JODELLE. JOLY.
■que j’ai lu dans la Vie de Théodore de Beze (E). Vous trouverez bien des choies concernantce Poëte dans l’endroit que j’ai cité d’Etienne Pasquier.
le loyer de sa Tragédie k la mode ancienne , k laquelle les tllos v'tdit, & fdmiliàrìter nov'tì , ideo ejusdem crìminis posta-Chresttens mesmes, ey principalement les Poètes recourent par landus erit? Hoc mode oporteret omnes, qui Muretum norunt ,fois, non par creance aucune, mais par allusion permise : cy Dionyfia agitasse , hoc est majorem partem eorum, qui hodiece qut en fit croire quelque chose furent les vers cy folastreries Home, agunt . (suant a invidia Jofephum premerent, fi verumae ces Poètes qui surent mises au jour, cy mesmement les Dy- crimen haberent, qùod illi objtcerent, quum aliorum fatta,
thirambes de Bertrand Berger Poète Dythirambique ob fe li- eaqiit f alfa illi exprobrentùr (19)? La chaleur de la dispute
--u c. justifie dune chose dont on
sent tts vers. . . . Tout cela ne fût qu unt feinte p 1 mafiarade. Peut-être ne fera-t-on pas fâché de voir ici la Kepon-se même que fit Ronsard, 8c que Binet a indiquee sans laporter. La voici 1
Tu dis en vomissant deiïur moy ta malice,
Que s ay sait d’un grand Bouc à Bacchus sacrifice .
Tu ments impudemment : cinquante gens de bienQui efioient au banquet diront qu’ìl n en est rien.
Muses, qui habitez dé Parnasse la crope ,
Tilles de Jupiter, qui allez neuf en trope,
Venez b repoussez par vos belles chansons,
UtnjuYe faite à, vous cy à, vos nourrissons.
Jodelle ayant gaigné par une voix hardieL'honneur que l’homme Grec donne à la Tragédie,
Pour avoir en haussant le bas fiile Bran pois,
Contenté dottement les oreilles des Rois :
La brigade qui lors au ciel levait la teste(Quand le temps permettait une licence honnefìè)
Honorant son esprit gaillard cy bien appris,
Luy fit présent d'un Bouc, des Tragiques le prix.
Jk la nappe estait mise, V lu table garnieSe bordait d'unt saihttè ey dotte compagnie ;
Quand deux ou trois ‘ensemble en riant ont poujjeLe pere du troupeau à Ung poil hérissé :
Il venait k grands pas ay unt la barbe peinte ,
D'un chapelet de fleurs la teste il avoit ceinte,
Le bouquet fur l'oreille, cy bien fier fe sent onDequoy telle jeunesse ainfi U presèntqit ;
Puis il fut rejette pour chose mesprifeeAprés qu il eut servy d'une longue riseè,
Et non sacrifié , comme tu dis menteur ,
De telle saulse bourde impudent inventeur (17)»
( 20 ) VoienlaVIII Tomede L 1 MoisiePratiqued«s Jetuites,Chap» X VIII»
( 21 ) Parisien-s eS tllos ami*co) tuns mî mtaris»
eaqtee falja tUi exprobrentùr unmc«. —— —. (ip) ldem 9
troublait un peu Scaliger: il se justifie dune chose dont on Uid.ne l'accusoit pas ; il se plaint d’être calomnié lors qu’il ne lestpoint, 8c par là il devient lui-même calomniateur (20). ' - -
Quand on dit qu’un homme imite les fautes de ses bonsamis ; on ne prétend pas assûrér qu’il S’est trouyë avec euxen tel ou tel lieu où ils ont commis quelque crime : au con-traire, on fupose. qu’il n’y étoit pas; car s’il y eût été, onl'apelleroit complice & non pas imitateur. Il n’est doncpoint vrai que Scioppìus ait enveloppé Scaliger dáns l’afairede Jodelle (21). 11 ne salait donc pas que Scaliger s’enplaignît, & qu’il alléguât son alibi.
§ («) Lest, dit-on, que jodelle, dans fa Cléopâtre,àvoit remporté tout l’honneur de la Tragédie. Mais com-ment accorder Cela avec le Perroniana, où , au mot Belleau,on voit que le Cardinal du Perron, en fait de Vers, ne met-tait au dessous de Jodelle que le seul Rémi Belleau , qui, aujugement de ce Cardinal, ne faisoit rien qui vaille ? R s m.
Cuit.
[E) Je n oserais ajouter foi k ce que f ai lu dans la Vie deThéodore de Beze. ] J’y ai vu qu’Etienne jodelle, l’un desPoètes de la Pleïade Françoise, fit un Quatrain sur ce quéBeze travaillant à la Traduction des Pseaumes fut attaqué dela peste. Voici ce Quatrain:
Beze fut lors de la peste accueilliQu'il retbuchoit cette harpe immortelle.
Mais pourquoi fut Beze d’elle assailli tBeze assaillait là peste k tous mortelle (£).
( 21 ) Melch.'Adam Tuin-
I7Ì Rou-nd » dam ÍA.eponsequelque
Aínistre,
ag. 9z du j—-vui iw trop regereme
’X Tome de touchant le bouc de Jodelle ; 8c» Ocuvits eé evi ~~ 3 J » 1
Edit', deParis I 604in 12 ,
De quelque parti qu’on soit poutre seschvses,que trop souvent la dupe des bruits Populaires. crurenttres ajoutèrent foi trop légèrement aux bruits q ^
touchant le bouc de Jodelle; & comme Lonsar . ^ ^
gé en persécuteur de robe longue 8c de robe cou_,
écrivoit crmtrf»
Antoine ìa Faïe, qui a fait la Vie de ce Ministre (22 ), donne à Jodelle le surnom de Modilin. Stéphanus Jodellus Mo- Adamrv?*-diltmts , dit-il; non postremus inter foetus Pleiadìs GaíHct, entJn
cyc. On comprend facilement que Modìlmus a pu être mis dMS u ValH .pour Limoiinus, titre qui convenait à Jodelle à cause de sá medeiihéo-Seigneurie (23); mais comme ce Quatrain est attribué à un logiensnonEtienne de Madelin dans pliifieurs Editiotis des Pseaumes,où on le met avec l’Epitaphe de Clehìent Marot composéepar le même de Madelin, je doute qu’il soit de Jodelle; carce n’est pas un Poëte qu’on ait dû nommer Etienne de Ma-delin. Ce n’est pas en de pareilles rencontres que l’on s’avisede ne faire conoître les gens que par un nom d'Anagram-me. J’ai une autre raison plus forte. Beze éroit à Lausan-ne quand là peste le saisit : on le regardoit donc en Francecomme un Apostat. La persécution étoit terrible contre lesRéformez; & rions croirions qu’un Poëte, qui faisoit pro-fession de Catholicisme , auroit composé à la lotíange deThéodore de Beze un Quatrain obligeant, si conforme aiìgoût 8c aú style des Réformateurs ? Ce qti’il y a de certainest que J'opinion d’Antoine la Faïe a été suivie par AndréRivet (24), 8c par Jeremie de Pours (25).
§ (p) II est très-poffible que ce Quatrain ait été composépar Jodelle, dans sa premiere adolescence. 11 professait alorsla Religion Réformée, dans Genève, où même, à proposde cette admirable fécondité qui, jusque dans les impromp-tus t lui est attribuée fous la lettre A. par Du-Verdier-Vau-Prìvás, une nuit entre autres on le vit avoir composé de cet-te maniéré cent Vers Latins, esquels il deschijfroit U Mejse,avec des brocards convenables, dit un Auteur Huguenot dece tems-là. Selon toutes les apparences l.s Poésies de Jfodél-Ie lui étoient mal paiées à Genève, puis que toút à coup onle vit reprendre, 8c la route de Paris, 8c le chemin de cetteMesse qvï’il àvoit tant décriée par des Vers Latins *. Com-
GQ Scalî-in Con-stat.
But-
d °nura,èr fey,
6^ tu penecuteur de robe longue Sc de robe courte, careenyoit contre ceûx de la Religion ; 8c ìl leur courait fus ala tete des milices, ils lui reprochèrent la cérémonie de ccïi° r C l se L°, n le t ? ur , le Plus criminel que l'on y avoit donné.
Ils lobjectèrent furie pied d’un sacrifice Pàien- ils soutinrentque le bouc fut immolé à Un fauk Dieu. C’étóit une calom-111e , maïs U n en étoient pas les inventeurs. Nous allonsentendre Scaliger qui accuse un Prêtre d avoir donné la nais-sance a cette imposture; Sc remarquez bien qu’il a rejettecomme une fable ce prétendu sacrifice. Te ne sai s’il se fon-yenoi que quelques Ministres en avoient accusé Ronsard,
wU e , sai c ble r qU ! 1 "oioit que son Adversaire Scioppìus lemeloit lui Scaliger dans cette scène. Volons ses paroles.
’’ . àd, quod adjicìemus, omtiia portenta amphi-
" îheatrica superat. Parisienses tllos arnicas tuos m } ta Ss 5 ’
„ quos Dionyfia agïtaste, cy kïreum immolasse fama est. Dio-,i nysia agitare, dìcit esse hircum immolare. Hujus emm9 , msimulati sent illi , de quibus nunc agitur. Vespillo-„ nis hhus „ qui nunquam Lutetix fuit, in média Suburra9 > habitans Romaè, unde hoc mendaciutn expiscari potuit,
9 > nui à quibus reliqua portenta didicit ? Quos pûtatDsony-a» fia agitasse, vel hircum immolasse, ut illi perfoaserunt qui
» verum dìcere , etiam si velint, non possmt , u àr, necrice ují ucs »uj u«u.« • --
,, Petrus Ronsardus , M. Anton. Muretus, Janus Òaíftus, Me st la Religion P ómaine n’étoit en rien devenue„ Remigius Bellaqueus, Stéphanus Jodellus, Nicol. Denrfot- ■ me , au rest e > ou/lodel'e avoir jugé à propos á’y ren-" ws. Joan. Auratus, alii, omnes Poëtx, praéter Patole- meilleure, depuis que jodelle a von juge a y p ^
” wm, qui se historiìs conscribendis omne studium seum9» collocarat. Quos tam falsom est adeo ëxecrandum, ne-9» fandum, impium facintts fecisse, qiíam éertum est, im-’• Pqne illis futurum non fuisse, fiquidem tam Christianxa> pietatis, quam existimationis sex obliti, tàm détestabileá> seelus in fe admifìssent. Si illi docti viri viveretït ; sûr nona» inultum tulisset. P orra tam impudentis calumnix auctora. fuit sacrificulus Gentiliaci vici, in quo illi doctiffimi viri» de constituto coierant, ut de symbolis estent. Totumâ, drama exponerem, si opus effet, ut Josephus me dociíit,
>> qui illud ad unguem tenet (18) Tout Va bien jus-ques-là ; je voudrais que ce qui fuit fût aUffi juste. Sed po-namus verum esse. Sjuid hec ad Josephum,qui tune puer Bur-digalec primis rudimentis Latìni sermonis initiabatur? An quiasexto post , septìmo , cy ottava anno omnèS ; p Y nier Jodellum,
meilleure, depuis que Jodelle avoit jugé à propos d’y rentter, de là pourrait bien venir que les Huguenots qu’il avoitquittez le traitèrent d 'Impie 8c même d’ Athée ; à quoi auísiHe contribuèrent pas peu trente Sonnets qu”il fit immédiate-ment après la S. Barfhelémi, pour rejétter fur les Ministresla cause deS supplices, des guerres & des massacres qu’onavoit vus en France depuis 8c à l'occafion de la Réforma-tion. On dit, continue le même Auteur , que pour ces Son-nets jodelle eut bonne somme d'Ecus, qu’il auroit donc dissi-pez en moins d’un an, s’il est vrai, comme on le prétend,qu’au mois de Juillet suivant il soit mort de faim 8c de misè-re, A l’égard de Madelin 011 Modilin , peut-être Jodelleanagrammatisa-t-il ainsi lui-même le nom de sa Seigneurie,'ou suivant l’usage du tems, ou pour ne point paraître visi-blement l’Auteur d’un Quatrain où la Religion Rómamëétoit maltraitée 8c Beze loué, R s m. C k i t.
GL U éHii
otigneur duLjmadm.
i 2 f) It écri-vit i voe-tius
t'eiine J 0 ,
Eui u Vtr-des
Rftaumes,
ér lui com-tmmiijua w '.
truiu Voet.
E'spntat.
Tcm. y ;
P*g. 137 .
Lí) Auti-Vf t- U * UVivinc Mé.iodie , par.$$61 ìlrnpor*
& U donne à£iicancJodeiJeÁíodelía.
* Mémoiresde l y Efî*t deFrance &c.Tom t l f l7 ìtonrní.
JOLY (Claude) Chantre Sc Chanoine de l’Eglise de NTotre Dame de Pari*, & Officialde l’Archevêque, avoit beaucoup démérité & (férudition. Il f»r pourvu d’un Canonícat en i6;t,sor la résignation de Mr. Loisel son oncle maternel, & Conseiller au Parlement de Paris. Il sucmené à Munster par le Duc de Longueville Plénipotentiaire de France pour la Paix générale dél’Europe, ôcl’affista fidèlement de ses avis, & de ses Conseils. Il fi t un V oiage à Rome pendantJes troubles de Paris. II sot chargé de l’Officialité la premiere fois par le Cardinal de Rets après1 * rn^.r âe Jean François de Gondi Archevêque de Paris, & en fuite par le Chapitre pendant lall - Lppppi insoaoce
k mort
TOME lì.