HENRI IV.
(d) On l'&-pelle Henrilc Grand.Vbuz. ci-des-sus lt t Cita-tion (47) deC .ArtilleBarclai(Jean).
(ri) Dis-cours Histo-rique òc Po-litique furles Gaulesde la Guerrede Hongrie,pag, 266.
(12) Erattìxlis Eunti-chus,fed cor-poris defec-tum animopenfabat : deestera saturabrevì yfujflatocorpore , colo-re buxeo 3 sub-trìsti vxlttt,tofvis «cuits,& inter taresdr éminenteishumeros de-prejfo capite ,ac prominen-tivus ex oreduobus vehitiapmgnis den-t/bus de f a r -mis. Thuan.Libr. XVII,pag. z6r.
(lî) Erafimac ìnilorìusBudam se con-sul it, ubì dux,qui tantam deje initia ex-spetlationemexcitaverat ,dolore arqueignominie*. ex-peditionisinaufpicataittvsam vi-sa m cu mmorte com-mutavit. Id,ibidem.
(14) Idem y•ibidem.
(ïf) Justin.Lib. XXXII,
Çub finem.
(16) Livius,Libr. XXVI,fub finem ,VaìeriusMaximus,Libr. IV,Cap. III,num. 1.
(17) Voienci-dejfiís la 7 (e-marque (B)de R Articlede la r. An-tonia.
(t8 ) FlaviusVopiscus,ìn proculo,pag. m. 73 STem. IL
(19) Dans la'Remarqueprécédente •
£ 20 ) Ltbidì-
nisnimiaajfi -diíitatem con -cubitus velutescercitoticnisgenus clinoporlen vncâbat.Suetonius,in Domit.Cap. XXU,
73 8
en vain qu’on m’objecteroit qu’un semblable châtiment lui eût ôté le courage (C). Ce fut son incon-tinence prodigieuse ( D ), qui l’empêcha de s’élever autant qu’il auroit pu taire ; mais malgré ce puis-sant obítacle, il n’a pas laissé de mériter à très-juste titre le surnom qu’il porte (a). Pour s’en con-vaincre il suffit de considérer les difficultez étonnantes qu’il surmonta, avant que d’être affermi sur lethrône; & l’écat florissant où il remit son Roiaume, qu’il avoit trouvé dans la plus affreuse désola-tion qu’on se puisse imaginer. 11 hérita de cette couronne dans un dégré de parenté fort éloigné (E)-Nous conoîtrions aparemment,& nous admirerions beaucoup plus le fond de Ion grand mérite, s'il a-voit vécu cinq ou six ans plus qu’il n’a fait; car il étoit fur le point de commencer l’exécution d’un
vaste
ce ( 11 ), son mariage avec Marie Christine fille de CharlesArchiduc de Grets fut déclaré nul ? II y a des Eunuques quiont été de très-braves Généraux d’armée ; car fans remonterau fameux Narfes qui vivoit fous l’Empire de Justin II au si-xième siede, ne fait-on pas que l’un des plus vaillans Géné-raux de Soliman étoit Eunuque ( 12) ? II ne fut pas heureuxje l’avoue, dans l’expédition de Hongrie l’an 1556, & ilmourut même du chagrin de n’avoir pas soutenu la réputa-tion , ni rempli l’attente publique (iz): mais il ne laiíToitpas d’avoir un grand cœur; son chagrin mortel en est unepreuve. Voler Mr. de Thou qui raporte la plaisanterie dontcet Eunuque se servit, quand on lui vint raporter une fort•mauvaise nouvelle, c’étoit celle de la prise de Strigonie. Voi-là bien de quoi, répondit-il au messager: c’est peu de chose,ma grande perte là voilà, poursuivit-il, en montrant la ré-gion du bas ventre. Ejus rei cum trepidus nuncius ad eum ve-nifiet , ipfa vultus consternatione magnum aliquod malum pro-fejfus, purpuras m non fine circumftantium ris u consternationinantît illudens, gy Strigonii, quod nullo negotio recuperari pos-fiet , amfftonem élevant ; his verbis eum excepffe dicitur. Quamtu mihi cladem ingentem , fatue, quod tantum incommodumnarras l ea demum mihi cladet deploranda contigit, cum hinc(genitalium fiedem ostentans) ea membra adempta sunt, quibusvir eram (14) («). Concluons de tout cela que fi Henri IVeût été traité comme Abelard, il n auroit rien perdu, ni deson courage, ni de sa prudence, ni de son esprit. Origene,Photius, Abelard, font une preuve manifeste que la privationdes organes masculins n’est d’aucune conséquence au préjudi-ce des dons naturels de l’ame.
§ («) Tiré des Légations Turques de Busbeck Lettr. III.pag. 196. de ses Oeuvres, Edit. de 1633. Rem. crit.
(C) Ce fierait en vain qu on m objecterait qu un semblablechâtiment lui eût ôté le courage.] Vous trouverez dans laRemarque précédente le Commentaire.ou la preuve que cecipeut exiger. J’y ajouterai cependant par forme à’Appendixles Observations qui suivent. Annibal, l’un des plus grans Ca-pitaines de l’Antiquité,ne fut-il point chaste ? Confiât Anniba-lem . . . pudicitiam tantam inter tot captivas habuifje, ut inAsrica natum quivis negaret (15). Nous ne trouvons pas queScipion l'Africain ait été d’un tempérament fort amoureux,8c il donna un bel exemple de pudicité pendant son expédi-tion d’Efpagne. Les Historiens (16) l’en louent extrême-ment. Drufus, frere de IEmpereur Tibère, 8c l’un des plusgrans Capitaines de l’Antiquité, fut dune extrême sagesse parraport aux femmes ( 17 ). La bravoure de l’Empereur Aure-lien fut incomparable 8e accompagnée de beaucoup de chas-teté. On lui feroit tort si l’on faifoit la moindre comparai-son entre sa bravoure, 8e celle de cet impudique Proculus quis'érigea en tyran, 8e dont Flavius Vopiscus nous a conservéune Lettre que je me garderai bien de traduire. Je ne la ra-porte qu'en Latin. Tacendum non efi, quod est ìpfe gloriaturin quadam sua Epistola, quam ipsam melius efi ponere quam deea plurìmum dicere. Proculus Metiano affini s. d. Centum exSarmatia virgines cepi. Ex his una nocte decern inivi : omnestamen quod in me erat, mulieres intra dies x v reddidi. Glo-riatur (ut vides ) rem ineptam > es 1 fatis libidinofam ; atque in-ter fortes fie haber't crédit fi criminum denfitate coalefcat. Hictamen quum etiam post honores militares fie improbe gy libidi-nofe, tamen fortiter ageret, . ... in imperium vocitatus est(18). Vous voler là qu’on témoigne qu’il fut bon soldat;mais encore un coup, ce n’étoit pas une valeur qui aprochâtde celle d’Aurelien. Que dirons-nous d’Alexandre, dont lecourage étoit extraordinaire ? On a donné à fa chasteté beau-coup plus d’éloges qu’il ne méritoit : mais néanmoins il fautconvenir que de son tempérament il avoit plus d’indiférenceque d’inclination pour le beau sexe;8c cela sufit à réfuter ceuxqui s’imaginent je ne sai quelle Jiaison machinale entre l’im-pudicité 8c la bravoure. J’ajoûte aux exemples modernes quej’ai déjà raporter (19), celui d’un brave qui vivoit au XVIsiécle, 8c qui mérita le titre de Chevalier fans peur gy fansreproche. On entendra bien à cette marque que je veuxparler de Baiard. L’amour ne le maîtrisa jamais, 8c il s’enmontra le maître dans des occasions dangereuses. Voler faVie. Quel Catalogue n’aurois-je pas à donner si j’enirepre-nois la Liste de ceux qui ont ressemblé à Sardanapale, gensqui n’étoient braves qu’au lit, lâches 8c poltrons par toutailleurs. Caligula , Néron, Heliogabale, furent - ils guer-riers? Ne se plongèrent - ils pas avec des excès infâmes ,dans les débauches impudiques ? Domitien inventeur d’unnouveau mot (20) pour ces mauvais exercices où il signa-loit ses forces, a-t-il jamais passé pour un bon soldat, oupour un bon Capitaine ? Ceux que l’on nommoit autrefoismignons de couchette, fe vouloient quelquefois mêler du mé-tier des armes, afin de sc tirer du mépris à quoi les soup-çons de poltronnerie les expofoient auprès des braves; maisils s’en aquitoient fi mal, qu’on pouvoit leur apliquer avecbeaucoup de raison ce que Jupiter répondit à Venus, quandelle lui fit lìs complaintes de la blessure qu’elle avoit reçue
en voulant secourir Enée dans un combat. Ne vous mê-ler pas de guerre , ce n’est point votre partage , faim sl’amour.
O ’J TOI tIkvov IfitV êsiïoTCCi TT'X.tUri'-t
A Áhec coy ifAtçóhTct. pLtizpjfto ípyct yetfaoto.
Non tibi filia mea commijfa funt bellica opéra ;
Quin tu defiderabilia obi munera nuptiarum (21).
Helene faifoit à Paris une semblable exhortation , commeon l’a vu ci-dessus dans une Remarque où je réfute Mr. deM-rerai (22). Cet Historien s’imagine que les Dames ai-ment les braves parce quelles supolent qu’ils ne font pasmoins vigoureux dans les exercices de l’amour, que dans lescombats. II n’entre pas bien dans leurs motifs : la gloire oula vanité font le grand ressort de leur prévention en faveurdes braves. Monluc observe que les femmes aimeroientmieux être veuves, que de voir venir de l’armée leurs ma-ris en bonne santé, 8c chargez de honte 8c de déshonneur.II est visible que l’impudicité n’a point de part à cela, 8epuis que c’est une nouvelle preuve contre Mezerai, je ra-porte ici les paroles de Monluc. II s’adresse aux Gouver-neurs d’une place, 8c leur montre le préjudice qu’ils se fe-ront , s’ils la gardent mal. Non feulement vostre maistre , con-tinue-t-il (23), les Princes cr Seigneurs, vous verront de tnatt'vais œil : mais les femmes isr les enfans. Et veux encore paff erplus outre que vostre propre femme encores quelle face semblantde vous aimer elle vous hayra e?' estimera moins dans fincœur. Car le naturel de toutes les femmes est tel, quelleshayfient mortellement les couards gy les poltrons encore qu iltfoyent bien peignez.. Et ayment les hardis ty courageux, pO urlaids , gy difformes qu ils foyent. Elles participent à vostrehonte. Et quoy quelles foyent entre vos bras dedans le li$ »faisant semblant d’estre bien aises de vostre retour elles VOU'droyent que vous fujfiez esté estoujfé, ou qu une canonade venseust emporté. Car tout ain fi que nous pensons, que la pl u ‘grand honte d'un homme est d’avoir une femme putain , l* 5femmes aufii pensent que la plus grand honte quelles ayent efi,d'avoir un mary couard. Ainfi vous voila bien accomtne&Monfieur le Gouverneur qui aurez perdu vostre place , velique dans vostre propre liíl on vous maudira.
(D) Son incontinence prodigieuse .] Je puis bien la nom-mer ainsi après les Contes que Daubigné en a publiez , ^fur tout après ces paroles d’un très-grave Historien.
„ l’Histoire faifoit des Apologies, elle pourroit le justifier„ de la plus grande partie de ces reproches, non pas tq u '
„ tefois de la manie qu’il avoit pour le jeu.
„ core moins le pourroit - elle excuser de son abandons'„ ment aux femmes , qui fut fi public 8c si universel “ e '„ puis fa jeunesse jusqu’au dernier de ses jours, qu’on n e„ fçauroit mefme luy donner le nom d’amour 8c de g a ",, lanterie (24) ”. Mr de Perefixe nous va dire quàffjchose de bien étrange. Il feroit à souhaiter pour îhonneur yfa mémoire qu il n eût eu que le défaut du jeu. Mais ce ^.fragilité continuelle qu il avoit pour les belles femmes en ej tûun autre bien plus blafmable dans un Prince Chreftien, danun homme de son âge , qui eftoit marié, à qui Dieu avffait tant de grâce, ey qui roulait tant de grandes entrepfbdans son esprit. Quelquefois il avoit des defirs qui este tenpafiagers , gy qui ne ïattachaient que pour une nuit ;quand il rencontrait des beautez qui le frapoient au cxur -’ / s: taimait jusqu à la folie, gy dans ces transports il ne P ar f\‘j trien moins que Henry le Grand. La Labié dit qu Herculef..la quenouille, gy fila pour l'amour de la belle Omphale : "ry fit quelque chose de plus bas pour fies Maistrejfes. “ J e .vefiit un jour en Pais an, gy chargea un fardeau dep a * 11son cou, pour pouvoir aborder Madame Gabrìelle ; r ° n .-, e dsque la Marquise de Verneuìl la veú plus S une fi> s st ^ u nessuyer fes dédains gy fes injures (25). Ce devoir eCr ^ e fcruel chagrin aux bons Huguenots, de voir que leurmenoit une vie si scandaleuse jusques au milieu de Wchelle. II y débaucha la fille d’un Officier de Robe }°K^8c en eut un fils. L'Eglife lui avoit souvent remontass ef .te qu il confefsoit ajfez ingenuèment ; mais il ne se ja ba-suader à la reconoìtre publiquement qu’un peu avan ^taille de Courras ( 26 ). Vous trouverez les drcoruiancela dans la Vie de Mr. du Pleffis Mornai (27)- , f„ r t
(E) Il hérita de la Couronne dans un dégré de P arí , (y,u-
éloigné.] ” Ce fut fans doute un rare bonheur que ^ j- L)C --„ ronne de France luy écheût, n’y ayant jamais e u heredi-
„ cession plus éloignée que celle-là en aucun isha Je
„ taire ; car il y avoit dix à onze degrez de d> - neU f
„ Henry III à luy ; 8c quand il nasquit il y * v \\
„ Princes du Sang devant luy » sçavoir le Roy ' e ,
„ 8c ses cinq fils, le Roy Antoine de Navarre ion
„ 8c deux fils de cet Antoine, freres aisnez de n à
„ ry. Tous ces Princes moururent pour luy taire p„ la succession (28) ”.
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