HERCULE.
n’cst pas vrai que & massue fût à Rome dans une Chapelle (/), & qu’eîîe en éloignâtles chiens & les mouches. II est encore moins vrai qu’il ait dressé des colomnes au Capqu’on apelle de 'pinijlerre (K), & qu’il y ait mis un miroir d’une vertu surprenante (L),Quelques -uns disent qu’il ne vécut que cinquante ans, & qu’il se brûla a cet âge, par-ce qu’il n’avoit plus la force de bander son arc (M). H Eit le,dernier enfant que Ju-piter fit à des mortelles (N). On dit qu’il avoir été trois jours dans le ventre d’une balei
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disent que les chiens, leur voyant porter la main si bas,„ s’imaginent que c’est pour ramasser des pierres , & les„ leur jetîer à la tête , 8c que cette peur les chaste des
,, Eglises ”, , . ,,
Revenant à la massue d Hercule, je dis que I on en con-toit un grand miracle, savoir quaiant été fichée en terreelle avoir pris des racines, 8c étoit devenue un arbre (;8).f ajoure que c’étoit les Trezeniens qui. contoient cela. Ilsa voient le simulacre de Mercure Polygius auquel Herculeavoit consacré sa massue. Chacun sait qu elle étoit de boisd’olivier. Pauíanias dit qu’on moniroit encore l’arbre dontelle avoit été prise. Hercule lavoir trouvé proche du ma-
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que ingéniés'. Volebat namquevariumftramnàlmfmjustum , que de Smyrne, qui un moment âpres qu’tl fut planté en terre
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rhajìt ,, tTlrm mcon ft an t em '> eundem exorabdem , clementem , misericordem , pouffa des branches (do).
cet - Athen.íibr. /
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XXxv tCt f- X,.feg. m. zoz,
(K) . ... m qu'il ait dreffé des colomnes au cap .. . deFinisterre.] La fable touchant-la fondation de la Corunna,dont je parlerai dans la Remarque suivante > a persuadé aquelques Savans qu'Hercule avoit dressé des colomnes en celicu-là. Pauljove a donné dans cette illusion; & voici dequelle maniéré il en a été censuré par Louis Nonnius. Abhac fabula perfuafi nonnulli , credidere arcem Herculis fuisse ,cr altéras columnas ab illo hic fixas, non fecus ac circa Gades ,dictamque urbem hanc Corunna tamquam colurnnam: quodbévue; car"en suposant que Démon étoit egregium etymon apud Paulum Joviutn, virus» altks graver»
hh vide-, u . exceïfum, gloriofum, humilem , ferocem, fugacernqm, (A orn-nta pariter ostendere. Idem pinxït Thefea . . . esr in una ta-illa qua est lihodi , Meleagrum, Herculcm, Perfea (54).i hne fait là le dénombrement des Ouvrages de Parrhafius ; leterme Démon f. ignific 1 e peuple d’Athencs’, dont Parrha-ingénieusement représenté les passions contraires,
si us avoit
Voici Castor qui métamorphose en Peintre ce Tableau dearrhaiuis, & qui prétend que cc Peintre chimérique s’at-tnbuoit le Tableau d’Hercule où ce Héros mouvoit lesoreilles. Nouvelleun Peintre ,
un Peintre , on ne lui pourroit attribuer que le Tableau, ev doùtum > tantìmi -valait , ut ab. imperito aliquo Hissante an-qui étoit à Rhodes : le Tableau , dis-je , où Meleagre , tiquitatis per/uafus, huìc opinioni etiam fubfcrìbertt, cum in
(ft) Hem,ih'é.pag.z 04.
( S* ) Sam.tics- Ma-te» » Es-chantillonde» Maxi-mes duClergé Ro-main ésîrovincesUnies,f a S- S9.
s'O Guil-íct , l-acede-^“ne an-é'enne fcicmveiie,
E-
d» H,[.
‘enie.
si'" n’ en .‘""t pa s^ns lesle, wples.
En effet, il aparut une fois au Peintre Parrhafius au fnesmeestât ou il estoìt , quand les oreilles lui alloient, v veulut estrepeint en cette mtsme posture où iheodamas l'avoìt vu, II citetouchant cette aparition le XII Livre d’Athenée, & il ob-lervc que dans Pline, lib. 35. cap. 10, un Peintre d'Athè-nes, nommé Démon , se vante d’avoir fait ce tableau. Onne peut nier qu'Athenéc ne raporte que Parrhafius se van-toit d avoir peint Hercule dans la ville de Linde tout telqu u 1 avoit vu en songe; il s’en vantoit si hautement, qu’ilmit cela dansi l’Inscription du tableau (53); mais il ne s'en-uut pas de la qu'il ait donné à Plerciste cette mobilité d’o-
reilses dont parle Costar. C’est une étrange hardiesse ouê elle avoit été priie. nercu.e ‘c 2 S oui "en- ^ ^d assurer, 1, que l’on trouve dans Athenée qu’Hercule pa- rais de baroms (59). Voila un Article pourceiui qui en f<w> p er h,-rut à Parrhasiiìo ^ , trouve oans iirnencc qu vaei uic u , j . i„ Comnilation des Para le es Historiques , par hem , fatlam
aLlnt ì Z^ êm ì état 0Ì * Ú eUU CS mMeS l 7 Scertains Con^ S d« Païens & des Chrétiens ; car « eieeftr..
totem, x, q Ue Theodamas avoit vu Héron t en cette mè- rapoit a certains cornes , , - /; F Su,d adji-
me posture ■. mais ces deux fautes font légeres en comparai- nous aprenons-des Voiageurs, q t . , durn miracu-
son de la bévue que je m’en vais observer. Voici les paro- tereffe de Smyrne, il y a un grand cerisier sauvage, que les lurn , hMdde Pline. PiZJ LZn JZÎensium, argument!quo- Greís du pays disent itre le bâton de S. Pplycarpe premter Eve- sc „ . ,
r.-i , smrcueuj, > ,à .. f _ A. eJL.,L. nui «n marnent abrìi W tl fiU plant t en terre qaam f
dijiwm vides if rjjìt^am sld*vAm radici -bits *£iis re±germinajsi.Pauíanias *Libr, U , pag é74 .
(f9) ïansa*
nias, ii>/d m
( <ío) Spon,VoUge de
Grece ,T«ns«|
h ?*g> LZLEdit . deHêllande»
(«i) Ludò^.Noanius, iriHispania,
Cap. LIVi
pai. m. 170.
( 61 ) Incoiéab Berçaitcan dit am «-ferunt , f«r-rimcjne bitejst ab tcdcrráexjìruSlarn >tn cjua, speett-lum arcqna
_ v -iiiumv, UU11WUA ^ Jius Ciui MIC arte fabrica»
trouve au I Chapitre. Hoc faccllum Herculi in boariosero est L’origine de cette fable est presque aussi 'ridicule que 'la fa- 7 .'"., 7 ’""’
onnvutt PT vto/iìaftrt*'" ihsi.ee _ £_T.. : JC t . , • • . ^ * V n * Veí
Ungìjstm 9spMio distemte J etntern-p : *ri liecret ,Idem, ibid.
?->?- IV 6.
( <5 ) Idem $ibid.
(«+) Ptol.Heph*st.epud PI10-tium , c.d.150,1^.472,
(,**).
A C B I 11 É,
Citât.
( 64 ) In bac.
Es, (Alcir.edna) tandemicfiit,nec cumalla deincepsrnertdli rembedeere febc-letncjue pro-
ercarc vtlutfjne prtjlxntit-ribut feiliettdeteritra
nercuic, Persée avoient été peints, & que Pline diítin-gue manifestement de l’Hercule qui étoit à Linde, fait se-011 cs longes du Peintre; es 1 Herculem qui est Lindi talern àJe piulum, qualem sape in quiete vidiffet (55). Que si onvouloit attribuer au prétendu Démon l’Hercule de Linde, ilranci roi t lui attribuer aussi presque tout ce que Parrhafiusavoit peint. u
r -l -st e ftff as t/rai que fa massue fût k Rome dans une
Chapelle . ] Un fameux Théologien Protestant a parléainll (.ST- fous orres souvent en nos temples, l'-Athéisme esrl Erreur combastus cir debellez. Ces pestes en font chassées parl odeur de la Parole de Dieu qui s’y annonce en pureté, commejadis a Rome la Massue de Hercule estoìgnoit -les chiens er lesmouches de la, chapelle oh elle efioìt . II cite le II Chapitre deSolin, ou il n est rien dit de cela ; mais voici ce que l’on
vita Gonjalvi Ferdinandi d'Aguilar , agens dt aiventu RégisPhilìppi 1. in Hispaniam , ita feriberet : Nec diu Philippusamicorum suovum studia, votaque frustratus, ut sua régnaex arbitrio aduiiniitranda suscipcret, in Cantabriam Ocea-no devectus, pervenit in portum, qui vocatur ad Colum-nas , fortaste quòd ibi quoque altcrae Herculis columnae,sicuti Gadibus, positre fuerunt , quum eo extemo litoteterrae Hispanicx finis. Sed opinio hac infirmiers tibuine fui t a,quktn ut rationibus convelli mereatur (61).
ÇR) ... ni qu'il y ait mis un miroir d'une vertu surpre-nante.'] Louis Nonnius , après avoir dit que le FlaviumBrigantium des Anciens est la Corunna à’aujourd'hui, ajou-te que les habitans en attribuent la fondation à Hercule,& qu’ils disent qu’il y bâtir une tour, où il enchâssa un mi-roir qui fàisoit paraître les vaisseaux les plus éloignez (6z).. „ . . . . L’origine de cette fable est presque aussi ridicule que la fa-
m quo argumenta cy convivtt cr majeftatis ipfius rémanent, ble même. In tam ridìculam opinionem vocum ignorantia zrNam divmttus tllo neque cambtts neque muftis ingreffus est. antiquitatis imperitia ita lap/i funt, nam cum turris illa fùe-Elenim cum vtfctrationem faerteolis daret, Myìagrum deum cula dicatur, spéculum illud mirandum fine opìfice ullo con-
dicitur ïmprecatus, clavam vero in aditu reliquiffé , cujus ol-faílum refugerent canes : id usque nunc durat. II est visible|ue Solin n’assùre pas que la massue d’Hercule fût encore là ;l dit seulement qu’Hercule l’avoit laissée à feutrée du lieuoù il donnoit aux Prêtres le repas du sacrifice. & que l’odeurde cette massue éloigna les chiens. Voilà son effet: quantaux mouches ce ne fut point la massue qui les chassa, maisles prières que fit Hercule au Dieu Myiagrus. Ce qu’on viten cette rencontre, savoir que les mouches & les chiens s’é-loignérent de ce lieu-là, fut continué dans toute la fuite dessiécles : c’est ce que Solin débite ; niais il n’étoit pas néces-saire que la massue fût conservée dans la Chapelle, & Solinne le dit pas. Si le Théologien Protestant avoit raporte unfait véritable, on pourroit mettre cette massue au nombredes talismans, & la comparer à cette mouche qui est gravée,dit-on, fur la porte de la boucherie de Tolede, 8c qui enempeche 1 entrec aux mouches. A propos de tout ceci ,je ra porterai une chose que j’ai lue dans un Ecrivain mo-derne (57); cest qu à Misitra les chiens n’entrent jamais,m dans les Mosquées des Turcs . ni dans les Eglises desChrétiens. Les Turcs expliquent cela nar un mirarlp à u,„.
finxere (63).
(M) il fe brûla .... farce qu il n avoit plus la force deque boun nanure pas que 1a manue u nercuic tut encore la ; bander son-arc.] tì’ 5 «L-â, è\n,hf ErMm
fi dit seulement qu’Hercule savoir laissée à feutrée du lieu Irtehxt rít 0 , teïtïw.tiIt.,, Ut igné vitam sibiabs-
tulertt , quod.arcum fmtm intendere non poffet annos Jam na-tus quìnqmginta (64). Quelques personnes, qui abusentde leur loisir pour chercher des allégories, s’imaginent qu’enparoles couvertes on a voulu désigner par là, qu’Herculene se sentoit plus capable de contenter une femme, 8c qu’àla vue de cet énorme changement, il tomba dans une sinoire mélancolie, qu’il ne voulut plus demeurer au mon-de. II auroìt été plus impatient que l’Athlcte Milon (65),-qui sc contenta de pleurer en considérant lors qu’il futvieux l’infirmité de ses bras, si robustes & iì vigoureux dansfa jeunesse. Si nous donnons f Article de Peneiope, nousparlerons de ces chercheurs d’allégories ; car ils expli-quent de la même manière le nemo meo melius arcum tende-bat Ulysse.
(N) Il sut le dernier enfant que Jupiter fit à des mortel-les.] Diodore de Sicile fait cette Remarque, pour relever, . la gloire d’Hercule. II supofe que Jupiter renonça * tout . .
. ,, „ ... - a 1 égard des Grecs, commerce avec les femmes, parce qu’il ne voulut pas que Im/u* .
Ecoutons Mr. Guillet. ses dernieres produâions vàssent moins que les précéden-
" r áe 1 qisuetion de ces chiens com- tes (66). 11 craignit donc que les enfans qu’il seroit après L», Ubr. /r,
„ me d un miracle. Ces animaux fe gliflent quelquefois Hercule ne valussent pas celui-là. Pline lc jeune a dit quel- xiv.
» ^ aîìS ' cs mai s ons pan'icuueres, quand ils eh trouvent- Ics que chose (67 ), qui me fait souvenir de cette pensée. Cela la
" P ortc ? ouvertes ; mais le» Mosquées ont beau n’être pas roule fur cc que Ncrva mourut peu aprèi qu'il eut adontr ”****/&• {c>
„ sermees, les chiens n y entrent jamais. Les Turcs pren- Trajan. J’ai lu dans Lactance une forte raillerie, fur ce mie Ani,lt
„ nent occasion de s en eronner, 8c apellent un respect le plus grand des Dieux cessa enfin, de produire des enfanc (67I 0 Nïs "
„ miraculeux ce qm n est qu une imitation des jeunes Cum vero fficantur aliqui (Dii) ex aliquibus nati, con seau, fi, ( NervamS
" c sij cns > Q" de race ont toujours vu les plus vieux s’é- est, ut femper nafeantur, fiquidtm alïquando funt nan- v.l Dii ^in-" 01 S n Ç r de 1 entree des (Mosquées , ou apparemment les fi aliquando nafci defierunt, feire nos convenit cur .... J d‘taveruot,noPremiers Turcs les avoient bien flottez, pour leur faire do defier'mt. Non illepide Seneca in lìbris meralibu, vîH 1 H ‘d ib
phu. SfUID ergo est (tnquit) quart apud Po'état K,l 'rr 0 0 '
w, MM, a,,.,, Um L-
TJ£r»n$ri zzr* '".-.ì - --
Ab alio expectes alteri quod feceris?
rcs expliquent cela par un miracle à leurégard, 8c par une raison naturelleas Mr. Guiîlet.
ces chiens com-
» Perdre l’habitude d’en approcher. On ne voit point aussi" dc chiens dans Ics Eglises des Grecs; mais les Turcs ne" !? .trouvent pas étrange , 8c en rendent une raison que• >jai trouvée vraisemblable. Jc vous ai dit cy - devant," 77?. Tàd i es Grecs Schismatiques entrent dans leurs" E-Ssisos, sis f ont une rcvcrence si profonde , qu’à force" ac lc P anc hcr, sis mettent la main en terre. Les Turcs
Euìmet, nequu fib\ facm^wd ipf t Saturne (68)/
wr-ftetut»Plin. innsgyr. Tr a f jl 6S ) Lac-t ant. Lihr.IgCap. XVI.t*i W.JIjS*,’