HENRI II.
£g) ll fut
& mturttt Utio de Juilletde la meute
(43) Addi-tions à Cas-telnau, Tom,751 .
(44) ci- des-sus T{emar-qut (C), Ci-totitn (7).
(43) Bran-tôme, Mé-moite desFemmes Il-lustres, Tom,l,P*g- 3 U.
{46) Suite deìft Défensede Voiture,M- » 7 *.
derne a voulu justifier la conduite de Henri III ( /), qui paia fi chèrement l’accueil que liafit cette Princesse. La paix de Cateau n’est pas le seul monument de la foiblesse trop sim-ple de Henri 11. L’impunité de ses Favoris, après tant de biens qu’ils aquirent par des
voies si injustes ( K ), en est un autre, monument. 11 mourut de la blessure qu’il avoitreçue dans un tournoi ( g ). Avanture étrange, & plus extraordinaire encore que funeste,jufn'ísìsf car J e ne cro1 ?oint que jamais il y eût eu des Monarques qui eustènt perdu la vie dans detelles occasions. II lui auroit été infiniment plus glorieux de la perdre dans une bataille, quedans ces jeux de combat, ou dans ces combats de paix , où d’ailleurs il se comporta 'd’unemaniéré peu convenable à íà dignité , & plus séante à un jeune Cavalier , qu’à la MajestéRoiale {£), On fit bien des réfléxions fur cette triste destinée (M). 11 ne parla plus de-puis
tres, que jusques à ce que l’occasion se présente de profi-ter d’une hostilité. Jamais cela ne fut austi véritable, q uaUtems qu’Henri trois recevoir mille caresses à la Cour duDuc de Savoie. Le Duc étoit entièrement disposé à pro-fiter des confusions qu’il voioit en France, & de s’aiderpour cela des Espagnols ; Sc il laissa un fils qui fut l'hériticrde cette passion, Sc qui non seulement s’empara du Mar-quisat de Saluces, mais austi forma des conspirations q®avoient pour but le démembrement de la France, Lc la rui-ne totale de la Monarchie (50). Peut-on donc assez blâ-mer la bévue de Henri troisième? Voiez la Remarque (f)de son Article.
( K ) Ses Favoris aquirent de grans biens far des voies . -, •injustes .J De peur qu’on ne m accuse d'outrer les choses, jeme servirai des termes de Mezerai. „ Les depenses q uc„ lui firent faire ceux qui disposoient de sa faveur Sc de ses,, affaires, Sc dont ils convertirent une bonne partie à leur„ profit furent si excessives , qu’il surchargea le Royaume„ de grans impôts, s’endetta de plus de 40 millions de„ livres. Avec cela ils ruinèrent encore quantité de famil-„ les par une damnable convoitise. C’est que l’invention,, des partis Sc des monopoles n’étant pas alors si en usage »„ ils se servirent d’une autre non moins pernicieuse, savoir,, de dénoncer les plus riches fous prétexte d'heresie & au-„ tres crimes , Sc de chercher ou de faire des coupables„ a fin d’cn avoir les dépouillés, ou de les contraindre d'a-„ chcter leur grâce par leur intercession (51) ”. Cet His-torien venoit de dire que Henri II n est accuse d'autre défautque d’avoir eu Vesprit trop facile , C7 plus capable d'être go'sverni que de gouverner lui-même. C’est un des plus grans dé-fauts d un Roi, parce qu ordinairement ceux qui le gouver-nent , quand il est en cet état, font plus de maux qu’il n’enferoit s’il les gouvernoit.
(Z.) ll se comporta d'une maniéré peu convenable à sa dt~gnité , CV plus séante à un jeune Cavalier qu à la Majcfi eRoiale .], C’est ainsi qu’en jugèrent les personnes sages, com-me nous l’aprcnd un Auteur decetems-là (51). ,, L'on a„ ouvert le pas à un tournoy en la rué sainct Antoine de-„ vant les Toumelles, avec toutes les magnificences Sc P]',, rades dont l’on s’est peu adviser : & ce pour autant que,, Roy estoit l’un des tenans suivy de Messieurs de Ferrare,,, de Guise & de Nemoux. Ce que plusieurs personnes de„ bon cerveau trouvoyent estrange : dssans que la maj,e tte„ d’un Roy estoit pour estre juge des coups, & non d’en-„ trer fur les rangs, Mesme que dans les vieux Romans,, les Roy s en tels estours n’avoyent appris de faire actes„ de simples chevaliers , ains ou se desguisoyent,
„ avoyent envie d'entrer en la lice, ou bien du tout se
„ abstenoyent. Toutcsfois telle a esté la mesadventure d
„ Roy, qu’il a voulu avoir le premier honneur de la É )U "„ te. Et cro y que le désir qui lui en prit, fut pour f* 1„ paroistre aux estrangers combien il estoit adextre aux a», mes & duit à bien manier un cheval. De forte que ce „
,, qui estoyent prés de luy ne foserent destourner de <f c,, entreprise. Chose qui a depuis apporté un misérable sp c„ tacle à la France ”. , -1
(M) On fit bien des réflexions fur cette t rifle dtft in î l 's.Je ne veux point alléguer le témoignage des Ecrivains 1 j ‘testans: chacun voit que celui d’Etienne Pasquier aura Pde force (5^ ). „ Voila comment nostre bon Roy He ^
,, est dccede. Et comme le commun peuple ait natur .- e stment l’œil fiché fur les aétions de son Roy, aussi ne n _
„ pas trouvée ceste mort fans recevoir quelques corn jj 0 us„ taires & interprétations de quelques uns. Car P our 0 e s» compter tout au long comme les choses se font P^ on _
„ en ceste France , soudain que la paix fust faite,, ^
„ sieur le Cardinal de Lorraine, qui en avoit este 1 d e„ premiers entremetteurs, déclara en plein Parle®® » gj„ l’opinion du Roy avoit esté de la faire à quelque P . s„ condition que ce fust, pour de là en avant vîC< K? er eíie„ à son aise à l’extermination & bannissement de j Çj .. j- c„ de Calvin. Et de faict le dixiesme jour de J® r„ transporta en personne au milieu de son Parlement, p^
„ tirer de chaque Conseiller son advis fur la J>uwn„ Hérétiques. Surquoy fut par plusieurs opine a <- s ^
„ ment; quelques-uns estans d'advis d’en ftire j qu 'ils„ punition jusques à la décision d’un Concile ge eS „
„ riisoient estre nécessaire. Au moyen dequoy - j-jj/flant„ meu d’une grande & juste colere que lqnes-un*
" ™« me a Mont-gommery de se.b siéent q^ 1„ de la compagnie qm avoyent opm^ prison-
„ ne vouloit. Lesquels furent fur lechamp no uveauX
„ niers dans la Bastille. Parquoy disoyc nt par^ 11
„ commentateurs que ce mal estoit advenu a ;r J^icps„ juste jugement de Dieu pour venger ces ^P vibres » &
„ tortionniers. Quc les opinions devoyent eixre ^ con
(47) Répli-qué à Cos-tar, Self. I,t*£- *•
(t) P*g. 173 -
(J) VoiezVal. Max,Livr* 4,Chap. 8. TitClÁve Livr*30. &c. Plut,<íe 3 a soit.d’AI ZX.D/sc.2.
(48) Votezla pâte 91,
«ri il insinueque CostalTneritoit d y é-tre mis à UJBajUlle } potifavoir apellé, Henri lllfou. Voiezaujfì U page. 190,
(49)
qtffelle a vécuelle a toujourspiYjUadé if?gagné Mon-sieur de Sa-•ttoie son mari« bien entre -tenir U fat.v t& ne ft dé-bander lui qiti
étoit 'Espagnol
pour U vie
fentre U
f rance , ainsi
qu’il fit At-outs âpresq,Pelle S*>morte.Brantôme,
Femmes il-lustres , ptg.
3»8.
portât avec foi une récompense qui fût du prix de son mérité ,cr qu on lui donnât en dot les Etats qu on avoit pris fur sonmari (43)- Voilà le langage d’un íaiseur d’Elogc: un telhomme fans procuration sc charge pourtant de faire au nomdu public toutes les avances néceflaires du Panégyrique, &ne se met point en peine si le fait est réfuté par les Auteursles mieux instruits. Mezerai qui écrivoit une Histoire, Scnon pas un Panégyrique, s’est bien autrement confor-’ mé (44) quc Mr. le Laboureur au témoignage de Bran-tôme.
Je ne saurois lire ces paroles, or mémo les Estrangers s'enmocquoìent de nous (45), fans m’écrier que c étoit un bon temspour les Ecrivains du Païs-Bas , c?* de tout autre pais mal-in-tentionné pour la France. Quelles insultes n avoient-ils paslieu de lui faire î Quelles fanfares n avoient-ils pas lieu de pu-blier ; Car je supose qu’ils étoient, ou peu s’en faut, de l’hu-meur du tems présent.
( /) Vn Auteur moderne a voulu justifier la conduite deHenri III. ] Ce Moderne est l’Antagoniste de Costar. Cedernier trouvoit mauvais (46) qu’on eût critiqué Voiture,pour avoir dit quelque part en se jouant, qu il estimait plusun bon potage que le Panégyrique de Pline, e? que la plus lon-gue Harangue d’Ifocrate. Monsieur de Girac , poursuit-il,crois que Monsieur de Voiture est aust fou que ce Profane quicéda son droit d’aisneffe pour une soupe de lentille , cr que cePrince des nostres qui donna Pignerol pour un bon repas. Aquoi ne sc porte-t-on point quand on est ému par la chaleurdune querelle? On convertit en crimes les moindres fautesqui échapent à P Antagoniste. Girac, qui par raport à un au-tre homme se seroit aparemment contenté de représenter quele mot de fou est trop fort, pour être emploie à désignerla faute d’un Prince, se rend Délateur de crime d’Etat con-tre Costar son ennemi. Pesons bien toutes ses paroles ( 47 ).,, II a bien osé , par un attentat punissable des plus leve-„ res chastimens , porter son venin & fa malice fur la sa-„ crée personne de nos Rois. Ne compare-t-il pas (f) la„ libéralité de Henry troisiesme à la fotise d’Esaii, qui cé-„ da son droit d’ainesse pouf une souppe de lentilles ? N’ap-„ pelle-t-ìl pas fou ce grand Prince, pour avoir rendu Pi-„ gnerol au Duc de Savoye , qui avoit l’honneur d’estre„ son Oncle, & de qui il attendoit de grands secours, dans„ la pressante nécessité de ses affaires ? A-t-on jamais pris„ Louis XII pour un fou , luy qui fit présent au Roy dej, Navarre de la Principauté de Bearn, & qui détacha de,, ses Estais une piece de telle importance? Personne a-il-i, accusé de folie le peuple Romain (J), quoi qu’il ait don-„ né souvent des Provinces & de Royaumes entiers à di-,, vers Roys de ses Amis ? Et si Alexandre , comme dit„ Plutarque , eût payé volontiers de fille de Chipre des„ vers composez à fa louange, un Roy de Fránce, pour„ avoir rendu une place à son parent, qui savoir receu„ dans ses Estaisavec beaucoup de frais Sc de magnifi-„ cence, passcra-t-il pour insensé parmi des gens, qui au-,, ront lc moindre rayon de sens commun ” ? Un peu aprèsil demande si M. Costar n aprehende point de châtiment sousle régné dé un Prince proche parent de Henry qui vivoit il riya pas fi long-tems ? Sc il cite ce quc Guicciardin & Paul Jo-ve ont dit de l’extrême vénération quc les François ont pourleur Monarque. II revient souvent à la^ même Accusa-tion (48); il faut attribuer cela aux symptômes d’une espe-ce de fievre qui saisit les Ecrivains, quand ils en sont auxRépliqués & aux Dupliques.
Quand il nous auroit nommé tous les Souverains qui de-puis le commencement du monde ont donné des Villes, oudes Provinces, ou même des Roiaumcs, il n’eût point per-suadé aux experts, aux conoisseurs , qu’on ait jamais faitde pareils présens dans des circonstances semblables à cellesde Henri troisième, fans commettre une folie. Henritrois se dessaisit de Pignerol en faveur d’un Prince qui de-voir aux Espagnols son glorieux rétablissement, & qui dansle fond de famé étoit Espagnol à brûler (49), c’est-à-di-re , toujours prêt à favoriser le plus redoutable ennemiqu’eût alors la France. Ce fut à un tel Duc de Savoie quel’on livra une place qui ouvroit le Roiaume à f ennemi, &qui tenoit en respect ce même Duc, pour f empêcher dese liguer avec f Espagne. Mais, dira-t-on , ce Duc avoitfait tant de caresses à Henri III, & tant de dépenses pourle régaler à Turin; n’étoit-il pas juste de le regarder com-me uu bon & constant ami ? Non ; cela n'étoit point juste.
B n’y a que des ignorans qui puissent compter fur la cons-tance de f amitié entre Souverains. A voir les présens qu’ilsie font, & les Lettres qu’ils s’écrivent en tems de paix, onjureroit quils s’aiment de tout leur cœur, & qu’ils s’aime-ront ainsi toute leur vie; mais il est vrai très-souvent qu’ilsnegocient en ce tems-là un engagement à la rupture , Scqu ils n ont dclìein, de se vendre du service les uns aux au-
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