IGNACE. ILLYRICUS.
IGNACE, Fondateur des Jésuites. Cherchez Loyola.
ILLYRICUS (Matthias Flacius) l’un des plusíkvans Théologiens de h Con-«n- session d’Augsbourg, naquit à Albona dans l’Iítrie (a) le z de Mars ìyzo. II étudia les bellesrn'yúnm ,Lettres à Venise sous Egnatius; & s’étant trouvé dès l'âge de dix-fept ans une forte inclinationuiyiis:*u pour l’étude de la Théologie, il résolut de se faire Moine, parce qu’il n’avoit pas le moien de•t'intym 8'entretenir dans les Univerlitez, & qu’ainsi le seul moien de iâtissaiie son inclination étoic d’étu-
dier dans un Monastère. II communiqua son dessein à un Provincial des Cordeliers parent de famere ; mais ce Provincial, qui scntoit déjà le fagot ( A ), lui conseilla de s’en aller en Allema-gne, &c non pas de s’enfermer dans un Couvent. Fiacius suivit ce conseil, Sc arriva à Bûle l’an39 (B). S’y étant arrêté quelques mois, il passa à Tubinge, d’où il alla à Wittemberg Pan1741, Sc y fut Disciple de Luther Sc de Meîanchthon. II gagnoit sa vie à enseigner le Grec Scl’Hébreu. Aiant communiqué à Pomeranus, Sc puis à Luther, les tentations qui le tourmen-toient fur le péché, fur la colere de Dieu, Sc fur la prédestination, ou fit des Prières publiquespour lui, Sc on lui administra les consolations de l’Ecnture, delbrte que cela se passa. 11 reçutde Meîanchthon mille marques de bonté Sc de libéralité. On lui trouva une femme, Sc on luidonna un emploi public dans TAcadémie l’an 1544 (£). La guerre aiant dissipé les Ecoles dansla Saxe, il s’en alla à Brunswic, Sc s’y aquit beaucoup de réputation par ses Leçons, il alla re-
' ' ' xi r:-u.... 1 CA-r ítr rtpn Íinrpç il «’rmr.Ci ti’nnf.
MatthiasFlacius futsurnommélllyiicus.
Il n* t fi pasvrai , commeM«lchioxAdam «árplusieurs au-tres l’ajjii-rent ì qu*ilfiit nè dansl* Efdavonic*
(d)
Ì1US
Micrac**Syn-tagm. Hist.Eccles. pag.
751 » Jetrompe donc ,yui le faitfrofejfittr kWittembergdès fan* 54 °-
{c) ^4 H
Mns d*
’vril ï$ 49 .Bucholc.w. 564.
(d) Votez, la
Ttemarq. (C).
(e) Tiré deMclchiorAdam, inVitis Gci-
jnanonim
Thcologo-
ium , pag.
47 1 if stq.
(/) Metufeditìonumterrendos ejftPrincipes.Melancht.Epift. CVltypag. 134»
(&) NeynÚ 3 -
yuans reQifecijfe nificum mores c*
( 1 ) Baldusautem ' t fit yUt hoc rv T(L mpíéíp adda-mus , pattlof o fi in fusii-cionetn hart-feos venit íac Venetiisviginti ipfosarmas (ìtumstjualoremyuecarctris , tan-dem in mariJummtrfttsfupplicìamfortiter pertu -lit. Melch.Adam. inVit. Theol.PH- 47*-Votez, aussiVeiheidenj«nEffigiebus,pag. IZ7.
Rt'vi T í'-x 1 o n íur3a Doctrineeje Flaciustouchantla nature duTcché.
fz) In Ef-figiehus ,pag, 157.
(O Addit.
smx Elog.Tom. j,f*l. 47 r.
( 4 ) Can
selonMicrœlius,Syntagm.Ristorar.Eccles.
m.% 27 j828; muhfilon Meicli.
prendre 5 son S prémier"emploi à Wittemberg l’an if47, & FU après sss’oposa d’une grande forceà Y Intérim St à tous les ménagemens que Meîanchthon insinuoit; Sc afin d avoir plus de hbertede déclamer contre le Papisme, fans garder aucunes mesures, il sc retira (*) à Magdebourg, quiétoit alors au ban de l’tmpirc. II y publia divers Ouvrages; mais le plus considérable de íes tra-vaux fut fans doute cette Histoire Ecclésiastique qui fut apellée les Centuries de Magdebourg,dont il eut la principale direction. 11 accepta la charge qui lui fut offerte l’an 15-57 dans Ia nou-velle Académie d’Iene, & y professa cinq ans; après quoi, comme il ne pouvoit s’accorder avecVictorin Strigelius son Collègue (C), il se retira à Ratisbonne, où il continua de publier quân-tité de Livres. On l’apella dans le Brabant avec quelques autres l’an 767, pour y dresser desEglises selon la Confession d’Augsbourg : mais la persécution dissipa toutes ces Eglises bientôtaprès, defortc qu’il s’en alla à Strasbourg, puisa Francfort; où il íèntit une grande décadence defa «loirc; car il te vit abandonné de la plupart de ses partisans, à cause qu’on l’accufoit de M an t- xV/cheisme, sous prétexte qu’il entcignoic que le péché n’étoit pas un accident, mais l’essence mêmede notre ame {d). II mourut a l'rancfort 1 onzième de Mars 157s (<?). C etoit un homme qui 157 s.apniavoit d’excellens dons, l’esprit vaste, beaucoup de savoir, un grand zèle contre le Papisme; mais ^ ààson humeur turbulente, impétueuse, querelleuse , gâtoit toutes ses bonnes qualitez, & causoit Emditor.mille désordres dans l’Eglife Protestante. 11 ne far sor t pas difficulté de déclarer qu’il faloii tenir M * 63-en respect les Princes, par la crainte des séditions (/). On n’eut pas sujet d’avoir regret à samort; car les divisions, toujours scandaleuses de droit, étoient alors plus pernicieuses qu’à l’ordi- rnarre, à cause désavantagés que la Communion de Rome en tiroit, pour insulter la Réformationnaissante. Quelques-uns ont dit que la seule bonne action qu’il eût faite, étoit de mourir (g)
C’est outrer les choses. II publia un très-grand nombre de Livres (h)-, 5 c personne de son tems ncsavoit fouiller avec plus de fruit dans les vieilles Bibliothèques. II en tira une ancienne Messe ( D ),
-, qu’il
distinct de famé qui peche, & la vertu n’est point un êtredistinct de lame vertueuse. Je ne comprens pas commentles Théologiens qui íbpolént une distinction réelle entrelame, & les modifications de lame, osent dire qu'iise fait
Un chanpf^menr Hanc l’hnmmf*. Inrc mi'il m/E. J* j-
Abrégé deGcfner, érTeissier,
Addit. LUXEloges,
Tom. /, p a*.4^2, en don*nent la Ltstt K
r c t Provincial, qui scntoit déjà le fagots 11 mériteune place dans le Martyrologe des Protestans, puis qu’aprèsavoir souffert pendant vingt années les rigueurs de la pri-son à cause qu'on le soupçonnoit d'Hérésie , st fut jettedans la mer. 11 s’apelloit Baldus Lupatmus. Voiez la
st ìrriva à B Me l’an 1539.] D avoit donc dix-neufa ns: V rbeiden (7 se trompe donc, lors quil dit qu IUyn-cus fit le volage de Me à l'âge de dix-fept ans. Mr. Teis-sier ( 7 ') a suivi Verheiden. . ,
Cl ! pouvoit s accorder avec Vitlorm Strigeltus son Col-leLs 115 étoient en différent sur la conyerhon de 1 hom-me it sur les forces du franc arbitre.^ 11 s disputèrent la-deffùs en présence des Ducs de Saxe a Weimar (4). Ilscieiius en p eie rvnémìteï : Strigelius mclmoit du
alloient dans les deux extremne/. ^ c„ nPVO ;st P ccôté de ceux qu’on nommoit AdiaphonstesScSyner e,qui donnoient beaucoup au iranc arbitre, & pretendoientque le péché originel ne faisoit qu effleurer 1 ame (, 5 )■cius au contraire soutenoit que ce péché étoit la lubltance
même de l’ame. La Dispute dura treiie séances : on en - -é " f—, -— que n 1 a- („) d u
nublia les Actes accompagnez d'une Préface de Mufeus qui me étoit réellement distincte de son peche, c elì-a-dire du m, Autî-étoit l’un des Sectateurs de Flacius (6). Nous avons ici peche avec lequel elle serort jointe, elle ne passeroit point de la
un effet visible de l'envie de contredire: c’est une passion a un autre état. Une ame une fois innocente 1 e íeroit toû- chapellequi entraîne ordinairement au delà des bornes les personnes jours. Voiez ce que disent les Nominaux ( 7 ) , contre ceux “ *,«»qui ont l'esprit vif. Flacius, ne se pouvant contenter d’u- qui enseignent que les modes font réellement distincts des P ~
ne médiocre opofition, s’éloigna de son rival le plus qu il íub tances. .
. ■ -• nr ,. r o_ . r -- — -’- 5 ‘—* Ll — (D) Il tira d une Htbliotheque une ancienne Mejses Voici U0>
le Titre de cet Ouvrage, imprimé à Strasbourg chez Chris- uuZ , *. ec * ìtophle Mylius l’an 1557. Mijsa Latina, qm olïm ant, R„ma- requit?nam etrea seftmgentejmum Domtm annum in u[u fuit boita d'^tlí,
fìde ex vetutto authentitnmu C.nAir. rì.sA...... i —r ■ ’
un changement dans l’homme, lors qu’il passe de l’état del’innocence à celui du crime; & de l’état de péché à celuide grâce. Selon ces Théologiens, quand l’homme pecheil se produit une entité distincte de l ame, laquelle entitése joint avec lame, & compose avec elle un tout, qui con-tient deux êtres réellement distincts l’un de l’autre , dontl’un s’apelle substance, & l'autre accident. Je soutiens quecette jonction ne change point l’ame, & que l’ame conti-nue d être précisément ce qu elle étoit avant la jonction.Melez tant qu’il vous plaira des grains de blé avec des grainsd’orge, vous ne ferez pas qu’ils cessent d eue du blé, & danstoutes les mixtions naturelles & artificielles, il est vrai dedire que les composez deviennent capables d’une nouvelleaction; mais chaque partie de ces composez , entant quedistincte de toute autre, retient précisément la même na-ture quelle avoit auparavant. Disons de même que si l’a-me étoit réellement u;<r;v.A P a* - J -
( 7 ) Cafi-mirus, Tho*lofai, mAtomis Pê-ïipateticis ,Tom . 111,249 if,Jequtnt.
(8) Colo-miéi, Bi-bliothèqueChoisie ,í%- ».
lui fut possible', St le voiant soutenir que l’ame n’étoit blés-fée par le péché originel, qu’à legard de ses facilitez acci-dentelles, st prit le parti de soutenir que la substance même
de l’ame étoit corrompue, d’où ij s’ensuivoit que le péché .... .»... »/,» j„u oorta
étoit la substance même de l’ame. Jamais Flacius n’auroit fide ex vetusto authenticoque Codtce descripta à Matthia p la-songé à ce dogme, fi son Collègue n’avoit enseigné le con- cio illyrico. C’est ainsi que Mr. Colomiés le donne (8); gjtraire Mais iì la Dispute, qui s’éleva entre ces deux Pro- peut-être l'a-t-il copié danS l’Ouvrage du Sieur du Peyrat (0).fpsspiirs nous montre ce que peut faire l’esprit de contra- 11 ajoûte bien des curioívtez touchant cette Messe. 11 dit quelel ’. - ■- “ ” ~ les Luthériens la croiant contraire à la creance & à la praei-
diction, & l'àutrpíx îîj; <aCe>.x.vs, elle nous montre aufficombien la Philosophie Péripatéticienne est propre à fo-menter les Divisions des Théologiens; car le dogme d’Il-lyricus n’auroit gendarmé personne, si l’on avoir cru avecles nouveaux Philosophes qu’il n’y a point d’accidens dis-tincts des substances, mais que par exemple la douleur n’estautre chose que l’ame même , entant que modifìee d’unecertaine façon. Cela posé, il est évident que la doctrined’illyricus est très - véritable ; le péché n’est point un être
Adam, in
Vitis Theolog. Geim. 4 ;o , « f ut />„* , 557 . í J) Spondanus, *i o.tm, jjí»,nmn, 32, (í) Viitî. Micralius, Syntajm. Hist. Ecdes pog, », 827, SrS.
_ C7 ,
nue des catholiques, en tnomfúent en toutes rencontres- qu,Z Catholiques de leur côté fans examner ce MMfirt parti-culièrement le défendirent dans leurs Inuices (10), . . . queles Luthériens venant à examiner ce Mtjjel avec plus de fom ,o*votant qu’ii ne leur étoic pas favorable, formèrent tous /«exemplaires qu ils purent trouver,Jt bien qui l est devenu extre-mement rare; €f que les Catholiques fe prévalant de cette ré-traction ont fait réimprimer depuis ce Mtsj'el [11), nonobstantla défense du Pape V? du Roi d:Espagne. Je ne doute pointqu’il ne doive au Sieur du Peyrat tout ce qu’il impute auxLuthériens fut la fuptefflon des Exernpaires ; enquoy je ms
sonnés, Bì-'*bliotheq ueChoisis,
P a go IL.
(*l) Le f trsC* Ceinte V*inféré ah 1 1Tome ds sesxAnnales Ec*
cltsiafiiques *
de Erancty& le Cardi-nal Bona à l.ifin de fes Lf*turgiyues*
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