HENRI IV.
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vaste dessein ( 5 ), lors qu’il fut tué dans son estasse le 14 de Mai iSto parle nomme Ravaillac. Ly a des Historiens qui disent que cela lui avoir été prédit le jour précédent ( F) : mais ceux qui ontaprofondi cette affaire y ont trouvé de la fausseté. II étoit li généreux, qu il n y a point d aparencequ’il ait jamais conseillé au Duc d’Alençon de se défaire de Catherine de Medicis (G). Cependant,il y a des Mémoires qui l’assûrent. II eut la destinée ordinaire des grans hommes, je veux dire qu ilfut malheureux dans son domestique. Les deux femmes qu’il épousa successivement, la demieie pen-dant la vie de la prémiere, lui causèrent mille chagrins ( H). 11 méritait cela, puis qu il tenoit u peude compte des loix sacrées du mariage. Sa seconde femme fut l’une de ces Princesses contre lesquel-les il avoit formé des objections, en examinant avec Roni quelle femme lui conviendron(t). -cqu’il pensait fur le mariage est trës-curieux ( /} : & il n’y a guere de conversations plus solides cc p us
(b) Voìez ., &Tmn, i6io£fin HiftoiiOcomposte PatHardouïnde Perefìáé#
(c) Voie ,t là
G») Rela-tion áe i aMort deHenri lv,t“i' m, 24.
(m) PierreVêtit, inten-dant dti Fur-t'fîcationj ,dissertationles Oo-•netes, par.b. r 1
(t) M. itVandosme.
(0 Me. de
Chevreuse.
(t) Ma-thieu.
(n) nu-
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Henri IV
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Í32)R.eniat-
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(n) c ist-«-dire Du*Pleix.
( 34 ) C est-
Henri
( î 1 ) Des Historiens disent que fa mort lui avoit été préditele jour précédent.'] Commençons cette Remarque par lesparoles de Pierre Matthieu (,19 V » Sur ce la Brosse fçavant« Médecin 8c Mathématicien dict au Duc de Vendosme, en» fuite d’un plus grand discours, que si le Roy pouvoir évi-» ter l’accident dont il estoit menacé il vivroit encores trente» ans. On ne veut jamais dire aux Roys ce qui leur peut» donner del’ennuit: le Duc de Vendosme,trouvant plus à» propos que la Brosse fust le porteur de son advis, supplia le» Roy de fouir, le Roy demanda ce qu’il vouloir. A ceste« parole le Duc de Vendosme se taist, son silence augmente» 1 envie de le sçavoir, il le presse, il s’excuse, à la fin le>» commandement du Roy tire de sa bouche ce que la Brosse» luy avoit dict. Vous estes un fou, dict le Roy: vous le„ croyez? Sire, respond le Duc de Vendosme, en ces cho-,, ses la creance est deffendue 8c non pas la crainte, le salut„ de vostre Majesté oblige tout le monde, & moy plus que„ tous les autres,à ne rien mespriser; je la supplie tres-hum-,, blement d’avoir agréable de l’entendre. Le Roy ne le vou-„ lut, 8c luy deffendit d’en parler: je ne puis de moins dict,, le Duc, que d’en advenir la Royne. Le Roy répliqua par„ deux fois que s’il luy en parlait il ne l’airrreroit jamais.
,, Ainsi la Brosse est renvoyé. Je tiens ce discours, mot à„ mot, du Duc de Vendosme Cela est bien positif; maisvoici une chose qui ne l’est pas moins, quoi qu’elle renversede fond en comble le narré de Pierre Matthieu : Tant il estvrai, c’est un Philosophe qui parle (30), que la pluspart desHistoriens font crédules G menteurs, G que par là ils confir-ment touftours la crédulité G le mensonge des Pronostiques,quand ils rapportent ces comptes fans les réfuter. Mais, fansaller plus loin, pourquoy les Anciens ne l’auroient-ìls pas fait,puis que nom le voyons souvent faire de noftre temps ? Vn denos Historiens parlant de la mort de noftre Grand Henry IVna-t-il pas dit qu en ayant esté averty par un Prince encorevivant {qu il n est pas nécessaire de nommer j la veille que cemalheureux coup arriva , Sa Majesté méprisant cet advis luyavoit répondu que la Brosse estoit un vieil fol d'Astrologue, G lereste. Ce qu ayant moy-mesme voulu apprendre par la bouche dece Prince(jf),il y a plus de 30 ans en prefence d’une Princesse {f)de grand mérite, il me fit t honneur de me dire que cela estoitfaux. Et depuis deux jours en p a feulement , pour m en éclair-cir d'avantage, G ne rien publier par eferit de cette conséquencefant en eftri bien affeuré, f ay eu l’honneur de luy en repar-ler en prefence de plusieurs personnes de fa Maison, g U maconfirmé la mesme chose-, adjoustant de plus que lHistorien (J)avoit confondu les temps G les choses : g que la Brosse luyavoit bien dit âpres ce malheureux accident qu il l'avoit preveupar ï Horoscope de fa Majesté {comme sont toujours les Astrolo-gues quand Us choses font arrivées ) mais non pas qu il l’en euftaverty la veille pour le dire à fa Majesté. Cela est pourtantécrit par un Auteur François, G du mesme temps. &ui ne lecroira donc pas à f advenir ì Penfira-t-on qu un homme destinéG payé pour faire l'Hiftoire ose dire une chose de cette consé-quence ? g citer mesme un Prince vivant qui en pouvoit rendretémoignage, st elle n'estoit pas vrayeï ll est pourtant comme jele dis-, g fì on en doute, on s'en peut éclaircir, G je ne fuispas marry que Voccafion fi prefente icy de le rapporter, tantafin d'en désabuser la Postérité, que pour faire voir qu il y abeaucoup de choses eferites de cette nature ausquelles on ne doitadjouster aucune creance.
Remarquez que Mr. Petit ne raporte pas tout ceci avecautant de fidélité qu’il l’eut falu. II supose que l’Historien adébité que le Roi fit cette Réponse, la Brosse est un vieil sold’Astrologue -. mais l’Historien ne dit point cela ; car selon luice fut au Duc de Vendôme que le Roi dit, e-o«r estes un fou.
Produisons un second témoin avec ía Réfutation. „ Le,, soir du même couronnement la Brosse excellent Médecin„ Lc Mathématicien dit au Duc de Vendosme, que si le„ Roy pouvoit éviter un dangereux accident bien proche„ dont il étoit menacé, il vivroit encore trente ans : 8c le„ pria de le faire parler à fa Majesté : mais le Roy, enten-,, dant le sujet dont il le vouloir entretenir, ne voulut point„ voir ny ouïr la Brosse (31)”. La Réfutation de cela estcontenue dans ces paroles du Maréchal de Bassompierre (3a) :st est faux que la Brosse euft demandé à parler au Roi ; mais‘ st l’euft fait, la repense qu il (33! a inventée eust été vraye,q;* il ( 34) tu st méprisé de lui parler, car il le tenoìt pour un- fol \ On trouve dans un Discours fur la mort de Henri IV,st ui est imprimé à la fin des Mémoires du Duc de Nevers,
1 le Duc de Vendôme a dit à plusieurs personnes,fn I/ 0Í ^ ne lui avoit point parlé de cela.n J, 11 a point d'aparence quil ait jamais conseillé auT ■Mn„. n(on de s 1 défaire de Catherine de Medicis .] Mr. leche de o U fi raconte Me cette Reine, voiant Charles IX pro-
feillé de prênnlys *** ^ U m Con f
TO me 11 * autor,tt , même a la couronne au pré-
judice du Roi de Pologne fin frété. Elle ourdit fur cela le des-sein formé d’une Conjuration qui lui donnât sujet de s ajjeurerde fa personne, G de celle du Roy de Navarre. Elle les retintfous bonne garde au Bois de Vincennes jusques à la mort duRoy, fans pourtant les déclarer Prisonniers: cependant elle ré-pandit par tout le bruit de cette Conspiration , pour laquelle ellefit arrester les Marefchaux de Montmorency d* de Cojje ^ ^pour lever tout sujet d’en douter,elle immola à cet intereft d. Es-tât deux Pavorys du Duc, la Molle G Coconnnz,. . . . Monjr .le Duc d’Alençon luy-mesme trahit fa. cause G fis Domestiquesdans íappréhension qu il eut-, G celui qui fit mieux le personna-ge d’un Roy opprimé, mats incapable de démentir fin carattere,fut Henry IV lors Roy de Navarre. Ce n est pas quil ne creùtquil estoit perdu-, G ce fut dans cette pensée quil fut accusé ;Jelon que j’ay apris de quelques Mémoires, d'avoir conseille a.Monsieur de faire le malade pour obliger la Reine à le ventsvoir,G sous prétexte de luy vouloir dire tous deux quelque cho-se en particulier , faire retirer ceux de sa suite G /’ eftrangler.
Sa raison estoit celle de leur salut, l’occafion de la mort du Royprest à expirer, le crédit que le temps donnerait à leurs Amis,
G que la mesme Politique , par laquelle elle renonpoit aux Loixde la nature G du sang, pour faire périr son propre fils G fingendre, les dispenfoit pour une plus forte considération que ríes-toit celle de regner, d’avoir horreur d’une ailion qui sauvait àl’Estât deux Princes qui lui eftoient nécessaires, par la mort decelle qui en troubloit le repos G qui en caufoit la ruine. Il n eneut pas le courage, non plus que la discrétion de le taire quelquetemps âpres-, g c est la cause de cette haine mortelle G implaca-ble de Catherine de Medicis contre le Roy de Navarre; pour la-quelle elfi ne feignit pas d’estre de la Conspiration contre finpropre fils Henry IIIG de brouiller ï Estât , quand elle le vidfans enfant, pour empefeher que Henry IV ne luy succédât, Gpour mettre en fa place Henry Duc de Lorraine, fin petit filsà cause de fa fille (35 ). Selon ces Mémoires Henri IV vou-loir être P un des meurtriers de la Reine mere.
. (H) Ses deux femmes . . . lui causèrent mille chagriné. ] IIn’est pas nécessaire de “prouver cela à 1 égard de Margueritede Valois: alléguons donc seulement la preuve qui se raporteà Marie de Medicis. „ La haute estime 8 1 l’affection que„ les François avoient pour luy ( 36 ), empêchoient que l’on,, ne s’offensast st fort de ce libertinage scandaleux; mais la,» Reine fa femme en avoit un extrême chagrin, qui caufoit„ à toute heure des piquoteries entre eux, 8c la portoit à,, des dédains, 8c à des humeurs fâcheuses. L’ennuy Sc le„ déplaisir de ces brouilleries domestiques retardaient asseu-„ rément l’execution du grand dessein qu’il avoit formé,-„ pour le bien 8c le repos perpétuel de la Chrestienté, 8c pour„ la destruction en fuite de la puissance Ottomane (37 )v (f) Ce qu il penfoit fur le mariage est tses-curieux.] J’aià citer un fort long Palìage ; néanmoins je fuis assuré qu’ilparoîtra court aux Lecteurs curieux : car il contient une es-pèce de Critique d’un bon nombre de Princesses, 8c un rai-sonnement fort solide de Henri IV sur le choix dune femme.Voici ce qu’il dìsoit à Monsieur de Roni son Favori (38).
„ De sorte qu’il semble qu’il ne reste plus pour l’accomplisse-„ ment de ce dessein, sinon de voir s’il y aura moyen de me,, trouver une autre femme, fì bien conditionnée que je ne„ me jette pas dans le plus grand des malheurs de cette vie,
„ qui est (selon mon opinion) d’avoir une femme laide,
,, mauvaise, 8cdespite, au lieu del’ayse, repos, 8c conten-, tement que je me serois proposé de trouver en cette con-, dition: que st l’on obtenoit les femmes par souhait, afin, de ne me repentir point d’un fi hazardeux marché, j’en, aurois une, laquelle auroit , entr’autres bonnes parties,
, sept conditions principales, A sçavoir; Beauté en la per-,, sonne, Pudicité en la vie , Complaisance en l’humeur,.
„ Habileté en l’esprit, Fécondité en génération, Eminence„ en extraction, 8c Grands Estais en possession. Mais je>, croy (mon amy) que cette femme est morte, voire peut„ estre n’est pas encor née ny preste à naistre, 8c partant„ voyons un peu ensemble quelles filles ou femmes, dont„ nous ayons ouy parler, seroient à defírer pour moy, soit„ dehors > soit dedans le Royaume. Et pource que j’y ay„ dé-jà (selon mon advis) plus pensé que vous: je vous di-„ ray pour le dehors que Plissante d’Espagne, quelque vieil-„ 1e 8c laide qu’elle puisse estre , je m’y accommodérois *„ pourveu qu’avec elle j’espoufasse aussi les Pays-Bas, quand„ ce devroit estre à la charge de vous redonner !e Comté de„ Bethune; je ne refuserais pas non plus la Princesse Reibel" le (39) d’Angleterre, fi, comme l’on publie, que l’Fstat« My appartient,- elle en avoit esté feulement déclarée nresomptive hentiere : mais il ne me faut pas attendre à l’u-
(3 s) Leboureur,Additionáaux Mé-moires deCastelnau» ;Tom. ll ,
M-
(3 «) test-A-dire pourHenri 1 V %
Ivt) Père-fixe, Hist,de Henrile Grand,pag. m. 463,Zt’ûnn. 160$,
(38) Mé-moires deSuìli, TomeJíy pAZ, IILEdition deHollande 0in IL.
ne ny à l’autre, car le Roy d’Espagne & la Rnkr A’kZ" ^I5rre sont bien eiloignez de ce àssein-là. L’on m’a" ^ uffi stuelquesois parle de certaines Princesses d’Allemagne ,„ desquehes je n ay pas retenu le nom, mais les femmes deAaaaa 2. „ cette
Désirs daRoi tou-chant uneFemme.
Propositionsde diverlesFemmespour le Roi,
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