H O S P I T A L. HOTMAN.
8iz
J’ai dit dans la seconde Edition de ce Dictionaire, que le Pere Anselme n’a point observéque la Maison de ce Maréchal fut originaire du Roiaume de Naples, comme l’avoit observé unautre Ecrivain dont j’ai cité les paroles. Je les confirmerai ci-dessous par le témoignage d’unautre Auteur, Lc je ferai voir que Mr. le Marquis de l’Hospital, l’un des plus profondsMathématiciens du XVII siécle, étoit de la mémo Famille que le Maréchal de France (C).
Madame deArche-
ts) OWer-va*, ions fuil’HiUoùedes Amoursdu grandAlcandie,m. 29».
(?) Ansel-me, Hiít.des gransOfific. ptig.26S.
(8) Hift.Généalog.de la Mai-son Roiale,
(9) Voiez,
la A loté mar-ginale qui eftk lit fin decette Remar-que.
„ rantin , l’Abbé de Chailly, le Chevalier,, Rhodes, 8cc; après elle fut à Monsieur de Vie , Arche-„ vesque d'Auích, trois ans ; puis épousa Fr. de l’Hospi-,, ta!, Comte de Rosnay, Baron de Berne, Maréchal de„ France (6) ”. Le Pere Anselme nous aprend qu’elleP épousa vers l'an 1619, 8c que son mari prit une seconde al-liance le z8 Août 1633 avec Françoise Mignot, de laquelle ileut un fils mort peu de jours âpres fa naissance ( 7 ). Mr.Moreri observe que les Avantures de cette Françoise Mignotsont très-fingulieres. On a ôté cela dans l’Edition de Paris1699. L’étoile du Maréchal de l’Hospital n'étoit pas heu-reuse de ce côté-là.
Le Pere Anselme (8) remarque que Charlotte des Essarsmourut l'an isiji. H faudroit conclure de cela que notreFrançois de l’Hospital fit rompre son mariage; car il épousaune autre femme en' 1633 (9). J'ignore comment se pas-sèrent ces choses-là, & je ne sai point s’il y a des Livresqui en donnent le détail. Je pense que plusieurs de mesLecteurs s’imagincront qu’il reconut après coup la fautequ’il avoit faite, 8c que dans l’espérance de la réparer ií fitun procès à son épouse. II ne trouva point peut-être qu’ellefut aussi riche qu’il l’avoit cru. II s étoit imaginé aparem-ment que la maîtresse successive du Roi de France, 8c dedeux Archevêques , avoit amassé de grans biens ; 8c ques’il est permis à un homme de qualité de se marier avecune fille de basse naissance, mais qui lui aporte les gransthréfors d’un Financier, il ne lui doit pas être défendu demettre en fort bon état ses afaires domestiques, en épou-sant une personne à qui les galanteries ont procuré un grosrevenu. S’il raisonna de la sorte , 8c s’il trouva dans lafuite que la fortune de la Dame ne réparait, ni le défaut dejeunesse, ni le défaut de réputation, que restoit-il à faireque de casser le contrat ì Quoi qu’il en soit, la Dame par-vint au grand but des personnes de son sexe : elle eut un ma-ri; elle entra au port malgré tant d’orages, & tant de nau-frages. II est fort aparent que l'opinìon qu’elle étoit richelui fit trouver un époux. Finissons cette Remarque par quel-ques Vers de Régnier:
L'honneur estropie , languissant , O? perclus ;
N’eft plus rien qu un idole en qui l’on ne croit plus ( 10).
se ne suis point adroit, je riay point d’éloquencePour colorer un saisi, ou destourner la foy ,
Prouver qu un grand amour n est sujet à la loy ,
Desbaucher une fille , &• par vives raisonsLuy monstrer tomme Amour fait les bonnes maisens,Les maintient, les efleve, Z? propice aux plus bellesEn honneur les advance , cr les fait Damoiselles.
Et pour le faire court
Dire qu il n est rien tel qu’aymer les gens de courtAllegant maint exemple en ce fiecle ou nous sommesQu il n est rien fi facile à prendre que les hommes ,Et qu on ne s’enquiert plus s’elle a fait le pourquoy ,Pourveu quelle soit riche , V quelle ait bien dequoy.Quand elle auroit suivy le camp à la Rochelle,
S’elle a force ducats elle est toute pucelle.
II y a 8c des véritez & des hyperboles dans les expressionsde ce Poète satirique. Voiez la marge ( 11 ).
(C) se les confirmerai . . . par le témoignage Sun autreAuteur , & je ferai voir que AI. le Alarquìs d e l’H o s p i-tal, l'un des plus profonds Mathématiciens ...» étoit dela même Famille que le Alaréchal de France.'] Le Comte deSainte-Mesme, qui mourut le 4 de Décembre 1701 „ estoit„ de la Maison de l’Hospital, Maison beaucoup plus illustre„ par elle-même (puisque f Origine s’en perd dans des Fa-„ milles Royales 8c Consulaires ) que célèbre par les gran-,, des Charges 8c par les éclatantes Dignité?, qu’elle a pos-„ fédées en France depuis plus de quatre cens ans quelle„ est venue s’y établir. Elle est originaire de Naples, 8c„ portoit le nom de Gallucy, qu’elle quitta pour en pren-,, dre un François qui fut celuy de la Terre de l’Hospital,, qu’un Gallucy Chef de cette Maison en France acheta en„ y arrivant (iz) ”. Vous remarquerez que ce Comte dcSainte-Mesme deícendoit (13) d’A iolf de l’H o s p i-TAt, Sieur de Choily , Capitaine de la forest d’Orleans,frere ainé de Charles de l’Hospital, Sieur de Vi-try , duquel le Maréchal de France étoit issu. Ces deux frè-res étoient fils d'HADRiEN de l’H o s p x t a l Sc d’AnneRouhault fille de Joachim Rouhault Maréchal de France.
II rendit hommage au Roi à Paris le 2.7 de Novembre 1498.Le Comte de Sainte-Mesme étoit Lieutenant Général desarmées du Roy, Gouverneur, Bailly, Maifire particulier desEaux zfr Forefts du Comté de Dourdan, prémier Escuyer deGaston de France Duc d’Orleans, Chevalier d’honneur crprémier Essuyer de la Duchesse Douairière d’Orleans (14) ejensuite de Madame la grande Duchejfe de Toscane (15). Voustrouverez son Eloge dans le Livre que je cite ( 16). 11 futmarié avec Elisabeth Gobelin fille de Mr. Gobelin Conseil-ler d’Etat 8c Intendant des Armées, 8c a laissé deux fils.L’ainé est Mr. le Marquis d e l’H o s p 1 t a l , Auteur del’Analyse des infiniment petits. Le Cadet est Mr. le Comtede l’Hospital , qui tient près de Madame la grandeDuchesse de Toscane la place de Monsieur son Pere ( 17 ).
Le Marquis de l’Hospital, Auteur de V Analyse des infini-ment petits, 8c l’un des plus grans Mathématiciens de no-tre tems, mourut à Paris le z de Fevrier 1704, âgé de qua-rante trois ans. Voiez son Eloge dans les Mémoires de Tré-voux ( 18), Sc dans les Nouvelles de la République des Let-tres (19). „ II avoit épousé Mademoiselle Romilley dc k„ Chenelaie avec qui il a toujours vécu dans une union si„ parfaite qu’il lui a même communiqué de son gente pour„ les Mathématiques. II en a laissé quatre enfans, un gar-„ çon 8c trois filles ( zo ) ”.
(to> Ré-gnier , Satire1 H, folio m.12. tl d-tdans la Sati-re XÍII ,/í/í'ó66 vers* , quilors qu’ona du bien,il n’est si.decrcoitcQui netrouve feudonnant )couvercle àfa marmite.
(il) C,n-
saliez. U’&me.rquel ArtidcE S S A B. 3
( Charlo-ts fies ) :
Vl, "‘ y '<««.•
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ficandMan'a-yc de nttreMaréchal estPaflirìeur à.l « mort de sapremièreFemme, H--.
f 11 ) Merctf..re Galantd* Janvier
17 r.
V ‘‘‘Z. aujsi
tt* Nouvel-Rs de i a“ é P«H. deâLettres,à - de1 ?°4 > pag.611 Ô" jttiv.
(sì) Lc Pere
Hist. desStands offi-CKcs >e.zi *.
í l4 l Femme
f *
F rente.
(15) Mercure Galant, j Unv. iyaz , pag. i«x. (16) Mercure Galant, la-mime,pag. 171 fr suivant. ( 17 ) Tiré du Mercure Galant, ia-rnirne , pag. 17s, 18,.
(1*) A /'Addition du Mois de Février 1704 , pag. 24. fr fuiv. Edit. de FrancelVoiez, aujp Mois de Juin 1704, fa.g. rc.74 fr f„tv. (19) Mois de Juin 1704, Arti-cle Jl. (20) Journ. de Trévoux, Juin 1704, pag. 1016.
HOTMAN (François) en Latin Iîoiomanm (<*), a été un des plus savans Jurisconsultesdu XVI siécle. II naquit lc 23 d’Août 15*24 à Paris, où fa famille originaire dc Sileíie {A)florìssoit depuis quelque tems. Des qu’il eut atteint l’âge dc quinze ans, il fut envoié à Orléans,pour y étudier en Jurisprudence ; Lc il s’y rendit capable du Doctorat dans trois années. Sonpere Conseiller au Parlement, qui lui destinoit déjà sa charge, le fit revenir auprès de lui, & lemit dans le Barreau: mais le jeune homme fc dégoûta bientôt des chicanes du Palais, Lc s’en-onça dans l’étude da Droit Romain , Lc dans celle des belles Lettres. II goûta les nouvellesininions. ooxir le(nn(-ll« t —... R— Ae. í,™o ,Nne 1» Roiaume j Lc ne voiant pas
un Livre. Ce fut
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fonça dans l’étude da Droit Romain , Lc dans celle des belles Lettres. IIopinions, pour lesquelles on faifoit mourir beaucoup de gens dans le Roiaumiqu’il en pût faire profession à Paris, il s’en alla à Lion l’an i f47 ou il publiale second Ouvmfre miMI mít- sniw r t>\ nM 1 n ntT ^ ir * ,tar '
k-) fr#
ainji qt^tlorthographiesonNom k làtête dtfes Li-vres. Plufieunorthographier nHottoman-nus, ou H o-\omannust
(i) Nf 2EmmtriK AU
Pais de Cle-•vts , selonMr. Baillet*Recueil desAnti % .Art^
131.
(2) C'e/2que je corrigela faute Lu-dovici VI ,qui *fi dansU vie de
FrançoisHotman, *PEdition de
j. . ____ n » i*t j X t. 1? VU Mim •
lê second Ouvrage qu’il mit sous la presse (B).
(Aj Sa famille étoit originaire de Si leste.] II y a plusieursfamilles du nom de Hotman à Breílaw capitale de la Sìlesie,& de celles-là font descendues plusieurs autres établies dansla Lusacc , dans la Misnie , dans le pais de Cleves, &c.Lambert Hotman (i) alla en France pour porter lesarmes au service de Louis XI (z), 8c se maria avantageu-sement à Paris. Jean Hotman son fils aîné fut si ri-che , qu’il fit compter de très-groffes sommes pour la rançonde François 1 (3). Pierre Hotman lc dernier des dix-huit enfans de Lambert fut Maître des Eaux 8c Forêts, 8cpuis Conseiller au Parlement de Paris. François Hot-man fut son fils aîné (4)- Le Suplément de Moreri porte
- , ,, — r-- ”,- *'**-
Voiant qu’il n’avoit rien à espérer de son pcrc
pour
(E) Ce fut le second Ouvrage qu’il mit sous la presse. ] Caril avoit déjà publié un petit Livre de gradibus cognationis ,qui fut fort estimé. Pene puer libellum de gradibus cogna-tionis adjunâîe diagrammate publicavit à doâlìfimìs vìris ìnprecio habitum , ez tnox à quodam hauà ignob'tlì furisconfultoprobatum , ita m eum suis in infiitutìones commentariis vehe-menter commendatum insereret (5). Le second Ouvrage futun Commentaire ad tttulum Institutionum de aÉîionìbus. Labeauté du style, 8c la consistance de V Antiquité Romainequi éclatoient dans cet Ecrit, le firent fort estimer ( 6 ).
Monsi.Teistier (7) ne devoir pas aplìquer ce bel éloge auT .ivre sÍPR ÁfìPrp’T ris» CbH -—' « -
-■ - ' —- --f —jjuhc petit Livre des degrez de parenté. S’if avoit consouz 5 ^ au
Rue Henri Hotman ne à Cleves lan 1466 fut le pré- un peu plus d’attention l’Ouvrage qu’il cite (R 7 n > aVec(nier de ce nom qui vint a\ France, 8c qu’il y vint à la pas pris l’un pour l’autre. t 0 j. U n auroit
-;-‘vx MC cc jjuill mii vu “««w, w vjuii y ViilL rt
fuite d'Engìlbert Duc dc Cleves, qui fut le prémier Duc
Lcipfic ,«!«, ^ NeVer S-
ÌgmuTpam,r/êfê m sill°°fí 4e ( O Redimnio Francise* Régi ad Ticimm capt.,lande Petrus NTevrlrtn. n ri s ua curavott summ* Oallia bon* , somma sua cumibidem. Lcschms , ln vica Fr. Hottomanni, pag. m. 20I. (4) idem ,
La Croix du Maine vous aprendra que la TraductionFrançoise, que fit Hotman de ì’Apologie de Socrate com-posée par Platon, fut imprimée l’an 1549, à Lion chezSebastien Gryphius, in 8. ’
t a í- ni.
(S\ IdemNetcletu sin VicaH<totnanni,210.
( 6 ) Jurisconfultisetiam ma±gratttm »!
Latini ferYftonìs elet.tÌAm , &7 Ipm. antiquitatìs e:
qttifìtamscient iam.
Idem» ib;
( 7 ) Adtìiaux Elo|Tome i J
(*) La, Vie d’Hotman par NeveUt.
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