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Tome second. C - I.
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H O T M A N.'

§i6

à-fiiit conforme aiix Idées Républicaines. On rétorqua contre lui ses propres Maximes quelquetems après (/). II est difficile d’éviter cet inconvénient, lors qu’on écrit fur de certaines ma-tières. II fut bien paie de son Brutum fulmen ( K ) par le Roi de Navarre. Il fut de ceux quiíet. m'vfta n’ont jamais consenti qu’on les peignit (£), mais on le fie peindre pendant qu’il éioit à l’agomc.h ottoman- ]J jgjà deux fils & quatre filles. Jean Hotman Sieur de Yilliers, ton aîné, passe pournllW ' ’ l’Auteur de 1 ' Antì-Chopinus ^ Piece burlesque, 8c de 1* Anti-Çolazon , qui est une Apologie pourson Traité de l’Ambassadeur, où il avoit été, dssoit-on, le Plagiaire de Charles Paichal. Voiez(<) dmi jyjr. Baillet (#)• Mr. Moreri n’a pas fait beaucoup de sautes (L).

Je m’étonne qu’on ait oublié dans la Vie de François Hotman une chose qui lui est bien glo-& "f- rieuse, c’est qu’à l’âge de vingr-trois ans il fit des Leçons publiques aux Ecoles de Paris (M).

On n’y parle point non plus, Lc je ne m’en étonne pas, de certaines choses que Baudouin avoit

pu-

s+s) Essais,Chap. a II,

Mi- m. ISJ.

.Mezerai

fait la mèmeHçmtirtjHedans la page791 du 1 UtTome deCHistoire deFrance.

( 4 S) Adver-tiíièmentdes Catho-liques An-glois, pag.74» 7 >, Edi-tion de 1587in S.

( 47 ) Mata-gonis deMatagoni-bus , Moni-toriale ad-verlus Italo-Galliamsive Anti-francogal-liam. Anto-mi Matha-relli. Cejlune Pirced ’Hotmanen Style Ma-earonitjHe.

( 4 *) SU»4

dìcit Franco-Gallium com-pojìtam abatttfore benepoto inalitjuoeenofolìo , fyenm evomuif-fe feriptumplénum fttro-ris fy infant*,video multosAufforis ami-tos t dt&umifiui appelit-re meretri-ciam impie-dentiam fia-gris fy canc-re dignam.

- • Vbi hI-lum iracmdianimi si%-mtm? Vbivoxvlla perturba-it animi inloto libro , acnon potins fedata fy mode-rato. narra-tionu? Idem,ibid.

(49) Horat.Sat .1 Libr.í.

f- 24. 2 J»

( 50 ) Mata-gonis Mo*nitoria

le, &c.

ft t) Pierre

Victor

Cayct,

levant-Pro-pos de U

Chronolo-gie Novç.

11 aire.

„ Ecrits perdus, dont les gens sages ne font ni mise » ni re-„ cepte présentement dans aucun Parti. Quoi qu’ií en toit,„ les apparences étoient un peu contre Hotmail, au sujet„ du Livre de Junius Brutus, 8c comme je l’ai dejà dit,,, c'étoit une erreur fort petite, que de le taire l’Auteur des,, Vindicte contra Tyrannos ".

( /) On rétorqua contre lui ses propres Maximes quelquetems âpres.] C’est par accident, 8c par une fatalité allez or-dinaire qui change les intérêts des Partis , que l’Ouvraged'Hotman fut sujet à l’incommodité dont je parle. Les ré-volutions de France changèrent de telle torte la scène, queles Maximes des deux Partis passèrent réciproquement dublanc au noir. 11 fait beau entendre comment Montagne femoque tout doucement des Catholiques. Voyez , di -il (45),l'horrible imprudence de quoi nous pelotons les raisons divines,or combien irreligieusement nous les avons rejets ées or reprtjes,selon que la fortune nous a changez de place en ces orages pu-blics. Cette proposition fi solennelle, s’il est permis au sujetde se rebeller or armer contre son Prince pour la defenjé de laReligion, souv’tenne-vous en quelles bouches cette année passéel'affirmative d’ìcelle étoit ïârebouram d’un party , la négati-ve, de quel autre party c'étoit larchômant : or oyez à présentde quel quartier vient la voix or infiruôìion de l'une or del'autre, or fi les armes bruyent moins pour cette cause que pourcelle-là. Et nòus brûlons les gens qui disent qu'il faut fairesouffrir à la vérité le joug’de nôtre besoin , or de combien faitla France pis que de le dire ? orc. Tant que le monde feramonde, il y aura par tout des doctrines ambulatoires, 8c dé-pendantes des tems 8c des lieux; vrais oiseaux de passage,qui sont en un pais pendant 1 été, 8c en un autre pendantl’hiver; 8c lumières errantes, qui comme les Comètes desCartésiens éclairent tour-à-tour divers tourbillons. Quicon-que voudra là-dessus faire le Censeur ne passera que pour unCritique chagrin, nâtif de la République Platonique. AinsiHotman ne doit pas être responsable de ce que le fameuxAvocat de la sainte Ligue trouva moien de se prévaloir de laFranco-Gallia. Ils ne se peuvent plaindre, c’est Louis d’Or-leans qui parle fous le nom des Catholiques Anglois, qu onles mesure à l'aune ou ils mesurent autrui. Suyvez leurs con-seils , consormez-vous au chemin qu ils tiennent pour s’establir,vous eflablirtz vous-tnêmes, or les enveloperez de honte or deconfusion. En leur Françoise Gaule, qui efl l’un des plus détes-tables livres qui ait vu le jour, or que l'on a composé pourmettre toute la France en combustion, ils chantent , qu'il estloisible de choifir un Roy à son appétit. Diâles doneques auxhérétiques, que le Roy de Navarre n est à voftre apetit, or par-tant qu’il je tienne en son Bearn jusques à ce que le gouft vousen soit revenu. Ainfi les faut-il fouetter des verges qu'ils ontcueillies , afin qu’ils cognoiffent que la puissante main de Dieules chastie par leurs meschans conseils Or pernicieux escrits (46).Ce Livre d'Hotman est au fond un bel Ouvrage, bien écrit,8c bien rempli d’Erudition; 5c d’autant plus incommode auParti contraire, que l’Auteur se contente de citer des faits,comme il le représente lui-même à ses Censeurs.Cwr velMas-sonus,àÌt-i\{ 4 y),vel Matharellus Francogallie scriptori or fim-plici historiarum narratori ita terribiliter irascitur ; Nam ut di-cit Sylva nup.lib.1. num. 10. quomodo potesl alìquis ei succenserequi est tantum relator or narrator failli ? Francogallista enimtantum narratìoni OT relationi fimplici vacat , quod st aliénadiíla delerentur, charta remaneret alba. On lui avoit repro-ché que son Ecrit paroissoit la production d’un homme ivre,furieux, 8c insensé : il répond que ce reproche est une effron-terie punissable, puis qu’il a toújours gardé dans ce Livre lecaractère d’un raporteur modéré 8c de sang froid (48). C’estun merveilleux avantage dans ces sortes de Livres. Au res-te , quoi que la Réponse soit écrite en Style burlesque, ellene laisse pas de contenir mille choses qu’il faut entendre sé-rieusement. Ridentem dicere verum quid vetat (49).? Telest, par exemple, ce qu’on y dit à l’Adversaire, qu’il ne suf-fit pas qu’il ait présenté son Accusation, 8c donné caution delite prostquenda ; mais qu’il faut de plus qu’il s’engage expres-sément à subir la peine du talion, en cas qu’il soit convaincude calomnie. Sed adhuc requiritur tertius ut [e expresse tbli-get ad poenam talionis , in cafu quo probetur calumniator ; quoiprobatur per L. ult. C. de calumniat. or omnes Canonisas, sedmaxime per Hieronym. de Zanetinïs in repetit. cap. 1. Extr. de> accusât. De quo fi sumus concordes , c T Matharellus fe sub-jieiat talioni in casu quôd calumnia convincatur , totum nego-tium noftrum bent vadìt , nìfi sorte, orc (50).

Si nous en croions un Historien qui avoit été Ministre,cet Ouvrage d’Hotman ne plut point à tous ceux de laReligion, & ne déplut pas à tous les Catholiques de France,ni ne fut point composé sans quelque relation à la cabaledu Maréchal d’Amville. Peu après, dit-il (;i), Monstcur

le Duc d'Alençon frere de fa Majesté fe retira de la Cour avecplujiturs Seigneurs ,praâìiquez par ledit Sieur Maréchal d’Am-ville, or prenant le nom de Mal-contents ,se joignirent avec lesHuguenots, aucuns desquels commencerent lors à escrire autre-ment quils n’avoie.‘t parlé par le paJ]é;or Hettoman Juriscon-sulte dans ja Gaule Françoije entreprit d’escrire, Que le peu-ple François avoit eu une souveraine authorité, non feule-ment à eilire leurs Roys, mais auffi à répudier les fils desRoys, 8c eilire des étrangers: Et dit sur ce subjeíîplusteurschoses, Louant les peuples, qui brident la licence de leursRoys, 8í les menent à la raison. U se jette, après plusteursdiscours, Contte la Regence des Roynes meres des Roys: Ctqu'il faìsoit à cause que la Royne mere avoit esté déclarée Ré-genté,en attendant le retour du Roy de Pologne son fils : Bref Hs'ejcrima des Histoires anciennes , à droiùl or à revers selon sapassion. Ce Livre fut agréable à quelques Reformez C r à quel-ques Catholiques unis, lesquels n’aspiroient qu à la nouveauté,or non pas à tous. D’Aubigné (51) donne le même plande ce Livre; mais ii le fait paraître en 1573, du vivantde Charles IX. Mr. de Thou ( 53) 8c Mr. de Mezerai (54) >qui en donnent le même plan, le placent, celui-là simple-ment fous le Régné de Charles IX, celui-ci avant le dé-part du Roi de Pologne. Cela renverse l’Hypothese deCayet, savoir que la Régence conférée à la Reine Cathe-rine au tems de la mort de Charles IX fut un des griefs deFrançois Hotman. II est sûr que son Ouvrage fut im-primé avant que la Reine eût été déclarée Régente parl’Edit du 30 de Mai 1574: mais il prévoioit peut-êtrequ’elle le leroit; 8c en tout cas il y a bien de l’aparencequ’il songeoit à elle, dans ce qu’il disoit contre la Régenceféminine. 11 se souvenoit des maux que cette Princesseavoit causez pendant sa prémiere Régence. Cet habile Ju-risconsulte, qui avoit renoncé à une charge de Conseillerau Parlement de Paris pour fa Religion, auroit mieux faitde répondre sérieusement & modestement à ses Adversai-res (55), que de se servir du Style Macaronique. Voiezce qu’en dit Monsr. Baillet dans l’Article 191 de sesAntì.

( K) il fut bien paié àt stn Brutum fulmen.] Com-mençons notre Commentaire par ces paroles de l’Auteurde fa Vie. His meritis prtmium deberi cum intelligeret Htn-ricus tum Navarre. Rex, ultro codicillos ad tum mifit Senato-rie in Conjiftorio Juo dignitatis : cujus tamen cum fruéium net*tulit, quem beneficus Princeps voluerat : ac opinor in tanttsrerum omnium augustiis faélum, ut ex annut quod debebatur (ísalaria, vix ad eum quiiquam , stcut audio, pervenerit (S°)' # v»ì1 ,eBongars, à qui Nevelet adresse la Vie d’Hotman , a fait u- Mlîo».

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ne réflexion fur ce passage. ” (57) II y a un autre traict-,, Après avoir dit, que le Roi lui avoit, fur le Brutum /«*'„ men, donné un estât de Conseiller d’Esiat, cujus tamen,, fruélum non tulit quem beneficus princeps voluerat sb®r,, Je vous assure, Monsieur, que le Roy n’achepta jamais„ Livre si cher que cestui là : il a esté payé beaucoup P ar„ dessus son prix. On me dira, que je devois dire mon,, advis fur ces traicts de meilleure heure : mais il advien„ souvent, (8c à moy plus que trop souvent) que n° u„ ne nous avisons qu’aprés le coup. J’escris à Mom ieu„ Hottoman ce qu’il me semble du premier ( 59 ) » -I e,, lui touche pas le second, il s’en pourrait offenser» 'S 0 ?'„ rant comment le faict s’est passé ”. Notez que Neveine parle pas là du Brutum fulmen, comme le íupose .gars, mais de l’Ouvrage contre Zampini de succejfione sn ‘patruum or fratris filium.

( L ) Mr. Moreri n a pas fait beaucoup de fautes,] !•. ^

pose faussement qu’Hotman fut sauvé par ses ^ . £ g ar .Bourges, en un autre tems qu’au massacre de la Saint ^thclemi, c’est-à-dire que d’un seul événement il en ^deux. 11. L’année de la mort n est pas bien marqufàloit mettre 1590, 8c non pas 1591. Et III ^, ne c j tan tpas imputer cette méprise à Mr. de Sponde en fe 7^fous l’année 1591. n. 21; car c’est sous ce numéro deprécédente qu’il parle de la mort d’Hotman. Liiaues. ]

(M) A l’âge de vingt-trois ans il fit des Leçons pu “ „ j e

Je le prouve par ces paroles d’Eticnne Pasquier ( “°J’_ en fe„ vous puis dire que l’un des plus grands heurs que J„ avoir recueilly en ma jeunesse, fut qu’un lende ^ Bal-„ l’Astumption nostreDame, l’an 1546, Hotoma„ duin commencerent leur prémieres leétures [ u y

„ aux Efcholes du Décret en ceste ville de ff 3 ™; ■ ;

„ là à sept heures du matin, lisant K tltr f-). tjtre) De

,, Cetuy cy à deux heures de relevee, lis nt ce

„ publicis judiciis : en un grand theatre d Auditeurs.

„ jour mêmes, sous ces deuxDoctes perfonage , J,, mençay d’estudier en Droict -

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