HOSPINÏËN. H O S P I ï À L;
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Protestans se divertissoient un peu trop à ce spectacle. II tourna donc ses arme contre les Jésui-tes. le ne doute point que la tuprcffion dc fa Rephque ne plut beaucoup a quelques Princes (F).Une cataracte le priva de l’ufage de ses yeux pendant prés d un an. 11 ne la.sla pas de prêchercomme à loàane On la lut abatit heureusement le 18 de Septembre i6tj. Quand d eutatteint ì’âge de soixante ÔC seize ans, il retomba en en lance, & ne iomt Je ce misérable état quepar la mort l’onzieme de Mars t6z6 , courant fa taxante & d« - neuvième annee. Ses Lentsavoient donné une telle idée de ion lavoir, qu’on l’exhorcoit de toutes paits a ànà
de Baronius, & qu’on ne crut pas que perlonne en fut plus capaole je). On ht a Geneve unenouvelle Edition de ses Oeuvres Tan 1681 en sept \ olumes in folio ( ).
(f) Tiré diskVie cempoje%par JeanHenxi Hei-degger,^m t je «r latétíde TEdUionde ses Qeuvrtiin lóíl.
f ïí) Idem ,ibidem.
(tç>) Le a\ 6 qj.
f 2©) vitaHospiniaai,
p.urne, & travailla à une Répliqué, mais il n’y mit jamaisla derniere main. Mr. Heidegger témoigne que cet Ou-vrage est admirable. L'Auteur se rebuta vraisemblable-ment d avoir à faire à un ennemi íì injurieux : il craignitaulïi de trop divertir les Jésuites, en faisant durer la guerrecivile; Sc quoi qu’jl en soit, son Ouvrage n’a jamais pa-ru. ìdeque tamen opus ifihoc ad mttam perduxit, feu t&âìoTJtftus ejì maledicent'u adverfarii, qui nefcìo qu'tbus agitantsfitriis ubique infultare, quàm cutn ratione quadam disputaremainte ; feu fastidìum fiibïit ducendi funem molesta adeo con-ter.tionis, qua non tantùm anxmos veritatis fatdâ copiâ fau-ssâtes agrosque , magie exulceratum tri, fed etiam capitalesreligionis hofies, Résultas cumprimts, infauftì certaminìs il-lius faturos fpedlatores avidiffimos, delicias jucundo ejusmodi
fpeiíaculo fibi faâïuros . metuit (18). La victoire
semble par là être demeurée aux Luthériens , car on estassez porté à l’adjnger à celui qui parle le dernier. C’estdemeurer le maître du champ dc bataille. Nous allonsparler d’une raison qui contribua aparemment au silenced'Hospinien.
(F) La fupreffion de fa 'Répliqué . . . plût beaucoup à quel-ques Princes. ], Environ le tems qu’Hospinien fit imprimerIon. Concordia difeors , Frideric IV Electeur Palatin écrivitaux Magistrats de Zurich, touchant une Conférence qu’onnégocioit entre les Luthériens & les Calvinistes , pourchercher des voies Raccommodement qui servissent à uneLigue aux Princes Protestans, contre les desseins sangui-naires des Jésuites. C’est pourquoi on trouva qu’Hospinienavoir fait paraître son Livre fort mal-à-propos. II sc jus-tifia de ce contre-te m s le mieux qu’il put > dans une Let-tre qu’il écrivit à Maurice Landgrave de Hesse (19). IIdit qu’encore que ces Conférences ne soient propres qu’àirriter la plaie , comme l’expérience l’a montré diversesfois, il auroit néanmoins différé l’impreffion de son Ou-vrage , ou même condamné son Livre aux ténèbres de soncabinet, s’il avoit conu l’intention des Princes: ,, Libri ìn-„ tempestive editi culpam ... fie studiofe amolitur, m simul», de instìtutìs ejusmodi Colloquìis fententìam graviter proférât,» hune ftre in modum : Etsi ego de hujusmodí colloquio ni-„ hìl boni polliceri possim, Se majores animorum distrac-„ tiones & conturbationes, odia item , contentiones, ac„ dissidia post illud nocentiffima vehementer metuam ,,, prcesertim si mecum reputem, quœ Marpurgense, Maul-„ brunnense, Mompelgardense, & Ratìsbonense colloquìa„ secuta sint; 5 c adverfarii palam proteftentur, se non dis-„ cere, sed docere, Sc ne in minìmo quidem articulo sen-„ tentiam mutare , sed in semel concepta opinione firmi-„ ter permanere velle : nihilominus editionem hujus librivel in aliud tempus rejecissem , ac reservàssem; vel, si”, ex usu ecclesise fuisset, prorsus suppresiîssem, si hoc con-„ sdium Sc instìtutum Ulustriss. Principum vel ante semes-tre mihi cognitum fuisset, ne illud impedíisse accusarime'ritò possem (20) La crainte qu’il eut de déplaire
oris Saxonicis haleat. Pore alioqûin, ut res hac ingemì perì-culo non careat , propter orthodoxes us in locis fuspeéhs , necum iis ludus Crellianus vel Procerianus ( 22 ) ludatur. IIest donc assez probable qu’il renonça à la Répliqué entreautres raisons » parce qu’il craignit qu’on ne le regardâtcomme la cause d’une guerre Théologiquc ; qui empêche-rait que les Etats Protestans ne songeassent de concert àleurs intérêts (13). O11 peut être très-assûré que les Prin-ces de l’Empire , tant Luthériens que Réformez , furentbien aises de son silence; car F Histoire de ce tems-là nousaprend que les Querelles des Théologiens embarrassoientfort les Princes. Elles font encore aujourd’hui de tems entems la plus grande des inquiétudes des Magistrats dans plu-sieurs Villes Impériales. Dans quels troubles ne s’ell pas vuela ville de Hambourg depuis peu (14), pour les Disputesdes Ministres qui partageoient le peuple, & qui causoientdes attroupemens ? O11 n’apaìse presque jamais ces Dispu-tes , que par l’exil de celui dont la cabale est la plus foible :deforte que st l’on osoit se servir de comparaisons, on diraitque ces Querelles ressemblent à celle de deux taureaux quise bâtent pour une genice: le plus foible ne se montre plus;& va se cacher.
Nec mos bellantes un a stabulare: fed alterVìffus abit , longeque ignotis exulat oris,
Aiulta gemem ignotniniam , plagasque fuperbiViSloris , tum quos amifit ìnultus amores :
Et stabula aspttlans regnis excessif avilis ( 15 ):
(îxI J t crtique c*est HntPâme d y Im-pression po«yPeucetu-
RUS.
(23) Heì-deggeius,jn VitaHoi-piniimi,
psl?. 21,
< 24 ) U y 4dense ta troíï*ns que tesGazettesVlamandesnt pariaientque de cela.On écrit ctsimets dûSeptembre
(rs) Virgií.Georg.Lìbr.-11 J,Y‘rs. z z 4 .
(26) Chriflia-ttHS redivì -vus y hoc est,de crut &(reirejsu sus-ceptte à Chris-
La raison dont j’ai parlé obligea peut-être Hospinieìr à h’á-chever pas FHistoire de la Réformation projettée dans laSaxe fous l’Electeur Christien. On lui avoit fourni desMémoires qui eussent pu irriter les Successeurs. Voiez enmarge le Titre qu’on auroit donné à cette Histoire (16):
8c voici ce que Mr. Heidegger remarque touchant les Mé-moires qui avoient été fournis : Grande fcilicet volumen ex £
Saxonia fubmijfum in haredum manibus verfatur, quo Chril-tiani Eleííoris illius Principis ejf pienitjftmì cr fortifjìmi , dict-re crebro foliti: Ego nec Calvinianus sum, nec Flaccianus,fed Christianus. Habent Flacciani suum Cœlum in quoetiam ipsum orcum collocant ; Ephemerides accuratiffimè tt-xuntur , & ìnstìtuta ab ipfo Eccleftarum Saxonicarum Refor-ma tto , fubita csr improvisa ejus morte interrupta , plenijstm'eexponitur, ex quibus, aliisque etiam irresragabilihus tnonu-mentis Çhriftianum illum rediviviim orbi Óhristiano , non pa-rum certe fia Principis illius meditamenta admiraturo, repri-sent are statueras (17).
(G) On fit à Geneve une nouvelle Edition de fes Oeuvres,
Van 1681, en sept Volumes in folio.] On n’y a joint aucundes Traitez à quoi F Auteur n’avoit pas mis la derniere main.
Ses héritiers ont observé religieusement son intention (28);ils n’ont pas voulu les communiquer au public; ils ont seu-lement fourni quelques Remarques qu’il avoit ajoutées
r \„., r —- a -i>:--r- J
{z\)’lnLùe-ris ad Wol-fhanpím ,iMmhngum ,Ecelesia Ser -vefïana Pas-Urem & Su-pirintenden-tem t die 2 z*Aug, 1607.
» muiLv r -- > - - /
à quelques Princes, & dexpoíer bien des gens à des périls ses Ouvrages depuisYimnreffinn “ v -très-fâcheux, F obligea a ne point inférer dans son Ouvrage Vie quels sont les Fcrir/mCu V ? s Couverez dans si
tout ce qu’il sivoit. (21) Fajfus est ingénue , 0 peri tilt de n’a volt fait qu ébaucher 'f* 11 ‘ u ’ aîìC£ ‘ ? -, ou qu’il
Concordia discorde, deejje plurima: nulla cquidem sua cul- mmm P , a .. n0US I e représenter
pa, fed tum quod ad cognitionem c? manus suas plura nonpervenerìnt ; tum qubd nonnulla dtdita opéra , omìttt conful-tius vifum fit , propter admonitionem ex aula poterne infinua-tam , ut in feribenda ea historia came circumfpeíleque agat ,
fi quìd fecretorum ex cameris Principum, prafertim vero ex dei, edere valuirmt. Idem, ibidem, eog, u
Sihohtrum idSaxonia fu-perioYt Re~fermationisHistoria , «fcaEHs & ori-gtnalìbus , ufiJint optimiPrincipis de-funfti vindt-ci(t pertnnes *fidelittr con-gestajy tribuslibris combre-benfi. Hei-degger. inVira Hos-piniani »pa£. 22.
(27) lient,
ibidem .
— IV. JV^IUUUU
comme un homme dune vaste érudition , ík d’un grandtravail.
(^7 ajfeSía , Cfuod nondum justus or do , lima & colophon iis adhibita , ulttma^ue manu necdam perpolita estent y necjtte ìpse superfles prodìre pastus est , cru imparia fustinenda fam#nominis fui ; ruqtte f>rater eius valantotern c«nstlitau hartdss , cìmehorum istorufn ctést
da k edere voilierunt. Idem.
(2S) Nequtcentemnenia,etiam illaqua ineboata,ultimaque manu nec
HOSPITAL (Michel de l’) Chancelier de France au X VI siede, a été l’undes plus grans personnages de son tems. 11 étoìc d’Auvergne, Sc d’une famille médiocre: il s’é-leva par dégrez, & peu-à-peu {J) y & il étoit Conseiller au Parlement de Paris lors que ia Prin-cesse
< î ) Nan-de, Coupsd'hfì vu,Chap. V >m. 787.
{A) ll étoit d’Auvergne , C? d'une famille médiocre: il s’é-leva par dégrez. ejr peu à peu. ] Son pere étoit Médecin , Scservoit en cette qualité le Connétable Charles de Bour-bon. tì ne F abandonna pamais, le suivant en habit déguisé,participant à toutes fes infortunes , le secondant en tous fesdesseins contre le Roy, contre ï Empereur c? contre Rome,les Cardinaux , tr le Pape mime ( 1 ). Lors qu’il le suiviten fa retraite vers l'Empereur Charles, il laissa „ en France„ tous fes enfans, tant fils que filles, qui estans en fort„ bas âge, ne pouvoient souffrir les hazards Sc ennuis d’un„ tel voyage. Notre Michel estoit à Toulouse aagé de-, dix-huit°ans; & encor qu’il n’y fut pour autre occasion» que pour estudìer, par soupsçon il fut enlevé Sc enfer--- wé aux prisons publiques jusques a ce qu’il y eut exprès„ mandement dú Roy de le relascher, & luy permettre” sa n î''°ené, pour poursuivre sesestudes, puis qu’ìl n’avoit„ este trouvé entaché d’aucune présomption qui l’eut peu
y j j vnqi v
,, •— . - : • .. «un ion pere au temsque le Connétable, étant retourné en Italie, y trouva lescartes bien embrouillées (3!, car François I avoit mis le siégédevant Milan; (4) çr parce que ce siégé devait prendre longtraiH, ce Médecin craignant que son fils ne fit, par une trot)longue difcontinuationfbrefche merveilleuse à fes efludes,donnacharge à quelques voituriers de l’emmener,avec lesquels il sortitde Milan,desguifé en habit de muletier,v non fans grand dan-ger de fa vie pajfa la riviere d’Abdua,& aprés alla à Padoueoù de toute ancienneté les Efludes du Droiéí fleuriffoyent f’cefie Université son pere le laissa par Vespace de fix ans tui, Urapella à Boulogne g? h Rome : Là il fut honoré d’une llace deJuge, qu m nomme les Auditeurs de la Rote ,de lamelle s es-tant deffatél par l advis de son pere pour les promejf es \ue luy fit
le
dn Chancelier,
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