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Tome second. C - I.
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J U N I U S. JUNON.

JUNIUS (François) fils du précédent (s), naquit à Heidelberg í’an 15-85». Són pre-mier dessein fut de devenir homme de guerre j mais la treve qui fut conclue l’an ìssop pour douzeans lui fit prendre une autre résolution: ce fut celle de s’apliquer à l’étude. il fit un voiage enFiance j d’où il passa en Angleterre l'an 1610. II entra chez le Comte d’Arondell, Lc s’y ar-rêta pendant trente ans ; après quoi il s’en retourna en Hollande, & y continua une étude àquoi íl s’étoir fort apliqué en Angleterre, je veux dire celle des Langues Septentrionales ( A ).11 y fit des 11 írtiAp. r.. „„»;i

y avoit endemeurer deux

Oxford , il se retira à Windsor chez'Isaac Vossius son neveu , & y mourut au bout d’un anL’Université d’Oxford, à laquelle il légua ses Manuscrits, lui a dressé un monument trés-hono-rable (S). Nous parlerons des Livres qu’il a publiez ( B ). C’étoit non seulement un hommede très-grande érudition, mais aussi de très-bonne vie. On ne remarquoit en lui aucune passionvicieuse. 11 ne songeoit ni aux biens, ni aux dignitez de la terre: ses Livres étoknt son uniquefoin} 6c jamais homme peut-être n’a plus étudié que lui, fans faire aucun préjudice à fa famé r r vJe raporterai un Paflàge du Sieur Colomiés (£>).

Quand j'ai parlé de son séjour à Oxford, & du tems auquel il mourut , j’ai suivi la narra-tion de Mr. Graevius z mais elle n’est point exacte. Je la rectifie ici remarquant que Junius feretira à Oxford au mois d’Octobre 1676, qu’il en partit .au mois d’Août 1677 pour aller voirVossius, dans la maison duquel il mourut pioche de Windsor le 19 de Novembre 1677 H nefut malade que peu de jours. II fut enterré à Windsor dans l'église de saint George (/)

(a) Vu t r«-fitme mariageeontrafté aveùJeanne CEr»mittyfUlt dû

Simon L* Er -mite Seigtnutde BeitnfartpEchevind* ^Anvers ,

& parent•de Danielu’Ermite,de quo fuoloco.

(b) Tiré d*fa V?e* co-»-pi'fee par A fr»Graevius,

& wifc à I4tetc dít LivrSde ttcturaVeteium»ìn fol ta»

fr' Tire dû

i’Aihcnx

OxOAicnfe^

( A') ll s’apliqua ... * V étude des Langues Septentrionales.’] (C) Jamais homme n’a plus étudié que lui fans faire aucunAiant rencontré en Angleterre plusieurs Livres Angío-Sa- préjudice à fa famé.] II fe levoità quatre heures auslì bienxons il résolut d'en profiter; & comme il conut par l’intelli- l’hiver que l'été , & étudioit jusqu a l’heure du dîner. IIcencè qu’il aquit du Langage Anglo-Saxon, que cela lui dinoit à une heure: après dîner il faisoit quelque exercicedonneroit lieu de déterrer beaucoup d’étymologies pour Vil- corporel jusqu’à trois heures (9); il reprerwit ses études àlustration du Flamand, de V Anglais, 8c de V Allemand, il trois heures, & ne les quitoit qu a huit pour aller souper,«’anliaua tout entier à cette étude, 8c aprit ensuite l’ancienne & ensuite il se couchoit. II ne sortoit presque jamais de

f yut J» r ^ « ^-1 .t j., t?— — . - - J.» t» ,.•» q- 1 --- -i » r.... ». • -*

V U Langue des

/» Vie, c»-»- zrp!" pr Mr Frisons, par

Gravais, liens, François. . _ . , - _ „ « • . „v — ' -

iUtiitdc Jes François, les Bourguignons, & les Allemans, repandi- profperrma per• omnem atatempne ulla corpons offenftone uterent leur Langue dans les Provinces qu’ils conquirent: lien retur, quamv'ts totos dies à fummo manc ufque ad noílem in-reste encore des traces 1 ). II s’apliqua tout entier à com- wmbertt Utteris, v rarijjime, ntc unquam nift negetiorumposer des Glossaires (a) ; 8c voici la filiation qu’il découvrit, ratio id ei quast imperaret , prodiret in puílkum (.10). CetteHis omnibus linguis ìmbibendis cum fatìs diu infudaJJ’et , vidit, longue solitude passée sur des Livres barbares, fur des motsquod e? privatim apud omnes , quibus cum agebat de hac doc- sauvages, & emploiée a faire cinq Lexicons Gothiques outrina ,tum publict testatus est , Gothicam este matrem omnium Tudelques, ne diminua tien de fa gaieté, non pas mêmeceterarum leutonicarum iïnguarum, ex qua profiuxerit vêtus dans la grande vieillesse: il fut toûjours exemt ries attein-Cimírica , monumentts Runarutn postens tradita, nec non Sue- tes de l’humeur chagrine, & toujours affable à ceux qui le

cica y Danica , Norvuegica., ijlandica , quibus illius plaga home- Vìfitnií»nr nurri nnM ' 1 ' * * - .

nés isto tempore suas asimi cogttationes explicant. Ex Anglo-faxonica , que. cr ipja aut propago est Gothice. , aut illius foror\ermana , ï? tjufdem mains filia, manavit Anglica , Scotka,

Eelgica , Frifica vêtus. Ex Gothica cr Saxonica orta Francien,qite Germanise superions parens est. Harum veterrimarum Un-tuarum , V dialetlorum , que ex illis duile funt , cognìtionemtnviélo studio , e? incredibài ajstduitate non primus tantum as-fecutus est, f*d V Jolus, viam Jecutus nullius ante tritam

^íb'Ï'xms parlerons des Livres quil a publiez,.] L’an 1637

. * ... _ Â* D»>?urA Votpruin . stllì tnil

(9) H*r*prima pran* 'dtb t y fit-tjHtnxe corpêû

PEdttthn ìnfil '« dtt Livrefiguralícicaum.

(2) TaíKJarat tn con •uxtndis sArt*gl»-Saxoni-ctJy Francicìsydr CimbricisLfxieis acÇittffaritSy à"gx Jananduanti'juijstmisharum ttntium JcriptO’

7 Ìl>us. Grx-VÌUS yivíde

( i ) Idem ,ibidem.

(4! ATlet-ttrdant y chez,Retnier Lters>1694.

( s ) Ftan-cica Para-phrasis.

iando contcn*t ms y autttiam subfnl mtim non nun»t}<am curnn*do , aut , fi Hnon ferretasperiorpestai y pet#7nnn ca lasin cana.ulut>

vifitoient, quoi qu’Tl n’aimât pas qu’on le détournât? MgG raevius nous va décrire cela en beaux termes, in ajsidui-tate tanta licet invitus admodum avocaretur ab his, quibus Gtauus,i nfuàabat , cutis , lam longe tamen aberat omnts morofìtas , vit F f? n *ingtnúque tristitia , que folet este propria lis , qui a luce homi- ci,c -l unu -num i? celelntate alieniores omne tempus cy operam dams suein ioèlrine esc litterarum studiis confumunt , precipue fenes , utmbil fene nostro fieri pojjet fuavius es 1 facilws {11 ). 1. es gensdu monde ne sauroient se persuader qu il n’àit pas été mal-heureux ; ils aimeroient autant être condamnez aux galèresqua passer leur vie, comme il faisoit, à l’entour de ses pul-

(10) Idem,ibidem,

i 11) idm\ibidem.

ni

Et

il mit au jour un Traite de Ptíiura Veterum, qui elt tout . , - , -, „ . „

rempli d’une très-belle Litérature. Dans la fuite il l’aug- ce !ui de" l/bon 7 >- dujeu> ni celui deTsemme*/menta de telle forte, que la seconde Edition qu’on en a comLt Ll T Clle J re ' ni «lui des converSf ’faite (4) est un assez gros jtt folio, au lieu que la prémiere fans fair/llm dem *" dent - 1 ls, jans vin le jour rLf "netoit qu’un i» quarto de 318 pages. II y a très%eu de C ^ - lls se trompent. t nu!t

choses dans les Auteurs Grecs & Latins, touchant la Pein- hommes du Jïï i e , le ? 11 «toit fans doute í’nn ? UC

<«) $u<«r- ture & les anciens Peintres, qui ait échapé à la diligence foiblesse e p,us àreux, à moins qu’il

f“ UH! i,c r de cet Auteur. L’an idçç il publia des Remarques fur la tilles- car ? ° nt e , ue de se chagriner pour d Ut 3

quàt«ôr n “‘ m Para phrase du Cantique des Cantiques, composée en Lan- de se reiouïr L f ' ^ L des gens 9 U > "’aianf nulh- ? r 6 "

9 ° r gue Franque ( ; ) par l’Abbé Willeram , & mise au jour la £«1 oTd * v 1 f ° m deS P ]aisi « chimériques uui « ra,sonprémiere sois par Paul Merula, Etant revenu en Hollande plus légnimè/causes^duO??^'^ qui étan Mnébranlable S a ?u 1âpres les deux ans qu’il passa en Frile, il rencontra l ancier» jets ridicules donr ik 1 hagrin ' ^inquiètent pour des b,

- ■ " hique qu’on surnomme d’Argent (6) : il s’a- ^ -^^L d ?nt lls auwient honte de se píainà ^

Evanteliaìitt ris argtn -teis Gothicisiutllo [itérantdefripta,Graevius,in VitaP. Juniì.

(7) Dans laVie dejunius on ditXl Z matsdans le Cata •loine des Ma -nus rit s le'-gttez. à C A-cadcmitd*Oxford parJ**n>usy ondit ix.

<*) Tiré J,t* Vie.

Manuscrit Gothique qu’c.._

pli qua uniquement à l’expliquer, & il en vint à bout enpeu de teins. Il publia donc cette Paraphrase Gothique desquatre Evangiles , avec un Glossaire Gothique, à quoi iljoignit l’ancienne Version Anglo-Saxonne de ces mêmesEvangiles, corrigée fur de bons Manuscrits, 8c éclaircie parles Notes de Thomas Mareschal. Ce n’est là qu une très-pe-tite partie de ses travaux; ce qui en reste à imprimer est toutautrement considérable. Son Glossaire en cinq Langues, oùil recherche & où il explique les origines des Langues Sep-tentrionales, contient XI (7) Volumes manuscrits, que JeanFell Evêque d’Oxford fit mettre au net pour les donner àl’Imprimeur. Son Commentaire fur l’Harmonie des quatreEvangiles, fur l’Harmonie, dis-je, de Tatien est fort ample.Je ne dis rien de tant d’autres Livres fur quoi il a fait desNotes (8). Consultez le Catalogue des Manuscrits qu’il lé-gua à l’Academie TOxford. II est à la fin de fa Vie.

(li) Cá»

car 0 vcrii,g.judia saisi

Ovid.

Heroïd.

Epifi XIII.f. t OS.Cotiserez.

Mr t» acier,fut hoiace,Livr i EpiJ( t

v Ut, pat.

- -.......... .... piAUlllIC.

(D) Je raporterai un Pastage du Sieur Cnlomiés. ] " J’ai

„ conu à la Haye le savant Mr. Junius, fils de ce célébré„ François Junius, qui a esté Professeur en Théologie à„ Leyde. C’est un Vieillard qui a près de 80 ans, mais„ qui est encore fort vigoureux. II étudie tous les jours„ treize ou quatorze heures , 8c a publié depuis peu les„ quatre Evangiles en Langue Gottique avec un Glossaire„ fort travaillé. II m’a fait présent de ce bel ouvrage, 8c„ m’a dit quil feroit bien tost r’imprimer son livre de Pic-„ tura Veterum , avec les noms 8e les Ouvrages de tous les„ Peintres de l’Antiquité. 11 fera dédié au Comte d’Arun-„ del d’aujourdhui, qui a esté son Disciple, lors qu’il e s-„ toit en Angleterre Bibliothécaire de son pere. Je ne dois„ pas oublier, pour la gloire de Mr. Junius, que Grotius„ loue fort son livre de la Peinture dans une Lettre que E ?" im„ voici (13) ”. Cette Lettre a été mise à la tête de la '

nouvelle Ediúon de VOuvrage de notre Junius.

(',» ) Còlo-

mies , dani'e> Opuscu-

les.pap. ug

JUNON, sœur 8c femme de Jupiter, étoit fille de Saturne Le de Rhée. Son pere hiifnl.» ^ A^T^rrr ses enfans, de peur qu’un iour il> ne le chassaflenr rln thrA^ ^ 1..- ^ ' D3en

... -- — — -v.ìww. ouïi pere bi

résolu à dévorer ses enfans, de peur qu’un jour il-ne le chassassent du thrône, ne lui fi t pas pl

( a ) quil avoit déjà avalées ; mais il lui salut rendre gorge n»

- —‘ï 1 • '

US

-- ^ —-

de quartier qu'aux deux nues ^ y -. —taiut renclre gorge nnrl

ques années après. On lui donna un bruvage, qu» lui fit vomir tousses enfans qu’il avoit eu l’ir

humanité de dévorer (M- * Ceít amíî q uc J unon revint au wonde. On raconte diversement sescirconstances de son mariage avec Jupiter. 11 y a une tradition qui porte q U ’il s s > a j m( q. Pnr &TOME IL Vvvvir ^ • «uuucm:, w.

qu ils

(d) A Vefi*ir it Cerès ,saurs aînéesde luntin,

Apolodor.LtPr. i. p. 4.

(S) A pol-lodoi. iíiet A