J O N A S.
(ít) On écritcttitn 1700,
(4) Celui deMoreri, &U Dictio-naire de laBible faitpar Monpf •Simon,Prêtre.
(b) SalomonJarchi, apudMartinumLipenium inJonaePeriplothalaffio,foLo B verse JEdit. 1678in 4.
fc) Vt eximprégnatio-ns & alvìtumore inan-
(t) Marti-nas Lipe-rrius, in Jo-HL Pcriplothalaffio,folio B r.
fr) Theo-phylaft. inJonam,
Cap, IL
(|) Votez, laXLIX Let-tre de St.Augustin,au commen -tement »
(4) Non in-convénients?arbitrer eumquem videomihi rtfcribe-re neluìjftyni-hil fibi k meferibi vo/ttis-fe. August.Epist.XLIX,pag. m. I$5.
(s) Lipe-nius j'e trom-pe donc 9quand il ditin Péri pi othalaffioJona:, folio*.4 z verso,que St. Au-gustin dis-pute là forte-ment contrePorphyre.
(6) August.'Epist.XLIX,pag . 207.
( 7 ) Si fidtsChriflianorumaachinnumtnetueret pa-ganorum.-Augustin.ibidcm,pag %207, 20S.
(S) Ni fi fortefacilita pu-tat mortuumde sefulcroresuscitari ,quam vivumin tam vafioventre belluapotnijse fer -vari. Idem,
ibidem ,
pag. r.,.
8sL
vacance du siégé, & enfin par l’Archevêque d’aujourd’hui (a). II mourtst à Paris le if de Jan-vier 1700, âgé de quatre-vingt-treize ans ( 5 ). II cut dans fa grande vieillesse beaucoup de santé,& toutes les facultez de l’ame en très-bon état.
JONAS, l’un des Prophètes du Peuple Juif. Comme on peut trouver dans deux autresDictionaircs (a) la plupart des choses qui le regardent, je ne m’arrêterai qu’à un petit nombre departicularités II y a cu des Rabins(Z') assez rêveurs pour oser dire, qu’aiantété d’abord engloutipar un poisson mâle, il fut vomi ensuite dans le corps d’un poisson femelle. Ne se sentant paspressé dans la prétniere prison, disent-ils, il n’eut point recours à l’invocation de Dieu, ce qui fitque le poisson mâle reçut ordre de s’en décharger dans l’estomach d’un poisson semelle qui étoitpleine (c). II se sentit alors réduit à l’étroit, & prononça le beau Cantique qui nous reste (d),& qui apaise Tire du Ciel. Ceux qui réfutent ce Conte, par la raison qu’une baleine qui eût étépleine n’aeroit pas pressé Jonas, à moins qù’il n’eût été situé dans fa matrice, font une mauvaiseObjection (^). On a vu ailleurs ( e) que les Poètes du Paganisme ont débité de leur Herculeun événement qui a quelque ressemblance avec celui-là. Ilsavoient volé ce seit de l’Histoire sain-te , & l’avoient falsifié selon leur caprice. C’est du moins Popinion commune de nos Au-teurs (/). Les anciens Peres trouvoient étrange que les Païens rejettafsent cette Histoire deJonas ( B ), après avoir adopté la fable d’Hercule. Ceux qui ont dit que ce Prophète sortit
( A ) Ceux qui disent . . qu une baleine '. I pleine n'au-roit pas preffé Jonas, à moins-quil n eût été fituê dans fa ma-trice , font une mauvaise Objeâlion. ] Nous allons entendreun homme qui croît tenir par la gorge le Rabin Jarchi enlui demandant, Nunquid arbitraberis in uterum quoque im-praegnatse balaenas immissum esse Prophetam , ut ex fœtuspifeini multitudine coangustaretur ? In stomachum ceti credodescendisse Jonam non in matricem ejusdem. Quomodo ita-que Jona in ventriculo latents plus angustiarum ex uteri intu-mefeentia poterat furgere ( i ) ? Ces questions gâtent la bonnecause de Lipenius, 8c donnent lieu aux Rabins de se rele-ver du ridicule à quoi on les vouloir exposer : ils le tour-neraient en ridicule à leur tour s’ils lui demandoicr.t, com-ment il a pu se faire qu’il ignorât une chose qui est connuede tout le monde, c’est que la dilatation de 1 ’utérus presse8e serre les boiaux & le ventricule, 8c retarde quelquefoisnotablement la respiration.
(B) Les anciens Peres trouvoient étrange que les Païens re-jettajfent cette Histoire de Jonas, âpres avoir adopté la fabled'Hercule. ] Voici un beau Passage de Theophylacte. De-voratur ergo à ceto Jonas , trcfque dies ac totidem r. o cl s s in eopermanet vates : qu a res omnem excedere stdem audientibus vi-des ur, maxime iis qui ex Gr&corum fcholis fapienteque doétri-na, ad hanc hifloriam accedunt. Quos equidem non fatis de-mirari pojfum qui fiat quod hac non intelligant, cum fuis ipfo-rum alis capìantur. Apud ipfos enim nonnihil taie de Herculenarratur : nempe quod CA ipfe à bal ma devoratus, incolumisremanferit, nist quod tantummodo depilatus redierit, idque obingenitum KA internum bellua calorem. Aut igitur nostra fus-ctpïant , aut sua résidant ( 2 ). Je ne doute point que Theo-phylacte n’eût trouvé parmi les Grecs beaucoup de gens quide bon cœur l’eussent pris au mot. Nous acceptons le mar-ché, eussent répondu les Philosophes 8e les Savans de la Gre-ce : vous voulez que nous rejettions l’Histoire d’Hercule,ou que nous adoptions celle de Jonas ; nous les rejettonstoutes deux. Mais comme une infinité de Païens eussentcondamné cette alternative, 8c soutenu qu’en croiant ce queles Poëtes avoient dit d’Hercule , ils ne perdoient pas le- droit de se moquer de ce que les Juifs disoient de Jonas,il est sûr que la pensée de Theophylacte est très-solide, 8e. qu elle fait voir admirablement le ridicule des Préjugez desPaïens. Passons à St. Augustin. II aimoit beaucoup unPaïen (z), & il lui avoir écrit plusieurs Lettre*, dont quel-ques-unes étoient demeurées fans réponse. Ce silence luifit juger qu’on ne vouloir plus de ce commerce (4). C’estpourquoi voulant répondre à quelques difficultez que cePaïen avoir proposées au Prêtre Deogratias, il écrivit di-rectement à ce Prêtre. On volt par cette réponse que lesPaïens se moquoient beaucoup de l’Histoire de Jonas. Pos-trema quastio propostta est de Jona nec ipfa quasi ex Porphy-rio ( 5 ), fed tanquam ex irristone paganorum ( 6 ). La ma-niéré dont St. Augustin réfuta cette Objection de son Amiest d’un très-bon tour. Ou il faut nier, dit-il, tous les mi-racles de Dieu, ou reconoître qu’on n’a nul sujet de rejet-ter celui-ci. Croirions-nous la Résurrection de Jesus-Christ,fi nous redoutions les railleries des infidèles (7) ? Et puisque notre Ami n’a point proposé de doutes fur cc que nousadmettons la Résurrection de Lazare 8c celle de Jesus-Christ,je m’étonne extrêmement qu’il tienne pour incroiable l’A-vanture de Jonas. Est-il plus aisé de faire sortir du tom-beau un homme mort, que de conserver un homme envie dans le ventre d’un si grand poisson (8)? Dira-t-onque la faculté concoctrice de l’estomach ne peut pas êtrearrêtée? Mais on nous ferait une Objection plus considé-rable, fi l’on alléguois les trois hommes qui ne reçurent au-cun mal dans la fournaise de Babylone. Si l’on veut rejet-ât auffi cette suspension de l’activité du feu , 8c tous lesautres miracles de l’Ecriture, il nous faudra recourir à uneautre Réfutation ; car les infidèles ne doivent pas formerdes doutes fur un fait particulier, il faut ou qu’ils y renon-cent, ou qu en général ils rejettent tous les faits de mêmenature plus incroiable* encore. Ils ne feraient pas fidélicats a ! égard d un Apulée, 8c d’un Apollonius de Tya-ne : sis ne bouronneroient pas : ils prôneraient au contraireavec jks airs d insolence leurs triomphes, si ce que nous
disons de Jonas étoit imputé à la puissance de l’un de cesdeux Païens. Je ne traduis pas exactement, je ne fais quedonner une notion générale des raisons de St. Augustin;mais pour ne rien dérober à ceux qui savent la Langue La-tine , je donne ici la principale partie de l’Original. SeAhabent révéra, quod non credant in àivino miraculo, vapo-rem ventru , quo cibi madefeunt , potuijfc ita temperari , ut vi*tam hominis confervaret ! Quanta incredibilius ergo proponerenttres illos viros, ab impio Rege in caminum mistos , déambulas-se in medio ignìs tlUfosí Quapropter fi nulla isti divina mira-cula volunt credtre, aliá difputatione refellendi funt. Nequttnim debent unum aliquod tanquam incredibile propontre , &in quaftionem vocare; fed omnia, qus. vel talia, vel etiammirabiliora narrantur. Et tamen fi hoc, quod de Jona fertp-tumeft, Apulejus Madaurenfis , vel Apollonius Tyaneus fecis-fe diceretur, quorum multa mira, nullofideli auílore > jach-tant ; [quamvu çr damones nonnulla faciant angelis fanéiis fi-milia, non veritate; fed fpecie : non fapientiâ; fed plane fal-laciâ : ] tamen fi de ifiis, ut dixi , quo s magos vel philofophoslaudabiliter nommant, taie aliquid narrarttur, non jam inbuccis crcparei risus ; fed typhus ( 9 ). Cette maniéré de con-fondre les Païens paraîtra peut-être plus solide à bien desgens, que celle dont St. Augustin s’est servi dans un autreLivre, où après avoir dit que ceux-là même qui se mo-quoient de l’Histoire de Jonas, ne doutoient point de l’A-vanture d’Arion, il se propose cette dificulré, l’Avanture deJonas est plus incroiable. Sans doute, répond-il; mais c’està cause qu’elle est plus miraculeuse : or elle est plus mira-culeuse, parce quelle fait voir une plus grande puissance-Verum Muet nostrum de Jona incredibilius est : plane incredi-bilius, quia mirabilius, cr mirabilius, quia potentius ( io)>Ce font des pointes d’esprit, dira-t-on, & de jolies pensées »mais non pas de bonnes raisons: car il résulterait de là queplus une chose parait impossible', plus est elle digne decroiance. La fable d’Arion aprenoit, qu’afin de sauver làvie il avoir été contraint de se jetter hors du vaisseau où »repassoit d’Italie en Grece, & qu’il se laissa tomber sur unDauphin qui le porta au rivage. Je dis ceci, non pas enfaveur de ceux qui n'en ont jamais entendu parler, car «n’y a guere de telles gens, mais en faveur de mille & nnlj epersonnes qui ne s’en souviennent plus, & qui feraient lâ-chées de ne voir pas tout-d’un-coup la diférence qu’il^ fa entre l’Avanture d’Arion , & l’Avanture du ProphèteJonas.
Réfléchissons un peu fur la conduite inégale que St. Au*gustin reproche aux Païens. II faut reconoître là l’un deeffets les plus ridicules de la prévention. Les directeurs uela Religion Païenne avoient repu dune infinité de faj? le ®l’esprit du peuple pendant plusieurs siécles, Sc ils n’euflenpu soufrir qu’on examinât si elles étoient possibles, ou qu °les traitât d’incroiables. Mais quand on leur propowmiracles des Chrétiens, ils firent les Philosophes, i‘ s a . sguérent des impossibilitez, ils se retranchèrent dans t°us,raisonnemens qu’on peut oposer au cours d’une sote a ^lité, Sc ils se moquèrent fièrement de ceux quiQuelle disparate! quels travers! quelle inégalité! st | eSbizarrerie ! Les Communions Chrétiennes font P a I? Itre j’Ë-unes contre les autres une partie de cet esprit. *y e ftireglise Greque se vante de quelque prodige capable devoir que le Schisme de Nestorius déplaît à Dieu; l« storiens se barricadent de toutes parts, 8e sarment de ^tes pieces pour repousser cette attaque. Mais st uaI ?,g ff ]jseprodiges qui font propres ;à convaincre d’injustice * £ j] 3Greque, ils les croient aveuglément 8c fans examen,trouvent fort étrange que leurs Adversaires fassent la- ^les dificiles. Tout le monde fait la facilité avec laqu .Catholiques Romains se laissent persuader un no ^ ç onteSde miracles. Us croient pieusement mssie « comme de*qui se debitent tous les jours, Sc ils regara seécieU'
chicanes d’Héretiqucs obstinez les. s q] s aprenent
ses de ceux qui s inscrivent en ^ ils f e
que le Parti Protestant fait courir qu st » S j e3
revêtent d’un tout autre esprit. ^ défendent. * Is
lieux communs par lesquels les incré. ^ ■ reproch ent
nient le fait, ils querellent Jes témoins> ils leu P
(b) Tiré i*MercureHíft. inrfeFw.i7°0)pag. roj.
gufits Sli-rem Dúrtdi'ginfIdem, ibid*
(d) n 4 *
1 1 Cbepitredu Livrt deJonas.
( e ) Denis*Rtmvl
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