HIEROCLES*
êc du Cardinal Baronius.
trompé en ceci Mr. Moreri eût pu très-facilement se garan-(ja _ tir de méprise; car il sc fondoit sur Laitance, dont il ra-, *gj a * P orí °ìt même les paroles ( 14). Or Laitance dit exprefle-»«-». j j, ' ment que l’Auteur qui avoit écrit contre les Chrétiens étoitt«i. m. 6 S1 . du nombre des Juges dans la Bithynie. Puis donc que Ba-ronius suposoit fort justement que cet Adversaire des Chré-tiens s’apelloit Hierocles, ilpouvoit comprendre facilementqtul ne faloit point le placer parmi les Juges de !'Aréopa-ge. Notez qu’il dit & avec raison qu’Eusebe 8c Laitanceécrivirent contre le même Hierocles, 8c cependant Monsr.Moreri son Copiste nous a donné deux Hierocles, l’un ré-futé par Laitance, l’autrc par Eusebe. IV. II n’a pas bienentendu ces paroles de Baronius : Nihil magis monstrare ca-, . nattis est (Hierocles) quam Apollonium aqualcm fuisse Chris-
’b.lm ’ t0 ( t; ) ; car il a cru qu'elles stgnistent qu'Hierocles avoitprétendu prouver qu'Apollonius étoit le même que Jesus-Hs) Christ (16). Ce qui me reste à dire est moins pour son
J'ITr" compte, que pour celui de ce Cardinal. Nous avons vun- EdmZs ei-dessus que Laitance fait mention de deux Païens qui a-d* Hutiandt, voient écrit contre les fideles. Baronius prétend que no-st <W celle tre Hierocles est le second de ces deux Auteurs, 8c que' Par,! - Porphyre est le prémier. Mr. Moreri raporte cela fans ytrouver rien à redire; il est vrai qu’il déclare qu’il fuit enceci le sentiment de ce Cardinal. Adreffons-nous donc à Ba-ronius, 8c disons lui qu’il n’eût point trouvé Porphyre danscet endroit de Laitance, s’il eût bien examiné les choses.Le prémier de ces deux Auteurs Païens étoit à Nicomedieau même tems que Laitance, 8c y publia son Invective(*7) Lac- contre les Chrétiens (17). C’étoit un homme pétri de vi-U'br. ces , avare) voluptueux, & dune grande somtuofíté de ta-tr iv 11 ble. 11 étoit fort riche , 8c il faisoit sa cour aux Jugesavec un extrême foin , afin de se pouvoir enrichir de plusen plus, c’est-à-dire afin de vendre leurs Sentences, 8c d’ar-rêter les procédures de ses voisins qu’il chassoit de leurspossessions. Les trois Livres qu’il publia contre les Chré-tiens étoient sots 8c ridicules , il n’entendoit rien dans lamatière , st ne savoir ce qu’il disoit. Les Chrétiens s’en(i§1 Tiré de moquèrent, & il échoua pitoiablement (18). C’est le ca-Lactance, ractêre de cet Auteur, 8c de son Livre, si nous en croions•Hd. cap. 11. Lactance. Comment donc est-il arrivé que Baronius ( 19 )(19Ï Baro- ait pu recanoître Porphyre à de telles enseignes ? Où a-t-ilà-, adatm. trouvé que ce Philosophe ait fait un fort long séjour à Ni-comedie ? On ne brigue pas la faveur des Juges pour fe7 j «, maintenir dans la possession des terres dont on s’empareinjustement autour de ses massons de campagne; on ne faitpoint, dis-je, cela en voiageant, c’est une maniéré d’agirqui supose un séjour fixe , 8c un établissement arrêté. IIfaudroit donc que Porphyre se fût établi de cette sorte dansNicomedie, fi Baronius avoit raison; or c’est un fait dontpersonne n’a parlé, le séjour de Rome 8c de Sicile absorbè-rent la plus grande partie de la vie de ce Philosophe, hom-me d’ailleurs qu’on n’accuse point d’avoir été adonné aux
voluptez ; 8c qui après tout h’a point écrit foteinent contréles Chrétiens. On se plaignoìt de ses chicanes, 8c de famalignité , 8c de ses calomnies ; mais on ne disoit pointqu’il manquât d’esprit, 8c que ses Livres parussent imper-tinens 8c ridicules (zo), 8c l’exposassent meme à la censuredes Païens, au lieu de la gloire qu’tl setoit promue. Ve-rum hic pro sua inanitate contemptus est ; qui ev grattam ,quam speravit, non est adeptus ; CV gloria , quam captavtt , mculpam , reprehenfionemque conversa est (zi). béton Baro-nius (zz), il avoit été Chrétien; il ne devoit donc pas etredans une aussi crasse ignorance de la matière qu st traitoit,que celui dont Lactance fait mention;car vous remarquerez,s’il vous plait, que quand ce Pere nous dit que 1 autre Ecri-vain éplucha beaucoup de choses particulières, il ajoute: Usemble qu il ait été autrefois Chrétien , ut aliquando ex eadetndisciplina fuisse videatur ( 13 ). Cette observation devoitservir de quelque chose à Baronius, pour ne pas trouver Por-phyre dans la description que Lactance a faite du Philosophequi attaqua impertinemment 8c ignoramment les Chrétienspersécutez.
Au reste, la Préface que ce Philosophe avoit mise ail de-vant de son Ecrit nous peut aprendre la conformité des persé-cutions Païennes, 8c des persécutions Chrétiennes. Un Ecri-vain intéressé 8c dateur ne manque jamais de prendre la plu-me contre le Parti persécuté, l’occasion lui paroît belle delouer son Prince, il la prend aux cheveux, 8c il étale l’im-portance du service rendu à Dieu, 8c la charité avec laquel-le on doit associer l’instruction à l’autorité des Loix, afinqu’en éclairant les errans, on leur épargne les peines à quoileur obstination les exposeroit. Ce Philosophe voluptueux deNicomedie n’oublia aucun de ces lieux communs : on diroitqu’il a servi d’original à plusieurs Auteurs François qui ontécrit pendant les soufrances de ceux de la Religion. Voicicomment il tournois les choses. Professas ante omnia Philo-sophi officium esse, erroribus hominum fubvenìre ; atque ìllos aâveram viam revocare, id est, ad cultâs Deorum ; quorum nu-mìne, ac majeftate ( ut ille dicebat ) mundus gubernetur; netpati , hommes imperitos quorundam fraudibus illici ; ne fimpli-citas eorum prada , ac pabulo fit hominibus astutis. Itaque fefuseepiste hoc munus, philosophia dignum ; ut pr&ferret non vi-dentibus lumen fapientii; non modo ut fusceptìs "Deorum cul-tibus resantscant , sed etiam ut pcrtinaci obfiinatior.e dtpofita ,corports cruciamenta devìtent; neu s&vas membrorum lacera-tiones frustra perpeti velint. Ut autem apparent , cujuí rei gra-tia opus illud elaborastet ; effusus est in principum laudes; quo-rum pietas, & provïdentia {ut quidem ipse dicebat) cum in c&-terìs rébus humanis, tum pracipue in defendendis Deorum reli-gionìbus claruistet; consulsum este tandem rebut humants, utcohìbita impia , er anili superstitions , univers homines legiti-mis Jdcrìs vacarent , ac propitios fibi Deos experirentur ( 2.4).11 est plus facile de s’éloigner de la méthode du persécuteurDioctétien, que de celle de ses Panégyristes»
(20) InepttìHvanus , rtái-culus appa-riât» Lac-tant. DiviiHInstitut.
Lìbr. V ,
Cap. 11 ,
307 .
( 21 ) Idem eibidem.
(22) Baronïad ann. 3 or,num. 5 3cite Socrate*Lìbr. J 7Z »Cap. XIX-
(z?) Lac*tautius,Libr. V»
Cap» lh
( 24 ) idemibid . pá t g,
z 06.
(*) Omni HIEROCLES, fils de cet Alypius qui avoit commandé en Angleterre , & que Julien nus, ubr.
l’Apostat avoit envoié à Jérusalem pour y faire rebâtir le Temple, fut accusé conjointement avecverbe. çUccn- f on pere sous V Empire de Vaìens, & tant tourmenté qu’on ne savoit plus à quel membre s’adres-*vei pL’íllíi- fer pour lui faire dire par la force des tortures ce qu’on souhaitoít qu’il déclarât (a). On don-«ffirorìùque. na ’ordre enfin qu’il fût mené au suplice, mais pendant qu’il y alloit, le peuple s’adressa en corps4 l’Empereur, & le pria fi ardemment pour cet homme, qu’il obtint fa grâce. C’est ce quemfmbrTv- . l'on peut aprendre en comparant un Passage d’Ammien Mavcellin, avec un Passage de Saint Chry-sostome ( vi). Notre Hierocles avoit été Disciple de Libanius, êc avoit eu beaucoup de partMaicdu-* à son estime ( B ).
( J ) Atnm.Matcellin.Litr - XXIX,P-L- SS7.
{A) ll obtint fa grâce. C’est ce que Von peut aprendre encomparant un Passage d’Ammien Marcellin , avec un Pastagede St. Chrqsostome.) C’est celui-ci: Ipse quoque Alypius postmultationem bonorum exsulare praceptus , filìum miferabiliterduHum ad mortem , casa quodam prospéra revocatum exce-pit ( 1 ). Le Passage de St. Chrysostome est dans la III Ho-mélie fur l’incompréhensible nature de Dieu. Ce Pere, vou-lant montrer à ses Auditeurs combien a de force la Priere detout un peuple, leur allégua un exemple qu’ils avoient vudepuis dix ans, lors qu’un criminel, que l’on menoit baail-lonné au lieu du suplice, obtint sa grâce à la priere de tout
le peuple d’Antioche, qui fut la demander en corps à l’Em-pereur. Mr. Valois (z) ne doute pas que ce criminel nefût Hierocles fils d’Alypius.
{B) Il avoit eu beaucoup de part à l’estime de Libanius.)Libanius écrivant a Alypius lui dit (z), que son fils encoreenfant paroissoit plus sage que les personnes âgées, & qu’ily avoit plusieurs peres qui en censurant leurs fils les exhor-toient à jetter les yeux fur celui d’Alypius. Le témoi-gnage d’Ammien Marcellin est conforme en gros à celui deLibanius (4).
fa) HenEValesius inMarcellin.Libr.XXlXi
t“í- S 57.
(ì) Libr .IV Épi/l.
ccLxxxiiropud vale-sium ibid.
(4) citât»! est csm Hiencle filit adolescente indolis botta. Amm. Marcel!, ibid.
’.'fSSi
^ ^ ^ ^4 0,0 O E S , Philosophe Platonicien au V siécle, enseigna dans Alexandrie avrr
un tres-grand éclat: il fe fiufon admirer par la force de son génie, & par la beauté féconde de7°
expressions v a). II composa sept Livres sor l a Providence I furie Destin, & les ádreík au Phi
losophe Olympiodore qui rendit par ses Ambassades beaucoup de services à l’Empire Romain an
tems d Honorius Sc de Theodofe le jeune (b). ç>n n’a plus ces Livres-là, & noT Z lesTonoi?
sons quepar les Extraits qui sens rouvent dans Photius. Ces Extraits aprenent qu’Hierocles ívoV
montre qu st V avoit un parfait accord entre k dodrine de Platon, Sc la doctrine d’Ariíw i
que ceux qui ont me cet accord n entendoient pas bien les fentimens de ces deux grans hom mec ’r ^
U donna mstle mouvemens a son esprit pour expliquer les dificultez de k Providence Sr ^
le n m à Erauc Arbitre, Sc st prétendit que la base ou k clef de toutes ces choses confisez»> ^4
âmes d un corps a un autre, Sc dans k vie qu’elles avoient menée av-mr ^ ^ ans
uer dans les corps humains. 11 épuisa la-dessus toutes ses forces, & il si e soi en î! d ’ en ’
s avifei des bonnes raisons qui établissent k doctrine qu’il entreprenoit de prouver f ,^ sta P lus pour
quoi Photius remarque que tout ce grand attirail de raisonnemens sc réduis à dev i r • C eíl P our '
voit une chose fort singulière dans la doctrine de ce Philosophe car il soutens r^ laiscnes On
e , u loutenoit que Pkton a en-
(a) Photius.Biblioth.
Cod.ccXLlTi
M- ro.1037.
(b) Idem ,Ccd. CCXlV,P*Z- Î 19 .
(O ld. ibid.
(d) idem »ibid. p. ; sz.
(f) Eìî hítfcfeturts <1-0tGro\újuo%8o9fistyotrouo’.ntiSttafxé.t
Iti nugds api-t»fa illti md-chinatio /ibìfi
Idem; IKrêj