HENRI III.
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âu pauvre peuple. II encourut la haine des Dames, 5c cela lui fut fort préjudiciable (C). LaDuchesse de Montpeníier se vengea terriblement de quelque chose qu’il avoit dit d’elle (D). LeDuc de Guise devenant par cet amas de circonstances, Sc par les troubles de Religion, beaucoup
testans'ce "Monarque auroit été opnmé à Tours, où les Ligneux Attaquèrent (*), quelquesmois après qu’il eut fait tuer le Duc Sc le Cardinal de Guise. S’ecant tire de cet embanas, il allamettre le siégé devant Paris ; ôc fans doute il eût mis bientôt à la raison cette ville (ediueuse, s iln’eût été assassiné par le Jacobin Jaques Clement. II mourut le z jour d'Joui i sb?, gui etoit lelendemain de sa Mesure (c). J’ai dit ailleurs (d) qu’on ì'a blâmé avec raison d avoir cede quelquesvilles au Duc de Savoie, qui l’avoit accompagné jusqu’au pont de Beauvoiun au mois de òeptem*bre if74 ( E ). II eut sujet de se repentir de cette cession; car elle encouragea le nls de ce Ducà former des entreprises contre la France (F). ^
( a ) Dxksl' ^ArticleGuise( Henri ).
(b) cAu Moi?de AJail$S9.
(c) Mezerai»AbrégéChronolog.Tome V,
P a Z- 3 55*
(d) DansV ArticleHenri II,Rg_marq.{G),
» fortune dé les détruire. Î1 voulut donc , n’ayant point-- de filles à leur donner pour les allier aussi hautement-> qu’il defiroìt, les marier avec les sœurs de fa femme,
” î étoient Marguerite & Christierne, quoi qu’ils fussent
” déjà fiancez avec deux autres heritieres.. Or afin r — . -
-> de les honorer de quelque titre qui les élevât à l’horr- de la Chapelle oc ae
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C’cst trop subtiliser : il est naturel d’êtré bien aise qtie lestalens qui nous rendent recommandables ne tombent pasdans le mépris; cela, dis-je, est naturel, encore qu’on neveuille pas faire un mauvais usage de ses qualitez.' On aporté un peu trop loin la raillerie dans le Vorage de Mrs.
' Bachaumont, au sujet de la colere que
l’on attribue aux femmes de Montpellier contre le malheu-reux Dassoucy.
(X>) La Duchesse de Montpenfier (17) _/é vengea terriblementde quelque chose qu il avoit dit d'elle.] „ On raportoit au„ Roy que la Ligue ne luy vouloir pas un moindre mal que„ de le faire Moine, 8c que la Duchesse de Montpeníier„ monstroit ses ciseaux qu’elle avoit destinez pour le raser.
„ C’estoit qu’il avoit offensé cette veuve, tenant des discours,, qui defeouvroient quelques défauts secrets quelle avoit,
„ outrage bien plus impardonnable à l’esgard des femmes,
„ que celui qu’on fait à leur honneur (18) L’offenfetenoit bien au cœur à cette Duchesse, si l’on en juge par lesmouvemens qu’elle fe donna pour perdre Henri III. Elle
,- ^ U1 Leuc icjuuiualltt . w, u„ porta sa bonne part de matière , d'inventions de son gentil cs-
ura prés de 6 semaines, Lc Paris le theatre des merveil- prit, er du travail, de fin corps, à bafiir ladite Ligue: fi l ' am - is«*
» es n avoit jamais rien vu de semblable. Le Roi habillé qu’aprés avoir esté bien bastie, jouant, aux cartes un jour à la Vo,ez - u
” tj C ® e . me que son Favori mena la mariée à l’Eglise. prime, (car elle aimoit fort le jeu ) ainfi qu on luy disoit qu’el-
” J* lmte às noces il ordonna 17 festins, qui fe firent de le méfiât bien les cartes , elle respondit devant beaucoup de” rnri f n ^ >ar es Princes & Seigneurs parens de ia mariée; le gens; je les ay fi bien méfiées quelles ne fi sauraient mieux
mefier ny demejler. Cela eût esté bon fi les siens n eussent estédesquels fans perdre coeur d'une telle perte, elle en
» neur d’une si haute'alliance que la sienne, il voulut leur„ donner à tous deux la qualité de Duc oc "rair. • • ■
« pendant le Duc de Lorraine amena ses nieces a 7 e "», tant de fuite 8e de magnificences, que s fi les eu
marier à des Rois. Pour Christierne etant encore trop-> jeune, elle fut seulement fiancée an Duc d Lpernon , ec» pourtant elle ne l’épousa pas, mais aima mieux: p„ le voile sacré. Pour Marguerite , ses fiançailles s etant„ faites au Louvre dans la chambre de la Reine, 1„ en furent célébrées 8 jours âpres dans lEJ lse ,
„ Germain de l’Auxerrois. 11 feroit superflu <le vous de-„ crire les mascarades, les halets, les tournois, les í ^ ltl " s ’„ les musiques, 8c toutes les autres magnificences que 1- luxe inventa pour cette réjouissance : en un mot eu
( 17 ) Eliectoit Sœur dfiùDuc de Guipetué d Blois .
(i8) MczC-rai, AbrégéChronoî,¥*&• 3 IS a
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moindre revenoit à plus de cent-mille livres, à tous les-j, quels les conviez changèrent d’habits si riches 8e si pre-» cieux , que les draps d’or 8c d’argent n’y avoient points, de lustre^ II y en avoit qui coûtoient dix-miïle écus de„ façon. Enfin la depense y fut si prodigieuse, que le Roi„ pour sa part seulement n’en fut pas quite à moins de,, quatre millions de livres, outre qu’il promit payer au„ marié pour la dot de fa femme quatre-cens-mille écus,, dans deux ans: Sc quand on lui remontroit que l’excés„ de ses profusions le ruïneroit, íl repondoit qu’il feroit„ sage aptes qu’il auroit marié ses deux enfans. II enten-„ doit Joyeuse 8c d’Epernon ”. Les Ambassadeurs Suissesétant venus à Paris demander de Vargent qu on leur devott,CT les Threfiríers leur ayant répondu que le Roi n en avoitpoint, qu ils prissent patience, ils repartirent filon la libertéâe la nation, qu il n étoit pas croyable qu un Prince fi sage o 0fi avisé eût depensé n cens-mille écus pour fin plaisir aux no-ces d'un Gentilhomme, fans en avoir bien d'autres dans fiscoffres pour subvenir aux affaires de fin Royaume (io).
Voiez dans le même Historien ( 11 ) la tendresse extrava-gante que ce Prince témoigna pour Maugiron 8c Quelus,quand ils fe furent batus en duel ( tz )■
(C) ll encourut la haine des Dames, & cela lut fui fortpréjudiciable.] „ Les Dames, à qui les Mignons difoient>> tout, decouvroient au Duc de Guise tous les secrets du,, cabinet, pour se venger du Roi quelles haïssoient pour„ certaines raisons qu’on ne dit pas (13) ”. C’est de Mr.Maimbourg que j’emprunte ces paroles : on y voir manifes-tement combien les Dames nuisoient au Roi ; mais au resteles raisons de leur haine font assez intelligiblement expliquéespar plusieurs Historiens. Voiez en marge les paroles de Me-zerai ( 14). La Réflexion raportée pár l’Auteur des Nou-velles de la République des Lettres est une vraie chicane.Giueíques Censeurs , dit-ìl (15), ont trouvé mauvais que Mr.Maimbourg ait dit , que les Dames à qui les Mignons difoienttout, 8cc. Ils disent que ces paroles font tout à fait désobli-geantes pour le beau fixe, farce qu on insinue par là, que lesfemmes conçoivent de l’aversion pour les hommes, qui fi
, . . .rt... T-D-- r.- r-r . r i,
CritiqueGénéraledu Calvi-nisme deMaimbourg,Lettre 111,pag, 44.
(rj>) Bran-tomeí Da-mes Galan-tes, T om. 11,pttg. 316 .
(2°)
morts, desquels jans perdre cœur aune teue perte, elle en en-treprit la vengeance-, cs 1 en ayant sçeu les nouvelles dans Pa-ris , fans fe tenir recluse en sa chambre, à en faire les regretsà la mode d’autres femmes, elle fort de fin hofiel avec lesenfans de Monsieur son frere , les tenant par les mains , lespourmene par la ville, fait fa défloration devant le peuple,l'animant de pleurs, de cris, de pitié, v paroles-, quelle fit à ...tous, de prendre les armes, de s élever en furie, & faire les M°lrr.°àeinsolences fur la Maxfin & le tableau du Roy, comme l’on aveu, es- que j’espere dire en fa vie, a 1 à luy denier la. fidéli-té ,& au contraire de luy jurer toute rébellion-, dont puis aprésauffi fin meurtre s’en ensuivit: duquel est à savoir qui sontceux c y Celles qui en ont donné les conseils , est en font coupa-bles ( 19 ). Ce fut elle qui poussa le plus Jaques Clement àtuer le Roi. Elle n’y épargna rien, dit-on, non pas mêmece qu’on apelle la derniere faveur (20).
{E) Au mois de Septembre 15-74.] Le Roi arriva le cin-quième de Septembre 1574 au pont de Beauvoìíìn, 8c nonpas le 21 de Septembre 1575, comme l’ont dit deux 011 troisHistoriens (2r), que Jean Aymes de Cha Vigny censure dansla page 2,2,4 de la prémiere" face du Janus François. C’estainsi qu’il intitule son Explication de Nostradamus.
{F) A former des entreprises contre la France.] L'Auteurde la prémiere Savoisienne (2,2.) raporte (23) que lorsqu’Henri III revint de Pologne & passa par la Savoie, onlui demanda ,pour récompense d’une colation, la ville de Pigne-rol, 8c celle de Savillan, & que ce Prince, duquel le seul dé-faut a esté une trop grande bonté , les accorda ; que le Duc deSavoie > fils de celui qui avoit reçu un si beau présent (24),se prévalut des confusions de la France l’an r;88 , carvolant le Roi Henri III hors de fà capitale il envahit le Mar-quisat de Saluces; qu’après avoir envoie un Ambassadeur auRoi avec assurance de remettre tout entre sis mains, il dégra-
da tout d’un coup Us Officiers de fa Majesté, y en establitde son authorité Ducale ..., & au mesmt instant pour fai-re voir en tous lieux Us trophées de fa victoire, il fait forger
lent passer d’elles. Or . dìfint-iù , si elles ' t" T' 7 * ' l ui avíh e r m P reint un Centaure , f ou -
importe, que l’on s’en ve-Álle passes* Cela le JH’ V ® Couronm **". ««* àevtse, Opor-
f» t./,..sis . C " 0,, ~ P °” & Pendre/'fo„
ne veulent point être sages. Mais je me fins obligé de p rtndre le party de Mr. Maimbourg contre des Censeurs si iniquesJe dis donc qu il ne parle que des Dames qui étoient dans lesintrigues du Duc de Guise (16), cr qu il ne faut point douterque les femmes de ce caraClere ne haïssent fortement, quand
Thou, citépar F An-ton de 1 *CritiqueGénéra le, ;Lettre lu,
4 î. 1
( 21 ) MillesPiguerre,
Jean le Fre-re, cr reluiqui a suit1' l ,Apyendìrc
da Annalesde France.
( 22 ) C’estun Ecrit qAfut publié a tetems qu’Hen-ri IV obligeale Duc de Sa-voie à luifaire raif„ ndu Marquisede Saluces .
( 23 ) îré-micte 8a-voifienne,
f a £- m. r<s„
( 24 ) Là-mc-T'r Pag ’ I7 '
er fmv.
tems (2jl On-voit dans k seconde Savoifiessne, qu’ap'à **£*?£.
la mort d Henri III il se rendit Maître de plusieurs voiG enne '
Provence, 8c qu’il salut qu’Henri IV s’emparât de k q,/ C - n fV- io<>. 'pour le mettre à la raison. Notez que pour lui y 0l , e ,,
change fur fit.Monnaye (26), le Roi en fit batre un e U ~ mi ‘
dans laquelle il y avoit un Hercule armé à l’al,; nc futre ,
.‘ : J - -- ^ r.,- i.„„oí :i L-..rr. "V le 1 foulant
me s
.... ... .... e,r cuttcturu aux vieus «» ^entuu.e, ju, teqnc te reuHpe ttne massue de la
tant queTon voudra que fi elles étoient sages, cela leur feroit droite, cT de la gauche une Couronne qu il semble avoir rele-indifserent On dirai fi l’on veut, que cette conclusion est des- vée; cr pour lame de ce corps, estait ce mot, Oportunius;obligeante ' Mr Maimbourg s est précautionné contre ces fortes four montrer , qu on avoit sceu mieux prendre le temps quede fnbûlitez djns fa Préfacé; U y déclaré qu.il cherche la ve- luy, c? plu* honorablement puis que Ion avoit employé larité , ejr non p as ce qui peut obliger les gens, v* que si on n y force des armes au heu des surprises, qu avec . une grande in-trouve pas fin conte" il s en faut prendre aux Legtstateurs des gratitude il avoit exercees (17 \ Cela réparoit le mal à quoiHistoriens, qui leur'ordonnent de dire les choses comme elles R cession de Pignerol avoit donne lieu, mais la faute defint, b non pas comme elles devroïent être. Henri III n en etoit pas moins reellc.
TOME II. l.XtZ X
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( *7 ) Voiez ,itouchant lesdeux Inscrip-tiont, opos-tunè, opof-,tunius , lesLettres dépasquiòr,Livr. XIXjTort. Is 9pat.- 45 é (gfuiv.
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