HENRI III.
»
(«0 Votez,Mons. deThou, <*»
commence-ment du Li-vre LVUL
(f) Votez,V,.ArticleMariana'%emar<j.(0).
(2?) On écritceci ett Oilo-kr-e 1697 .
(29Ì Mé-moires deMr. D, F Utouchant cequi s’estpiste enItalie entreVictor Ame*dée II Ducde Savoie& ic RoiT. C, paf*14 6. Ce Li-vre fut publieC M f696.
(jo) Il fu-ioit dire bis-aïeul.
(,i) Mé-moires deMonso D.F. L. 8 cc.f. 148, 1 49.
Cji) D*Vérifier ,rrosopo-graphie,Tom. Ut 9t*g. 855 »-
(11) Ceft-i-
dire dteoté-vrùU U tête*
7 ì 1
II n’y a ea guere de Princes dont Pétoile ait été aussi capricieuse Hue celle de Henri trcsiájLa bizarrerie de sa fortune lui fit éprouver un sort tout-à-sait iemblable à celui de ces enfans quifont d’abord élevez par une mere fort tendre , 6c puis par une cruelle marâtre. La gloire de íájeunesse fut trés-briilante, 6c lui procura d’une maniéré remplie d’éclat 6c d'sonneur le Koiaumcde Pologne} mais cette vive lumière s’écliplà bientôt: il abandonna peu après avec plus d'igno-minie cette couronne, qu’il n’y avoit eu de gloire dans son élection} car que peut-on voir de piusétrange ôc de plus honteux qu’un Monarque qui prend la fuite pendant les ténèbres de la nuit, &qui ie retire avec la derniere vitesse hors de ics Etats} comme un criminel qui sent à lès trousses lePrévôt des Maréchaux? Voilà de quelle maniéré Henri trois abandonna la Pologne (e). Si l'onpouvoit excuser cette évasion sur Pintérét qu’il avoit de íè presser d’aller recueillir un héritagebeaucoup meilleur que le sceptre qu’il poroir, nous ne laiflérions pas de pouvoir dire qu’il faloitbien qu’il fût né fous une malheureuse conitellation, 6c Diis traits , puis qu’il se trouvoit réduit àde telles extiémitez qu’il ne pouvoit succéder qu a ce prix-la au Roi son frere. Ce seroit tou-jours une marque que fa fortune l’auroit mené malignement par des chemins entortillez 6c embar-rassez. On le chercha dans lui-même après l'on retour en fiance, 6c on ne ìe trouva point: ceDuc d’Anjou, qui avoit aquis une si grande réputation (/), ne paroissoit plus dans la personne deHenri troisième. On n’y vit d’abord que l’humcur d’un misanthrope (G). Voici bien d’autrescaprices de la fortune de ce Monarque. II a roi: un frere qui étoic un pesant fardeau sur ses épau-les: la mort l’en délivra, il sentir beaucoup de joie de cette délivrance, ôc cela même doit pas-ser pour une infortune} car qu’y a-t-il de plus bizarre qucd’être réduit a le réjouir de la mort deson frere unique? mais enfin ce seroit toûjours une espece u’avantage, si l'on en tiroir une longueutilité. C’eft ce que Henri troisième n’éprouva point} car il s’aperçut bientôt que la mort duDuc d’Alençon, quelque avantageuse qu’eìle lui fût, lui étoii encore plus préjudiciable qu’uti-le (H), puis qu’eile fournit un prétexte de cabaìer , 6c qu elle fomenta cette faction dangercusêqui fit sentir tant de mortifications au Roi, 6c qui l’accabla enfin. La joie qu’il eut de s’être dé-fait
L’Auteur d’un Ecrit fort injurieux à Monsieur le Duc deSavoie d aujourd'hui (18) a parié de cette afajre , maisnon pas fans quelques erreurs, Hmri lit, dit-il {ig),aiantla guerre à soutenir contre une puissante Lieue, Charles Ema-nuel ayeul ( 30 , dc ion Altefle Roialc fit à feu prés commeelle a fait aujourd’hui. ll ccnftut de grandes esferancts fourfa fortune s’il prenoit ce tems-ld de fe déclarer contre la Fran-ce , c r effeêlivement en 1588 il joignit fis armes à celles desEnnemis d'Henri !II; c ? après avoir formé un puissant Partidont il fe déclara le Chef, il entra dans la Provence , s'empa-ra par artifice des Villes de Marseille (V d’Arles, cy devint fifier par ces conquîtes , qu il fit frapper une Monnoye qui devoitservir de monument pour immortaliser fa mémoire. Il s’étoitfait reprefenter fous l'emhlême d'un Centaure ,tyc. L’Auteurajoute qu’Henri IV, ayant porté la guerre en Italie lan 1600,fe rendit maître presque de toute la Savoye <y du Piémont, kqu’il ât friper à son tour une médaillé, este. Ce narré n’estpoint exact : la jonction des armes du Duc de Savoie avecles ennemis du Roi Henri III ne fe fit point l’an i;88. Cene fut point non plus cette année-là, mais en 1590, qu’ilentra dans la Provence. II ne fit point la Médaille du Cen-taure aprèssctre rendu Maître de Marseille, mais après l’in-vasion du Marquisat de Saluces. Henri IV ne porta point laguerre en Italie lan 1600, & ne conquit rien dans le Pié-mont. L'Auteur est peur être plus judicieux dans les Réfle-xions de Politique, qu’exact à narrer les choses. Henri IV,dit-il (31), afrés la conquête de la Savoy e zy du Piémont, felaissa enfin fléchir aux prteres du Pape Clement VIII qui cher-chait à réconcilier le pauvre Duc avec ce Monarque ; quoiquele sentiment de tous les Politiques de son temps étoit qu HenriIV devoit garder la Savoye cy le Piémont, pour châtier la té-mérité de ce Prince imprudent, zy fe conserver par là un pas-sage libre pour entrer en Italie quand bon lui fembhroit. C’é-toit là le conseil du Cardinal d'Ofiat, un des plus grands Po-litiques de son siécle : Mais en cette occasion Henri IV fit pa-raître plus de gtnerofité qui de politique, zy rendit tout à Char-les Emanuel. Qu’auroit dit le Cardinal d’Oífat de l’impru-dence de Henri troisième se défaisant de Pignerol, puis qu’ilblâme Henri IV de sëtre défait de la Savoie dans un tems®ù il étoit cent fois plus capable de résilier à ses voisins quene savoir jamais été son Prédécesseur? La France auroit étébien malheureuse, fi elle n’avoit pas eu Pignerol quand leDuc de Savoie fe ligua avec la Maison d’Autriche, l’Angle-terre, k la Hollande, cn 1690. II a falu qu’elie s’en soitdépouillée six ans après : ce n’est pas un petit mal.
( G ) On ne vit en lui que ïhumeur d'un misanthrope. ]„ A fi n retour de Pologne il estoit presque inaccessible, si-„ non à trois ou à quatre Sc vouloir manger en particulier,,, contre la coustume de nos Rois: mais on ne le treuva„ bon, parquoy luy estant remonstré, comme forcé par la„ coustume de manger en public, il fit faire des grandes bar-,, rieres au tour de fa table qui font encor à la sale du Lou-„ vre ï Paris, 8c furent stricts ces vers qui furent affigez en„ certains endroits du Louvre :
„ Puis qu Henry Boy des François,, N'en ayme que quatre ou trois','„ ll faut que ces trois ou quatre,„ Allent fe: ennemis combatte.
»» 11 ordonna que nul n'entreroit en fâ chambre fans bon-,, net (31} Jc m’imagine que le motif de cette Ordon-nance fut qu il portoit lui-même un certain petit bonnet com-me d un enfant qui avoit un borlet d,soupé à taillades de tra-vers, CV fur teeluy une plume par devant avec quelque belle en-seigne, une grand perruque, zy ne ft defuloit (33) jamais r
non mesmes à ïEglise, source qu il avoit la tefie raze ( 34 );II y avoit bien de l'humeur dans tout cela. Au reste, cecivous fera entendre les paroles que je m’en vais copier-Mesme son turban vous reprefentoit assez, son infidélité estanttoufiours coiffé à la turque, lequel jamais on ne luy a veu oster,pour faire honneur k Jefus-Christ (35). C’est ce que repro-che à Henri III FAuteur du Livre intitulé Le Martyre desdeux Freres.
(H) La mort du Duc d’Alençon, quelque avantageuse qu el-le lui fût, lui étoit encore plus préjudiciable qu utile.'] j af-fecte non seulement de ne rien dire fans preuve ; mais aulSd’alléguer par tout où je le puis faire le témoignage des Au-teurs contemporains. On ne se trompera donc pas si l’ons’imagine que je me fers ici agréablement des paroles d'Htienne Pasquier (36). „ Encores avoit-il (37) une espine„ au pied, qui au milieu de cette paix (38) sembloit ar-„ rester le cours de ses contenremens. Car combien qui!„ ne fut en mauvais mesnage, par apparence, avec Mom„ sieur le Duc, son frere, si estoit il un second Roy, st ul„ avoit sa Cour, & ses favoris à part, tantost en une ville„ de Tours, tantost és autres de son apanage ; lequel avoit„ ses opinions tant eslongnées dc celles du Roy , que ja-„ mais il 11e voulut, que luy ny les siens fufient gratifie. 1„ de l’Ordre du St. Esprit. D’ailléurs, son Apanage estoit,, si grand, qu’il absorboit une bonne partie de la France-„ Avoit sa Chambre des Comptes dedans Tours., son se„ chiquicr à Alençon , qui jugeoit souverainement 4 eS„ causes du Duché, tant civiles que crimineles. Et erico-„ res ce Prince pourvoyoit aux Eveschez & Abbayes d e„ son Apanage ceux qu’il vouloir, pour estre nommez„ Pape par le Roy, suivant le Concordat. Toutes gran-„ deurs aucunement conformes à celles du Roy , qui ‘ li f„ pouvaient causer des jalouzies en l’Ame , ores qu’il le*„ dissimulai! sagement. Advient en l’an 1583 que Mon-,, sieur le Duc decede; Le par la mort est reiiny son Ap 2 ">, nage à la Couronne. Ceux qui gouvirnoient le Roy e . st„ firent feus de joyes en leurs âmes ; k luy mesmes niani-„ fessa assez, de combien il pensait son Estât estre creu >„ quand il escrivit de sa propre main des reglemens de a„ grandeur : voulant que son Chancelh'er, séant en son„ Conseil, fut revestu d’une toque k robe longue de ve„ lours cramoisi, & ses Conseillers d’Estat de satin T l0le L’,, ses Huissiers k valets de Chambre eussent pourpoints,, velours, & au dessus la grosse chaisne d’or pendue a leu„ cols; puis diverses advenues de Chambres, avant stu .,, peuft estre gouverné : Un long ordre de Seigneurs st„ dévoient marcher devant luy , allant à FEglise. A laj, rite cette mort au premier œil ne luy promettoit st u ^» long repos ; k neantmoins ce fut la consommation„ son malheur & de toute la France. Car fi Monnet„ Duc eust vesou, tous prétextes eussent défailli aux cn ,
„ preneurs de la Ligue. Soudain âpres ÍC ”L t
„ cez, en l’an 1584, les Princes de la Ligue ne dou soj u„ d’esclorre le mescontentement qu’ils convoient , r _„ du manteau de la Religion Catholique Apostoliqu„ maine ”. Notez que les intrigues d’amour AV ° Lmêla discorde entre ces deux freres. ils s e r J! I , c g 0 (í . p au tre,aimer mismes beautez : l’un des cœurs voulut ae ogt ^
ey ne pouvans souffrir des compagnons en amtur, non pl’authcrité, ils changèrent les affeílions de freres, e ttcer dépits implacables (39). Je vous laisse 2 penser si c«double jalousie , l’une d’amour, l’autre. dam 1 1 !> , f ] a
deux freres (40), l’un Roi, Fautre héritier 0 P a jf c zcouronne, & qui avoient tous deux 1 esprit k 1 înt ;pa-mal tournez, n’étoit pas capable de les remplir d unthie prodigieuse ( 4-1 ).
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