8 oô
H O S P I T A L.
(j?) C'cfi-k-dire C Edit deJanvierlz6r.
(t9) Pas-quier, Let-tres ,Liv.V,Tom, i>pa,g.200 , 201 .
(40) Là-mi-meipag. 202 ,roz, fasmv,
(41) Lìbr.ls
15S, Edit.Hat , 1698-
(42) ibidem ,I5Í.
(43) Dansme Lettreécrite le 23t/s Janvier
1*62 ,(**£-
i//í étsr'r</o»«s,
«o» pas véri-f i) il ajsitrecjtSiL se fai-sait dans Pa-ris des ^As-semblées de30 à 40 millepersonnes , faqu*il salaityue 2 oti 3Ministresprêchassent aumime lieu , snmême tems .
Ibidem,
iv«.
S 1 L* o Npeut direque les Re-formezaient prisles chosesfur un tontrop haut.
cessèrent pas après qu’il l’eut seellé: il s’en presenta de nouveaux fur k vérification, & il fut biennécessaire qu’il déploiât la force de son génie, & la fermeté de son ame, a tin de venir à bout desscrupules, & de la mauvaise humeur du Parlement de Paris (G). Les Harangues qu’il prononça
pour
„ Ministres de plus prescher au chasteau, comme ils s’es-„ toyent donnez loy & permission de ce faire cinq ou lìx„ mois auparavant. Mesmes en l’assemblée de S. Germain,„ où furent conclues les deux Eglises , il s’y oposa tant,, qu’il peut : mais le Prince de uondé, l’Admirai, 8c au-,, tres, qui lors ne tenoyent pas des derniers grades prés du„ Roy, luy firent contre-carre, Le l’emporterent pour le,, regard de la publication de l’Edict (38) ”. Le mêmeAuteur va nous aprendre la prospérité dont les Réformezjouirent avant même l'Edit de Janvier, 8e pendant qu’An-toine Roi de Navarre les favorisoit. Ce me/me jour, c’est-à-dire le 29 de Septembre iyór , la Royne de Navarre à laveue de tout le peuple a fait filemnifir à l'usage de Geneve lemariage d’entre le jeune Roban er la Brabançon niepee de Ma-dame d^ Estampes au Bourg d'Argenteuil par Beze. Là se sonttrouvez. Messieurs les Prince de Condé & l’Admirai. Cefi aileains sait presque aux portes de Paris ur de fainâl Germain enLaye ou le Roy séjournait , ri ayant esté controulé, a grande-ment accreu le cœur des Minijlres. Et de fait au mois d'OBo-bre ensuivant ils ont presché hors des murs de la ville de Pa-ris joignant le monastère S. Antoine des champs, assistez dehuit à neuf mille personnes. A leur retour s'est excitee une sé-dition populaire, qui a esté aisément eflanchee sous l'authoritédu Roy de Navarre. Ils ont depuis pajsé plus outre. Car laveille de la Toujsainál fut saisie une autre assemblée devant lesyeux de tout le monde dans le logis de la Comtesse de Senìgan ,qui fut remparee de la prefence des Prevofls des MarefchauxCf de leurs archers, pour empefeher qu il n y eust émotion dupeuple. Peu de jours âpres fans se remettre aux Ediïïs du Roy,cr enfraignans celuy de Juillet, ils ont entrepris de faire deuxpresches alternatifs, l'un aux Pauxbourgs de S. Marcel au lieudiùl le Patriarche, l'autre hors la porte S. Antoine au lieu a-pellé Popmcourt. il seroit incroyable de dire quelle affluence depeuple se trouve à ces nouvelles dévotions. A quoy Gabastonchevalier du Guet V ses archers fait escorte. A Popincourt pres-chent l’Aulnay C 7 l'Estang : au Patriarche Malo v Viret.Voyans les Seigneurs Catholics qu il leur est de nécessité callerla voile à la tempeste , Monsieur de Guise tout courroucé s'estretiré en fa maison de Nantueil, le Cardinal de Lorraine enfin Archevesché de Reims, Monsieur de Nemoux en Savoye,le Connestable à Chantilly, ( 39). Voiez dans d’autresLettres d’Etienne Pasquier (40) l’atíluence de ces Assemblées,8e l’apuì que leur prétoit le bras séculier. On peut aussi con-sulter les Lettres d’Hubert Languet .,41), où l’on trouve en-tre autres choses (42) que les Assemblées qui se tenoient pro-che de Paris étoient quelquefois de quinze mille person-nes (43), les femmes au milieu entourées d’hommes à pied,8c ceux-ci entourez de cavaliers, 8c pendant la Prédicationle Gouverneur de Paris faisoit garder les avenues par des sol-dats qui batoient, ou emprisonnoient, ou reprimoient du-ne autre maniéré tous ceux qui entreprenoient de troublerla dévotion de la compagnie.
Plusieurs personnes, qui ne jugent des choses que par le-vénement, seront fort capables de dire que ceux de la Reli-gion auroient eu plus de prudence s’ils avoient affecté moinsde hauteur en ce tems-là ; car cette ostentation de leur mul-titude passoit pour une bravade qui aigrissoit leurs ennemis,8c qui les portoit à recourir aux femedes les plus pressans.Nous votons par une Lettre du Cardinal Légat qu’il espéroitune heureuse suite de ces démarches hautaines. Sa Lettreest datée de 8. Germain le 27 de Février 1562 : en voici unmorceau. " II est arrivé n'aguere un contraste entre ceux des„ deux Religions, dont il en est demeuré quelques-uns de„ morts fur la place ; 8c le danger neantmoins s’est trouvé„ plus grand que le dommage. Les Catholiques font à l’ins-„ tant accourus icy, pour s’y plaindre des insolences des Hu-„ guenots. 11s ont remontìré, que pour leur particulier ,sui-„ vant l’ordre expres de fa Majesté, ils avoient posé les ar-„ mes; mais que leurs ennemis avoient fait tout le con-„ traire. Voilà pourquoi ils requéraient instamment, qu’il„ leur fut permis de les reprendre, pour se garentir de leurs„ embusches, qui leur faisoient aprehender à bon droit,
„ que r’asseurez par ces troupes avantageuses de gens de„ guerre, ils ne fissent à l’advenir quelque violence, 8c à,, leurs biens, 8c à leurs personnes. Mais eux-mesmes de„ leur costé n’ont pas manqué de se venir excuser, ny d’al-,, léguer pour raisons : 6 jue les défiances où les mettaient tous,, les jours les Catholiques , à cause de leur grand nombre ,
,, estaient cause quils ne désarmaient point. La response de la„ Reine 8c du Roy de Navarre a esté grandement favorable„ à ceux de nostreParty; car ils les ont invitez à prendre„ courage, 8c leur ont mesme promis, Gju'ils auroient grand,, foin de pourvoir ensemble à leur seureté particulière, or au„ commun repos de leur Ville. Tellement qu’apres des paro-,, les fi obligeantes, sorties de la bouche de leurs Majeslez,
,, par où elles leur avoient tefmoigné plus de tendresse qu’ils„ ne s’estoient imaginé jusques alors, ils s’en retournèrent„ contans au possible. Comme au contraire, les Huguenots„ se virent bien estonnez, quand on leur dit en termes fort,, rudes, s’ils ne voulaient eftre plus retenus, c? s’abfte-„ nir de semblables violences , on leur aprendroit à vivre. Le„ Roy de Navarre passa bien encore plus avant : car en leur„ prefence mesme il dit à la Reine: §ue fa Majesté n'avoit„ qu à commander, or que quand il luy plairoit, il trouve-» roi t bien moyen d'arrester le cours de leur insolence. J’ad-
„ j ouste à cccy cette particularité, qui n’est pas des moin-„ dres; Que non feulement leurs Maj estez, mais tous les,, autres en général, se trouvent fort scandalisez de ce que„ Beze ne marche point autrement dans Paris, qu’accom-„ pagné de M. d’Andelot, 8c d’un grand nombre de Cava-„ liers qui les suivent. Avec tout cela néanmoins, bien que,, les désordres 8c les scandales soient presque toûjours nuiss„ blés ; fi est-ce qu’on ne laisse pas quelque fois d’en recuess„ lir du fruit, en ce qu’irritans la patience des Grands, ils,, les portent assez souvent à des entreprises généreuses. Ce„ qui me fait croire, qu’on doit d’autant moins se fascher,, de cecy , qu’il est vrayiemblable , qu’en l estât où sont„ maintenant les esprits des plus puiilàns, tels désordres,, viendront tout à coup fondre fur les testes de ceux qui„ les causent (44) ”. Disons néanmoins à ces Critiques,qu’il étoit fort naturel que ceux qui avoient gémi près dequarante ans fous une li dure 8c si cruelle opreíïion , seprévalussent de la liberté tout à leur aise, 8c se répandissentcomme des eaux à l’ouverture des écluses. II y avoit mê-me des raisons de prudence qui leur pouvoient inspirer cetteconduite. Ils pouvoient s’imaginer raisonnablement qu’onse croirait obligé à ménager un Parti dont la puissance se-roit conue comme capable de le faire craindre. Enfin jedis que ni les Ministres ni les particuliers ne pouvoient pasempêcher que d’Andelot, 8c d’autres braves de qualité nemêlassent à leur zêie de Religion les airs de soldat 8c lesmaniérés cavalières, que le courage 8c l’habitude font pren-dre. Quoi qu’il en soit, l’autre Eglise l’échapa belle; car sinonobstant la désertion du Roi de Navarre, les Protestaissoutinrent très - bien la prémiere guerre, que n’eussent-ilspas fait fous la protection du Lieutenant Général du Roiau-me, laquelle fans doute eût entraîné celle de la Reine me-re? Languet nons aprend la bonne opinion qu’on pouvoiravoir de leurs forces. Re patesatla plerique nostrorum vene-runt armati ad Concionem, cv jam idem quotidie saciunt, &inter reliques studios magno numéro. Iis.prebent fi DucesDandelotus Erater Amiralii, Princeps de Rohan, ìv Eratesnothus Reginœ Scot'u, ac alii lllustr'tbtts familiis tutti , quodtmeo judicio, non saciunt fine confinsu Regina: aliter enir»graviter peccarent in leges regni. Monmorantio urbis prafest 0mandatum est , ut hue inducat, prdfidii causa, duas alas rquitrtm , ey certum numerum peditum, quibus pnerit Dandflotus. Interea autem dmn isti milites prafidiarii expeffamur ,nobilitas cr ftudiofi funguntur eorum ojpcio, er tota urbs afmis perstrepit. Pontificii desperant fere de reliquis urbibus Gal-liét, fed existimant summum rerum in hoc consistere, ut han cfibi addiâlam retineant. Verutn ìta crescunt hic fiudia saítisnum, ut verear, ne eam omnium primam amittant. SjuamVÙenim à partibus eorum fint plures Cardinales, Episcopi , zíb'bâtes, Prafides, AJsejsores, O 1 alii , qui opibus c r auBoritattvaleant : ntflri tamen viribus eyferocia videntur esse potiores,V fi ad vim deveniatur, totius ipfirum sapientia nullus erttufus. Mihi venit in mentem facetum diâlum Ludovicì 12gis G allie , eut fufeepturo bellum adversus Venetos cum quidamdicerent fore periculofum, illud bellum pr opter eximtam Vent'torum fapientiam : ego, inquit, multitniine stultorum ipfir lt ’ ,fsapientiam obruam. . . . Heri hic celebrarunt JubiUum , smandato Legati Pontificii: nostri vero convenerunt, (ut e x, J.mo) ad quadragmta millia, & pracìpuas plateas urbis arffltjjfcompleverunt. Trts concionatores tante multhudini vix fi t lrciebant ( 45 ).
(G) Il fut nécessaire qu’il déploiât la force de son gé nie ' "asin de venir à bout des scrupules c r de la mauvaise h í,rn *_du Parlement de Paris. ] Ce Parlement refusa de vérifier 1dit de Janvier, 8c députa au Roi un Président 8c un Conse'ler pour faire ses Remontrances. Ces deux Députez ”
„ déduit particulieremant devant le Roy tout ce qu! i] e ,„ soit le Parlement à ne recevoir cest Edict, Monfi elir , £
„ Chancelier, pour la dignité de son estât 8c bas aage„ nostre Roy, a pris la parole, leur disant: qu’il ne ^
„ toit point que toutes les raisons par eux représentes„ fussent de grande efficace; mais qu’il les prioit de P'Tjg„ qu’elles n’avoyent esté oubliées en ce grand Gonsisiott ^
„ S. Germain : que la question qui fe présentoir estoi„ nombre de celles en laquelle y avoit à penser de st u ^j re>
„ façon qu’on voulust tourner son esprit : 8c à vray„ qu’en la résolution d’icelle y avoit lieu pour excuser k ^
„ gistrat de fa faute soustenant ou l’un ou l’autre panty •
„ cordoit que le fondement dune Repub. estoit de n„ voir qu’une religion : mais quand les choses estoten„ vées à tel desbord, comme on les voyoit lors par ]a , o f eS„ ce, qui réadmettrait cest Edict, il falloit de deU * ive lle„ l’une: Ou faire passer tous les adherans de la toUt à„ Religion par le fil de l’espée , ou les extermine ^ t„ fait, avec permission de sc desfaire de leurs ? ' C gpar-„ premier poinct ne pouvoit estre exécuté pour e q U ’il„ ty trop fort tant en chefs, qu’en partisans:^ Sedans I-„ le peust estre, de souiller la jeunesse du K ^ venll grand„ sang de tant de ses sujets, par adventure que ^ (j 0 u-„ 8c en aage de cognoissance il les redemanderai ffifa-
„ verneurs. Et au regard du second il estoit au y tent j 0 n,
„ ble: 8c quand bien il succéderait selon noltr f T scsp erezCestoit baftir parjre Conseil autant d ennemis qB -j
que
de bannis. Et quant à l’Edict de Juillet,
eust quelque beau pretexte, c’estoit induire IeS S^ e ïsim
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