Hongriecontre les Turcs ; mais il fe remit quelque tems après au doux service des Muses, Lc fut Profes-seur en Langue Greque dans l'Académie d’Heidelberg. II s’aquita glorieusement de cette Char-ge pendant quinze ans -, & il ne l’auroit point quittée si l’on n’avoit établi la Religion Protestan-te au Palatinat l’an 174 6. Ce changement l’obligea à chercher un autre poste; il en trouva una Fribourg dans le Briígaw, & il en fut si content qu’il ne le quitta qu’avec la vie. II tint unirang honorable parmi les Professeurs de Fribourg, & il eut beaucoup de Disciples. II fit des Le-çons fur Homere , Sc fur quelque autres Poètes, Lc il composa d’assez bons Livres ( A ), 11
mourut dans la même ville le 16 de Juin 1779, après y avoir professé les belles Lettres trente-trois ans. L’Epitaphe qu’il se fit témoigne qu’en instruisent la jeunesse il avoit foufert beaucoupLc apris beaucoup {b) (fi). r
HEBED-
aÌ Mtkh -
v-? m - inrhîl °-3 0 Ï 0t - tV.
k) Janus
J-’narumtection.Hir. n,
y- F/ >
s 62.Infini-f, S- 566.
{A) Il composa d’astex. bons Livres.'] Des ProlégomènesLr des Notes fur les trois prémiers Livres de l’Odyssée. Chi-liades locorum Homericorum : Decuris locorum quorundam me-morabtlium ( i ). H traduisit en Latin le Poème d’Apolloniusfur les Argonautes. Cette Version n’est point estimée. Voi-ci le jugement qu’en a fait un bon Critique (2). Miratusfum hommetn erudttum, & in Grsca prsfertim lingua cuml “ude verfatum ita transtulise [Apollonium] ut non paulo fa-etlius ft Apollonium sua , hoc est Grsca , lingua astequi ,?««« ea qua eum Hartungus loquentem fecit , latina. Uparque tout aussi-tôt quelques erreurs de cette Version,& si fait entendre qu’il en pourroit indiquer quantité d’au-tres ( 3 )•
ptrstlm in qmíus lonpjsmè à ftnttnùe Apollenii aberurit. Idem, ibidem,
(S) Lhpîtaptoe qu il Je fit témoigné qu avoit J
sert . . . ct* áprts keauèoup.'j Ellè est: digne d’être rapox
IloAAflff Trctôáùií 9 xdt 'srôAAà pLctêcûv !v Tróct^oê'l^'dtrKSiví/yd# Íé vyy %etfd.cct ç-yy ®eco yç'úftioç*
La Version Latine, que l’on en trouve dans Melchìordam (4), est très-mauvaise : elle ne répond nullement àtension de l’Auteur, qui étoit de faire savoir que sa Cge de Professeur avoit été fort pesante. Je ne «porte p
/ Utr L F ; P ! taphe , Har ï un .S US fe fit en Grec : cherch*dans Melchìor Adam. Je fuis sûr que Lotenzo Crassifmis dans fa Liste oes Poètes Grecs, s’il eût su ce ovient de «porter. L oubli de cet Italien me ì w ^que Mr. Bailler n’a point mis Hartungus parmi Crisi
(a) Villedl ^SlUmaghifar le Mets
(b) Tiré deMelchiorAdam, inVitis Philo-íoph. Get-manornm,t. 300, joì,’
1 4Ì La veièiéMulta tuli,didici, do-cui dum fa-ta sinebant,Mortuus infummonunc te-quiesc oBec.
TOME II
T ^ 11