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Tome second. C - I.
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J U N I U Si

88;

(23) Elleest ecrite à anEvêque, ptg.460.

(14) Voier.ce qu* Mr.Crenius,Animadv.Phi!. 8cHiltot. ParuJ,pnx.3i,

«S r fcq. , ci 11de Giono-vius, &c.

(25) Horat.Sat. IIILtbri I, 6).

(26) Atlien,Bacav. çag.5 >Z-

{27) Theatr,p»g. 1270.

On avoit jette les yeux fur lui pour une Chaire de Professeur à Lei âe(I) t où l’Université tie fat-foie quasi que dc naître lors qu’il mourut. Jc n’ai pas cu encore le tems de bien avérer s’íl fe fie

enfin de la Religion (K ).

11 paroit par une de ses Lettres (h) qu’íl fe mit fort en colere quand iî aprit qu’un de ses Dis-ciples l’avoit accusé décommander à ses Pensionaires de n’aller pas à l’Eglise. II proteste au con-traire qu’il les contraignoit d’y aller les jours de fête, car il condamnoi: à des amendes assez fortesceux qui négligeroient d’y aller. On volt ailleurs (i) qu’il íè plaint de fa miscre , 6c qu’étantchargé de dettes, & obligé de s’équipper, il n’a dans fa bourse ni denier ni maille.

de ses Lettres (23), qu’il n’auroit pas cru faire un grandcrime, s’il avoit bien bu fans s’enivrer.

Quand je dis que son Nomenclator est en son genre un Li-vre excellent, je ne prétens pas nier que l’on n'y trouve desfautes, 8 c même des fautes groflieres (14); je prétens feu-lement dire que les bonnes choses y font parvenues à un dé-gré fort au dessus du commun. Or dans les Ouvrages decette nature , où il est impossible de ne pas broncher, laperfection 11e demande pas que l'on soit exempt de toute ta-che. 11 en va comme de l’homme: le plus parfait est celuiqui a le moins de défauts. Vitiis mémo fine nafcìtur , oftimusille eft qui minimis urgetur' (15).

(/) Qn avoit jette les yeux fur lut four me Chaire de Pro-fesseur À Leide .1 Cest Meursius qui me l’apxend; Sub mor-tts tems us , dit-il ( 16 ), Académie nascenti inter frimas Pro-fessons destinatus, Jed inter if fa initia morte abreftus imhoaremunus non fotuit. Freherus {17 ) , copiant cela fans ajouterde quelle Académie il s’agit, jette ses Lecteurs dans les té-nèbres , ou dans l’illuíion; il ne tient pas à lui que comme ilvient de parler de Middelbourg, on ne s’imagine que c’est làqu’une Académie vient de naître. Je remarquerai à cetteoccasion que rien ne cause plus d’obscuritez dans les Livres,que de ne pas prendre la peine d’ajoûter les Suplémens à ceque l'on a copié d’un autre. Mille choses font claires dansl’Oríginal, qui ne sont qu’un galimatias impénétrable, iì onles transporte toutes nues dans un autre lieu.

(X) Je ri ai f oint eu le tems de bien avérer s il fe fit de laReligion. ] Ce qui me tient en suspens est une Lettre (28)qu’ù écrivit à l’Evêque de Haerlem en r 573 , pour lui rendrecompte des efforts qu’il avoit faits, asin d’empêcher que lamaiíon de ce Prélat ne fût pillée; II lui aprend qu’il conservace dépôt autant qu’il put, 8c qu’il ne l’abandonna aux pillardsque par une force majeure ; s’étant vu menacé dune mortprochaine, le pistolet à la gorge. II ajoûte que l’impunité deces attentats l’obligea à demander la liberté de fe retirer horsde la ville, ce qu’tl obtint. II est sûr qu’il fe plaignit aux Ma-gistrats, 8c cela bien vertement, de la violence qui lui avoitété faite (29), 8c qu’il leur dit que les Espagnols commet-troient à peine les mêmes excès, s’il croient les maîtres de laville. Ce qu’il y a que je n’entens gueres, c’est qu’il dit à sonPrélat que pour conserver sa maison,il avoit falu en faire sor-tir les François qui profanoient tout avec une cruelle rage,e*-cludendo barbaram çr crudelem Gallorum omnia frofanantiumrabietn («). Je ne regarde pas comme une preuve convain-cante ,!' Index Librorum frohibitorum çr exfurgandorum (30)2où il est traité de Calviniste 8c d’Auteur damnais, memoris.

§ (») Apparemment quelques restes de la défaite de césTroupes Huguenottes qui, en r571, avoient suivi Genlisdans les Pais-Bas. (*) Ce n’étoit plus ces mêmes SoldatsRéformez qui, dans la premiere Guerre civile, avoient pa-ru si ennemis des vices 8c de toutes sortes de violences,R E M. C R I T,

(i)Éplft;

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( i ) ìbident afag, 14-.Voícz. aujjí

254.

497 .

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47<5 Edititrtì1667 m

folie .

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ï>ujon,ér«ofipas Jonghc,comme le fa -pose Mr. Mo*ieri.

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dia & eytitli

... Lude-vici X l í,miníflravtt.FrancisaisJunius, inVira sua,

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Opcr. pag.fspcol. r.

(z) Bine ab*vo fotennrshitr&rnm^tteu Dionyjtejilio mittilat t& /«//d in-jcriptìo ,

Dionyfio

dilccto filiomislb adfìudcudum ,P™ f

alìt vulgetnfcriiiuntfludenti.

ìd:/n, tbtd.

( 3 ) Tiré del* Vie deJunius.

(4 ) Idem ,tbid. coi. 2,

(s)íi* Fran-cifcstnorhfaarte , pl e -bis imprudtn'-tia odioejuemaximo prcs~fus est (u'jveligionìs fpe*tie ìr LuthsYaniÇmi .,,

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£a pairem à 'fe vi/urn ,*fuuM difbus,vetitts carnes

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tefììmtnto di -t ébat falfe ,*t matremfaste audivi

cenfirman-

Idem,

2bi<á.

, u cn Théologie (£) à Leide naquit à Bourges le I

dc Mai lyqy. ba Famille ctoit noble (a! fi , bon perc, qui étoìt un homme de robe, le trouvacxpoiC a bien des peifccuuous, pour avoir ete soupçonné de Luthéranisme ( £ ). ]] exposa fa

(^<) Sa Tamille’êtoit noble.] Guillaume dujon son " ... - femme

aieul, Seigneur de la Boffiirdiniere proche d’Issoudun, futannobli pour les bons services qu’il avoit rendus dans l’expé-dition de Navarre,lors qu’on tâcha de rétablir Jean d’Albret,dépouillé injustement de son Roiaume par Ferdinand d’Ara-gon. II avoit auffi servi chez le Roi ( i ). II laissa rrois fils,dont le dernier nommé Denys étudia en Jurisprudence,

& prit ses licences à Toulouse. II fit fort mal ses études ( 2 ) ;car comme il avoit beaucoup de cœur, il étoìt toujours mêlédans les querelles des Ecoliers. En un mot, ce fut uh grandDuelliste. II obtint la charge de Conseiller du Roi à Bour-ges, en récompense d’une action hardie qu’il avoit faite. Onla verra dans la Remarque suivante. II eut neuf enfans, dontnotre François Junius fut l’un (3).

(B) Son Pore ... fie trouva exfosé à bien des ferfiécutions ,four avoir été soupçonné de Luthéranisme.] Le Gardien desCordeliers d’Issoudun prêcha íì effrontément contre Margue-rite Reine de Navarre, Duchesse de Berri, & sœur dc Fran-çois I, qu’il osa dire qu’à cause quelle étoìt Luthérienne,elle mérìtoit qu’on l’envelopât dans un sac, & qu’on la jettâtdans l’eau. Les Magistrats du lieu Vexhortèrent à ne pasperdre ainsi le respect qui étoit dû à cette Princesse 1 mais il

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LU 1C. ìy —- -----

fe moqua de leur avis, & continua de prêcher fur ce ton-làOn fit informer contre lui > 8c l’on envoia au Roi les infor-mations. Le Roi résolu de le punir du même suplìce dontil avoit jugé digne la Princesse, ordonna qu’on lui amenâtce Moine. La "Reine de Navarre, intercédant pour le cou-pable , obtint que la peine seroit modérée. La difficulté étoitde se saisir du personnage; car il avoit la populace dans fesintérêts, desorte que les Magistrats d’Iflòudun n’osoient en-treprendre d’exécuter Tordre de fa Majesté. Denys du Jon,qui revenoit des Ecoles où il s’étoit tant batu, déclara que sile Roi lui adressoit la commission de prendre le Moine, ill’exécuteroit ponctuellement. Cette commission lui aiatit étéexpédiée, il se mit à la tête des Archers, & malgré les opo-sirions de la populace, il tira du cloître le Prédicateur, qitifut envolé aux galères pour deux ans. Du Jon à la vérité femit par là dans les bonnes grâces de François I 8c dc la Du-chesse de Berri ; mais il encourut la haine du Peuple & celledes Cordeliers, 8c s’attira une persécution de calomnies, 8cde menaces, 8c de procès, laquelle aboutit enfin au cruelmassacre qui fut commis cn fa personne. Hsc frima fuitaHio , qut. in gratiam Régis , fororisque Regms infinuavìt fa-trem fed afud illam ïnconfultam f lebecitlam u 1 Prancifcano-rum ordinem edia ferfetua conálìavìtindignijfimasque calum-nias, minas, crimïnationes, ferfecutiones , damna, cruentamdenique ctdem fa tri affortavit (4). On Taccusa de Luthé-ranisme , & l'on suborna fa servante pour attester qu’il negardoit point les jours de jûne (3 ). Iî prit la fuite, ne vou-lant point fe commette avec des gens si passionnez: on fesaisit de lès biens, 8c i! salut que la Reine de Navarre luifournît-pendant près d’un an de quoi subsister. Enfin parî’aurorité d u R 0 i les accusations furent mises à néant,8c alorsdu Jon obtint une charge de Conseiller, 8cc. Liberatus abaccufatione p ater auRentats Régis, f atrium fiolum refetit , at-que immigrât in Biturigum métros olin , ttbi cum laude ad exí-tum u s que viu Consiliarii Rcfii c? fro Tribune mìl'stum hono-

ribus à Rege collatis defunSlus est : fr st ter alia ccmmoda hono-raria , qiut à Regina firore illius rtr Biturigum Duce accefi-rat (ô). Voici comment il fut tué. Le jour de la íête-Dieu les Catholiques d’Issoudùn, sasis avoir égard au traitéde paix qui venoìt d’être conclu, commirent mille violencescontre les Reformez. Le Roi expédia une commission àDenys dú Jon pour informer de cette émeute, & pour enpunir les auteurs. Du Jon fe rendit à Issoudun accompagnéseulement de trois Archers; il dispersa les autres en diverslieux avant que d’entrer dans la ville, car il faloit user deprudence dans une affaire si délicate. Ses précautions ne luiservirent de rien: on devina pourquoi ií venoit; le peuplese saisit des portes, 8c assiégea le logis du Commissaire. Ony entra, ou tua du Jon, on le jetta pat les fenêtres, on letraîna par les rues, on l’exposa aux chiens, on défendit (7 )Le’Gardien des publiquement de l’enterrer (8). Le Conseil du Roi conçutcontre cette audace T indignation quelle mérìtoit, 8c ordon-na que les murailles d’Issoudun fussent démolies; mai» Cì-pierre 8c quelques autres Seigneurs firent changer cet Arrêt,8c cela principalement à cause que le Commissaire massacréétoit suspect de Luthéranisme depuis plus de vingt-quatreans. La veuve du défunt, voulant poursuivre la vengeancede ce meurtre, s’attira la haine de beaucoup dc gens, 8c feon envoia au Roi les Infor- consuma en frais. Hu c&des consilium Régis commovit fluri-

mum: l? dtiretum de labefaílandis mûris tonus efpidi in■ tofaclum profter atrocitatem feehris , e? periculofiffimmn txem-COU- flum illius. Scd fostea conversa est faéïionibus tota ratio con-Jilïi: tttm frofter Sìf ierriì Gubernatorts z 7 nonnullorum ex no-èílitate frocerum tnveterata odia , tum frofter relfgìonis Pon-cujus oiio indefinenter fiagravijfe inde ab

(b) Bi tiens*:

Jurisconsulte,cojnrnc dit IkPcre JacobjBibliothecaPontificia,f*g

( 6 ) Tiré dila Vie deJunius >gag. 7. col. 1 4

(7) li J né

néanmoinsune femmequi P enterranuitam7tì*nt mIdem, ibid,

fS") Tir? dtla Vie deFranciscu#Junius,ç*g. 14.

tificïs. Zelum , ...-.j ......... j-ugruvijje mae ap an-

nis amplius viginii quatuor criminabantur patrem. Itaque ca-dem illam neetffe haíuìt mater in Régis confilio persequi ex eotempore: quo faâlo, cum ìpsa in se multorum tonûtavit odia,tum omnia ferme commoda qus. ex bellica licentia, furtis,ra-pinis , graJJ’ationibusque resiabans if si , in hac perfecutione occu -pavit (9).

, Je n’exhorte ici personne a admirer les mauvais effets du xvu E '-,zèle de Religion. U saur que l’on aprouve les meurtres,

8c qu’on defaprouve la conduite d’une femme oui don,-..-,de la punition des meurtriers de son mari.mon Lecteur de faire attention à une chose.

«/t .. j / * -— '

(fi) tíerui

ibidèm.

Mais je prie

qui est regardée par toutìe'monde eommê le"plu'

npui de VAutorité souveraine , 8c

ferme

r . : - jui le seroit effective-

ment si elle etoit bien entendue & bien pratiquée, est or-dinairement ce qui énerve le plus cette même Autorité 11n’y avoit rien de plus juste que l’Arrêt de François I contrele Prédicateur d’Issoudun , homme qui avoit eu l’audarde traiter si indignement en chaire la propre soeur de sRoi. Cependant aucun Magistrat n’ose exécuter W 10ndres de son Monarque contre ce mutin; 8c lors qu’un D ^tilhomme a le courage de les exécuter, il sevuns. -persécutions, 8c il devient st odieux, que l’on nrot * '? l etement ceux qui le massacrent. La Reine vi ha - u '

la premiere à conseiller à ce Gentilhomme desoScsonpaïs (10); puis que Vexécution des ordres ttSistes de

, , son

fmrm.ut M, §->>. fM Idem , ibidem, 6 ,c

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