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Tome second. C - I.
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H E R M A N T.

( l) Tire <?«»MémoirecomrHtíniíjttt«» Lilreirt.

(i) LÀ-mc

me.

( i ) CésarEglise duBoulai, Re-marques furla Dignité,Tréléance,8cc. du Ecc-réur de l’U-jiiveríité deParis, f. fi.

Rïcueilsconcernantles Scrupu-les de l’E-giiie Ro-maine tou-chant l’E-loge- des

Hérétiques,

i HERMANT (Godefroi) l’un des plus célèbres Ecrivains du XVII siécle, na-quit à Beauvais le 7 de Février 1617. ”11 donna dans son enfance des marques d’un esprit fort„ vif, 8t d’une mémoire très-heureuse} qualitez qu’il a conservées jusqu’à la fin de ses jours. 11„ aprit le Latin 8c le Grec avec une facilité merveilleuse, 8c dans un âge où les jeunes gens fa-„ vent à peine lire 8c écrire. II n’avoit que douze ans quand Messire Augustin Potier Evesque„ 8c Comte de Beauvais l’envoia à Paris pour étudier la Rhétorique chez les Jésuites. Après„ qu’il eut achevé son Cours de Philosophie au College de Navarre, 8c de Théologie en S01-„ bonne, ce bon Prélat qui l’aimoit le fit revenir à Beauvais pour y enseigner les Humanitez 8c,, la Rhétorique. 11 le renvoia à Paris en 1640 , pour être Précepteur de Mr. d’Ocquerre ion„ neveu. Cet emploi ne l’empêcha pas d’y professer la Philosophie au College de Beauvais pour„ être de la Maison de Sorbonne. 11 est Bachelier en 1641 8c Chanoine de l’Eglise Cathédrale„ de Beauvais en 164Z. Jusques-là son mérité n’avoit été conu que de ses amis} mais les Jésuites„ aiant présenté une Requête aú Roi en 1643, pour être incorporez dans l’Université de Paris,„ Mr. Hermant fut choisi pour la defendre ” , 8c composa trois ou quatre Pieces qui lui aquirentbeaucoup de réputation. Mr. le Camus Evêque de Bellai l’en félicita d’une maniéré qui mérited’être raportée ( A ). II lui représenta le ressentiment des Jésuites} mais comme Monfr. Her-mant a vécu fans ambition , il ne leur a point donné lieu d’exercer à son préjudice leur grandcrédit. ” II est fait Prieur de Sorbonne eu 1644, Licentié 8c Recteur en 1646. Ce fut dans la„ z année de son Rectorat qu’il arriva une de ces conjonctures fortuites qui éblouissent quelques„ personnes fur la vanité de l’Astrologie judiciaire ( B ) , 8c les empêchent de la condamner

„ absolu-

(A) Mr. le Camus ... le félicita d'une maniéré qui méri-té d’être raportée. ] Mr. Hermant fit quatre Ecrits en cetterencontre. 1. Les Observations fur la Requête des Jésui-tes ; z , la prémiere Apologie pour l’Univcrsité ; Z , lesVéritez Académiques; 4, la seconde Apologie : c’est uneRépliqué à la Réponse que les Jésuites publièrent. Son nomne parut point à ces quatre Pieces. „ Mr. le Camus Evê-„ que de Bellai ayant découvert que Mr. Hermant en étoit„ l'Autheur, l’alla trouver à l’hosiel d'Albiac où illogeoit,„ St luy dit en l’embrassant qu’il benissoit Dieu de ce qu’il„ luy avoir donné dans son aage fi peu avancé non seule-„ ment tant d’esprit 8c de science, mais assez de cœur 8c„ de force pour ne pas craindre la haine 8c la vengeance„ d’une aussi terrible Société que celle contre laquelle il„ avoit écrit. Cependant tout le mal, que les Jésuites ont„ pû luy faire pendant fa vie.s’est terminé à ne pas l’aymer,„ 8c à n’en parler jamais avec estime, quoy qu’ii eût esté,, kur disciple. Sa modestie le mettoit à l’abri de leur plus„ formidable ressentiment, St ils ne purent le traverser dans„ la brigue des prémieres dignitez de l’Eglise dont ils dispo-„ sent, parce que bien loin de les rechercher, il en avoit un„ sincère éloignement, St qu’il les a même refusées quand„ on l’a pressé de les prendre ( 1 ) ". N’avoir aucune ambi-tion est fort souvent un très-bon asyle.

(B) Il arriva ... fous son Redoras une de ces conjondu-res qui éblouiff-.nt quelques personnes fur la vanité de l'As-trologie judiciaire.] Voici les paroles du Mémoire qui nousa été communiqué (z). Marcellus, Profejfeur en Rhétoriqueau College de Lifìeux , avoit composé en Latin l’Eloge de Mr. leMareschal de Gajfion mort d’un coup de mousquet qu’il avoitreceu au fiege de Lens, C? estoit prefi de le réciter au public ,quand un vieux Dodeur qui faifiit fin occupation principalede Ure toutes les affiches , surpris d'y voir celle qui marquott laHarangue de Marcellus pour les deux heures âpres midi , couruts' en plaindre à Mr. Hermant, er luy représentant qu’il ne fal-loit pas souffrir qu’on seit dans me Université Catholique l'O-raifin funèbre d’un homme mort dans la R. P. R., le pria d’in-diquer une assemblée pour en decider. Mr. Hermant ri ayant pûla luy refuser, il y fut résolu k la pluralité des voix, qu on iroitfur le champ deffiendre à Marcellus de prononcer le Panégyriquede Mr. de Gaffìon-, esr les Astrologues en triomphèrent, faisantobserver à tout le monde que dans /’Almanach du célébré Lar-rivey,entre les Predidions de ce mois-lk même, il y avoit écriten gros caraderes , Latin perdu. Pour faire mieux co-noître les circonstances de la défense qui fut faite au Panégy-riste du Maréchal de. Gaffìon, je raporte ici un Passage de duBoulai (3) : M. Guill. Marcel Professeur en Rhétorique au Col-lege de Lifìeux ayant sait afficher qu’il feroit l’Oraifin Funebredu Mareschal de Gaffìon , le Redeur luy fit défense de le faire ,par ce que ledit Gaffìon efloit mort Huguenot. Dont M. JacquesDesperiers Principal dudit College étant allé, avec ledit Mar-cel, fi plaindre fi M. le Chancelier de France, ils furent ren-voyez. a la Sentence du Redeur. L’Ade tiré des Registres de laNation d’Allemagne en fait foy. „ 22 Décemb. (an. 1647 ),, Ampl. D. Redor habitis Comitìis ex conftlio DD. Decano-„ rum cr 4. Procuratorum prohibait D. Guill. Marcel eloquen-„ tia Profefforem in Collegio Lexovio declamarc laudes St„ praeconia demortui Mnreschalli nomine Gaffìon, quod pro-„ Uxo programmait publico notum fecerat omnibus Studiofis,„ fid quia r es erat peffimi exempli v contra Religion tm lauda-„ re hominem in h/trefi mortuum ,noluit Academia acquiefiere„ instantifflmts precihus D. Marcelli neque D. Desperiers Gym-„ nastarchu Lexovú, qui provocarunt ad D. Seguier Franc'u„ Cancellarium, qui eos auditos ad Ampl. D. Redorem hujus„ reí Judicem remistt. Et sic silentium illis impofìtum est

Combien de réstéxions pourroit-on faire fur cet espritde politique , ou de fausse dévotion , qui porte l’EgliseRomaine à refuser aux Hérétiques les louanges qui leurfont dues? Mais, laissant à part les réstéxions, je ne m'at-tache qu’à quelques faits, St je commence par un Passagedes Nouvelles de la République des Lettres, tiré de l’Ex-trait du Livre de Daniel Francus de Papistarum Indìctbus Li-brorum prohibitorum c y txpnrgandonm. „ II rapporte la ta-

„ blature que l’on prescrit aux Inquisiteurs, où l’on voit,, entre autres choses un ordre d’effacer fans rémission tou-„ tes les louanges données à un Hérétique. Voilà de ces„ choses qu’il faut voir de ses propres yeux afìn de les„ croire , car fans cela on ne s’imagineroit jamais que la„ Religion fût capable de donner un tel tour à nôtre es-„ prit. Bellarmin étoit tellement persuadé qu’il entroit,, dans le caraétére d’un Orthodoxe de nc louer jamais un„ Hérétique, que l’Auteur lui fait la guerre da voir dit„ positivement (*) qu’on ne trouve pas que jamais les Ca-„ tholiques ayent loué la dodrine ou la vie de ces Hérétiques.

„ On fait voir pourtant à Bellarmin par les éloges que„ Cochleus, Eneas Sylvius,Pogge Florentin,le Jésuite Cla-„ vius, M. de l’Aubespine Evêque d’Orleans, & Caramuël„ ont donnez à des Hérétiques, que fa pierre de touche ? cS,, n’est pas trop seure. On ne laisse pas de connoìtre par„ là quel est le genie de l’Inquisition. C’est quelque chose„ de fort particulier ; car Messieurs les Inquisiteurs veu-„ lent que l’on efface des Livres les Préfaces, les Epitres„ Dédicatoires, Sc généralement tout ce qui peut faire hon-„ neur à des personnes séparées de la Communion Romai-,, ne, fans en excepter les Princes. Dc là vient que les„ Indices Expurgatoires ordonnent que si quelque Histo-„ rien a dit, un tel jour est né Chrìftophle illustre Duc de,, Wirtemberg, preclarus Dux Wurtenbergenfis , on efface I e„ terme d 'illustre, pnclarus, qui est néanmoins de si peu de„ conséquence qu’on le donne en Latin au moindre Eco-„ lier. Ils ordonnent aussi que toutes les Lettres capita-„ les qu’on met au devant des noms propres pour signifier„ qu’un Hérétique est qualifié Dodeur, Monsieur, Théole-,, gien célébré, vir clariffimus, vir rtverendus, soient esta-,, cécs incessamment. Le Jésuite Serarius spûtient dans son„ Minerval , que les louanges d’un Hérétique dans le Livre„ d’un Catholique font en abomination à Dieu, comme,, ces offrandes abominables dont st est fait mention au,, Chap 23 du Deuteronome v. 18 (4) ”. J’ai lu dansune Gazette de Paris, qu’en 1633 le Maître du Sacré Palaispublia dans Rome une defenfi de garder aucune prose, poésie ,image, figure, ou médaillé faite en la mémoire de GustaveAdolphe Roi de Suede ( 5 1 . Mr. Sallo, donnant l’Extrastd’nn Ouvrage du Pere Bona , fe sert d’une réfléxion <l u . evous allez lire. Cet Auteur, dit-il (6), est le premier qui* 1 *donné le Catalogue des Auteurs qu’il cite avec un Jugementfur chacun en particulier ( 7 ). Il y a dans cette Critique d eSchoses assez curieuses. Au reste, il ne faut pas trouver étrWgt que ce bon Pere parle st mal dans cette Critique des AuteH f Sêterodoxes, mesme dans les choses où il ne s'agit point de**foi, parce qu il a écrit à Rome , où c’est un crime que de tros*'ver bon le Livre d’un Hérétique. Joignons à cela ces pa r0 rde Balzac (8) : „ Madame de Saumaise m’avoit fait P rJ ^,

„ par Monsieur Conrart, de vouloir donner quelques lign®

„ à la mémoire de M. son Mary, pour les foire graver >

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maux, qui ne me donnant point de relasche, nepoint de lieu aux pensées Poëtiaues. Onn-f» mie les fe?". 1 *

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„ point de lieu aux pensées Poétiques. Outre que les iep“*_„ tures, & tout ce qui regarde les devoirs funèbres, apP*

„ tenant à la Religion , il me sembla que l’Epitaphf L„ Huguenot ne pouvoir être composé par un La»

„ que. Je dis un Epitaphe , comme celuy-cy ; < 3 U1 Sti ] e

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„ estre mis dans un Temple; qui doit estre éent en l’ £i st' r> U''

„ Chrestien; & dans lequel st feroit difficile dftI |- aU é, <ín "‘

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„ pas entendre, par quelque mot favorablement, expliss'

„ que le deffùnt est passé de cette vie à une meilleure-„ vous savez, Monseigneur, que ces termes son^cn„ en n offre Eglise, 8c qu’ils ont esté condamnez a

dans les Ecrits des plus Grans-Personnages de noltr

Notez que cette Maxime de Rome n’est P as jj gjobservée , car si vous consultez Jaques Laurent aU yau VI Chapitre du Prodiga Jesuitarum ZíÍíth/ims » j jeStrouverez des louanges données par des Auteurs Catnaux bonnes mœurs 8c à la science des Hétérodoxes-la marge (q).