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Tome second. C - I.
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INNOCENT XI.

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sepreffion d’un Office de la Conception immaculée ; & par celle de plusieurs Indulgences. IIn’y eut en France que les Janséniltes qui fussent édifiez de cela. 11s répandirent ces deux Dé-crets, Lc y joignirent quelques Notes (D). Je ne croi pas que tout le monde ait été contentde la rigueur avec laquelle il défendit d’honorer le nom 8c les ossemens d’Antoine Cala (£). IIa témoigné une roidcur si infléxible dans ses démêlez avec la France, qu'il a convaincu toute laterre que quand il s’agit de se venger (F), les personnes qui se piquent de l’austérité des mœursfont incomparables. On prétend qu’un Pape voluptueux, mais qui auroit pu mieux que lui sa-crifier ses passions particulières aux intérêts politiques, auroit été plus utile à la Catholicité (G).Les François font fort en colere contre lui, 8c l’on dit que cela l’aidera beaucoup pour parve-nir

(r») Il parlecP InnocentXI , qui avaitcondamné laVersion d*Mons.

Voitz. UsNouvellesde la Répu-blique desLettres,

Mois de MaiIí 8 s, p. 495 .

{11) LePereLe Tellier,Observalions fur lanouvelleDéfense dela Versionde Mons,t*t- <rr-

(tí) Voiez.lePore Pape-broch > inRelpons. adExhibitio-nein k rror.pa'. 18, 19.

(13) Deute-ionome,ChapitreXX XII,Vers. 35 -

(14) Valez,la Lifle dep'ufieurs atttres Mécontentemtns de

postérieurs acelui là, élans/«Réponseà la Protes-tation duMarquis deLavartlin,rn 91ér juiv.

(15! Ecritsau Hat def rance Pan

1678 , irPan 1479 .

tains. II y a de l’homme par tout : la réglé de notre condui-te change selon les teins, Sc selon la disposition où nous noustrouvons envers les personnes. Par reconoissance pour unbienfaiteur on épargne les mêmes doctrines, que l’on avoitfoudroiées par ressentiment contre un opresseur.

(D) . . . Ils répandirent . . . deux de ses Décrets, & yjoignirent quelques Notes.] L’un fut donné à Rome le 17 deFévrier 1678, Sc porte que l’on condamne le Livre intitulé,Officio dell’ immacolata concettione délia Sanílijfima Verginenofira Signora ,approvato dal fommo Pontefice Paolo V,il qua-le à chi devotamente lo recitarà concédé indulgenza di centogiornt , corne apparisce nel suo breve dato in Rotna li x. fiugltoM DC XV. in Milano per Trancesco Vigone. L'autre fut don-né à Rome le 17 de Mars 1678, Sc suprime un grand nom-bre d Indulgences. Les Jansénistes firent imprimer en Fran-ce secrètement ces deux Décrets, Sc y joignirent des régléspar lesquelles on en peut conoitre futilité. Elles consistenten un ramas de Passages. 11 ne fera pas inutile de voir ici laréfléxion d’un Jésuite sur l'empressement des Jansénistes àl’égard de ces Décrets, 8c fur îe peu de compte qu’ils tien-nent des Constitutions des Papes contre Jansenius. „ 11 y a., quelques années qu’on mit dans Y Index à Rome un Livret„ Italien imprimé à Milan, dans lequel se trouvoit l’Office„ de l’immaculée Conception de la Mere de Dieu. La de-„ sente ne tomboit pas fur l’Oísice mesme de la Conception,„ qui est connu 8c autorisé dans l’Eglisc il y a long-tcmps,,, 8c qui a encore este approuvé depuis peu par Innocent XI.,, Mais ce Decret regardoit d’autres choses fausses ou te-,, meraires, qui se trouvoient imprimées dans le mesme„ Livre: 8c d’ailleurs c’estoit uniquement pour l’Italie, 8c,, nullement pour le reste du monde, où ce Livret n’avoit„ garde de paroistre. Cependant l’on vit auffi-tost ce De-„ cret-là imprimé en Latin 8c en François par les foins de„ quelques-uns du party , avec une rapsodie de passages,, inutiles , pour en faire un Libelle considérable : on le„ vit, dis je, répandu par toute la France 8c dans les Pays-„ Bas, avec autant d’empressement que si c’eust esté un Ca-„ non de quelque Concile général fur un point capital de la„ Religion ; 8c l’on fçait à quels excés alla le zèle indiscret,, de certains d’entre leurs Directeurs. Voilà jusques où ces„ Meilleurs sçavent porter, quand il leur plaist, la soumis-„ sien aux Ordres de l’Eglise. Ne croiroit-on pas aprés cela„ que le Pape (10) n'avoit qu’à interdire la Version de,, Mons, pour les empecher de la débiter ou de la vanter„ dans le monde? Et n’avoit on pas lieu d’attendre qu’ils ne„ feroient pas moins pour son nouveau Décret en faveur de„ l’Office de la Conception , qu’ils avoient fait pour le pre-„ mier dont je viens de parler? Mais on se seroit bien trom-„ pé de l’esperer : ils ont d’autres principes pour leur com„ duite en ce qui les touche (11) (

(E) Il défendit d'honorer le nom iV les ofiemens £ AntoineCala.] II y avoit long-tems que l’on vénéroit ce personna-ge dans le Roiaume de Naples fur le pied d’un saint Ermite :mais Innocent XI commanda l’an 1680 que tout ce culte futaboli, 8c que les os d’Antoine Cala fussent portez dans le Ci-metière ordinaire pour y être confondus avec les autres, 8cpour n’en être jamais retirez. 11 enjoignit aussi que ses ima-ges , ses habits, 8c toutes les autres reliques fussent ôtéesde tous les lieux consacrez ( iz). Le P. Papebroch justifiepar cet exemple la liberté qu’il a prise dc suprimer quelquesSaints.

( F ) Quand il s’agit de se venger. ] La Cour de Francefous Louis XIV, 8c la Cour de Rome fous Innocent XI,étoient animées du même esprit de fierté, 8c d’infléxibili-té, 8c par là elles ont fourni à toute l’Europe un long spec-tacle d’assaut de réputation à l’égard de cet esprit. C’étoità qui se. vengeroit le plus hautement; mais enfin il a faluque le monde cédât à l’Eglise ; le Pape a fait voir que cen’est pas fans raison qu’il se qualifie Lieutenant de Dieu enterre; de Dieu, dis-je, qui s’est réservé la vengeance, 8cqui a déclaré (izj que c’est à lui quelle apartenoit, 8c qu’illa rendroit. Le Pape , comme Lieutenant du Dieu desvengeances, a soutenu admirablement les droits de ce beauVicariat. Je n adopte point les pensées de ces Esprits sati-riques , qui prétendent que fur le chapitre de la vengeanceles gens du monde font des novices en comparaison desgens d’Eglise ; mais on n’a vu guere de démêlez entre l’E-glife 8c le monde où les Papes n’aient eu enfin le dessus, 8coù l’avantage de se mieux venger ne leur soit enfin de-meuré. Us sont les Vicaires, 8c les Procureurs de Dieuqui s’est réservé la vengeance; c’est tout dire. Si je m’ensouviens bien , la protection qui fut accordée par Inno-cent XI à quelques Evêques de France , persécutez pourn’avoir pas consenti à l’extension de la Régale, fut la pré-miere démarché qui irrita la Cour de France (14), parceque les Brefs d Innocent XI (15) en faveur de ces Evêquesçontenoient des termes bien forts, 8c bien vigoureux.

Quand on vit cette hauteur, on chercha les voies les plusefficaces pout> le chagriner. Le Clergé de France décla-ra ( 16) ses scntimens fur l’Autorité de l’Eglise, 8c formaquatre Propositions là-dessus, qui réduisent le pouvoir duPape à des bornes très-odieulés à la Cour de Rome. Cen’étoit point au fond une nouvelle doctrine: lc Clergé nedécidoit rien qui ne fût conforme aux Maximes de l’EglifeGallicane, 8c que la Sorbonne n’eût enseigné cent 8c centfois. Ainsi l’on auroit pu croire qu’un autre Pape ne s’enseroit pas formalisé, 8c que peut-être Innocent XI dissi-muleroit son chagrin : mais pour le mettre dans la nécessitéd’avouër qu’il avoit reçu un très-grand affront, les Déci-sions du Clergé furent proposées par l’Autorité Roiale,comme une doctrine que personne n’auroit la permissionde combatre , 8c qu’il faudroit faire soutenir à tous ceuxqui voudroient prendre leurs licences en Théologie 8c enDroit Canon , 8c être promus au Doctorat. On étudiatoutes les formalitez qui pouvoient donner le plus d’éclataux Déclarations du Roi fur cette affaire. Ces doctrinesfurent soutenues par le Recteur dc l’Université de Paris >dans une Thèse présidée par l’Archevêque de Paris, 8c danslaquelle le soutenant fut revêtu de toutes les marques de sonRectorat, afin qu’il parût que c’étoit le corps entier de l’Aca-démie, représenté par son chef, qui soutenoit ces Décisions.La Thèse fut affichée à la porte du logis du Nonce, en dé-pit des opositions qu’il témoigna vouloir faire. Le Pape fitéclater son ressentiment contre le Clergé ; il répondit dure-ment à la Lettre qu’il en avoit reçue, 8c ne voulut jamaisaccorder des Bulles à ceux qui assistèrent à l’Assemblée de l’ani68z. II abolit les franchises de l'Ambassadeur de France,tout comme celles des autres, 8c ne voulut jamais recevoirle Marquis de Lavardin qu’on lui envoioit en Ambassa-de ( 17 ). La France fit alors un coup d'éclat. Cet Ambas-sadeur entra dans Rome presque à main armée, 8c aiantpris possession de son quartier de franchise, il le fit gardercomme une ville de guerre (18). Le Pape sans s’étonner sevengea avec un éclat surprenant : il jetta un interdit sur l’E-glise de Saint Louis, parce qu’on y avoit reçu le Marquis deLavardin, 8c il excommunia cet Ambassadeur, 8c s’obstinaà ne le point reconoître.

Les choses en étoient là, lors que Sa Majesté très-Chré-tienne s’étant aperçue que la continuation de ces diférenslui seroit préjudiciable , dépêcha secrettement un homme deconfiance auquel elle avoit donné une Lettre de sa main encreance pour sa Sainteté ( 19). Cet homme devoir décou-vrir au Pape les intentions les plus secrettes du Roi; mais onne voulut ni recevoir fa Lettre, ni lui donner aucune au-dience. Là-dessus le Roi écrivit une Lettre au Cardinal d’E-trée, qui fut communiquée aux Cardinaux. II s’y plaignitde cette conduite du Pape, 8c il marquoit en particulier lcpréjudice que l’Europe 8c l’Eglise pouvoient soufrir, de ceque le Pape avoit dejà fait contre le Cardinal de Furstem-berg. 11 attribuoit à cette partialité les mouvemens qui scformoient contre le Roi Jaques en faveur de la ReligionProtestante, 8cc. Cette Lettre semée dans Rome fut peut-être un nouveau motif qui porta le Pape à favoriser de plusen plus le Prince Clément de Bavière, au préjudice du Car-dinal de Furstemberg. Or par l’exclusion de cette Eminenceil se vengea au centuple de tous les affronts qu’il pouvoitavoir reçus. 11 ôta au Roi de Frarfce l’avantage d’être l’ar-bitre de la paix 8c de la guerre, 8c il l’engagea à être enguerre nécessairement avec presque toute l’Europe. H vùbientôt l’effet de cette conduite, 8c s’il ne vécut pas beau-coup après une si terrible vengeance , il vécut assez P 9 uravoir la joie de voir la France attaquée par tant d’ennemis,que selon les conjectures générales elle devoir succomber, 8cfondre comme un abîme dès la prémiere campagne. Ditesaprès cela que l’Eglife ne remporta pas la victoire fur 1 emonde, dans une longue dispute à qui sauroit mieux se ven-ger. Si Alexandre le Grand avoit été Catholique, il auroiteu bien de la peine en contestant avec le Pape à lui faire direce qu’il arracha de la bouche de la Prêtresse de Delphes »

mon fils vous êtes invincible (zo).

( G ) On prétend qu un Pape voluptueux . .

été plus utile » la Catholicité.] Ceux qui n'aiment pas cePape disent qu’il étoit assez instruit des affaires générales,pour savoir qu’en l’état où elles étoient lors que le Car 'nal de Furstenberg postula l’Electorat dc Cologne , “tenoit qu’à lui de sauver le Roi d’Angleterre, 8c de tonir à la France les moiens d’exécuter tout ce qu’ellc entrprendrait: car avec le secours d’un tel Cardinal qui erecueilli la succession toute entiere de son Predecelle >elle eût engourdi les bras à tous les Princes d Allemagmal intentionnez contre elle. On en avoit fait 1 éprl’an 1684 lors quelle demandoit une treve. Or il esûr que les victoires de cette Couronne eussent ampReligion Catholique, 8c affoibli dune étrange ^ orte te ^ ant e.

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