HENRI III.
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B E N fi.
(93) Nota
B E N E,
(94) NotaB £ N K.
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commis au bourg de St. Clou. Quelques Auteurs Protestans ont relevé cette circonstance, & y onttrouvé des mystères. Le fait qu’ils allèguent paroîrra fort incertain pendant qn’ils laisseront (S)
fans
„ dernier de 300 oh 400 qui font audit Convent, nean-„ moins divinement élu 8c choisi pour un si genereux ex-„ ploit que celuy que Dieu a fait par ses mains , s’estoit„ plusieurs fois vanté (92 ) parmy ses Confrères mesme de-„ puis la route de Senlis qu'il voyoit les affaires des enne-„ mis prospérer, que le Roy ne mourrait jamais que de ses„ mains, dequoy les autres tiraient occasion de se moquer,„ l’apeilant par dérision, le Capitaine Clement. Mais cela,, ne le faisoit point départir de ce sentiment 8c mouve-„ ment. Au contraire il se fortifia tellement au désir de„ l’execution qu’il se rendit constant en ce dessein, ne fai-,, sant plus qu’excogiter le moyen pour luy en faciliter l’is-„ sue. E11 cette entreprise il falloir se refondre à la mort,„ Lc de quel genre de supplice il n’en pouvoit arbitrer.„ Aussy ne se vouloir il pas garantir du plus cruel qu’on„ luy eust voulu imposer, qui est une constance si admira-„ ble en la qualité de Religieux, qu’elle ne lçauroit trouver„ d’exemple en ce siécle. Pour venir au fait il sçut trés-„ secrètement pratiquer les lettres d’aucuns Politiques , 8c„ fit avec eux qu’ils donneraient bien ample avis au Roy„ de ce qui se tramoit dans la ville à l’avantage de ses af-„ faires. II reçut quelques paroles deux de creance , 8c„ obtint du Comte de Etienne prifonier au chasteau du„ Louvre un passeport pour avoir un plus favorable accez„ en l'armée des ennemis. Or ayant tout ce qui luy estoit„ nécessaire pour aller trouver le Roy, il partit de Paris le,, dernier jour de Juillet pour aller à St. Cloud, 8c prit con-„ gé des autres Religieux ( 93 1 , les exhortant de faire prie-„ res pour luy , leur disant qu’il alloit pour le service de„ Dieu delivrer les peuples de ynifere fans aucune esperan-,, ce de retourner, 8c ne se soucioit point pourvu que Dieu,. luy fist la grâce de ne faillir à son dessein , 'de l’evene-,, ment duquel ils oyroient parler dans 24 heures. Estant„ ledit jour arrivé à St. Cloud , il ne pût trouver moyen„ de parler au Roy, il y passa la nuit qui luy pouvoit don-„ ner autre conseil. Le lendemain premier Aoust, il s’a-„ dressa au Sieur de la Gucfle Procureur General du Roy„ en la Cour de Parlement de Paris, dont il s’estoit rendu„ absent, 8c luy ayant fait entendre qu’il estoit là envoyé„ chargé des Lettres de la part des bons serviteurs du Roy ,,, 8c de quelques paroles de creance pour choses importan-„ tes grandement au service de Sa Majesté, il le pria aussy„ de le vouloir introduire pour le descharger de son devoir.„ Le Roy en estant averti commanda qu’on luy amenast„ ce Religieux, 8c se retirant à part dans son cabinet où il„ parla plus d’un quart d’heure à luy , 8c cependant luy,, donnoit lés lettres une à une jusqu’à la derniere ; 8c le„ Roy luy ayant demandé si c’estoit tout, le Religieux luy„ respondit, je croy que non, Sire, 8c qu’il y en devoir„ encor avoir quelques-unes. Ainsy passant la main plus,, avant dans fa manche tira le couteau qu’il y avoir, fra-„ pant le Roy au ventricule , lequel se sentant frapé jetta„ un cry 8c saisit le couteau à la main du Jacobin tenant en„ la blessure, duquel il l’ossensa beaucoup 8c en donna un„ coup au visage du Religieux, lequel receut à l’heure mes-„ me une infinité de coups de ceux qui estoient accourus„ au cry du Roy, 8c pendant qu’on le massacrait ainsi, on„ tient qu’il dit ce propos, Je lotie Dieu de mourir fi douce-„ ment, car je ne pensais pas passer de cette vie ainsy er en„ eftre quitte à si bon marché : 8c fut son corps mort jetté„ en pleine rue, 8c puis âpres bruílé, comme on raporta à,, de Mayenne. Le Roy mourut ainsy la nuit d’apres fa„ blessure à deux heures âpres minuit. Vostre Sainteté no-„ fera s’il luy plaiss quelques-unes des plus grandes circons-„ tances de ce fait-là, pource qu’il a vint le jour que l’E-„ glisse célébré la fesse de St. Pierre aux liens, que Dieu„ délivra miraculeusement par son Ange des mains d’He-„ rodes 8c de toute l’attente du peuple des Juifs ausquels il„ devoir estre produit; 8c les Catholiques peuvent dire qu’à,, tel jour Dieu les a delivrez des mains des hérétiques, 8c„ du joug d’un Prince qui portoit en son ame le désir de„ combler de désolations toute la Chrestienté. Et à quel„ jour, tres-Saint Pere, pourrait mieux estre authorisé de„ la puissance de Dieu le monitoire de Vostre Sainteté en-„ vers le Roy impénitent 8c contempteur du Saint Siégé„ Apostolique ? Quand 24 heures âpres l’assaíîìnat de Mr.„ de Guise , ledit Roy de sang froid fit inhumainement,, massacrer feu Mr. le Cardinal son frere, l’on observe que„ le mot du guet que l’on avoir donné au meurtrier estoit„ St. Clement. Pendant ce crime si execrable il estoit dans„ son cabinet à s’en conjouïr avec ses mignons 8c compli-„ ces desdits meurtres; 8c Dieu a permis qu’un Religieux,, nommé Clement (94) l’ait tué dans son cabinet au mi-„ lieu d’une grande armée qui n’a sçû assurer sa détestable„ vie. L’impieté savoir tellement saisy depuis que l’hipo-,, crisie luy avoit fait place, qu’il n’abhorroit que les Pre-„ dictateurs qui avoient publiquement argué ses vices , 8c„ pour cette occasion ne respiroit que leur ruine 8c de se,, vanger cruellement deux , ce qu’il protestoit ordinaire-„ ment en ses plus privés discours, où chacun avoit droit,, d’arbitrer de la peine qu’on leur pouvoit imposer , 8c il„ a esté prévenu en ses barbares desseins d’un simple Reli-„ gieux de l’Ordre des frétés Prescheurs, qui adjoute l’ef-,, set d’une punition divine laquelle les autres luy avoient„ prédit. Ces choses, tres-Saint Pere, sont à mon avis de„ toile conséquence que Vostre Sainteté les jugera dignes
„ de considération. Au surplus, il est notoire que le fait ne,, vient point des hommes. C’est un tres-grand appareil a„ nos maux que Dieu y a appliqué par le ministère de Vos-„ tre Sainteté. Et il faut esperer que par fa bonne interven-„ tion, il y ajoutera la guérison entiere, à l’effet dequoy Je„ luy feray tres-humbles requestes 8c supplications dont j ay„ charge tant de Mr. de Mayenne que desdits Sieurs du Con-,, seil General > lesquels elle honorera tant s’il luy plaiss q uc,, de les recevoir de bonnq part ”. , .
Non seulement cette Piece fournit des preuves invinci-bles contre tous ceux qui voudraient nier que Jaques Cle-ment ait commis lassaffinat , mais aussi contre tous ceuxqui entreprennent de disculper les confrères les Jacobins deParis. Mr. Varillas s’est érigé en raporteur des raisons deces mauvais Apologistes (95), 8c n’a rien dit pour les réfu-ter. II étale d'abord ce que l’on allégué pour la justifica-tion des Jacobins en général, 8e puis voici comme il P ar "le (96): Mais un particulier d entreux qui étoit le Pere Ber-nard Guy art, a fait imprimer un Livre à la tête duquel H n apas osé mettre son nom. il y prétend justifier l'Ordre de SaintDominique du meurtre de Henri Trots. Le mais qui est aucommencement de la période prépare tous les Lecteurs al’Apologie particulière de Jaques Clement, personne ne sepeut imaginer que Bernard Guyart ait entrepris autre chose»8c néanmoins Mr. Varillas ne parle que de la justification gé-nérale de l’Ordre de Saint Dominique. Que les Grammai-riens fassent le procès à VHiiìorien qui place si mal les parti-cules qu’ils nomment adversatives: je leur laisse cette fonc-tion , 8c je me contente de cet autre point de censure. L eTraité, qui a pour Titre La Fatalité de Saint Clou, est f> nSdoute le même Ouvrage qoi lelon Mr. Varillas fut publié parBernard Guyart: or le but principal de ce Traité-là est demontrer que Jaques Clement ne tua point Henri troisième.Mr. Varillas a donc grand tort de ne faire pas considérercet Ouvrage sous cette idée-là, mais fous Vidée d’une Apo-logie générale des Dominicains. Cette faute me parait plusexcusable, que celle de n’avoir point dit que le Livre dela Fatalité de St. Clou ne doit empêcher personne de s entenir à l’opinion générale. Mr. Maimbourg a fait son de-voir quand il a dit, que nonobstant ce Livre-là, il faut re*conoitre Jaques Clement coupable du parricide , 8c qa»vaut mieux en tomber d'accord dt bonne foy, avec la voix p 1 *'
’ bltque, de quelque profession que l’on soit (97). 11 n’est P aS
si raisonnable dans ce qu’il ajoute. Veu principalement, dit-fi>quel honneur des Jacoinsn’en souffre nullement. Car enfinles fautes font personnelles, er il n y a point d homme de bonsens qui s’avise jamais de reprocher le crime d'un particulier *un Ordre aussi saint . . . que celuy de Saint Dominique. C enun discours fans solidité: le crime de Jaques Clement n c»pas une faute personnelle ; c’est le crime du Couvent des Ja-cobins de Paris. Ils surent son dessein (98), ils ne l’en dé-tournèrent pas, ils en aprouvérent l’exécution. Son Prieurfut puni de mort bien convaincu par plusieurs témoins d a-voir fait en chaire l’éloge de cet assassin (99); 8c com m®la ville de Paris, 8c les Prédicateurs principalement donn^rent mille bénédictions 8c mille louanges au Moine si 111avoit tué le Roi, 8c que toutes les autres villes du R 0131 ]'me qui étoient dans lc parti de la Ligue, 8c le Pape J° e 'me (100), louèrent cette infâme action, on peut assu r Qque le crime de Jaques Clement fut celui de toute la E*gue, 8c celui de la Cour de Rome; car les Auteurs ,sConseillers, les Aprobateurs d’une action, sont censez etde la même catégorie. Je le montrerai en quelque autendroit ( 101 ).
( 5 ) Pendant qu’ils laisseront sans repjque les Observaide Pierre Viâlor Cayet. ] ' Considérez bien ses paroles ( r^ 1 s („ Les Huguenots disent , la mort a-emporté ce Roy 7>> monde enl’autre, mais {circonstance notable) en la *
„ bre mesme oh l’on tient avoir tsté prins le conseil de W„ furieuse journée de la Saincl Barthélémy , l’an Is 7 2 - j.„ paroles sont couchées dans l’Adjonction faicte à l'In'Q 1 ’’
„ re de l’Histoire de France par Monliard. Le Livre du„ cueil des y Roys, imprime à Geneve, asseûre le m,P.^„ en presque semblables termes : Et dans le Livre de 1 *
,, de VEglise, faict par Jean Taffin, Ministre,sont ces m -s t,, On a remarqué avec Providence de Dieu, que ct a f, - inS
„ en la chambre mesme en laquelle l’an 1572 av0,t ndà
„ le conseil de ceste furieuse journée de S. Barthélémy-,, des Circonstances notables, 8c des Remarques de la„ dence de Dieu, legerement 8c, j’userai de ce mot, ,
„ ment publiées. Car à la S. Barthélemy le lieu» ^
„ blessé le Roy, appartenoit à un Bourgeois de lari ^
», mé Chapelier, 8c le posséda encor plus de deux an -1 ^„ où fa Majestém’avoit jamais entré estant Duc d A L 0(r ’ ne :,, n’y entra que long temps âpres son retour de = du„ Quand la Royne fa mere l’acheta ce fut âpres - m -„ feu Roy Charles, en intention d’y faire b a j * r : l’an
», me elle vid que ce lieu estoit trop petit, e Vcrnel si £„ 1577 à la femme du Sieur Hierosme de J ’ f a yant„ abbatre le logis, 8c le changer tout de ' depu> s
„ embelli de grottes 8c fontaines, s-J^utel.^ue i„ il a esté fréquenté par les Princes 8c Se 'ff fl^ke-,,'n’cstoit auparavant: Or celuy qui Vessie le s ^„ cueil des cinq Rovs, duquel Montliard & Taffin »
,, ce qu’ils ont mis dans leurs Livres (car il av P • cei .„ ment cscrit queux) use de ces termes, On ait q» „ „
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