japon.
Sjt
(*) Sur Unin l’EUitiínde I6JJ,
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(b) Journaldes Savansdu 18 de Juil-let I 6 » 9 , pflg.m. ^sz.dansE Exerflit de^Histoirede i’Eglisedujapon,pur Mr,l’AbbédtT.
(c) Lk-mì-
me, pag. 494.
(d) Volez,la Remarque
{B).
fr) Voìezïolì'evin,Biblioth.Select:. Lilr.X, Cap. II,pag. m, 410 .Terni 1,
(1) Joutn.des Savansdu 18 Juillet1689 pag.
43 r Edit. deHollande .
fr) Lù-mi-(í >',$«&• 493 .
JAPON: c’eíl ainsi qu’on nomme un grand pais situé à l’Orient de la Chine, Sc divisé cnplusieurs Iles. On en parle si amplement dans le Dictionaire de Moreri («), qu’il me refte peude choses à observer, je ne veux pas même recueillir toutes les omissions : je me borne à quel-ques Articles de la Théologie de ces Insulaires. ” La Monarchie du Japon eít divilée en deux Es-,, rats, l’Ecclesiastique & le Séculier. Le premier est composé de Bonzes, Scie secondée la No-,, bielle Sc du Peuple. Le nom de Bonzes est commun à tous les Ministres destinez au servicedes Dieux que lesjaponnois adorent. Ils font profession de vivre dans le célibat (A ), Sc....ils ont un Souverain appelle laco ou Xaco, qui a autorité fur tous les autres, qui juge les af-faires de Religion, décide de ce que l'on doit observer touchant le culte des Dieux, Sc de ceque l’on doit croire de leur nature. II élit lesTundes, qui disposent des choses moins importan-tes, Sc qui reprelêntent en quelque forte nos Evêques. (£). Les Japonnois ont de deux
sortes de Dieux. Les premiers font les Démons qu’ils adorent fous plusieurs figures, non parefperance d’en recevoir du bien, mais par l'appréhension d'en recevoir du mal. Les fecons fontles Rois, les Conquerans, Scies Sçavans, qu’ils ont mis au nombre de leurs Dieux. Les prin-cipaux font Amida Sc Xaca (B) . On conte jusques à douze Sectes, ou douze Reli-
gions , dans le Japon ; Sc chacun a la liberté de suivre celle qu’il lui plaist, ce qui ne causepoint de division, par la raison, disent-ils, que les entendemens ne sont pas unis de,parenté,comme les corps. Entre ces Sectes il y en a trois principales. La premiere n’efpere pointd’autre vie que celle-ci, Sc 11 e connoìt point d’autre substance que celle qui frape les sens. . . .La seconde, qui croit Fimmortalité de l’ame Sc une autre vie, est suivie par les plus honnêtesgens , Sc est appellée la Secte des hommes du Dieu tres- haut. La troisième est celle desadorateurs de Xaca (c) ”. Les Bonzes peuvent être comparez à nos Moines (d). Quel-ques Auteurs disent ( e) que la division la plus générais qui se puisse faire des Sectes des Japonoisest de poser que les unes font profession de s’arreter à l’aparence, 8c que les autres cherchent laréalité qui ne frape point les sens, ôt qu’ils appellent la vérité. Ceux qui s’arrêtent à l’aparenceadmettent une autre vie après celle-ci C C ) , pour la récompense éternelle des gens de bien, 6cpour la punition éternelle des méchans. Mais ceux qui cherchent la réalité intérieure 8c insensiblerejettent le paradis & l’enfer, 8c enseignent des choses qui ont beaucoup de raport à l’opinion deSpinoza (D). 11s symbolisent avec les Epicuriens en ce qu’ils ôtent à Dieu le Gouvernement du
Monde j
(A j Les Bonzes font profession de vivre dans le célibat.~\
Mais „ ils ne le gardent pas toûjours fort exactement. Ils„ s’abstiennent de chair & de poisson, se rasent la barbe 8c„ les cheveux, 8c cachent leurs débauchés fous l’apparence„ dune vie austere ( 1 ) Leur plus grand profit est d’en-terrer les morts. Le peuple , persuadé qu en l’autre vie les âmesde leurs parens peuvent tomber en quelque nécessité , n épar-gnent rien pour leur procurer le soulagement que les Bonzes leurpromettent moyennant de greffes aumônes, lis usent encore d’unautre artifice pour s'enrichir. C’ejl d'emprunter de Vargentqu ils promettent aux simples de leur rendre en Vautre vie avecde gros ìnterets, ey en Vempruntant de la forte ils disent entreeux que le terme vaut ïargent ( 2 ). Ceux qui voudroient
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3 >
pour écouter le discours que leur Supérieur leur fait fur quel-que sujet de morale , puis leur donne des points à méditer.Quelquefois il leur représente un homme mourant , ey leur rap-porte les reproches que le corps v l’ame Je font mutuellementen ce dernier moment. La méditation dure une heure. Quandelle est finie , chacun rend compte au Supérieur des pensées quilui font venues dans l’esprit,?? des résolutions qu il a prises (7).
(C) Ceux qui s arrêtent h l’aparence admettent une autrevie après celle-ci .] II paroìt que leur opinion est celle d’Ami-da, & de Xaca, & de Fotoque. Us disent qu’aux quatrepoints cardinaux du monde il y a certains ■ pais dont les habi-tans font dans une plénitude de satisfaction qui les fait jouird’une souveraine félicité ; que Fotoque a fait toutes les Loixfaire un parallèle entre VOrient 8c l'Occident,fe trouveraient du Japon, Sc que ceux qui les observent ne quitteront pascourts quant à í’article de ces dettes paiables en l’autre mon- plutôt cette vie qu'ils iront en ces lieux-là, qu’ils y renaf
2 _ A’rtìllaaiivc mn\ rvkLavxr/a frnmnovlor ™ 2"- T?-c .- 1-- -- - r "
(j) sAuteftrdu. Journaldes Savanscite ct-dejfus& ci'dejfouSt
(aJ Hom.Satira 1Ltbri 1,
F- «9, 70 .
(j) Idem ,Sat. mLtbri 1 , Vers.
ai-
de ; mais d’ailleurs le célibat mal observé, les tromperies ca-chées fous les aparences d’une morale rigide, le profit desenterremens, le secours envoie aux âmes séparées du corps,fourniroient beaucoup de comparaisons. Je fuis persuadéque plusieurs personnes n’ont pu lire les Extraits de Mr.Cousin ( 3 ) fans s’écrier intérieurement, c est tomme cheznous. Ce seroit une chose assez curieuse qu’une Relation del’Occident composée par un Japonois, ou par un Chinois,qui auroit vécu plusieurs années dans les grandes villes del’Europe. On nous rendroit bien le change. Les Miffionai-res qui vont aux Indes en publient des Relations, où ils éta-lent les fausserez 8c les fraudes qu’ils ont observées dans leculte de ces Nations idolâtres. Ils s’en moquent; mais ils
tront, 8c que Fotoque les transformera , & lent donneratrente-deux figures 8c quatre-vingts qualitez, avec lesquel-les ils vivront contens de leur condition, 8c bienjoieux (8).Les femmes ne pourront point être admises en ces pais-là :mais celles qui seront sauvées pour avoir observé les Loixde Fotoque, seront transformées en hommes ; car fans celaelles ne recevraient point la récompense de leur bonnevie , veu qu’elles sont de leur nature immondes 8c exécra-bles (9), discnt-ils. Pour ce qui regarde les transgresserasdes Loix de Fotoque, ils passeront de cette vie en certainslieux infernaux, 8c ils y soufrìront six sortes de peine, dontils ne verront jamais la fin. Voilà quelle est la Doctrine gé-nérale des Sectateurs de l’aparence ; les autres Sectes disent— 1— '— - - -
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la-dessus ce que bon leur semble, mais ceux-cis’accordent
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ont à craindre qu’on ne les fasse souvenir du qui d rides ? mn-
tato nomme de te fabula narratur (4); ou du reproche que dans ce centre d’unité " ;> auumcm
méritent, & des représailles à quoi s’exposent ceux qui mé- rans,& du menu peuple - Ft 0pi î 11 ° n ^ e . st ceile âes igno-
( 6) Journ.des Savansdu 18 Juillet1689 , f ag.
491 .
connoissent leurs défauts, 8c découvrent avec la derniere sa-gacité les vices d’autrui.
Cum tua pervideas ocults mala lippus inunâlis ,
C «r in amìcorum vitïts tam cerms acutum,
Qudm aut aquila, aut ferpens Epidaurtus ? at tibi contraEvenit, inquirant vitia m tua rurstes cy Mi ( y ).
(E) Les principaux font Amida cy Xaca. ] „ Le premier„ est représenté sous diverses figures monstrueuses. Dans„ un de ses Temples qui est à Iedo, il est porté fur un che-„ val à sept testes. Le plus beau de ses Temples est près„ de Meaco, 8c a cinq-cent pieds de long. II y a dedans„ mille Idoles d’or massif. Pour Saca, ou Xaca, les Bon-„ zes en racontent mille impertinences. Ils disent qu’il na-„ quit huit-cent fois en différantes especes, avant que de„ naître d’une femme, 8c que quand il en naquit, il sor-„ rit par les flancs de fa mere , qu’il avoir rongez avec les„ dens. La vérité est que Xaca estoìt un Sofiste qui per-„ ssadoit tout ce qu’il vouloir. Sa mere estant grosse de„ lui songea qu’il lui sortoit un Eléphant blanc par la bou-„ che. C’est pour cela que les Elephans de cette couleur» font en vénération dans les Indes, dans la Chine, dans>' le Tonquin, à Siam , 8c au Pegu. Ils font servis en Vai-felle d or & les gratis Seigneurs vont en foule les visiter,
(7) Journ.des Savansdtt 18 Juìllti1 SS 9 , pag.496 .
que Japoniorum se fia loquatur, ut vult, commuai tamen con-sensu qmcunque extrinsecam rerum faciem sefiantur , in hoc,quod dìxìmus, conveniunt , gy hanc opinionem rudes ty vul-gares hommes ampleflttntur (xo). J’emptunte tout ceci duJésuite Possevin s 11 ), qui ne s’est point cru obligé à réfuterles doctrines de cette Secte ; car puis qu’este fait profession,dit-il, de ne s’attacher qu’aux aparences, ce qu’elle dit n’aréellement aucune solidité, ni aucune vérité, ce n’est toutau plus qu'un fantôme , ou un extérieur de vérité. LesBonzes eux-mêmes avouent manifestement que tout ceSystème de Camus 8c de Fotoque a été bâti, ou plutôt for-gé en faveur des ignorans, 8c des esprits imbecilles: Xam{ut ipfimet Bonzii, qui sua fententu Magiftrì O" Doótores funtaperté fatentur) totam de Cami (y F o t o q_u e disciplinât»propter rudes gy infeios rerum hommes, captu,çy ingénia imbe-cïllos , esse compositam , vel potìus confiSlam, non quod aliquideorum, qua in ipsa docentur verum fit \ xz). Possevin nelaisse pas de réfuter dans son Chapitre V ( 13 ) la Doctrinede cette Secte.
{D) Ceux qui cherchent ía réalité . . . rejettent le paradisgy l’enfer,(y enseignent des choses qui ont beaucoup de raport àl' opinion de Spinoza .] Ils négligent l’extérieur, ils s’apìiauen*
f*ì In eminem éturnitaàt»m viventhuti admo-dum , ftlicit& sua fortecontenti.îofíevm.t*bi infrk •
f s) Eù csiioJLf démina fútnatura detes-tabiUs , exe~cranda &manda .Ideín, ibìá %
o açliquent
uniquement à méditer, ils renvoient au loin toute discipli-ne qui consiste en paroles, ils ne Rattachent qu’à l’exercicequ’ils apellent S o qu x i n S o qu eut, c eft-a-dire le coeur .
.._ _ -, nplirs QU ’à des Rois (6) ". Ils affûtent qu’il n’y a qu’un principe de toutes choses, 8r
„ & leur rendre les marnes honneur M gft cellc des que ce principe se trouve par tout. 8c que le cœur de l'hom-
L'une des trois principales Sectes aes j ^ • des -- ""
(10) Idem,ibidem.
(u) Tiré diTossevin,Eiblicuh.
Select:, jwh Libr. x tCep. II,pag. m, 410,4 U.
(iz) Idem 7
ibtd.pflg.41 r,
(M) Ib id.petg. 419 à*.
fiquint.
, -rois principales Sectes aes japonois eu ceue aes que
. ‘. eurs de Xaxa. lis vivent en Communauté, se lèvent à me Vintéri»,,. j * —
mmutt pour chanter des Hymnes, s assemblent tous les soirs principe, 8c que 'tOus^kTêf^ 23 ' ne âisere
^ wus les Estes retournent
point de ceà ce principecom’