HENRI IL
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puis fa blessure ( N ) , Sc ainsi tous les discours qu’on lui attribue font des contes forgez à plai-sir. La sincérité avec laquelle les Historiens François ont avoué les défauts de ce Monarque,
& l’ignominie qu’il fit souffrir à la Nation , en préférant les Conseils du Connétable aux Re-montrances du Duc de Guise ( O ), ne se voit guere dans les autres Historiens. Ceux de laReligion s’imaginérent gagner beaucoup à íâ mort, mais ils éprouvèrent encore plus de rigueursfous François 11, Lc humainement pariant c’étoit fait d'eux dans la France, si François II eûtvécu encore deux ans {P). On les accuse d’avoir témoigné leur joie d’une façon trop insul-tante fur la fin tragique de Henri ( E.) > mais on ne peut rien voir de plus modeste là - dessusque Théodore de Beze (h). J’ai oublié d’observer que cc Prince, n’étant encore que Daufin, (i,) voi,*. uvivoit avec lc Duc d’Orìeans íbn frère dans une mésintelligence qui coûta bon à la France ( R ),
Lc qui auroit été beaucoup plus funeste si le Duc n’étoit pas mort. Que fait - on s’il n’au- /».toit pas disputé la succession ( S ). Les Dames avoient eu la hardiesse de faire courir des horos-copes qui ne pouvoient que fomenter la jalousie de ces deux frétés. Elles avoient montré àFrançois [ ces prétendues Prédictions Astrologiques. Casteîlan les réfuta (T): l’événement lesa réfutées encore mieux. Plusieurs Auteurs disent qu’un fameux tireur d’horofeopes avoit pré-dit
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» non sondées par un Roy, pour puis âpres les ayant ouyes» envoyer les Conseillers en une prison close. Que Dieus» l’avoit chastié par la main de celuy du ministère duquel>> il s’estoit aydé pour faire ces emprisonnements. Mesme» stue toui; ainsi que le dixiesme de Juin il avoit faict cette» honte à la Cour de Parlement, aulîì lc dixiesme de Juil-» let ensiiy vant, jour pour jour, il estoit allé de vie à tres-» pas. Ainsi devisoyent les aucuns du peuple selon leurs» pallions particulières de celte mort : ne cognoiflàns pas» toutesfois que les mystères de Dieu nous font totalement-, cachez , & tels que pour l’imbecillité de nos sens nous» les rapportons ordinairement plus à nos opinions , qu’àla vérité ”. Anne du Bourg fut un de ceux que le Roiht enfermer à la Bastille, & celui contre lequel il, se mit leplus en colere; car entre antres propos il diâî qu’il le verrait deses deux yeux brasier (54). Fra-Paolo remarque que la Rei-ne-Mere fut horriblement irritée de ce que les Luteriens pu-bliaient dans leurs Manifestes, que la blessure du Roi ,son Ma-' • , dans l’œil étoit une punition de Dieu, pour les menaces qu il
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(N) ll ne parla plus depuis fa blessure.'] Presque tous lesHistoriens disent qu’un éclat de la lance de Montgommerisauta dans l’œil de Henri II , & le blessa mortellement ;niais ce qu’en dit Mezerai me semble plus vraisemblable. IIarriva, dit-il (56) , que Montgommery luy ayant brisé salance dans le plastron ne put retenir son bras, tellement qu il luidonna dans l œil droit avec le tronçon qui lui restoit a la main,avec st grande violence qu il lui en pasta un éclat jusqu au der-rière de la tête. De cette façon Montgommeri pouvoir pa-roitre infiniment plus criminel, quoi qu’au fond il n’eûtpoint agi volontairement. L’Historien ajoûte : On ne futpas au vrai même en ce tems-là, fi le Roi parla ou non depuisqu il eut reçu le coup, la vérité ayant été déguisée par ceux quiétaient auprès de lut, ou rendue incertaine par les divers bruitsqu en firent courir ceux qui avoient divers intérêts. Il y en aqui nous raportent de belles remontrances qu il fit à son fils;quelques autres ajoutent même que quand on l’emporta hors deslices, U regarda vers la Bastille où étoient les prisonniers duParlement , disant avec un grand soupir qu il avoit peur d’a-voir maltraité des hommes innocens, & que le Cardinal deLorraine le reprenant aujfi-tòt, l’exhorta de rejetser cette pen-sée qui lui étoit suggérée par ïesprit tentateur. D’autres main-tiennent qu il perdit la parole CT toute connoisjance dès le mo-ment qu il fut frappé (57), cc qui est confirmé par le raison-nement de plusieurs Médecins, qui enseignent qu un homme de-vient necejfairement muet lors qu il a le cerveau blessé , ouébranlé avec grande violence. Allez vous fier après cela auxRelations que l’on fait courir touchant les dernieres parolesdes mourans (<8).
(O) Il préféra les conseils du Connétable aux Remontran-ces du Duc de Guise.] Le Connétable, prisonnier depuis lajournée de St. Quentin, vouloir recouvrer fa liberté à quel-que prix que ce fût. Les Guiíes profitoient trop de sonabsence. Voilà pourquoi il négocia un traité de paix où ilaccorda aux Espagnols tout ce qu’ils voulurent ; & il co-noilsoit tellement le foìble du Roi son Maître , qu’il luipersuada aisément de consentir à ce traité. Le Duc de Guiseeut beau se servir de mille raisons démonstratives (.59),pour faire rejetter une paix qui sacrifioit aux Espagnols lagloire du nom François, & plus de places en un 'jour qu’ilsn’eussent pu en conquérir dans un siecle, le Roi fut sourdà tout cela. II faut raporter ici une Observation de Bran-tôme (60) : il prétend que Henri II , las & dégoûté del’insolence de Meilleurs de Guise, les voulut renvoìer chezeux; mais pour cela il eut besoin de recouvrer son Conné-table, & de terminer la guerre: il lui manda donc & auhsaréchal de Saint André (61), de moienner une paix; cequiìls firent à notre désavantagé. N’oublions pas Vautre ma-chine ces deux prisonniers & la Duchesse de Valentinoiss’enrichissoient de la dépouille des Hérétiques ; qui doutestuc pour obtenir la paix ils n’aient fait accepter toutes for-tes de conditions, afin de vaquer tout à leur aise aux affairesfie l’Inquifition ? II est certain (6zf que les cabales de cetteDuchesse, secondées par le Connétable, entraînèrent le Roidans ce précipice.
( P ) c f 10 ’* fait des Réformez dans la Prance , fi François
eut vécu encore deux ans.] C’est le sentiment de Théodore
e Beze ; car aiant étalé tontes les raisons qui leur promet-
toient un meilleur tems après la mort de Henri, il ajoû-te ( 63 ) : Mais Dieu en avoit disposé tout autrement , voulantavoir l'honneur qui luy apartient d’avoir redressé son Eglise parson seul bras <& effort , d’autant plus admirable què la résistancedes plus grands auroit esté plus forcenée. Ce fut donques durantle régné de François deuxiesme,successeur de Henri, que la ragede Satan se déborda à toute outrance : de sorte qu’il se peult di-re de ct régné n ayant duré que dix-sept m oys , ce que d'til Jé-sus-Christ en S. Matthieu, à savoir que st ces jours là n eussentesté abrégés , perjsonne ne seroit eschappè, mais qu à cause âetesteus ils ont esté abrégés. Le détail des mesures, que l’onavoit prises pour ruiner entièrement le Parti, se voit en très-peu de pages dans Mr. Maimbourg (64). Prenez garde auxparoles qu'il met en tête de ce détail (65 ).
(§L) - - - On les accuse d’avoir témoigné leur joie d’une fa-çon trop insultante sur la fin tragique de Henri. ] J’ai déjàcité (66) lur cela Monsr. Maimbourg; & voici les parolesde Mezferai (67). ,, Comme ce Prince avoit eu une gran-„ de bonté ìl fut pleuré de tous ses peuples, horsmis des nou-„ veaux Sectaires, qui croyaient que fa mort ssroit leur li-,, berté & leur accroissement. Ils en eurent tant de j aye„ qu’ils en firent des chansons, & des actions de grâces à„ Dieu; ou plutôt des blasphèmes, osant dire que le Tout-„ puissant l’avoit frapé sous les murailles de la Bastille, où il„ tenoit les Innocens en prison ”. 11 ne faut pas trouverétrange que dans un grand nombre de gens il se rencontrequelques indiscrets ; mais c’est une chose très-lostable quel’Historien des Eglises Réformées ait gardé la modération quel’on va voir. Ne restoit rien en apparence, finon un tres-hor-rible speâlacle d’extreme désolation, quand le Seigneur y pour-veut. Car le Roy Henry au plus fort de ses triomphes de lapaix joints avec le Mariage . . . courant en lice . . . fut at-teint d’un contrecoup d’une lance ... Z? mourut le 10 jour deJuillet suivant. Choses estranges surent remarquées en la morttant inopinée de ce Prince , qui de fa nature estoit débonnaire ,mais ne voyoit ni oyoit que par les yeux & aureilles de ceuxqui le poffedoient cr gouvernaient à leur appétit ( 68 ).
(R) Il vivoit avec le Duc d'Orléans son srere dans une més-intelligence qui coûta bon à la France.] La faction du Dau-phin avoit pour chef Diane de Poitiers, qui étoit Maîtressede ce Prince. Cela fut cause que la Duchesse d’Etampes em-brafla les intérêts du Duc d’Orleans. J’ai parlé ailleurs (69)du préjudice qu’aportérent aux affaires de François I les in-trigues de cette Duchesse.
{S) Çjue fait-on fi le Duc d’Orleans n auroit pas disputé lasuccession,] Tavanes, qui étoit à son service, & qui avoitune paillon démesurée de s’agrandir, espérait beaucoup del’ambition de ce Prince, ,, qui pensait à se rendre souve-,, rain du vivant du Dauphin son srere aîné. Aussi l'Em-,, pereur Charles V le flatoit-il fort dans son honneur , par„ des espérances qui lui avoient bien élevé le courage;„ c’est pourquoi étant à l’extremité à Farenmonstier, où,, il avoit été temerairement défier la mort dans une mai-„ son pestiférée qu’il choisit exprès, Tavannes son confi-„ dent lui étant venu aporter la nouvelle de l’exploit qu’il„ avoit fait fur la garnison de Calais, dont il avoit tué huit„ cens hommes, & fait quatre cens prisonniers, il lui dit„ ces mêmes mots, mon ami je fuis mort, tous nos des-„ feins font rompus; mon regret .est de ne pouvoir recom-„ penser vos mérités (70) ”.
(T) Les Fiâmes . . . avoient montré à François I de pré-tendues PrédiSlions astrologiques. Casteîlan les réfuta.] Envi-ron deux ans avant la mort de ce Prince , certaines fem-mes , qui avoient beaucoup de part à son amitié , lui di-
(<si) Miss;
Ecr'ésiast.des Eglises.Reformées,L-.vr. tll,f*i- aï».
rent que les astres promettaient de grandes conquêtes auDuc d’Orleans , & annonçoient que le Dauphin ne seroitrien qui fût digne de la qualité de Roi de France. Ellestenoient ces discours, parce qu’elles conoifiaient l’afectionparticulière de François I pour ce Duc , & parce quellessouhaitaient de s’enrichir par le crédit de ce jeune PrinceElles le louaient ; elles l’élevoient jusques au Ciel , 8c dé-crioient le Dauphin comme un esprit lourd 8c pesant 8íd’une étoile la plus malheureuse du monde (71Ì. Casteîlanne put foufrir ni leurs flateries > ni leurs médisances - il otourna vers ces Dames , & les regardant d’un sourcil' frnnce, il leur djt que l’Astrologie étoit malaisée à aprendre X-quil étoit encore plus malaisé de l’ajufter aux événementhumains. II ajouta que la vanité & l’impudence des As-trologues les rendorent indignes d’êtrc crus ; qu’il avoir au-trefois
(«4) Miss*
du Calvi-nisme, LtvKlUf *£. 157-15», >59.
Í 6 ç) Teuteâles choses fgtrouvoient ]alors (c’est-à dire lor»que Fran-çois IImourut)tellement dis *postes pour Uruine entier rdte Calvinis-me en Fran-ce , cjtfellcsemblait êtreabsolumentinévitable .Là-mcme*pag. 157.
(66) DansU Ttemaraitjt(0).
(«7) Hîss;de Fiance;
Tom. 11,P*g. II 3 S>.
(«8) Théo-dore de Be-ze , Hìst.Ecdéfiíist.des EglisesRéformées;Livr. II,pag. r 9;.
(69) Dans t»•Rtmariç.lX).de /’ Urticlede F R A N-ÇOIS I,
Vetez. aussi la'Remareç. ( E Jde /\ ■■rticleEtampes*
(70] Le la-boureur ,Addit. ansMémoiresde Caftel-nau, Tom.n,p*g. j 71 ,
f ft) èAní-mo lento &so. ito inssliftquodar» {f-,derurn pofitfinatu m d Gal-Jandiuí,’
Vira Casteí-
Hsí,sei&7ii