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Tome second. C - I.
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HENRI III.

(zî) Pas-{juier, Let-tres, Livr.VI, Tarn. I,

M- r«'-

( 59 ) LorsqiVïl fit fanEntrée àTioiicn commeGouverneurde Norman•dit.

(Co) Fas-quier, Let-tres , Livr.XIII, Tom.II, pag. 72.

(Cl) Votezci - âcjflts laTtfmarcj. (I).de T ArticleE O D 1N.

(Ce) Thuan.Libr. LXIII,far. 187.

( 6 ) ) DuVerdier,Troíopogr.Tom. ili,p^. 25 5 9 .

(C 4 ) L'a-mè-me, p. 2 j Ce.

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Favoris n’étoit point jaloux de l’autorité, Lc n’aspiroic point à Pindépendance, íbuhaitoit pas-sionnément d’amplifier le pouvoir roial ( N ). Je dirai quelque chose de ses dévotions ( O ), &je n’oublieraî point qu’il fut éloquent, qu’ìl aima les Sciences, & qu’il le plaisoit beaucoup à en-tendre discourir les personnes doótes. Mais on trouva du contretems à cela, & à la peine qu’ilprit d’étudier la Langue Latine (P). On nous a envoié deux Mémoires bien curieux: P un re-garde

„ gneurs assemblez, avec une infinité de Prefidens & Con-„ seíllers des Cours souveraines , il est porté par expres ,

„ que toutes aliénations faites ou à faire du domaine sc-„ ront nulles, sinon en deux cas, sçavoir est, pour appa-„ nage des puisnez de nos Roys, & pour vendition neces-„ faire à deniers contens pour la nécessité de la guerre: &

,, qu’en ces deux cas Lettres patentes feront dccernees 8e,, publiees es Cours de Parlement: leur estant tres-expres-„ sèment défendu d’avoir aucun esgard à telles lettres pour„ .quelque autre cause & temps que ce soit, encore que ce„ ne fuit que pour un an ( 58 ) ”.

(A 7 ) Henri III, qui far rafort k ses Favoris . . . naspi-roit point k ïindépendance , souhaitait passionnément d'ampli-fier le pouvoir roial.] Voilà deux points: je prouve le pre-mier par une Remarque qui fut faite fur le grand crédit duDuc d’Epernon, 6c fur la Fortune d’argent doré dont la villede Roiien lui fit un présent ( 59). Cette Fortune le tenoitétroitement embrassé, ez au dessous estoyent ces mots Italiens;E per non lafciar ti. Devise prise sur la rencontre équivo-que de son nom ; pour monfirer que ceste grandeur ne pourraiteftre jamais terrassée; comme aujji est ce la vérité, que le Royle favorizant desmestrément luy avoit autrefois protesté, qu ille ferait fi grand au milieu dps siens , que luy-même nauroitpas le moyen de le ravaller, quand bien il l'eufi voulu cy-a-pres. C’eft une chose que nous avons depuis apprise du Seigneurd’Espernon par une lettre fort bien diélêe qu il escrivit, pen-dant sa disgrâce , au Roy (60). Ceux qui disent que lesRois n'aiment personne, & qui regardent cela comme ungrand défaut, se trompent en deux façons; car la plupartdes Monarques font sujets à des excès d’amitié qui causentplus de désordres, qu’il n’en pourroit naître de leur cœurindiférent 6c insensible. Voiez ci-dessus la comparaison queBodin a faite entre les dernieres années du Régné de Fran-çois I , 6c le Régné de Henri II. Voiez aussi la Remar-que ( B ) de cet Article. II seroit peut-être à souhaiter queles Rois .■fussent semblables au Sage des Stoïciens, fansamour, fans haine. II est pour le moins bien sûr que Fa-mé trop bonne, trop tendre, trop bienfaisante, trop pro-digue de notre Henri causa une infinité de maux. Passonsau second point.

Les Etats du Roiaume en 1576 avoient résolu de nommerdouze Députez qui assisteraient au Conseil du Roi , lorsqu’on y examinerait les cahiers que les trois Ordres auraientprésentez, à fa Majesté. Cette résolution fut désagréable àHenri III, parce qu’il craignit que ces Députez des Etats nel’empêchaííent de disposer des a faires à l’avantage de fa puis-sance; mais quand on lui eut fait sentir qu’il seroit par làbeaucoup plus maître des choses, il fut bien aise que les Etatseussent pris de telles mesures, 8c il sc fâcha de ce qu’ils seravisèrent, 8c en voulut du mal à Bodin qui avoit été la cau-se de ce changement (61). II est bon d’entendre Mr. deThou. Cum Bodinus tertium ordinem , fi ultèrius pergerent ,intercejfurum diceret , sacer or do, ac max Habilitas acquievit ,ac commune suffragiorum votum fuit , ne ulli delegati, quicum regiis confiliariis de postulatìs decernerent, ab Ordinib.elìgerentur. contrarium cum initia placuijfet , caque re non me-diocriter Rex anima commotus ejfet , ut supra oflendimus, pos-tea mutaverat, k Lugdunenfi Archiepìscopo , ut putatur , in-dufíus , qui principi POTE NT l JE SU JE AMPLIFI-C AN DIE SUPRA MODUM CUPIDO, ex quo Ala-jestaft régit decrementum metuebat, ex co incrementum acces-surum artificiose persuaserat (6z ). L’Archevêque de Lionse servit là d’un tour de souplesse.

(O) Je dirai quelque chose de ses dévotions .] Je me ser-virai des paroles de du Verdier Vau-Privas: „ II faisoit des„ dévotions extraordinaires, quelquefois allant à dix heu-„ res du soir aux Chartreux ouyr matines. II institua la„ confrairie de Penitens blancs de l’Annuntiation nostre„ Dame aux Augustins à Paris, 8c alloit à la procession„ comme les autres, avec le sac 8c le fouet à sa ceinctu-

„ re. II voulut que plusieurs autres compaignies

„ fussent érigées , comme celle de sain ct Hierosme , ap-„ pellée des Penitens biens, au Collegé de Marmotier ,„ celle du Crucifix des noirs au College Sainct Michel,„ celle des gris de Sainct François à Sainct Eloy. II ame-„ na des Feiiillans qui font certains reformez de l'Ordre„ de Cisteaux, de F Abbaye de Feiiillance prés de Tholo-,, sc , lesquels il logea au faux-bourg Sainct Honoré 8c y„ alloit souvent faire des exercices spirituels: il avoit faict„ un logis prés les Capucins où certains jours on alloit pa-„ reillement faire des exercices spirituels, chascun estoit„ portier 8c avoit les autres charges à son tour, 8c il estoit„ appellé là dedans Frere Henry, 8c fi quelqu’un le deman-„ doit il falloit demander Frere Henry , comme s’il arri-j, voit quelque Courrier ou quelque autre affaire pendant-> qu’il estoit en ce conclave. II fit une autre confrairie de-> Hieronimitains à Vicennes 8c à Saincte Marie de vie,, faine. Il fit bajìir un grand 8c beau logis au marché aux» chevaux fantasque avec certaines petites celles, pour al-

ieI . P a “ er quelques jours en Moine.(63 ). II

„ portoit ... un disain d’Ave Maria à la ceincture (84)Cet Auteur a raison de dire que toutes ces choses ont esté esti-

mées des feinSles par plufieurs ( 67 ), car les Ecrivains de laLigue 8c d’autres* aussi ont bien médit à ce ssijet-là. Je mecontenterai de raporter un Passage que je trouve dans unLibelle des Ligneux. Les cachots construits par ceft hypocrtttnestoient que pour servir de couverture à ses lascive!ex., mes-chancetez, ordures , er sodomies : Jean d'Espernon en sf altbien quelque chose, lequel ne m en peut démentir; les plus fi-ges ont fort bien dit que ce n estoit qu un amuse sol, cagesordonnées pour y mettre d'autres oyseaux, qu une simplicité re-ligieuse qui a esté le vray moyen pour se séquestrer de tous lesprinces CJ gens de bien, qui n estoyent {comme cest apparenthermite') touchez au cœur de l'esprit d'hypocrisie (66). DUVerdier observe que les Prédicateurs, 8c entre autres Mauri-ce Poncer, crioyent contre ces Confrairies, 8c ces Processionsdu Roi. Celui qu’il nomme fut, ce me semble, le plus em-porté de tous. Je raporte ce que Pierre Matthieu en a dit >vous y verrez que l’on crut que tous ces actes de dévotionextérieure netoient que grimaces, fans aucun amendementintérieur. „ Le dimanche vingt-sept de Mars 1583 le Roy,, fit emprisonner le Religieux Poucet, qui preschoit le Ca-,, resme à nostre Dame > pour ce que trop librement il avoit,, presché le Samedy précédent contre ceste nouvelle Con-„ trahie (67) , l’apellant la Confrairie des Hypocrites 8c,, Atheistes, 8c qu’il ne soit vray (dit-il en ces propres mots)„ j’ay esté adverty de bon lieu que hier au soir, qui estoit se,, Vendredy de leur Procession , la broche tournoit pour„ le souper de ces gros Pcenitens, 8c qu’apres avoir man-,, gé le gras chappon, ils eurent pour collation de nuict se,, petit tendron qu’on leur tenoit tout prest. Ah ! malheu-„ reux Hypocrites , vous vous mocquez donc de Dieu„ soubs le masque , 8c portez par contenance un fouet a,, vostre ceinture ? Ce n’est pas là de par Dieu où il le fan-„ droit porter: c’est fur vostre dos 8c fur vos espaules, SC„ vous en estriller tres-bien; il n’y a pas un de vous qui ne„ Fait bien gaigné. Pour lesquelles parolles le Roy , fans„ vouloir autrement parler à luy , disant que c’estoit un„ vieil fol, le fit conduire dans son coche par le Chevalier,, du Guet en son'Abbaye de S. Pere à Melun, fans luy tài-,, re autre mal que la peur qu’il eut y allant, qu’on ne se,, jettast dans la riviere (68)

(P) Il fut éloquent , ... il aima les Sciencesmais on trouva du contre-tems k cela, c? k la peine qu il p rítd'aprendre la Langue Latine. ] Mezerai raporte le précis dela Harangue que fit ce Prince aux Etats de Blois Fan i;?6>8c il ajoute (69) : ,, Cette belle Harangue prononcée par la„ bouche d’un Roy, avec une action vrayement Royale»„ 8c une grâce merveilleuse, sot receue de toute l’affistan-„ ce avec un applaudissement général : mais non fans quel'„ que douleur des plus sages; qui, admirant en ce Prin ce„ tant de belles qualitez exterieures , regrettoient en eseX-„ mesmes que fa nourriture n’eût pas correspondu à fa nais*„ sance, 8c ne pouvoient louer la beauté naturelle de s°se,, genie , qu’ils ne détestassent au mesme temps ceux E„ l’avoient malheureusement corrompue II donne avise 1le précis de la Harangue que ce même Prince prononça al’ouverture des Etats de Blois Fan 1588, 8c il y prépare f° nLecteur par ces paroles (70): Il leur fit une belte Haranfi*dans laquelle il garda ce tempérament qu il voulut bien lessurer qu il avoit oublié les injures passées , mais que c estes scondition que toutes faâlions esteintes son autorité se rétabliseten son entier. Ce qu il déduisit avec tant d'art C? de poh teS s.se, que sil rieust esté question que de paroistre bon Orateur > 'eust remporté ce qu il desiroit. Confirmons cet Eloge par UI ? eLettre qu’un des Députez (71) aux Etats de Blois écrivm„ La plus belle 8c docte Harangue qui fut jamais oiiye, non„ pas d’un Roy, mais je dis d’un des meilleurs Orateurs„ monde, 8c eut telle grâce , telle asseurance, telle g,, vité 8c douceur à la prononcer, qu’il tira les larmes n„ yeux à plusieurs, du nombre desquels je ne me ^e,, exempter; car je scnty à la voix de ce Prince, tant 0„ motion en mon ame, qu’il fallut malgré moy, fi ue t„ larmes en rendissent tesmoignage: il remonstra avec t,, de pitié les miseres de ce Royaume, fit avec tant de„ vacité entendre le regret qu’il en avoit, compara la,, licite, 8cc (71) ”. II seroit inutile de m’objecter q jlui faisoit ses Harangues; car cela n’empêcheroit point q ^n’ait dû passer pour très-éloquent, vu la maniéré donharanguoit. Ceux qui occupent les prémieres^ places ua^les Parlemens ne laissent pas quelquefois de mériter leS ,,'ges de bon Orateur , quoi qu’ils fassent composer par ,tres les discours qu’ils font à Fouverture des Audiences,combien y a-t-il d’excellens Prédicateurs qui ne ^m?pas eux-mêmes ce qu’ils récitent ; Mais n’en aem

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que ce Monarque parloir Ucs-uiv.»*àiiII sc rendit si éloquent avec la disposition nat ,

„ y avoit, que s’il pouvoir y avoir de l’excez a u„ le chose , il aurait eu sujet de dire quil,, Aussi se plaisoit-il merveilleusement aux granc,, blées, & aux aérions d’apparat, où il se trou ’Jj^e„ sir Harangue estoit toujours la plus belle, «

,, les réponses qu’il faisoit fans préméditation aux l> 1 ^