HENRI II.
dit que Henri I I seroic tué est duel {U). Les variations avec lesquelles on raporte cette Fre-diction íufiroient feules à faire douter que les Astrologues l’aient faite (X). 11 eut dix enfanslégitimes, & deux naturels. On conte des cholèz allez remarquables touchant les meres deceux - ci ( T).
Henri
(7i) Vaitz.ci de J su s la,T(eni(irq. ( C)de l* ^Article■Castellan.
( 7 Z) Valdepotcntem ftt-turttm. Gal-land. in VitaCastcllani,7 î.
(74) Smrftmhçftitttn laïcvtcborem fe-iicìffimn/ït-rcgnatummcompcnjse.ïdcm,ibid.
( 75 ) Tira deU Vifi dePierre Cas-tcllan, cont~sosie purGaîlandius ,Cb*p. XL.lV,
f*î. ^
jmvtintes,
(76) idem,ihi. pog. 74.
(77) Eiant.Vrsc. deHenri II ,âu, l£ Tomede fes Mé-moires,
5 °.
Ç78) Lk-mà»me, pag. 52.
{79) Genusuc tempttsmortis à LaçaGauyìco Ma»t'iematicoPai*li trrtìiperfamiliaripYdiìttumCONSTAT,€Ptm Caiharì»
nauxQY futn-ri anxia fœ-mirta eumsuper viri acfUiermn fatoeonftilcret,fore nimirumut in dttellocaderct , vul-ntre in cculoetccei'to : efttodirrifitm asnultis ac protempore ne»glcRum fuit,quasi régiscondìtio su-pra dnellump j fit a rjfet,'Xhuanus,I.iùr. XX//,fub fìnem .
(8o) Gas-4 éndu 8 , Secí.il P hysicse ,Libr. VI,
P A Z- 74<Tomi 1 Opc-nim.
( * O ll parléd* Sixtus iibKemminga,(jui a montrép*r 1 * exemplede 30 Horos-copes cchbres,que Cévéne-r-unt les a.dírr.eutis.
trcfois étudié ces matières fous T titre au (71), & qu’il yavoir fait autant de progrès qu’aucun autre ; que par uneespece d’amuscment, 6 c pour satisfaire les curieux, il avoirdressé avec toute l’exactitudc possible l’horoscope du Dau-phin, & celui du Duc d’Orleans, & que selon les réglés decette Science des astres il avoir trouvé que le Duc devoiravoir l’ame bonne , grande , guerrière ; être soutenu desforces Sc de l’amitié des grans, Sc parvenir à une puissancetrès-coníìdérable (73): que le Dauphin ne lui ferait pas in-férieur , ni à l’égard de la vertu militaire,ni à l'égard des au-tres vertus dignes d’un Prince ; & régnerait très - heureuse-ment vainqueur de fes ennemis (74) : mais que toutes cesmaniérés de prédire l’avenir étant vaines Sc douteuses, leplus fur étoit de fe fonder fur les mœurs, Sc fur le génie del’un & de l’autre de ces deux Princes, pour conjecturer cequi leur arriverait. Le Roi écouta favorablement ce dis-cours-là : les dateurs Sc les fiateufes s’en indignèrent. LeDauphin, aiant apris que Castellan avoir parlé de la forte,en eut une joie extrême, non à cause qu'11 avoir été loué,mais à cause que l'on s’étoit déclaré pour i’innocence au-près de Franço.s I, a qui il craignoit qu’on ne le rendîtodieux (75), apud quem ne infuspkìonem aut odium trahere-tur metuebat (76). Maudites pestes de Cour! qui pourraitvous détester fuffilàmment ? Quelle malignité que de nour-rir par tant d’artificcs la jalousie de deux frétés ! N’oublionspas que l’Astrologie de Castellan fut fausse à l'égard du Ducd'Orleans. II mourut peu de tems après; Sc cependant ellelui avoir présagé une très - grande puissance , que Castellanconsidérait comme une chose à venir ; Sc il ne pouvoir pasla considérer autrement en ce tems-là ; car ce Prince mou-rut 19 mois ou environ avant son pere , Sc n’avoit pas en-core vingt-quatre ans.
(U) Piufieurs Auteurs disent qu un fameux tireur d'horosco-pes avoit prédit que Henri 11 seroit tué en duels Voions cequ’en dit Brantôme (77). " J’ay ouï conter Sc le tiens de„ bon lieu , que quelques années avant qu'il mourut! ( au-„ cuns disent quelques jours) il y eut un devin qui com-„ posa fa nativité , Sc la luy fut presenter , au dedans il,, trouva qu’il devoir mourir en un duel Sc combat fingu-„ lier : Monsieur le Connestabìe y estait présent, à qui le„ Roy dit, Voye7,, mon compere, quelle mort m'est pre-„ sagée. Ali ! Sire, respondit Monsieur le Connestabìe ,„ voulez-vous croire ces marauts, qui ne font que menteurs„ & bavards? Faites j etter cela au feu. Mon compere, re-„ piiqua le Roy, pourquoy ? ils disent quelquefois vérité ;„ je ne me soucie de mourir autant de cette mort que d’u-,, ne autre, voire je 1 ’aimçrois mieux, Sc mourir de la main„ de quiconque ce soit, pourveu qu’il soit brave Sc vail-„ lant, Sc que la gloire m'en demeure ; Sc fans avoir es-„ gard à ce que luy avoir dit Monsieur le Connestabìe , il„ donna cette Prophétie à garder à Mr. de l’Aubespine ,„ ôí qu’il ia ferrast pour quand il la demanderait. . . . (78).>, Or le Roy ne fut pas plustost blessé, pensé, Sc retiré dans„ fa chambre , que Monsieur le Connestabìe fe souvenant„ de cette Prophétie, aopella Monsieur de l’Aubespine , Sc,, luy donna charge de Palier quérir, ce qu’il fit , Sc auffi-„ toi! qu’il l’eust veue Sc leue les larmes luy furent aux„ yeux. Ah ! dit-il, voilà le combat & duel singulier où il,, devoir mourir, cela est fait.il est mort: il n’estoit pas pos-„ sible au devin de mieux Sc plus à clair parler que cela,„ encore que de leur naturel ou par Pinfpiratìon de leur es-„ prit familier ils font toûjours ambigus Sc douteux , Sc„ ainsi ils parlent toujours ambiguement, mais là il parla„ fort ouvertement. Que maudit soit le devin qui prophe-,, tifa si au vray & si mal ”. Monsr. de Thou ne fait pascomme Brantôme , qui ne dit point comment s’apelloit leDevin : il l’apelle Luc Gauric, Sc il ajoûte que cet horosco-pe fut dressé à la priere de Catherine de Medicis, Sc qu’ons’en moqua jusques à ce que le Roi eût reçu cette blessure.Mr. de Thou débite cette Prédiction comme un fait cer-tain (79). Mais ceux qui citent les propres paroles de LucGauric tirées de l’horoscope de Henri II méritent plus decroiar.ce. Or il est certain par ces paroles que le Devinpromenoir une longue vie à ce Monarque , Lc qu’il ne lemenaçoit point d’un duel funeste. Gassendi n’a pas man-qué de citer ce grand exemple, Lc d’ajouter que Cardan neíe trompa pas moins que Gauric dans l’horoscope du mêmePrince (80). Constat ex Hiftoriis Hcnricum II Gallu noflra Re-gem obìiffe anno atatts quadragefimo completo, ex oculari vulnc-re : En autem de eo Gaurici Vaticinium in Prognoftico anniMDLV 1 . Quoniatn in fui natalis penè divini schcmate ha-buit Solem sub gradibus fuae altitudinis Veneri ferè partiii-ter alligatum ; quin Sc Lunam arque Venerem fub ArietisAsterismo , per Horoscopum progredienteis ; vivet fœlicis-simus annos LXX , deductis duobus mensibus ; si nutu di-vine fuperaverit annos infalubreis LXIII , LXIV , Lc sou-per vivet in terris pientisiìmus. Paria funt que. idem Gauri-cus anteà t liderat , quJtque à Sixto 18 1 ) riferuntur. En ry]vaticinium Cardant,tìtm de eodem Henrìco loquens , Frit certè,tnquit , senecta tantò felicior quantò etiam plura fuerit ex-pertus o-c. Cette matière est si importante, quelle mériteque j allègue un second témoin: ce n’ell pas un homme quifr fonde fur un ouï-dirc ; il raporte cc qu’il a lu dans les
Ecrits même de Gauric ; il y a vu les Prédictions les plusheureuses que l’on pouvoir souhaiter à Henri II. Et megmini in Italta. quasdam Ephemerides annuas Luce Gaurici vtrdijje, in quibus cttm pro libertate scribtndi que tune vigebat,fingulis Principibus Europeis maximasfélicitâtes,aut graviffitn*damna minaretur , nihil postea perinde cecidit, ac ipje futurumpredixerat : Atque utinam Henricus fecundus, quem Ule extre-ma tantum feneílute , er mtrbo placidìsjimo fatis concejfuruM
dixerat , non etate potiui fiorenti , V tam acerbo, précipita<*efato nobis ereptus fuijfet (8z).
(- 3 T) Les variations fufiroient seules k faire douter
que les Astrologues l’aient faité.j Voions le narré d’Ëstien |lcPasquicr : on n’y trouve pas même le nom de Gauric : toutroule fur d autres gens, Sc fur d’autres circonstances. -SuJJt
fcmblt-il que long temps auparavant . ce malheur eust
esté taistblementprognostiquí au Roi par Hierosme Cardan,quel,en un projet qu’il dresta de fa nativité, luy promettoit tour-tes choses aisées fur l’advenement de fen régné , mais l'affeurettau déclin de fa vie ddune fin astez fâcheuse, ey telle que pour Wgrandeur d'un Roy il se commande un silence. Aussi a couru unbruit en Cour qu'au retour du dernier voyage d'Italie de Mon-sieur le Cardinal de Lorraine , luy avoyent esté présentées unesLettres de la part d'un fuis de Rome, grandement expert &nourry en ces fantasques presciences v divinations,qui l’adrnen-nestoyent soigneusement de fe garder d’un combat d'homme Uhomme. Desquelles missives, comme illusoires, le Roy âpres en a-voir ouy la leHure rien feit compte , ne fe pouvant imaginer,veUle grand rang qu’il tenoít, d’entrer jamais en un duel. Ces l e ftres furent deflors ferrées par Monfieur de i Aubespine,qui depuisla mort de luy les a exhibées à piufieurs Seigneurs , comme l ° ndibí. Et de faiâî ion adjoufte ( je ne veux pas iajfeurer p our .vray j que la Roy ne memorative de ces lettres, er du temps quiluy avoit esté designé, le supplia par piufieurs fois , que puis q l,tles deur jours precedens s'estoyent pajfez. À son honneur V cf n stentement , il vouluft ce 3 jour se déporter de la jouste pour evi-ter à tout inconvénient,ey y commettre en son lieu quelque au-tre Seigneur. A quoy toutesfois il ne voulut condescendre.
■ comme le jour mesme qu il fut blecé, la Royne luy eust enitoysde fa loge Gentil - homme exprès pour le prier de fa part de j 1contenter de ce qu’il avoit faibisd luy feit responce qu’il ne cour-rait plus que ceste fois là, dont le désastre voulut qu’il fut bk ct(83). Remarquez bien que Pasquier ne conte ces choses <3 uefur un ouï-dire fort vague, dont il n’est point lui-même per-suadé. Mais prenez encore mieux garde que l’on ne dit poi® 1que Cardan ait mis au jour ce prétendu horoscope après J*mort de Henri II. II étoit pourtant assez Vain , assez ent^fd’Astrologie (84), pour fe vouloir faire honneur d’une dé-couverte si surprenante. Rien ne pouvoit annoblir son Anautant que cela : il pouvoit prendre à témoin le Connétablede Mommorenci, Catherine de Medicis, l’Aubespine , Kquelques autres personnes de la plus haute importance-D’où pourrait venir qu’il eût négligé les intérêts de fa f 01 're, Lc ceux de fa bourse (85), jusqu’à un tel point ? On *vu dans la Remarque précédente ce que Gauric promets 01à Henri II l’an 1556 : voions ce qu’il lui avoit prédit qua-tre années auparavant : IncUtijfimus Gallorum Rex , c’en cqu’il a mis au bas de la figure de nativité de ce Monarquedans l’Edition de Venise 1551 chez Curtius Troianus N 'vò, Henricus Chrístianìjsimus, erit Regum quorundam lmp* r ?~tor, ante fupremos cineres ad rerum culmina perveniet, fé"fimamque ac viridem feneilam ,uti colligitur ex Sole Vents ( .Luna horoscopantibus , <ey potijftmum , Sole in fuo tronc pus* 1 . __ter supputât0. In civitatibus Arieti fubjeSlìs maximum l or ,tur dominium,st forte fuperaverit fus. statis annos ;6,6Z' fad annos 69 Menfes 10 dits iz failli acfoelici tramiteperut***tur (86).
(T) On conte des choses assez remarquables touchant lt‘ 7 ^res de fes deux enfans naturels. ] Lisez ce qui fm 1 > cBrantôme qui parle (87) : Henri II qui étoit d’assez amreuse complexion, quand il alloit voir les Dames, il allcit ecaché ry le plus couvert qu’il pouvoit, afin qu elles fujfi n j gs _de soupçon cy d’infamie : cy s’il en avoit aucunes quifust 1 ** ^couvertes , ce n estait pas fa faute, ny de son consentement,plustost de la Dame,comme une que s ay ouy dire de ^ or * nt n^ en -son, nommée Madame Elamin d'Escosfe , laquelle a y* nt y^che,ceinte du fait du Roy, elle n en faísoit point la petite „mais tout hardiment disoit en son Escojsement ^* an - 0, \l te dusait tant que j’ay pu , qu à la bonne heure je fuis enRoy,dent je me sens tres-honorée , cy trés-heureufe,&fil r f ' tíí n-dire que le sang Royal a je ne fiay quoy de plus suave ^ nt(r / ( sde liqueur que ïautre, tant je m'en trouve bien, 1 ansbons brins de présens que l’on en tire.Son fils qu ,f^ n :, re1 nentfut le feu Grand Prieur de France , qui fut tue e ^ ^à Marseille (88),cc qui fut un trts-grand dommage^ ug . j’aitoit un trés-honefie , brave cy vaillant autre n a-
à dire de Vautre maîtresse est une singularité amo ureuX
ture. Le Dauphin depuis Roi Henri II étant cte ^ voyage
d’une Demoiselle de Cony en Piémont { 9 > min n {
qu'il y fit avec le Connétable de Montmorency , J r a ccés àle feu de nuit en fa maison, cy le péril en J hre aiant salv*tout le monde, ils y accoururent en grand nom ’. , ^ II
la Donna, cr Vayant prise la menerent au Da *s Dr éinie reSen eut une fille nommée Diane , qui épouia c» r BÔces
(uì
ítïUS; >’>
Tudicio
Caria» 0 -
(tì)
quici
tres:
par
ief
Livf•
l7í ‘
(I4) »’f‘ r
çSI»
If,)
0 D»*
ZS-
h*'
ternistoiam
núnum §«.-
cidcntibus
per piopihs
corum ge-muras adrnguernexaminatis,
fil. 42 vers»*
(Sf) Mé-moires desDames Ga-lantes Tprt,
lUÎ*
fi”
n 1 -
fin
Hist 0 ,' 1 ?,
!- G éne:
M-
ce ’*Jll ifi*
í-ÏÏ-V
phii’Pf‘1 s>-
ro » - (( %
de
hoU’ffiii
ijsó.
(S9) le Ptre
Anselme,
t d-mime, éit
qu’elle s’á-
pillait Philippetit* Ducs t,& ef h* t fit t>r
volt encart li
T 4e Juillet
If7i &fi fir pasli’iestje, arri-me a cruPierre Mat-thieu.
fpo) Le La-boureur,
A d dit. aux
Mémoires
de C a fiel &
Tm. //,
paf. 447*