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Tome second. C - I.
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H O T M A N.

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publiées contre lui , & qui flétriroient horriblement fa mémoire si elles étoient véritables (iV);Ln ne pourroit y ajoûter foi, fans croire qu’il est beaucoup plus facile de devenir parfaitementdocte & grand ennemi de la Religion persécutante, que de devenir médiocrement honnête hom-me Te dirai un mot touchant l’Auteur de la Vie de François Hotman (O). L Ouvrage, qui aJ été

(«0 Res-ponf. adCalvin. &Bezam ptoErar, cilcoBalduino,solin 77.

(N) Certaines choses que 'Baudouin avoït publiées .

flétriroient horriblement fa mémoire fi elles étoient véritables .]Baudouin assûre qu’Hotman fut excommunié à Strasbourgpour le crime d'adultere. Argentin*, prefter adulterium ex-communiiarat sodaletn tuum Hottomannum (Petrus Alexan-der) (61 ). Ces paroles font adressées à Théodore de Beze.L’Auteur avoit déjà parlé de ce fait avec plus de circons-tances , & il avoit ajoûté que le même Hotman perdit aussison Canonìcat, & sa charge Académique. Recitata tunequoque nostris fuit causa tui Hotmannì ,nempe propter quod fa-

conférer avec un Ecrit oh Théodore de Beze la réfuta. IIfaut voir par cette Réfutation quel pouvoir être le fonde-ment de Baudouin. J’ai trouvé que son Adversaire n'a-vance rien à la décharge d’Hotman : il se réduit à dire queles reproches d'ignorer 1 a Langue Latine, & d’être Athée,n’embarrasseront point ce Docteur, qui rie daignera pasmême ouvrir la bouche quant au dernier. Magnum. tibi cer-tamen superejje viàet. Nam qu* tibi objecit magnam ìnscitiamarguant , qu* tamen {ut ajunt ) refellere nonpostis. llla veroqu* regeris cujujmodi fient qu*so ì Latine scilicet nescìt ,ut eum

Gallo Concionatore Rétro Alexandre, te quidem propter ami

cinus illic âltqmndo ' 'primum fuisses excommunicatus" abs fuo ofiortuent adLatimm epistoìam feribendam alterius oferam rt-

- ” - • 1 r • . "nti- quirere. Crimen autetn àOeomror,, etft omnium est gmvtjji-

mum ,ille tamen, ut opinor,ne refponso quidem dignum puta-bit. Quid enim hoc aliud efi quam latrare {T})- Ilnya rienlà qui fe raporte aux Accusations que j’ai copiées, 8c qui fa

(62) 7 b idem jfolio 70

(6z) Idem ,ibidem , folio

86 .

( 64 )

titm Baldm'niex non dìjji-tnilì trrorcpeccatunt fuit

tjttod Hat'

tnanni tttiZ,ahsannalançuentis frin cadendis<jnos in tuoludo Gram-tnaticam do-cebat , puerisdefatìgati , &ex eo carcereliberari misè-re cusientis,fr commendA'tione Baldui-ni adaltcfuamjuris proses-Jtontm redireliteris temerecrcdidtrit .Ibidem.

(6; ) Ibidem,

frU* «7.

(66) 11 s\ nAlla a f/ct-delbtrg.

(67) Bal-dnin. Res-pons. altéraad Joann.Calvinum,

P a £* m. 17 6 .

(68) idem tibidem.

(69) Idem,ibìd paç.

1 * 1 , 132 .

(70) Ces pa •rôles fontadrejfées k a

Calvin.

DD C’ejl»» Libelled ° n > j f Perlediwi l'^t ni .

de G u

( François),

'Bemarq. ,

( 72 .) Ce/t' à-dìre , en cetemps - ct ilfaut cher-cher les te-ndues.

quam focictatem siibmurmurante, sed affenttente tamen tuo fiminus parente, at certe avo Guliilmo Farello , f*p'ms illum ju-rifperditum appellante. Addebant cr complura ejufdem generisqu* pervulgata erant per Joannem lnfantium, teflem valdeidoneum, esr cujus non folum opéra, sed or opibtts quandiu 0-pus habuistí, tam libéraliser es abusifs, ut fidem ei detraherevix audeas. Altéra causa suit expofita cur tuus Me Hotman-nus ( cujus causa non est abs te sejunSlaj ut antea Ecclefia, fiecleìnde fihola & suo Canonhatu pulsus ejset : tandemque quidin eo Sturmius ipse graviffime accusaret narratum est, C? per-héla Sturmiana adversus eum terribilis expostulatio, qu* pro-feélo non msdo de iftius flagitiis, sed cr de veftr* conjurationismysteriis narrabat nimis multa (62,). Toutes ces choses a-voient précédé Pan i;6z. Baudouin peu après (63) racontequ’ayant conu Hotman à Paris pour une personne qui aimoitles Sciences, h lui avoit conseillé d’aller voir le lac Leman ;qu’il le reçut à Strasbourg dans fa maison, avec toute sortede bonté, comme un ancien ami, lors qu’Hotman s’y re-tira , après lui avoir demandé ses bons offices pour unechaire de Droit , 8c lui avoir témoigné beaucoup de dé-goût de régenter a Lausanne (64); qu'il s’aperçut bientôtqu n tenoit une vipere dans son sein, puis qu’Hotman mittout en œuvre pour le perdre par des machinations sécré-tés. Voici lune de ses supercheries: aiant fait jouer desinventions frauduleuses, qui engagèrent Duaren à lui adres-ser une Invective contre Baudouin, il la dìílribua par toutek ville, en prenant néanmoins garde que Baudouin ne lefut pas: il fut enfin contraint par Sturmius à Palier trou-ver pour effuier ses reproches, 8c il témoigna un extrêmerepentir de fa conduite. On raporte (63) un fragment dela Lettre que Sturmius lui écrivit , où il l'accuse d avoiremploie plusieurs fourberies pour suplanter Baudouin. Elieslui réussirent : car il obligea Baudouin ’à fe dégoûter deStrasbourg, 8c à chercher un autre poste (66), 8c il luisuccéda. Tout ceci se trouve dans 1 a troisième Réponsede Baudouin à Calvin. II avoit déjà allégué dans la se-conde cette Lettre de Sturmius, 8c il en avoit tiré beau-coup de choses désavantageuses à Hotman. 11 en avoitraporté l’endroit où est contenu le reproche d’un exécrableparjure. Hotman , le jour même qu’il avoit communié ,protesta à Sturmius qu’il prioit Dieu que la Cene qu’il avoitfaite fe changeât en Diable > s’il nioit faussement ce qu’ilnioit (67). Cependant, ajoute Sturmius, il nioit unechose très - véritable. Baudouin raporte cela comme unepreuve, que son Adversaire, qui se mêloit de disputer surl’Eucharistie, n’en faisoit point un grand cas; 8c il se sertde cette occasion, pour lui reprocher qu’on l’avoit exclusde k Cene en Allemagne à cause d’un adultéré. Etìam demysierio Cœn* Homme* disputât, & me cumsua Gdlìca {utvocat) Ecclefia non idem sentire narrat , qui ab ea propterClodianum facinus in Germania excommunìcatus aliam qtta-cunque illi firtaffe patuit menfam occupavit. Vis foire quantifaciat totum istud myfterium tuus Myjlagogus ì Audi Stur-mium (68). Voici un autre Passage de cette seconde Ré-ponse de Baudouin (69). Nonne ille est qui . . . Silefium feesse finxit, cum in Germania negaret se este Gallum ut in au-lam Austriacam irreperet ? Nonne ille est qui cum tuam (70)Ecclestam clam sugeret ef scholam, in qua tamen docuit alf-quot annis Grammaticam, depofita furisconsulti persona, ve-nit in Germaniam tuïs ad Sturmium literis ïnstrticlus qu* Stur-mium fefellerunt ? Nonne ille est cujus {ut nunc dicebam ) vi-tam perfidi*, nequiti*, scelerìs, ev omnium malefìciorum plé-num ipse Sturmius nuper descripfitì ... . Nonne ille est magnusardelìo, qui cum in Germania Principes mirìs modis efi ludifi-catus, hue o 1 Uluc difiurrens, modo in Gallia tumultuatur,mode ad Rheni ripas adversus Regem suum milites cogit ? Non-ne Me est quem Sturmius . ostendit etiam Gallia Principi-

bus plus quam proditorïc mahdicere, cujusque lingua nullumvenefidum magis veneficum este ait cr probat ? Nonne Me estqui juperioribus annis in Germania pinxit five suum five tuumtumultum Ambofianum, v Tigrim (71) peperit, zv ejus generisformulas quotidie concipit novus magister lìbellorum , non ( utjaélabat) supplicum sed famosorum ? Henique nonne est Me te-n ebrìoqui ad metlliqttandoscripfit,r<a’rish]> U TÙvZiy'aótaj{yíj.

Voici pourquoi j’ai fait une distinction entre ce qu’onht dans la 111 Réponse de Baudouin > 8c ce qui se voirdans k n. Théodore de Beze a réfuté 1 a seconde, 8c n’anen dst contre la troisième: ainsi la troisième ne tire pastant a conséquence contre 1 e Jurisconsulte Hotman ; carot ],. ( P eut Présuposer que si Beze lavoir réfutée , il auroitjultine ce Jurisconsulte. II faut donc faire plus d’attentionaU sso Mf S C í ° ; ntenues àans la seconde, parce qu’on les peut

IS S.,

trouvent dans les pages 176, 18b, i8r, i8z, de la se-conde Réponse de Baudouin. Tout ce que Beze a répondupour Hotman concerne la page 17 5 > oh l’on trouve, I, QueFrançois Hotman s’apropria une Epitre Dédicatoire queSturmius avoit composée. II. Qu’il loiioit alors les mê-mes Ouvrages de Duarenus j qu’il avoit fort méprisez au-trefois en écrivant contre Rufus pour Du Moulin. III. Qu’uriélégant Maître de l’Athéisme de Cicéron n’est pas propre àcatéchiser. N osier magister Latinitatis prius quam de meisscrìptìonìbus garriat ,fuarum eblitus respondeat Sturmto ejr aliisà quibus accusatus est quodfuo nomine edìderit epifiolam abs.Sturmto feriptam , eamque infiìtuftonibits fr*fixam tamquamsuam vendiderit Huci Saxoni* . Oportet istius tui patro-

ns incredibilem este, nonjamdicam, impudentìam quia lali-tat, sed neqxitiam, cum quidem posteaquam edito libello desacerdotiìs adversus Rustum pro Molineo, proscidit tllos Rentfi-ciarios commentarios (Duareni) nunc eos fe adorare stngat . . :scilicet religtonem nos docebit elegans magister Ciceronian* «■?£-

r Je suis "bien certain que tous mes Lecteurs conviendront,en comparant ces Passages de Baudouin avec celui deThéodore de Bezé , qu’on ne pouvoir rien faire de plusdésavantageux à Hotman, que de répondre ce que Beze arépondu. Le silence auroit fait infiniment moins de tort.Pour comble d’infortune, il a falu que Théodore de Bezeait publié (75) une Lettre de Sturmius, qui désavoué toutce qu’on voudroit citer de lui comme désavantageux à Cal-vin Le à Théodore de Beze ; mais quant à François Hot-mail , rien de semblable.

Languet, véritable réfugié, parfaitement honnête hom-me, aiant vu les Accusations de Sturmius contre Hotman,fit des réfléxions fort sensées , 8c tout-à-fait dignes dunebonne amc; mais ce fut avec un cruel chagrin de ce queses compatriotes se comportoìent si lâchement en Allema-gne , 8c que des personnes, qui fous prétexte de Religionne cherchoient qua satisfaire leur vanité, faiioient plus detort à la Religion Protestante, que le Roy d’Espagne, 8cque le Pape. II n’ose croire néanmoins qu’Hotman eût pus’oublier assez pour fe porter à de telles infamies. Raportonsses paroles: Hac sunt levia fi conferantur cum turpibus fao-ns nostrorum hominum in Germania, <& quidem eorum quiornanfunt eruditione religionis specie, infinuamnt se in a-mtcittam bonorum yirorum , quììpsts summa bénéficia exhibue-runt. Ut altos omtttam , nuper vidi accusati'onem Sturmïi ad-versus Hottomannum, qu*, fi vera est, mifiret me Sturmiì,& t. t alterius, sed talia sunt, ut mihì videantur vix posteventre m mentem erudito vira. Quidam meeum egerunt , uttpstus accusanoms capta, ad te perfcrïberem, sed a talibus mi-nijterns ego plane abhorreo, cum pr*sertim feiam, te nec vo-luptatem nec uulitatem ex iis percipere poste., zsr ad me nihìlperitneant, mfi forte infami* pars m me redundet, eo quod a.nostris hommibus talia perpetrentur in ipfa Germania. Hac fanetanto dolore me afficiunt, ut nefeiam an ex ulla re majorentunquam fenferim. Video ubique eorum ambitionem, qui pr&-textu religionis sua quarunt, magis obeste ipsius religionis pre-grestut, quam Pontificem Ro. Regem Hispani*, zsr omnes ipÇo-rum ministres. Sed de re odiosit multascrtbo (76) La Let-tre d’où je tire ces paroles est datée de Paris l’onzieme deDécembre 1561. L ne autre de ses Lettres datée de 1 a mêmevrlle re z3 de Janvier x ç6z nous aprend que le Duc de Gui-se, qui etoit aile trouver à Saverne l’Evêque de Stras-ouig (77),avoir intente un procès à François Hotman poures Libelles ditamatoires, 8c que plusieurs personnes soute-noient qu en conséquence de cela il avoit fait ce voiage Lan-guet ne pouvoir croire qu’un motif de si petite coniequenceeut obhgé le Duc de Guise à s’en aller à Saverne ; mais iene doute point quil ne jugeât qu’il étoit honteux à Hotmande fe voir mis en justice comme un faiseur de Libelles.

(O) ste dirai un mot touchant VAuteur de la Vie de Fra»f01S Hotman.} Son nom Latin, Petrus Neveletus Hosihiusigmfie Pierre Nevelet Seigneur d'Osche. On lui donne Xtitre de cette Seigneurie dans les Lettres de Pasquier & ïqualité d Advocat en la Cour de. Parlement de Paris 1a

etoit fils dune sœur de Pierre Pithou, co, Me £> 11une Lettre que cet oncle lui écrivit, 8c cmi a ;. Pal01t P arla fin des Déclamations de Ouintilien dans oueG lm ^', mée àIsec Nicolas Nevelet son fils publia Esope^ 8céditions,cìens Fabulistes, avec des Notes î’an Tiò r t U T “'mier fruit de lès veilles, & il ] e dédia à so n ' e ,g e fut le pre ‘

( 73 ) Bíza;Rcfponf aiBalûum. /«tp, pag. 733Tom. 11Oçcrum^

(7.1) Balduî-nì Refponsialtéra ad J.Calvinum,F'S- 175 .

( 75 ) Beza,Responf. aáBalauin.Ofltr.To7n.lli2 Z 4 .

(76) 1.3»--guet. EpifFLX 1 V Ubr.

H, p*g. r8é,

!»7.

( 77 ) Idem,ìhii. Epist.-LXVtl, pagj*S7.

(7?) V.Ui leVIU Livredes Lettresde Faseuier,paf. 467A» l TvWi