8zs St.JEAN, JEANNE. JENISCHIUS.
Que la maniéré, donc on prétend que St. Jean justifia les caresses qu’il faiíbit à une perdrîs, estfort simple (/)). V. Qu’il y a des gens qui veulent que les noces de Cana où l’eau fut chan-gée en vin , soient les siennes ( E ) j Lc qu’à la vue de ce miracle il ait renoncé au mariage,pour demeurer vierge toute fa vie.
(Q C estdans le Verset5 d u ChapitreIX de û Idux Corin-thiens , ér nonpas nu Chapi-tre XV y com-me cire Mr,Arnaud.
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VlAbbê Fay*dit, Extraitd’un Ser-mon prê-ché le jourdeS. foly-carpe ,pag.37. Il prouveh-mime ypag, Z6,
que la. Sre .Vierge n 9 alla.point avee St •Jean à Ephi-fe 5 il le prou-ve y dis-je yparce que Cel-se qui a tantmédit d?elle yeut glosé furce Voyage ,â nt pourtantil n 9 a pointfait de raille-ries.
Paul 1 .Cor. 15. 5. dit (8) qu ils en avoient le pouvoir zy qu ilsle faisaient : Surquoy Efiius fait cette réflexion tres-judicieufie,zy qui marque les vray s principes fur lesquels on doit juger deces sortes de choses , que M. Mail. devoit avoir feeus > avant qued'entreprendre d'affujettir la Vierge à ses faujjes réglés de bien-séance. „ Si vous demandez , dit ce jçavant Théologien , com-,, ment ies Apoftres fouvoient fans scandale mener avec eux des„ femmes qui n'eftoient point leurs Epouses , je réponds que cette,, coutume eftoit tellement receúe parmi les Juifs, que le Sau-,, veur mesme ria pas trouvé mauvais que cela se fifl envers,, lu y. Auffì cela ne se pratìquoit que par des femmes dont la„ chafteté jointe à la pieté ejtoit .tellement connue zy éprouvée,„ quelle ne laiffoit peint de lieu à aucun mauvais soupçon.,, A quoy on peut ajouster que les Apoflres mendient une vie fl„ édifiante, zy s'étaient acquis une telle réputation de sainteté,,, que, quoy que ces femmes les accompagnassent, nul n'eust osé,, former dieux un mauvais jugement, comme Us Juifs ri ont„ jamais rien soupçonné de cette nature au regard de Jesus-,, Christ, quelque disposez quils fuffent à en dire du mal, es 1„ à le calomnier ”. Rien n est plus raisonnable , c? c est eneffet par-là que ion doit juger qu une chose qui pourrait mal-edi-fier, lors quelle n est point accompagnée de circonstances favora-bles qui oftent tout lieu aux mauvais soupçons ,n a rien que d'é-difiant quand elle est accompagnée de ces circonstances. Or quandest-ce que la confideratioti d'une Sainteté éprouvée fera capablede fermer la bouche à la calomnie , zy d'empêcher mesme qu’ilne s’éleve des soupçons dans les esprits les plus legers , zy les pluspertez à se laiffer prevenir par les moindres apparences ,st la vé-nération qu ont toujours eu les fidellcs pour la Mere de Jesus-Christ , zy pour son plus cher Disciple , n avoit pas eu le pouvoirde faire regarder comme tres-sainte,zy tres-innocente la conduitequils ont tenue en demeurant ensemble , ensuite des ordres quils
en avoient receus du Sauveur mourant fur la Croix .
Mr. Mallet (9) efi le premier zy le seul qui ait eu une affezbaffe idée de la sainteté de la Vierge, zy de l’opinion qu on enavoit dans ïEglise , pour s'imaginer , qu à ïâge de plus de 50ans elle nauroit pu demeurer avec un Apostre Jans que fa répu-tation en souffrit , zy que ce fust un exemple de dangereuse consé-quence, comme estant capable d’autiriser les demeures suspeties,zy défendues par les Canons, des Ecclésiastiques avec des fem-mes. Car il pouffe jusques là ses imaginations outrées contrel’honneur de la Vierge.Mais st les Auteurs de ces Canons avoientesté aujst excessifs dans leurs soupçons que ce Censeur de la Viergezy de Saint Jean , pourquoy auroient-ils excepté de leurs défen-ses de certaines personnes, comme la mere, les soeurs, les nïeces.Est-ce qu ils ont cru que les incestes fuffent absolument impossibles?Non certainement. Mais c est qu estant conduits par l'Esprit deDieu, zy sachant qu en matière de loix generales on doit éviterles txcés , zy demeurer dans une sage modération qui oblige deri avoir point égard à ce qui n arrive presque jamais, ils ont ju-gé d’une part qu il ne faloit que peu de vertu pour n'estre pastenté par la veiie de ces personnes,parce que la pudeur naturellesuffit diordinaire pour étouffer à leur égard les mouvement d’uneaffeâlion impure. Et de iautre que la pente des hommes à jugermal du prochain , ne va pas ordinairement jusqu à lui imputerdes crimes fi noirs fans des preuves bien claires ; de forte quilsri ont pas cru que dans ces rencontres, il y eust lieu ny d appré-hender un mal effeélif, ny d'en craindre les soupçons.
(D) La maniéré, dont . il justifia les careffesquil
f ai soit à une perdris , est fort fimple. ] Un Chasseur parutétonné de voir que ce grand Apôtre, fi vénérable par sonâge & par sa vertu, s’abaissât à un tel amusement. L’Apô-tre lui demanda, s’il tenoit toûjours bandé l’arc qu’il portoit.On répondit que ce seroit le moien de le rendre très-inu-tile. Si vous le relâchez , reprit St. Jean, afin d’éviter cela ,j en use de même à l’égard de mon esprit par une semblableraison. Je ne croi pas que cette Histoire soit fort certainte;mais je ne pense pas que ceux qui n’en ont point ouï par-ler soient fâcher d’aprendre qu’on la raconte. L’Auteur duTraité de luiiera Ditlione l’a insérée dans son Ouvrage. SesPhrases étant nerveuses ne déplairont pas aux habiles gens :il faut donc les en régaler. Nec malus, ut opiner, interpresChrìfti confiliorum zy voluntatum Joannes difcipulus, qui aileves lusus atque obleíîamenta puerorum descendit ipse jam se-
nior , atque excmplo preúvit, quattnus interjungere , zy ex quo-tidiariu occupationibus reficcre ac reertare mentem licet. Hune ,mansuejuêla perdici blande zy suavìter alludentem, quidam cumarcu zy sagittìs Venator ojfendit. Quoi eum sacere cum vehe-menter mïraretur , hominem id ettatis, spetíatum zy cognitumdiuturna virtute: senjit Joannes, zy mterrogavit, an ìllumipsum , quem gereret, arcum haberet semper intentum. Cui ille,Nequaquam vero , inquit : fiaccescat enim areus , zy mollíaturintentione perpétua , inutilisque fiat. Tum Joannes, Tu, mihomo, arcum remittis ac relaxas, ne inufûis fit : ego anìmum ,ne fit inufilis ( 10).
tiT) Des gens .... veulent que les noces de Cana . . - -soient les siennes.'] Le curieux & docte Thomafius me four-nira toute la matière de cette Remarque. Je voudrois avoirla Thèse qu’il fit soutenir ( 11 ) touchant le verre de St.Jean; mais je n’en ai que la Préface (12), où j’aprens unecoutume qui m’étoit inconue ; c’est que dans les bons re-pas on fait vuider aux conviez un verre de vin, que l’onnomme le verre ou la coupe de St. Jean. Ce n’est pas fansquelque mélange de superstition , qui a tiré son origine d’u-ne Légende, où l’on trouve que St. Jean, aiant avalé dupoison par l’ordre d’Aristodeme, n’en sentit aucune incom-modité. Voilà sans doute la raison pourquoi les Peintres lereprésentent tenant une coupe. Passons aux noces de Cana.
Les Légendaires suposcnt, I, Que St. Jean l’Evangélis-te y étoit Je fiancé, & que Marie Magdelaine y étoir lafiancée 113 ). II. Que l’un & l’autre convinrent de nepoint consommer le mariage, mais de s’engager à une per-pétuelle virginité. III. Qu’auíîìtôt que St. Jean eut vu lemiracle de l’eau convertie en vin, il se consacra au servicede Jesifs-Christ, & laissa fa fiancée (14). IV. Que Jesus-Chrilt alla tout exprès à ces noces, afin d’empêcher l’accom-plissement du mariage (15). Une chose les embarrasse,c'eit que la virginité de St. Jean ne sera point parvenue auplus haut degré de la perfection, s’il a eu dessein de sc ma-rier; car la paríàite virginité demande que l’on ait été toû-jours résolu à se contenir. Videbatur ejus ( virginitatis ) lau-dem hac fabula non tollere quidem, labefaSìare t amen, aut ingradum inferiorem detrudere, cum ea dtmum numeris omnibusabsoluta perhïbcatur virginitas , quam perpétua incorruptienisnunquam corrupta méditât 10 pariat (ï6). Pour répondre àcette difficulté, ils disent entre autres choses que la Provi-dence divine a usé de cette dispensation, afin de mettre àun haut prix la virginité de St. Jean, veu que par là elleest devenue tout-à-fait semblable à celle de la Sainte Vier-ge, & qu’elie a été consacrée, aiant été jointe au mariagequi est l’un des sept Sacremens. %uin trgo potìùs ita cogite-mus, decuiffe, ut eodem virginitatis gradu collocaretur Aposto-lus, quo Virgo mater, qm ipji erat à Chrifto morituro commen-danda .? Çjuid, quod ita dtmum confecrari virginitas cenfinda
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est , st cum ceremoniâ matrimoniali conjungaturì Neque enim fievirginitas , sed conjugium est in numéro sacramentorum (17)- JN’oublions pas de dire que Baronius 6 c Molanus rejettentces Traditions des Légendaires. Thomafius raporte leursparoles (18), & dit avec assez de vraisemblable que le Li-vre d’Abdias a été la prémiere source de ces beaux Contes.
Ce faux Abdias assûre que Jesus-Christ détourna trois foisSaint Jean de sc marier. On s’est contenté dans deux Pré-faces fur l’Evangile de cet Apôtre , d’avancer en généralque Jesus-Christ lui avoit ôté la pensée du mariage. Cesdeux Préfaces ( 19 ) font faussement attribuées l’une à St. Jé-rôme , & l’autre à Saint Augustin. Comme il n’y a jamaiseu d’Auteurs plus hardis que ceux qui ont compilé les Viesdes Saints, ils ont voulu être plus décisifs que les Auteursde ces deux Préfaces ; & pour cela ils ont suposé un terns
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& un lieu, c’est-à-dire les noces de Cana, où Jesus-Christ ^ san ctis ’ait dégagé son Disciple du lien conjugal. Thomafius neconteste nullement la virginité de cet Apôtre; elle est sondée fur une assez bonne tradition, testifiée par St. Jérôme »par St. Augustin , par St. Epiphane, &c ; mais Baronius a eutort de citer aussi Saint Ignace, qui ne parle que de SaintJean Baptiste (20).
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(19) Quas conjanûej exhibes quart» pars OLfix in Bìblia erdinarix. %.
pag. ? IL. (;o) Veiez-en la. preuve, apud Tliomasium, ibidem, P f »'
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JEANNE, Reine de Naples. Voiez Naples.
JENISCHIUS (Paul) naquit à Anvers le 17 de Juin iff8, & mourut à Studga^le 18 de Décembre 1Ù47. II étoit savant, & entendoit plusieurs Langues. Son Livre intitu^î thésaurus Anìmarum l’cxposa aune fâcheuse persécution : il fut bani, & son exil dura plus de « ,r1 ^quante ans. II le fuporta fort tranquillement, & il jouît d’une très-bonne santé jusqu’à k “Sniere année de fa vie, mangeant bien & dormant bien (a), & s’occupant à la Musique qu’ 1 * 1voit en perfection, & à l’étude des saintes Lettres, &à la Méchanique. II eut dix-neuf enfans»dont il ne relfoit que quatre lors qu’il mourut. Sa santé fut rudement attaquée la derniere annee de fa vie, 6c il expira dans de três-vives douleurs (A). II a été i néon u aux BibliothécairesPaïs-Bas. r v
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