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tre par raoort à k Duchesse de Valentinois, qui dans un âge difproportioné à celui de Henri IIne laiísoic'pas de le tenir dans ses fers, & d’abuser très-injuliement de cet esclavage. Le Conné-table, bien loin de fortifier ce Prince contre les pièges de cette femme, intrigua pour elle, Lcse dévoua à sa faòcion (d). C’est dommage que le Régné de Henri 11 ait de si mauvais endroits;car il fut d’ailleurs remarquable par des actions glorieuses, & par de très-beaux succès qui morti-fièrent cruellement Charles-Quint. Ou ne sauroit contester à Henri 1L la gloire d’avoir été bra-ve, 6c i’on dit qu’Elisabeth Reine d’Angleterre avoit de l’admiration pour lui de ce côté-là (£).Mais après tout ce fera un éternel témoignage de fa foiblesse, & de l’empire que ses Favoris exer-çoient fur lui, que contre l’avis des plus sages têtes de son Roìaume, il ait signe le traité de paixde Cateau en Cambrcsis : Paix non moins honteuse à la France , que celle de /’ Empereur Jovinianavec le Roi de Perse , tant descriée par toute Vancienneté (e)> paix qui par un seul coup de plumesit perdre dans un moment ses travaux ôc les conquêtes de plusieurs années, £c une étendue depaïs qui égaloit le tiers du Roiaume (/). 11 n’y eut personne qui profitât de cette honte de la
France autant que le Duc de Savoie j car outre qu il fut rétabli dans ses Etats, il épousa la sœurde Henri 11 Princesse de grand mérite ( F) , & qui sut duper la Cour de France fort avantageu-sement pour son mari ( G ). Elle n’étoit point jeune quand elle se maria; & de la vint que lesmurmures contre la paix détendirent jusques fur elle ( H )• C’elt fans raison qu’un Auteur mo-r J derne
(d) Votez,j* ^Article
(-) Pasquîer*
Lettres,Livr. XV,Tom. II ,pag«221. Votez»Livr .
IV , 7 sw, /*.471 *
(f) Mou-lue, Mé-moites ,Livr. IV,
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tere ìpfì fa animus, defìnt , qui panes Anglicas fequantur (2,7).Vojez dans le Testament Politique du Marquis de Lou-yois (2.8) quelques Réfléxions fur les violences exercées enHongrie contre les Protestans, par les ordres de la même• , ■ Cour 1 U * P eu a?tès a rendu de lì grans services aux Protes-Ediì. dt s* ns tse la Grand’ Bretagne & de Hollande, que Louis XIV“ Jaques II étoient résolus d’oprimer, dit-on.
.(Ç Elisabeth Reine d’Angleterre avoit de Vadmiration pourlui du côté de la bravoure. ] Brantôme nous instruira là-des-!! S 's al 0Ul ce nter à la Reine d'Angleterre qui efi aujourd’hui,dlt-li ( 29 ), que c’étoit le Roi rj? le Prince du monde qu'elleavoit plus désiré de voir pour le beau raport qu on lui en avoits lt ’ pour la grande renommée qui en voioit par tout ....Etant a table devisant familièrement avec ces Seigneurs , elledit ces mots {aprés avoir fort loué le Roi) c ttoit le Prince dumonde que j a,vois plus désiré de voir, es? lui avois déjà mandéque bien-tôt je le verrais , es? pour ce j’avois commandé de mefaire bien apareìller mes galères (usant de ces mots) pour passeren f rance exprès pour le voir. Volez le même récit dans lesMémoires des Dames Galantes, où il est expressément mar-qué que cette Reine desiroit de voir Henri II, à cause qu’ìlctoit brave , vaillant , ts? généreux , es? fort martial ( 30 ).
(F) Le Duc de Savoie épousa la soeur de Henri II, Princessede grand mérite. ] Elle s’apelloit Marguerite comme fa tantela Reine de Navarre , 8c avoit comme elle beaucoup d'incli-nation à l’étude, & à protéger les Savans. Elle fut soupçon-née d’avoir goûté les nouvelles opinions, 8c d’en avoir com-muniqué quelque chose à Catherine de Medìcis (31). Voiezson Eloge dans Brantôme (32), 8c dans Mr. le Laboureur.Ce dernier nous aprend un fait qui mérite dette su. Mar-guerite de France, dit-il (33), fut mariée à 46 ans (34) , es?comme son âge fembleit trop avancé pour croire quelle eût des
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, Tom, I, enfant, on crut que le bruit de fa grossesse ttoit une ruse, pour
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qu il detenoìt. C’c/l pourquoi le Sieur Huraut de Bois-Taillé,Ambassadeur à Venise, manda en une lettre du 27 Juillet1561 à Bernardin Bochetel Evêque de Rennes, Ambajfadeurde France en Allemagne, l'on dit que Madame de Savoyeest grosse, mais je croi que cela se fait ad aîiq'uid. Ce bruitfe trouva vrai par la naissance de Charles Emanuel , ayeul duDuc de Savoye qui régné à présent (35 ).
( G ) . . . & qui sut duper la Cour de France fort avanta-geusement pour son mari. J Le traité de Cateau portoit que
dans 3 ans les droits que le Roi prétendait fur les terres du Ducde Savoye feraient examinez, c r reglez, par des Commissairesde part es? à'autre (36). Le Roi François II , & le Duc«voient nommé pour cela des Députez l’an 1560. Les Dé-putez du Roi firent six demandes très-considérables ; maisau lieu d’obtenir quelque chose, la Cour de France abandon-na toutes les villes qu’elle s’étoit réservées. Elle ordonna parLettres patentes du 8 d’Août 1561 , qu’on remît au Duc Tu-rin, Chivas , fffuiers, es? Ville neuve d’Ast, à la réserve desmunitions es? de Vartillerie, en efchange de Pignerol, Savil-lan, es? la Perouse, avec leurs finages. Imbert de la Platie-re Bourdillon, Lieutenant pour le Roy delà les Monts ,' formaplusieurs dtfficultez, envoya de grandes remonstrances au Con-seil pour empefeher l'éxecution de cet ordre, es? ne voulut obéirqu aprés trois Jtíffions ,es? fur des deschargts les plus folemnel-îes qu’il fe put imaginer. La Duchesse joua bien son rôledans cette Négociation : Sa prudence fut louée d’avoir conquispar son adrefje les places qui restoìent à rendre, cs? que lesCommissaires du Rot ne purent defendre contre fa douce manié-ré de soulever innocemment les coeurs , es? de forcer les placesles plus imprenables. C’est. Mr. le Laboureur qui dit ce-la ( 37 ). Brantôme raconte fort au long toute cette affaire :les divers sentiment des Ministres ; les opositions formées parBourdillon, 8c les maniérés dont il fe laissa fléchir. 11 en coû-ta bien des présens au Duc Sc à îa Duchesse de Savoie ( 38).Ilrestoit encore trois places aux François dans le Piémont,savoir Pignerol, Savillan, 8c la Perouse. La Duchesse se-conda merveilleusement son mari pour les retirer d’entrcleurs mains, i ors que Henri III passa par Turin en reve-
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nant de Pologne. J je me servirai des paroles de Mr. Varil- le Laboureur qui avoit íu ces paro!e^ 7 on 77 "î 5 Ue ■las. „ Le Duc 8c la Duchesse de Savoye qui fe propo- nous vienne dire néanmoins. traichemc
„ François delà les Alpes, mirent en usage un artifice tout„ nouveau, qui fut celuy des divertillemens 8c des festins„ qui se Aiccedoient de si prés les uns aux autres, qu’à peine,, restoit-il du temps pour dormir. Des relations de bonne„ main parlent d’une Collation superbe qui coûta cent-mille„ écus : le Duc 8c la Duchesse en avoient fait la dépense ,
„ 8c ce fut pour se dédommager qu’ils presserent Henry trois,, de leur restituer Pignerol, Savillan, Sc la Perouse (39) ”.Henri III leur promit qu’ils auroient satisfaction, 8c leur tintparole ; car aiant tenu conseil à Lion sur cette affaire, l’éva-cuation de ces trois places y fut conclue, nonobstant les for-tes raisons de celui qui y commandoit. C’étoit le Duc deNevers ( «). „ II eut la liberté de dire tout ce qu’il voulut,
„ 8c la satisfaction que l’Ecrit qu’il présenta pour apuyer fa„ Harangue, quoi que très-ample, fut lu en présence de„ Henry trois: Mais la restitution dès trois Places n’en fut„ pas moins résolue, 8c Sa Majesté luy donna de sa propre„ bouche Tordre de les évacuer. II en devoir demeurer là ,
„ puisque tout le monde luy rendoit la justice de croire qu’il„ avoit satisfait à fa conscience 8c à son honneur; mais il eut„ recours à d’autres précautions qui lui attirèrent l’aversion„ de la Cour » 8c l’empêcherent long-tcmps de rentrer dans„ le Conseil d’Etat. II s’obstina à solliciter que Tordre qu’il,, recevoir de la bouche du Roy, fut encore écrit de la pro-„ pre main de Sa Majesté : Que la Reine mere » les Princes„ du Sang, 8c les Officiers de la Couronne le signassent :
” Q 1 ?.*' fut enregistré dans les Parlemens en fuite de l’Ecrit,, qu’il avoit fait pour s’en dispenser, 8c que les principales,, Villes du Royaume Tinferaísent dans leurs Archives. On,, luy accorda presque tout cela, mais ce ne fut pas fans luy„ reprocher qu’il affectoit de se signaler aux dépens de son„ Maître, 8c qu’il devoir imiter le Maréchal de Brissac, qui„ s’étoit contenté en cas semblable de redoubler ses très-„ humbles remontrances, Sc de demander qu’on luy envoyât„ un Successeur ( 40 ) v .
§ («) Voiez ses Mémoires, Tom. I. jusqu’à la page 68.Rem. Ctt it.
( H ) ... Les murmures contre la paix s’étendirent jusquesfur elle.] Brantôme qui vivoit en ce tems-là nous va direcavalièrement quelques circonstances de ces murmures. „ Ce» mariage . . . coûta hon à la France, car de tout ce qù’on„ avoit conquis & gardé en Piémont Sc Savoye Tespace de„ 30 ans, il fasiut qu’il se rendus en une heure, tant le Roy„ Henry desiroit la paix Sc aymoit sa Sœur, qu’il ne voulut„ rien espargner pour la bien colloque r, mais pourtant la„ plus grande paît de la France & de Piémont en murmu-„ r oient, 8c difoient que c’estoit un peu trop. D’autres le„ Louvoient fort effrange, 8c d’autres fort incroyable, jus-„ ques à ce qu’ils Tcussent veu,& m es m es les Estrangers s’en„ mocquoient de nous, 8c ceux qui aimoient plus la France„ 8c son bien en pleuroient, lamentoient, 8c sur tout ceux„ de Piémont qui ne vouloient tourner à leur premier Mais-„ tre : si les Ducs de Savoye fe doivent justement appellet„ Maistres & Seigneurs de Piémont, d’autant que les Roys„ de France le font esté d’autrefois, & font encore justes„ Seigneurs, titulaires 8c Maistres, légitimement leur appar-„ tient. Quant aux Soldats 8c Compagnons de guerre qui„ eftoient jà si long temps accoustumez aux garnisons, dou-„ ceur, & belles nourritures de ce pays, ne faut point de-„ mander ce qu’ils en difoient , comment ils en crioient,„ s’en desesperoient, Sc ce qu’ils en debagouloient, les uns„ tant Gascons, qu’autres difoient. He Cap de Biou; faut-„ il que pour une petite piece de chair qui est entre les jam-„ bes de cette femme, qu’on rende tant de belles 8c grandes„ pieces de terre. D’autres, elle devoir bien garder l’espi-„ ce de quarante-cinq ans (41) fa virginité & son beau pu-„ celage, pour le perdre pour la ruine de la Ffance. Oue» si de ce temps ils eussent esté autant déréglez, mutins &■
séditieux, comme depuis on les a’veus en nos guerre» Civiles, assûrez-vous, qu’un chacun en eust nrisk» Sc fe fussent saisis des places qu’on eust eu bien ria 1, Pan '^ * en chasser (42) ". Vest-st
- mml». t _ -T .z 1 * 1 - ivir.
(,9) Varfl-las, Hift.de Hemi111, Livr.I,
pag. 74.
(40) Là mla
mt, p s4,
„ soknt de faire ce que n’avoit — r - D ..- —
" st u et01t H plus heurtuse, c’est à dire de renvoyer les nu, c? tous
; . . . . ..ttéamnoins, •
pu faire 1 Espagne lors politiques qui trouvèrent à redire mi M* f,f, r c,nains
ì- -4 fììrp r#«r\vmT/»Y nío (?n* forte t t ( - r % ~ ^ ft fV4-
L s s autres furent hien-aises quelle em-
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' 4 z) Brim-tôme » Mé-moires 6csFeìimes Il-lustres , p4&M. 32 K'