HENRI Ií. M
Henri IÍ étòit né à Saint Germain en Laie le 3 1 de Mars ifxp. Ií pòrtóit !e nom de Ducd’Orleans lors qu’il épousa à Marseille Catherine de Medicis le 28 d’Octobre ipz;. J1 n’avoitque quatorze ans 6 c quelques mois: cela fit craindre au Pape Clément VII oncle dc Catherineque le mariage ne fût pas consommé la nuit des noces; & quelques Auteurs prétendent que par lacuriosité qu’il eut de s’en informer , il trouva des preuves qui lui mirent l'esprit en repos (Z J.
Ce jeune époux devint Dauphin le 10 d’Août lfz 6 , par la mort de son frère aîné. On a vu ail-leurs (i) que son épouse fut stérile pendant quelques années, Lc qu’ensuite elle lui donna plusieurs (p D*éíenfans. 11 persécuta avec la derniere cruauté ses sujets de la Religion; & cependant il forgea f ER ní.ìjlui-même les armes qui les aidèrent 1e plus efficacement à sc maintenir {AA)ì car il fut causeque les Protestans d’Allemagne mirent leurs affaires en si bon état, qu’il leur fut facile d’envoierde grans secours aux Calvinistes de France. La comparaison que l’on a faite entre Ion Régné 6 cles dernieres années de François I nous aprend qu’un Roi trop enclin à répandre des faveurs estplus préjudiciable à l'on Etat, qu’un Roi trop enclin à n’en point répandre (B B). Le défaut de
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nôces Horace Farncse Duc de Castro, 8c eh secondes Fran- ,Çois Duc de Montmorency, fils aîné du Connétable. Le ,second mariage commença le 5 de Mai 1557 (91), 8c finit ,par la mort du mari le 6 de Mai 1579 (92). Le fils unique >en sortit décéda avant son pere. La veuve vécut jus-ques au 3 de Janvier 1619. Elle avoit alors plus de quatre- ,yingts ans. Elle moienna un accord entre Henri 111 &Henri IV , 8c eut une amitié tendre pour Charles de Va-lois son neveu , fils naturel du Roi Charles IX. Elle luisauva la vie, lors qu Henri IV le vouloir enveloper dans lacause du Duc dc Biron: elle représenta à ce Prince , qu’ilavoit trop d'intérêt à rendre sacrées 8c inviolables les têtesdes enfans naturels des Rois, pour éviter soigneusement d'é-Jab'ir contre eux un funeste exemple. Elle maria ce neveuà Charlote de Montmorencì niées dc son mari , er UiJJafis enfans heritiers de tous fis biens, es? de L’Hôtel d Engoulê-me (93'i quelle avoit à Paris (94).
(Z) Quelques Auteurs prétendent , que par la curiosité queClément VU eut de s’en infirmer, il trouva des preuves quilui mirent T esprit en repos .] Je n ai lu cela que dans Mr. Va-lidas. L’ entreveue de fa Sainteté, dit-il (95) » er de sia Jlla-jesté fi fit à Mar/eilles, u* les Nôces da Duc d’Orléans exr deCatherine y furent célébrées avec beaucoup de magnificence.Comme TEspoux ríavoit que seize ans & ïEspoufi que treize,le Roy qui ne vouloit point bazarder la santé de son fils, pré-tendait que l’on differaft pour deux ou trois ans la consomma-tion du mariage. Mais ce nefioit pas-là le compte du Pape, quicraignait que s’il venoit à mourir avant que le mariage ie faNièce fuft achevé , on ne la renvoyât en Italie. Et de fait il nefut co t ont , dit Paul Jove, qu âpres avoir veu des marquescertaines que le mariage avoit esté consommé. Si Paul Jove afaì; mention d'une telle circonstance, ce n'est point dans l'en-droit de son Histoire où il parle de cette entreveue du Pa-pe, 8c de François I. Cetoit pourtant lc lieu le plus pro-pre , & l’occasion la plus naturelle, de toucher cette parti-cularité , vû principalement que l'Auteur n’oublia pas demarquer la grande jeunesse du Duc d’Orleans , 8c de faireplusieurs autres observations, 8c de dire même que le ma-riage fut consommé la prémiere nuit. Augebant siusipicionemmaturat/t nuptu,qm impares regio fanguini vtclerentur. Siqui-dem nobìliifimus adolescent Henricus ,quanquam atate tenerior,Catharinam celebraíis infigni cerimonia nuptìis,ex virgine mu-, Ikrem prima nofte reddíderat (96). J’avoue donc que l’onpourroit soupçonner Mr. Varistas de citer à faux le témoi-gnage de Paul Jove. Ce qu’il dit que l’Espoux avoit seizeans, w r Espoufi treize, n’est point juste; car il est sûr queHenri II naquit le 31 de Mars 1719, Sc qu il épousa Ca-therine de Médias le 28 d’Octobre 1533 (97). Le PereAnselme, qui met sa naissance au 31 de Mars 1518 ajoûteque ce fut avant Pâques ; 8C par conséquent que cette an-née-là est 1 ç x 9 filon le ftili moderne. II dit aussi que Cathe-rine naquit Ie 13 d'Avril 1519. Gauric marque le mêmejour 8c la même année dans l’horoscope de cette Dame. IIn’y avoit donc que quatorze jours de diférence entre l’àgedu marié 8c l’âge de la mariée. Mr. de Sponde ne s’est gueremoins trompé que Vasistas, puis qu’il a dit que Catherinen’avoit que treize ans, 8c qu’H en ri en avoit quinze 8c septmois (98).
(AA) ll forgea luï-méme les armes qui aidèrent le plus ef-ficacement ceux de la Religion à se maìntenir.j Voiez ce quej’ai dit là-dessus dans la Remarque (D) , 8c joignez y cePassage d’Etienne Pasquier (99). ” Nous veisrpes l’Em-„ pereur Charles V faire la guerre aux Allemans ses vas-
„ faux , pour avoir embrassé l’Hérésie. Ses affai-
„ res lui succédaient à propos; Au moyen dequoy ils im-„ plorerent nostre aide. Y avoìt-il rien plus plausible en„ matière d’affaires d’Estat, telle que le courtizan se figu-„ re, que de prendre leur faict en main, pour ne permet,, tre qu’un grand Prince s’agrandisse davantage à nos por-.. t»r. I* ruini"* de tous les Spiffneiírç >
„ tes , par la ruine de tous les Seigneurs d’Allemaigne ?„ Mais aussi y avoit-il rien plus injuste, que de secourir un-, subject contre son Seigneur naturel ? Et encores prendre-, la cause d’un Hérétique, contre un Empereur Catholic ,»> qui ne combatoit.que pour Honneur de Dieu 8c de son-, Eglise? Nostre Roy estoit'Prince Catholic , comme aussi-> îes Seigneurs qui ávoient meilleure part en ses bonnesgrâces: ce nonobstant nous prenons la protection de l’He-» relique Allemand ; 8c par un titre magnifique le Roy en-> pRin Parlement fé faict proclamer , Proteïïeur de la Li--- hfté Germanique: C’eftoìt à dire del’Herefie Germanì--> que ; 8c comme tel fit forger monnoye portant cesse ins-», cription. Sous ce beau titre entreprîmes le voyage avec-tome II,
, ques une puissante armée. En quoy les choses nous retìs-,, firent de telle façon, que fur la feule renommée de nos-, tre entreprise, eltans fur le point de passer le Rhin, l’Em-,i pereur fut contraint de passer les choses à l’amiable avec„ ses fubjects, 8c leur accorder plusieurs passe-droits contre„ l’honneur de Dieu 8c de fa conscience > qu’il n’eust au-„ tre m en t tollerez. Quant à moy , je veux croire , que„ Dieu nous voulut depuis chassies de mesmes verges ; dont„ nous affligeas mes ['Empereur ; Ayant permis qu âpres le„ decez de Henry , ses enfans mineurs fussent guerroyez>, pat leurs íujects, pour le soustenement d’une opinion„ plus violente que ceììe de Lutlter ; 8c qu’ils s’aidaffent,, des Princes Allemands comy’eux. Et quand Dieu vou-„ lut exercer fa vengeance fur nous, il fut hors de toute„ puissance humaine d’y remedier , Lc fit que tous les re-„ medes que nous y avions pensé apporter se tournassent>> à nostre ruine Pasquier fait une autre Remarque quine me paroît pas bonne. Au retour de ce beau voyage d'Al-lemaigne , dit-il(ioo), Calviâ commença de solliciter uns c?autres par Lettres, qui fi laífiérent aisément surprendre, esti-mants, comme il efi à croire, que puisque le Roy cr fin Conseilavoient pris la protcHìon des Luthériens, ils estaient en leursAmes de pareille Religion. Aìnfi s’espandit petit à petit un sé-minaire de nouvelle Religion par la France, laquelle vint en finjusques aux parties noblesse veux dire jusques aux Princesgrands*Seigneurs. L’Auteur fait là deux fautes: il fupose queCalvin ne commença à solliciter les François par Lettres quevers la fin de Tannée 1552. Cela est faux : il n’avoit cesséd’en user ainsi depuis Pan 1536; 8c d'ailleurs il n’est pas vraique les François pussent croire que Henri II 8c son Con-seil estaient en leurs âmes Luthériens. On ne pouvoft pasdouter du contraire, puis que l'on voioit ce Prince persé-cuter à feu 8c à sang ceux de la nouvelle Religion dans toutson Roiaume. La protection qu’il accorda, 8c les bons of-fices qu’il rendit aux Protestans d’Allemagne ne fervoientde rien à éluder cette preuve de son aversion pour leur Sec-te ; on voioit seulement par là qu’il sacrifioit aux intérêtspolitiques de son Etat les intérêts de fa Religion. C’est letrain ordinaire des Souverains. Ils le quittent quelquefoispour sacrifier^ l’esprit de persécution , non seulement lesconquêtes qulls pourraient faire , mais aussi celles qu’ilsont déjà faites, 8c les plus solides avantages de leur Etat:Henri II en fut un exemple lors qu’il accepta la Paix deCateau.
(BB) Un^ Roi trop enclin à répandre des faveurs est plus pré-judiciable à fin Etat, qu un Roi trop enclin à tien point répan-dre.j Un Jurisconsulte François (toi) a soutenu que " ceux-„ là s’abusent bien fort , qui vont louant, 8c adorant la-> bonté d'un Prince doux, gracieux, courtois , 8c simple:
” car î e .^ e simplicité sans prudence est tresdangereuse 8c,, pernicieuse en un Roy, 8c beaucoup plus à craindre que,, la cruauté d’un Prince severe, chagrin, revesche, avare,-,, 8c inaccessible. Et semble que nos peres anciens n’ont„ pas dit ce Proverbe lans cause, De meschant (102) hom-,, me bon Roy : qui peut sembler effrange aux oreilles de-„ licates, 8c qui n’ont pas accoustumé de poiser à la ba-„ lance les raison? de part 8c d’autre. Par la souffrance 8c,, niaise simplicité d’un Prince trop bon, il advient que les,, flatteurs, les corratiers 8c les plus meschans emportent„ Jes offices, les charges, les benefices, les dons , espui-„ fans les finances d’un estât : 8c par ce moyen le povre„ peuple est rongé jusqu’aux os, 8c cruellement asservi aux' „ plus grands : de forte que pour un tyran il y en a dix„ mil, 8cc Voulant confirmer en fuite íà Thèse par desexemples, il dit ceci (103) : On a veu ce Roiaume aujfigrand,riche C? fleurissant tn armes e? en loix fur la fin du RoyFrançois I lors qu’il devint chagrin es* inaccessible, esr que per-sonne n’osoit approcher de lui pour rien lui demander: alors lesestais,offices,(sr benefices n'efioyent donnez quau mérité des gensd’honneur : V les ions tellement retranchez, qu il fi trouva enl’espatgne quand il mourut , un milion d'or , er sept cens mil es-cus,ar le quartier de Mars à recevoir, fans qu il sust rien dsinon bien peu de chose aux Seigneurs des ligues, ct* à la bande Lyon , qu on ne vouloit pas payer pour les retenir en dévoi-la paix ajfeurèe avec tous les Princes de la terre • les fr ■ V "estendues jusqu aux portes de Milan : le Royaume plein de^Capitaines, cr les plus fçavans hommes du. monde On grmdidepuis en douze ans que régna le Roy Htnrv n il. I
quel estait si grande,qtf il n en fut onques dépareille el°v U d ‘ason aage) l'efiat presime tout ch™«l . r.. -, en Prince ds
fiool Paí’quicr, Let-trés, Lîvt.XV i U Si
(toi) Bodfffjde la Répu-blique ,
Uvr. II »Chap. IV yven fa fin ,p ax. m. 5 4
Votez, atíjjiLivr . Vl ,Chap. //,petg. 895.
(102) Noter/qti'il ne donnepas A ce mottoute son éttn~due ; il ne léprend que se -Ion lu stfintfi-xation d’aus*tere & derigoureux.Votez. la. finde ce Chapitréds4 U Liz-rgde Bcdin.
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