HERCULE.
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parler de lui, selon le génie fabuleux de leur Nation. Je ne pre'tens parler que de celui - là. 11.passoit pour fils de Jupiter Lc d’Alcmene. J’ai dit ailleurs ( a ) comment cette Dame fut trom-pée par ce Dieu; Lc je ne répete ni cela, ni ce que l’on peut trouver dans Monsr. Moreri. No-tre Hercule avoit des forces prodigieuíes, & dans Jes combats de IVlais, & dans ceux de Venus (5).C’étoit auíìì un grand mangeur ( C ). J en rapovterai des circonftances foi t íìngulieres ; commeaussi dc la qualité de grand buveur (D), où il n’excelloit pas moins. 11 fit voir fa voracité dans
(a) Voiez.lt>
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ne seroit que le troisième ; mais les Egyptiens lui donnoientle premier rang (2). Diodore de Sicile (z), qui ne parleque de trois Hercules , donne à l’Egyptien le droit d’ai-nelle, & il avoue que la conformité de nom & d’inclina-tions a été cause qu’on a donné à celui de Thebes, quietoit le plus jeune de tous, ce que les autres a voient fait.Hercules^ 12 Varron a compte jusques à quarante - quatre
(B) Il avoit des forces prodigieuses .... dans les combatse Venus.} Quelques-uns (4) disent qu'en sept jours il dé-pucela les cinquante filles de Thestius ; d’autres ( 5 ) veu-ent quu n y ait mis qu’unenuit, & ajoûtent qu’il les en-grolia toutes d’un garçon, & qu'il y en eut même deux,lamee, tk la plus jeune, qui lui donnèrent deux fils cha-un.e. quelques-uns, (6) la plus jeune ne voulut ja-mais consentir à^ la perte de fa virginité. Pour l'en punir, . la - c °udamna à la garder toute fa vie, & voulut quellenu servît de Prêtresse. Voilà pourquoi le Temple d’Her-cule a i hefpis fut desservi par une Prêtresse qui devoir de-jpeurer fille jusques à fa mort ( 7 ). Pausanias ne fauroitr ' le persuader qu’Hercule ait conçu une si furieuse colerecontrc la fille de son bon ami (8): il regardent donc com-we un fuplice bien dur la peine à quoi on disoit qu’Hercu-le l’avoit condamnée. Ce qu’il dit de l’amitié de Thestiuspour Hercule s'accorde fort bien avec ce qu’on lit dans Dio-dore de Sicile (9), que Thespius (10) souhaitant que ses
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"-M. An-nal, Libr. //.Ca t- IX.
0 ) Libr. u f,Shìi finet».
(4) Athe-
Î 56 .
(s) íausan.
l’tir. IX,
foi- 3 oi.
une
Athenée cite des Vers d'Epicharme qui expriment admira-blement la voracité de ce Héros.
IJo&Tev jU£i> celte ’îtrUcvr 'Íczç vív, tcrt'cswieit; ,
-Bfiluet pi'tv 0 pâpvy^ íviï'oH , cepastît d cé yy œíleç,
-pepu y 0 yop eCpioç , ’zerçr/ S r.vvóàw ,
S ígei Se rcelf plural, teint S‘ ìseeTce, rm znst
Pritnum quidem, eum comedentem st videas, perìeris :Prémuni intus sauces : firepunt bucca :
Molares dentes fanant : caninus ftridet :
Sibilat naribusaurem utramque movet (18).
èSav lìSìt
(isl Athen.Libr. X,tait .
( 19 ) Idem,ibidem»
(20) Marrisin HercuiisLaudatio-ne. Cauca-lus, Tibet orChìids , fraies
11 cite quelques autres Poètes pour prouver fa These, quiest qu’Hercule a été un très-grand mangeur , Sti «
n frdfii «SStffiiyos, & il n’oublie point la concurrencedeLepreus. Voici tout ce qu’il en dit. . u ,„s,, jrau,
Lepreus défia Hercule a un combat de gloutome , oc rut i^eopomxrvaincu. Îlla-uyeicu St 0 H'/3*xAvç »** A£*rgsí j mstorioira-
yíx,$ ÊKítvíí w^ô»5î.A£raf4£v4# , vsvi■///;»;. IïlducitUV
Hercules de vorncitate cum Lepreo certans qui eum provocave-rat , in qua contentions Hercules viëíor evajìt (19)* ^enodoteraconte qu’Hcrculc avoit mis aux fers Leprée petit-fils deNeptune, après avoir nettoié les étables d’Augìas: 11 le miten liberté après qu’il eut fini ses travaux , & alors il eutavec lui trois disputes, 11s jouèrent au palet, & à qui pom-
( 6 ) Jdem ,ibidem*
< 7 ) U em ,ibidem.
H) ’E'kuvo*k 6 riv*Kíeç ùy} jVo-
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vtro ad~duci mtncjuamPoJJìm ut cre -dam, fiera*-itm in arnìcibominis fi -Lìam ira ramstc >"> incitariPoiuijse,
Hem. ibid.
{b) Libr. ly,
"P- XXIX.
filles lui donnassent une postérité dont Hercule fût le pere, peroit mieux de l’eau, & à qui mangeroit plutôt un bœuf.
le pria d’un grand festin, & le régala magnifiquement, en- tJ “—’----- '—
fuite de quoi il lui envola ses cinquante filles l’une aprèsl’autre. Vigenere a dit assez agréablement que ce fut leplus fort combat zx affaire ou Hercule fe trouva onques en pourde fa vie (ii). Les Anciens n’ont pourtant point mis celadans le Catalogue de ses travaux. On a remarqué qu’à cau-se qu’il faisoit la guerre tantôt en un païs, tantôt en un au-tre , & qu’il aimoit fort le sexe, il avoit dispersé des femmescn plusieurs Provinces du monde , afin d’en trouver partout qui tussent à fa disposition. Lactance n’a pas eu tortdc fe moquer des Païens, qui avoient mis au nombre desDieux un homme qui avoit laiilé des marques de son im-pudicité par toute la terre; Hercules .... nonne orbem ter-ra quem peragraffe ac purgaffe narratur , stupris, libtdinibas,adxlterïts inquinavit ? nec mirum , cum e(Jet adulterio genïtusxllcmena. fts.v.n __ rr j. ■ ■ ■ r ■ - -
( IO ) le Ptrede ces 50 x,/-les ejt nomméIhejlius pa rl‘> uns , ir
Hercule remporta par tout la victoire. Enfin Lepreus étantfou provoqua Hercule tout de nouveau , Lc en fut tué.D’autres disent qu’ils ne disputèrent pas à qui mangeroit leplus, mais à qui boiroit le plus, & qu’Hercule surpassa Le-prée (20). D’autres prétendent qu’ils disputèrent, & à quimangeroit plutôt un taureau , & à qui boiroit davanta-ge (n). Je xaporterai quelques autres faits dans la Re-marque (H).
(D) . . . c v m grand buveurs Pour s’en convaincre , ilsuffit de considérer la grandeur énorme de son gobelet. IIfaloit deux hommes pour le porter ; mais quant à lui iln’avoit besoin que dune main, pour s’en servir quand il levuidoit.
Huic pretium palma geminì cratera ferebantHerculeum juvenes. lllum Tyrinthius ohmFerre manu fola, fpumantemque ore fupinoVertere feu monfirï viílor , feu marte folebat (22).
II paroit par l’Histoìre d’Alexandre, que dans les festins oùl’on buvoìt extraordináirement, on faisoit vuider à la ron-de une grande coupe qui s’apelloit la coupe d’Hercule. Onla réservoir pour la fin , comme on le peut inférer de cequ’Alexandre ne l’avoit pas bue encore quand il tomba ma-lade à table (23) , pendant un festin où il avoit déjà bubeaucoup. D’autres disent qu’il l’avoit bue, & que ce futson coup mortel. Alexandrum .... intemperantìa bibendì
Quid tandem potuit in eo este dívini, qui fuis ipfevttùs mancipatus zv mares, zsr fœminas, contra omnes legesinfamìa, dedecore , flagìtio afficit (12)? Arnobe s’eít moquéfort plaisamment des Païens, fur ce qu’il avoit fiilu neufnuits à Jupiter pour faire un enfant, Lc qu’il n’en avoit fa-lu qu’une à Hercule pour engrosser cinquante filles. §uisillum (Jovem) in Alcmena novem noHìbus fecit pervigilaffecontinuisí non vos ? ... Et fane adjungttis bénéficia nonpar-va : stquidem vobis Deus Hercules natus est, qui in rébus bu-jufmodi patris fui tranpret exuperaretque virtutes. Ille noâli-bus vix novem unam potuit prolem extundere , concinnare,compingere : at Hercules faníius Deus natas quinquaginta deThcsiio noííe una perdocuit, z? nomen virginitatis exponere , zsr atque ilie Herculeanus zx fatalis scyphus condidit ( 24 ). Dio-
rr^-snt*»-4fíitnn A /t ClJ (Ì.1V> ( T O ^ Wcàt‘P> flllí» ’ Pkpíhvie Ítïí íîiM'f» ^ at Qic'ilo nn' .iïa»-,*- diià L,. 1 ___—
genitricum pondéra sufiinere (13). Notez que Thestius futépouvanté de cette vigueur d’Hercule (14).
(C) C'étoit un grand mangeur.} II fe piquoit de mangerplus que les autres, & il fut extrêmement fâché de trou-ver un homme qui l’égalât en cela. II disputa le prix avecun certain Lepreus, & ne lc remporta pas ( 15 ) : ils immo-lèrent chacun un bœuf, & ii Hercule mangea tout le siendans un seul repas, son Antagoniste ne fut pas moins promtni moins vigoureux fur fa victime. Lepreus auròit dû s’entenir là, mais il eut l’audacc de provoquer Hercule à uneautre forte de combat, à un vrai duel, où il fut tué. Jeparlerai plus amplement de cette dispute à la fin de cette Re-marque. Autre Histoire. Hercule voìageanr avec sa fem-me, Lc avec le petit Hyllus son fils, Lc volant que le petitgarçon avoit grand faim, s’adressa à un laboureur pour luiÍÎD Arno- demander quelques vivres; Lc parce qu’il n’obtint rien, il> L <ir. détacha l’un des bœufs de la charrue, il l’immola aux Dieux,’Hj 14;. Kc il le mangea ( 16 ). Lette faim canine l’accompagnajusques^ dans le ciel : de là vint que Callimaque exhorta\e\^? ,hm t Diane à prendre non pas des lievres, mais des sangliers 8cdes taureaux , parce qu’Hercule n’avoit point perdu entreles Dieux la qualité de grand mangeur qu’il avoit eue par-mi les hommes.
Jbespitu parles autres.
Di) Vige-"te si, tîhìloft tate
3s «- l.fao.
** Union
m q.
^ ) Lac-
ta nt, Lib r , j,C «P* IX.
yhì in Her-culisLaudii-tiouc, aùucCAthen. ibid •
( 21 ) -/EliaiuVar. hiitor.Libr, 7 ,
Cap, XXIV*
( 22 ) Statius,Tiieb. Libr,VI,Ver fis ii.
(13) NondttmIhrcuíis fcy~fho epoto re-pente velutte‘o confixusingemuit.
(f Curtius,
Libr. X ,
Cap.IV, n uns.ï 8 Edit bonisïreinshem.Votez, attstiîlurarcjuc i»Alexandro »fiub jì ».
( 24 ' Senecï,
Epiftola
EXXXIII.
( 2 S 1 Diod.SiculusLibr. XVII,Cap. CX VU.
(iS) Mj-crob. Satur-nal. Libr V,Cap. XXI.
Dempste-rus in Rofi-num, Libr. V,Cap. XXX,pag. m. SsS.
(27) Libr.X,Cap. IX , vag,434 -
( 28 ) Ha-drianus Ju-nitis, Ani-madvers.Libr. IV,
Ve v -’g, p 0 »
sfsttiìta nollisf 5”"> <»ìes
J ,cer . StatSilv. 1 '
Libr. Us^ tr fi- 42.
D s) Pauft.
n >«. Ltbr. V1$ 1.
l)V. u‘ !e st Nata,iS
vient
1
P 4 K- I4J,
où óyt tbçvyi'/j 7 TCP ùfo Sçv’i ytiíd (leeiShíIIee«Ví6î■ , àSrjipctyiïií' ízi o! rrápst. vsjd'ùç êsteítsiTí 71 -ot à^porpiceoers emmens &eioSxM'/ri.
Hon hic in Phrygia sub quercu membra levainsAtque Deus faèlus, fit edax minus: alvus at illiPfi eadem, tauruin quu quondam ThiodamantisEdit planitiem cum lati scinder ct agri (17).
Cornes, Mvtliol. Libr. VU, pag ”>■ Spz, 694 . Apc>!!odore,
dore de Sicile conte qu'Alexandre aiant déjà bu beaucoup,vuida pour la fin la coupe d’Hercule, & tomba tout aussi-tôt en défaillance (15). Pour concilier ces variations, jecroi qu’il faut fupolèr que ce Prince fut frapé en buvant cecoup , & avant que d’achever de le boire. Cet Historienobserve que cette coupe d’Hercule étoit fort grande. Maisque peut-on alléguer là-defi'us de plus décisif que ces paro-les de Ivîacrobe ? Scyphus Hercuiis poculum est , ita ut Lìbertpatris cantharus : Herculem vero fiéiores veteres non fine causacum poculo fecerunt ZX nonnunquam cafabundum ZX ebrium ,non folum quod is héros bibax futste perhibetur , fed etiam qttodantiqua historia est Herculem poculo tanquam navigio ventis Cap. v, p a g,immenfa maria transisse. Sed de utraque re pauca ex Gracis m - 4 ".antiquitattbus dicam , zx multibibum Heroa iftum fuisse, ut ta- ( „ ) Apuiceamquavulgo nota suntfillud non obscurum argumentum est, Hadrian.'quod Ephippus in Bufiride inducit Herculem fie loquentem, zxc juniwn,(26). Athenée semble nous marquer la capacité de cette cou-pe; car il dit (2.7) que celle qui fit mourir Alexandre tenoitdeux congies. Le Poète Stesichore nous peut aprendre uneinsigne particularité. 11 dit que Pholus porta une santé àHercule dans un vase qui tenoit vingt-quatre fetiers. Cen-taurorum ZX Lapitharum convivium deferibens ( Stesichorus )ait Phol-im (quem propterca hofpitem Alcid/t nuncupat Luca-nus) impleviste Herculi craterem trium lagtnarum capacem,quem prior ipfe obbibiffet : amplum autem fuiffe oportuit.qui ur-nam , hoc est , quatuor ZX viginti fextarios caperet (a8\ II l evuida tout le premier, Lc fut imité par Hercule tout auffi-tôt.
0 en dit pas tant, éy r. .1 pas les r/semes circonstances', mais H con-
^ . ’ Le Schohafte d’Apollonius in Libr. I , Vers.
( 17 ) Callimaclms, i» tiymno Diana,
1 , " ras tant, i
d f' ‘ ’ Ua J r 71 "^- >' Mas.Vers. Natalis Cornes
S9 > fag m , 7S .
TOME fifi
Xtfjtpìaii ài P.ctji 'oy) Seeretf epiftergi jv «5 rpíXdyvroç
nier itrir%ipewç , fie fú oi TrapéSnne <PÓAo 5 xípás-ctç (19).
Hercules (de eo enim loquitur) acuptum in manus seythvmplénum, trtum lagenarum capacem ,ori admovene nhLiìí'fi" “ ' ' u
Athericc eïpliqiit ZZ ssùfZ SSfcvraisemblable > pourquoi les Poètes ont feint qu’Hercule ^pasia la mer fur une coupe. Cette fiction ditìl íaoì est Athen ’ i '*:'
Bbbbb 2 'à ^ ( 3 °) « xuìk-
ibidem,
(îo) Mií jra-fe Mfyxicfçs PC 2t/ ^s VLTe-ftciç Û ijfwC 9J * d tÒ ,uéye-frAÍ^GVcl TTctU-<t ' a i [ Çcfst cri/y*
y&Muç, j
w , Ae 7 it ctLíTCf£V -ts-qt r,pícûiMU&GXtyx-
&xv. Poatlhfortsjse £j:iìahéros arr.plìs$.ìuáei'at » pe*joeuf» scripte 4 *r es , ac poí'r*t