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Tome second. C - I.
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HERCULE.

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(i) V-iuz I*

une rencontre qui donna lieu à une cérémonie fort singulière, c’est qu’on lui disoit des injurespendant les sacrifices que les Lindiens lui oífroient ( E ). Quelques-uns, en considérant son in-clination au vin fie aux femmes, ont nié qu’il eût fait les beaux exploits qu’on lui attribue ( F ).On dit une chose fort particulière touchant l’avidité avec laquelle il mangeoit 5 car on prétendqu’il faisoit mouvoir ses oreilles (í ). Ce phénomène est des plus rares ( G ). Je croi qu’on se trompe,quand on débite qu’il voulut avoir cette attitude dans l’un de ses plus fameux portraits (//). H

n’est

aparemment fondée fur ce que cc Héros fe plaifoit à boiredans de grans verres ; car il étoit du nombre des meilleursbuveurs, O’tí di tíç Hv à lì’pccKÁr.i Tívv TrAsTrov 7 nse-ism jrgosí-■jrov.it. Bibacem inter altos Herculem suisse antea nos memora-(ji) Athen. (31).

Lîír. xi, (E) On lui disoit des injures fendant les sacrifices que lespat. 4SK. Lindiens lui offreient.'] J’ai raporté ci-deflus qu’Hercule man-gea un bœuf qu’il avoir ôté à un païian; mais j’ajoûte icique pendant qu’il 1s mangeoit, le païian vomit mille inju-res contre lui, ce qui ne servit que de divertissement àHercule : desorte que quand on lui eut dressé un autel , ilvoulut que ce villageois fût son Prêtre, & il lui comman-da de renouveller les mêmes malédictions toutes les foisqu’on lui offriroit des sacrifices ; car, disoit-il, je n’ai ja-mais mangé avec un plus grand apétit. Lactance nous varaconter cela amplement : Apud Lindum quod est oppidumRhodì, Herculìs sacra sunt , quorum à cateris longe diversus estrttus. Si quidtm non , ut Graci afpellant , jed male-

diòìisjV execratione celebrantur , eaque pro violatis kaíent , fiquando inter solemnts ritus vel imprudente alietti exciderit bo-num verbum. Cujus roi hac ratio rtdditur , fi tamen ulla ejferatio in rébus vaniffìmìs poteft. Hercules , cum eo dtlatus effet ,famtmque pateretur , aratorem quendam aspexit operantem , abtoque petere cœpit , ut fibi unum bovem venderet, Ille negavitfieri pefie, quia spes sua omnis colenda terra duobus illis jumen-tis niteretur. Hercules folita violentia u fui , quia unum acciperenon potuit , utrumque fustulit. At ille infelix, cum beves fuosmail art -vider et , injuriam suam malcdiítis ultus est, quod ho-minì eleganti cr urbano gratijfimum fuit. Nam dum comitibusfûts epulas apparat, dumque alienos baves dévorât , illum fibiamarïjfime conviciantem , cum risu , er cachinnis audiebat. Sedpostquam Htrculi divines honores ob admiratitnem virtutis de-ferriplacuit, à civibus ei ara pofita est, quam de faSlo fioútfv-yet , il est bovìs jugum nominavit ; ad quam duo junpli bovesimmolartntur , ficut illi , quos abstulerat aratorì, eumque ip-sum fibi constituit Sacerdottm , ac pracepit , ut iisdem maledic-tis semper in celebrandìs sacrificììs uteretur, quod negaret , feunquam epulatum este jucundius (zaj.

(F) Gss tiques-un s ont nié qu il eût fait les beaux exploitsqu on lui attribue. J Megacìide dans Athenée censure lesPoètes postérieurs a Hómere & à Heiìode , de ce qu’ilsont dit qu’Hercule avoir commandé des armées, Sc prisdes villes, puis qu’il est constant que c’étoit un homme quimena une vie très-voluptueuse , aiant plusieurs femmes lé-gitimes, 8 c faisant des enfans à la dérobée à un très-grandnombre de filles (33) ; adonné d’ailleurs à la bonne chere,desorte qu’à son exemple ceux qui faisoient les libations nelaissoient rien dans le verre ; ils buvoient tout On apor-toit (34) d’autres preuves de fa molesse, 8 c l’on préten-doit que Steíkhore étoit le prémier qui savoir armé d’uncmassue , d’un arc, 8 c d’une peau de lion. On voit dansErasme une chose qui combat extrêmement cette traditionde la molesse d’Hercule. C’est dans l’explication du Pro-verbe Gardez, vous de l’hetnme aux fejfes noires (35). Eras-me tapette qu’une mere donna cet avis à ses deux garçonsqui étoient des gamemens. 11 s voulurent attaquer Herculedormant fous un arbre ; mais il fe réveilla , & les attachaà fa massue (36), 5 c les mit fur ses épaules la tête en bas.Cette posture leur fit découvrir qu’Hercule étoit fort veluau dos, & que les poils y étoient fort noirs & épais ; &cela les fit souvenir de l’avcrtissement de leur mere, & lesfit éclater de rire. Hercule aiant su de quoi ils rioientleur donna la liberté. Les paroles d’Erasme que j’ai à citerfont celles-ci: Mtlampygus Gracissignifient cum qui nigro fitpodice-. quo quidem cognomento notatus est Hercules quod eamcorporis partem, non Lydorum more vuljam , neque candìdam(qttcmadmoàum effxminan filent) sed nigris filis hìrsutam acfylvesam haberet. Nam Graci quemadmodum molles C imbel-les, fraéìofque déliais , vru-yá*y«; Mvr.ox-óyssí appellant :itidem e diverfi fortes ac ftrenues, u.íAui*-jróytsç voeare consue-verunt , ut author est Lycophronis interpres. Voiez Suidasà l’Article pisA»u.jrúyx tú%oií, in Mtlampygum incidas. Voiezaussi Apostolius, Zenobius, Diogenianus, dans leurs Collec-tions de Proverbes.

(G) Csphénomène est des plus raress] Le Journal des Cu-rieux de la Nature (37) parle d’une fille dont les oreillesfe mouvoient. L’Auteur des Nouvelles de la Républiquedes Lettres, en donnant un Extrait de ce Journal, obser-va (38) qu’il n’y avoir point lieu de douter de cette singu-larité, ” après ce que Monsieur l’Abbé de Matoises atteste,, du Philosophe Crassot dnns la page 31 de ses Mémoires.„ Il avo'tt beaucoup de raport , dit-il, à ces portraits des Phi-,, lofiphes Cyniques qui fi trouvent dans le cabinet des tu-„ riettx , étant mal propre comme eux , avec une barbe longue„ w touffue , tx* les cheveux mal peignez. Il avo’tt une chosebien particulière , CC que je n ai jamais vue qu en lui fiul ,

» y u i étoit de plier (y 1 de redresser fis oreilles quand il vouloit,, fans y toucher. Pierre Messe raporte dans le chapitre 14„ de fa 1 partie, q ue 8. Augustin a veu (39) un homme qui

(jfl) Les ptrtles o« t ie rtsarte ci- tlrsims ne m Arquent point qtt'il eût vu ttU.

le L Hindou m 111 rliu. Lior.XI.pae. 54;. ne devois pas dire qux vidit Augustinus.

(?r) Lac-tanr, Libr. /.Cip. X X /,paf a m. 70.Votez, AujfiConon, dansla. Biblio-thèque dePhotius,4 ^.

(l 5 )Ori/Wé- 9 *’ >‘/ovhçÎTÂÉiVw? TflVptt t avS-çaí»Tïiis fiÍGV cf/í-ré\&sre. irheí-rate yu~

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maxime vo-lt0tjtri&mter homintsvttam eurìt ,plxrìmAYumuxorwn ma-rtins, & puel*lis clam mnl-tìs coinpnljìs ,

è (JHÍbltS stts-cfpìt libères.Athenacus,

Libr. XI/,Cap. /,

¥*& 5 ir.

(34) Idem,ibidem .

(isì M» T S

fAiXùiuvvym

•Ttrtp/.'TÙyjtiÇ.

N-- in mc-

larnpygum

incidas.

C'ejl le Pré-verbe XLIIIde U I Centu-rie de U UCbilinde d*E-r.sme,

t 36 ) VoiezAíorcri, nuMot Aciie-mon.

Ricveilstouchantles Hommesdont lesOreilles semeuvent.

(? 7 ) D« i eVolume deC Année I6t$.

ï ,s ) Nou-velles rie laRépubliquedes Lettres,Mois de Ítí-ternb. 1616,

„ non seulement remuoitses oreilles comme il vouloit, maïs„ auffi ses cheveux , fans faire aucun mouvement ni des„ mains ni de la tête ”. Qu’il me soit permis de joindre àcela quelques Recueils qui s'y raportent. Je commence parun 'assez long Passage de Caiaubon (40). istud plane com-muni hominum naturst contrarium est ; quibus [ filis (41) tXomnibus anìmantibus (nifi forte fimias txcipias )] dédit aurttstj vroAvjreiutAoç rëBEOI copia, movtri fuaptefponte nefitas.\_Nam quod firibit Martialis, Cinns. cuidant natum filium atl- ‘tri*ribus longis Quas sic moventur, ut soient aíèllorum: poeti- mca fini dub’to licentia est , non rei Veritas .] Narrat tamen Eu-ftathius sacerdottm suisse quendam aurtts motitantem. Accepfmus tttam à, viris fi.de dignis, visas manififto aures mtvert vi-re cuidam eruditijfitno (42) cum Allobrogum fines transitas ,vivicomburii periculum fibi « magìftratu imminere intellexijfct:

( 4 «) CasíU 'bon. wAthen- W-X, w- Upog. jol-ie,') Ctci .^

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quod diceretur nefandi crimints reus Tolosa in Italiam fugere,

Puis que Caiaubon ne doute pas de ce que raporte Eusta-tltius, ni de ce qu’on lui avoir dit touchant l’habile hom-me qui s’étoit sauvé de Toulouse, pourquoi doute-t-il de ^,) llce qui regarde sentant de Cinna dans l’Epjgramme XXXIX qeWJnd u VI Livre de Martial? lien auroit moins douté s’il eûtpris garde non seulement à ce que raporte St. Augustin dansle Chapitre XXIV du Livre XIV de la Cité de Dieu : suntqui c T auns moveant vel fingulas vel ambas fimul; mais auffia ce qu’atteste Vesalius. Ce grand Anatomiste assure (43)»qu’il a vu à Padoue deux hommes dont les oreilles se mou-voient. II explique ailleurs la cause de ce mouvement, h»'ter dum dit-il (44), quibusdam raris fibris carnalis meinbra-na quam carnosam vocamus supra aures augetur , tu* modictauri proxìmam cutem, esc ipfam quoque aurem motn agit ar-bitrario. D u Laurent affirme qu’il a vu quelques personnesqui faisoient mouvoir leurs oreilles (45). Valverd a vu lamême choie dans un Espagnol qui étoit à Rome (46). Pro*cope compare Justinien ” à un âne, non seulement à cause„ de la pesanteur d’esprit 5 e bestise, mais encore eu égard„ à ses oreilles mobiles qui le firent nommer en plein théa-„ tre yaúSme, c’est-à-dire mot pour mot Maître Baudet,pat„ ceux de la faction Verte ou Praline dont il étoit enne-„ mi ”. J’ai lu ces paroles dans la Mothe le Vayer, à lapage 134 du III Tome in iz. II cite la page 36 des A-necdotes de Procope.

(H) On débite qu il voulut avoir cette attitude dans l’unde fis plus fameux portraits. ] Collât débite cela dans ses En-tretiens. Donnons la fuite de ce qu’ou y trouve touchantHercule. Dans Y Anthologie un païsan ” se loue fort de 1 *

„ modération de Mercure qui se contente de lait 8 c àe„ fruits; & se plaint d’Hercule, qui veut qu’on luy sa cr1 '

„ fie force bœufs & force moutons. Et fur ce qu’on W„ répond : Mais ce Dieu conserve fi bien vos troupeaux. At,, qu importe, repliquc-t-il, que mes troupeaux soient mangtx,, par les loups , ou par celuy qui les garde ” ?

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Ctl Ò7TÒ ÀVKùlV Lt6' tJ7fÓ 7L <pVÀX;!Cç (47).

Voici ce que Voiture répond à Costar. ll est vrai qu’Affjcale mangeoit volontiers des moutons esc en grande quantitt'

Les Argonautes en allant à Colchos le laifferent dans une

lit.

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J, M’‘í l e

Coopté

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1021 .

On en rend plusieurs raisons tontes affez belles : les uns difi n co^

que c est qu’il rompoit toutes les rames en ramant, les aul sisqu il pefiit trop , quelques-uns que les Argonautes eurent p elirqu il remportât seul toute la gloire , d'autres que ce fut p 3 r

ce qu’il mangeoit trop. Il me souvient d’avoir lu dans tf*

Poète Grec ( c'est-à-dire Grec cr Latin) qu il remuoit les ore> . '■les en mangeant, crc (48). Costar répondant à son Ami Wdit ( 49 ) qu’Hercule mangeoit comme un Diable , & que fi 10 .

Athenée ... il lui faloit un bœuf à chaque repas. U fte Philostrate en fin Tableau de Theodamas. On y tr ^ U j uces paroles, selon la Version de Vigenere, à la page 9 °° ^

I T orne. Vous l’avez peut-estre rencontré dans Pindatf > ^où s’estant em'oattu ù la Caffine de Coronus il mangea J 1 ^un bœuf tout entier, qu'il ne pensa pas les oz seulement ^voir demeurer de reste. Costar cite aussi Lactance au __pitre ll (50) de lInstitution Chrétienne. C’est pour a P^ n ,dre à son Ami la cérémonie des malédictions que les ^diens cmploioient en sacrifiant à Hercule. II lui ditcas là Hercule étoit de l’humeur de la fortune que lof »re jamais tant que lors qu on l’injurie , cr qu on l aCC,i fanstous les changemens cc de tous les désordres qui arftventle monde, cum convitiis colitur, e est un mot de P ->"» e

II ajoûte que ” ce mange bœuf, ( c’est ainsi qu il f u£ lu , y0 .

„ me, Bnpáyof ic SuSoitri) estait en telle réputation„ tacite, que les Anciens lui consacrèrent un 01 ^ y„ appelloient gourmand-, c’est celuy que not» no ^ ...

„ Poulqut , les Latins Gavia ou Purica, 8 c tes w Je

On pouvoit dire de lui, continuc-t-il, ce que ar w

Tucca, qu’il ne fe contentoit pas d’estre gourman , 4

vouloit qu’on le feeust & qu’on en parlait.

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Non est Tucca satis, quod es gulosus ,Et dici cupis, e? cupis videri (52).

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