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Tome second. C - I.
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JUNON

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(e) Votezf ^Articleri’ACHlH*.

qu’ils couchèrent ensemble à Pinsu de leur pere & mere ( A) , & cela sans qu’il paroisse qu’onait fait long-tems attendre le soupirant. Mais d’autres disent qu’elle résista en fille de bien &d’honneur aux demandes de Jupiter [B)-, & que pour n’en être plus importunée elle s’enfuit danslin antre. 11s ajoûtent qu’elle y rencontra un homme dont les discours l’attendrirenc de telle forteen faveur de Jupiter, qu’elle consentit à le rendre heureux fur le champ (f). D’autres avoueroientpeut - être que ce fut la prémiere fois que Jupiter jouît d’elle, mais non pas la prémiere foisqu’elle sentit ce plaisir -, car ils prétendent qu’avant que Jupiter la recherchât, elle passa par lesmains d’Eurymedon, Géant félon & paillard, à telles enseignes qu’il la rendit enceinte d’un filsqui s’apella Promethée (C). Jupiter ne le fut qu’après ses noces, & déchargea son chagrin fur cebâtard fous d’autres prétextes. II y eut d’autres rencontres où la chasteté de fa femme fut pourlui une chose très - douteuse ( D ). 11 méritoit bien cela, lui donc les galanteries étoient si fré-quentes. 11 n’y a guere d’anímaux dont il Rempruntât la forme pour conquérir des pucelages.Tout le monde a ouï dire qu’il fe métamorphosa en coucou, afin de pouvoir jouir de Junon ( E).

Cette

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Vers. 1»- 1.

(V) Et me*

cum ttntmgAvifa, tfttu-dtre in h tria APttrpureesfieres , t^uesinfuser at-tumbtbatCandida for-tnofo fuppe-Mfis brachiaetilo. Vale-îius Cato,in Dìrìí,ífr

Catalefto-»jum veie-mm îoc-taium,

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( 4 ) Celle deLeucade .

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Libr. Xïì\Vers, 29S»

( ?) Idcutfibidem.

< *) r>idy.

j.n Hom.il. 14 à-fiatb. ibii.

(8) Girac,Répliquéà Costar,Seiï. LXIV,fdg-m. S4S.

{A) XJnt tradition porte que Jupiter & Junon ceuchérentensemble a l’insu de leur pere Sc mere. ] Ceux qui voudrontune bonne preuve de ce fait, la trouveront dans ces parolesde l’Iliade ( 1 ) :

0*5 ì’ ’ibev, á»ç (Aiv ’ép«í î ruxiiàf Pplvas ifitpexilXo-^ir.

Oioc ors srçíniçaì 'spu<ryícr$tii PiAÓtjjt, ,

Lìç eùvpv Ocrsprut, tpí/yç àyêoyTS tòxï/x-;.

Vt vtro vìdit, continua illum amor prudentia prteorâìa coo-peruit,

Perinde ac quando prìmitm misti sunt amore ,

Ad cubile confuetudinis gratta euntes, fuis clam parentibus.

Homere nous parle là d’une occasion où Jupiter marié de-puis plusieurs siécles avec Junon, sentit en la voiant par ha-zard les mêmes ardeurs, que lors qu’il jouît d’elle furtive-ment la prémiere fois. Joignons au témoignage d'un PoèteGrec celui d’un Poète Latin. C’est un amant qui parle ; unamant, dis-je, qui avoir trouvé l’heure du berger <2;, Sequi se fâche de ce qu’avant lui plusieurs autres avoient' reçude semblables gratifications à la dérobée :

Iflius atque utìnam faíîi mea culpa magistraPrima foret : lethum vita mihì dulcìus effet,

Non mea , non ullo morereiur tempore fama ,

Dulcia cum Venerìs furatus gaudia primasDicerer , atque ex me dulcis foret orta voluptés.

Nam mihì non tantum tribuerunt impia nota ,

Atiiïor ut occulte nofier foret errer amoris.

Jupiter ante fui femper mendacìa furtì ,

Cum Jttnone frius conjux quam diílus uterque est ,

Gattdïa l'tbavit dtilctm furatus amorem ( 3 ).

(£)... D’autres disent quelle résista en fille de bien &d’honneur aux demandes de Jupiter. ] Sa vertu fut telle, se-lon quelques-uns, que si Jupiter n’avoítpas trouvé un reme-de à la place de celui qu’elle ne lui vouloit pas accorder, iln’auroit fil que devenir. Mais il alloit s’asseoir fur une mon-tagne (4), toutes les fois qu’il n’en pouvoit plus, & il apai-lòit ainsi les transports de fa paílion ( 5 ). L’Auteur,qui mefournit cette Historiette,ne marque point si Jupiter étoit dé-jà marié avec Junon. Auffi n’étoit-il pas nécessaire de rienmarquer fur ce sujet: les Lecteurs les plus stupides compren-nent de reste qu’il n’étoit point marié, & qu’tl soupirait pourune cruelle.

(C) Eurymedon . ... la rendit enceinte d’un fils qui s’a-peila Promethée. ] Vous trouverez ce Conte dans le Scho-liaste d’Homere (6). Le ressentiment de Jupiter ne fut pasmoindre contre le pere du bâtard, que contre le bâtard mê-me; car si Promethée fut mis à la chaîne, Eurymedon futprécipité dans les enfers. Je ne fat point fous quel prétexteJupiter traita ainsi Eurymedon; mais il ne faut point douterqu’il ne cachât la vraie cause de fa colere : il avoir trop d’es-prit pour fe diffamer luì-mêmc par fa vengeance. U prétex-ta contre le bâtard le larcin du feu céleste. Le Scholias-te C 7 ) < l vle Ì e cite emprunte cela d’Euphorion.

{D) La chasteté de Junon . ... fut une chose tris-dou-teuses Je commenterai ce Texte par les paroles d’un Au-teur moderne, qui, voulant prouver que Jupiter estoit un in-signe Cocu, s’exprime ainsi: „ Le Géant Eurymedon avoit„ obtenu les prémiéres faveurs de fa femme Junon (*) : &

„ fans parler de l’Iîle de Samos, qui fut célèbre par les im-„ pudiques amours de cette Déesse, ne sçavons-nous pas,

„ que Jupiter, ayant reconnu peu de jours après son maria-„ ge, qu’elîe serait bien-tost mère d’un Enfant qui ne serait,, pas à luy, elle sçeut toutefois luy dire de si belles paroles,

„ qu’il fut persuade facilement, qu’elle avoit conceu d’elle-„ mesme, & qu elle avoit conservé fidèlement sa virginité„ toute entière. Elle luy sit accroire une autrefois, qu’elle„ estoit devenue grosse en mangeant des laitues sauvages.

„ Ainsi > quand les cornes qu’on avoit plantées fur fa statue„ de Lybie n’auroient pas signifié qu’il estoit Cocu, ne mé-„ ritoit-il pas quelles le signifiassent, & qu’il donnast lieu à„ ces façons de parler qui font en usage depuis si long-», temps, du consentement de tous les peuples (8) "?

(E) Jupiter ... se métamorphosa en coucou, afin de . . .jouir de Junons Pour ra porter ce qui se peut dire de pluscurieux fur cette matière,je naîtrai qu’à suivre la Dispute deCosiar, & de Gir.\c. En voici le fondement; Jupiter ne sutpas moins oublieux en plusieurs autres occasions importantes.Pallas ft plaint dans Homere qu’il ne songe pas au sage Ulysse.

M Costan 'Défense de#Ouíiag * 5de Voitutf»

Il6.

Un autre luy reproche que dans l’Estât de fa maison, il n avoitpoint pensé au Cocuage, dont il avoit reçeu tant de servicessignalez. (9) («). Ces paroles font de Costar. Son Adver-saire lui répondit que ce reproche étoit tics-injuste : Carlobon Jupiter, dit-st ( io ), pour tesmoigner l’estime qu’il fai-soit du Cocuage, esr le désir quil avoit d'estre cocu, se trans-forma en l’oyjeau qui porte ce nom, lors qu’il rechercha en ma-riage fa femme Junon. Et depuis, pour montrer fa gratitude,il ordonna à ceux d’Argos, de faire un beau Cocu d’or, esr dele poser Jur le sceptre de la statue de Junon , dont cette gran-de Deesje ne fût point ossencée, ayant tiré pour le moins autantde bons services du Cocuage, que pouvoit avoir fait son mary.

Et mesme proche la ville d'Hermìone, il y a deux petites mon-tagnes, dont l’une s’appelle la montagne du Cocu, fur laquelleon vayoit au tems de Pausanias (J) le Temple de Jupiter, e?vis à vis fur Vautre montagne, celuy de Junon. Dans la Ly-bie, la statue de Jupiter Hammon avoit de grandes cornes furla teste. Ce qui fût fi agréable à ce Dieu, que bien que partout le monde on luy eufi érigé des statues , il ne rendott néan-moins des Oracles que par celle-là sir). U ft trouva st bienavec ces cornes, qu tl obligea ses plus chers amis d’en prendre àson exemple. Bacchus (s) cr Pan , les Satyres, les Dieux desrivières, çt* plusieurs autres, ne manquèrent pas de Vimiter.

Junon mesme jut de la partie, pour tesmoigntr qu’elle avoitquelquefois de la complaisance pour son mary , ef on voit enco-re aujourd'huy plusieurs médaillés de cette Deesje aveque destomes. Diane cr Venus en prirent auffi, comme un ornement<y«i accompagnoit mer'ueilleuj'ement un beau •vifa.gt. Cette Ré**

ponse contient beaucoup d'érudition , mais elle est fausse;car on n’y voit rien qui prouve le fait dont il s’agit. L'étatde la question est celui-ci : Jupiter a-t-il honoré la conditiondes maris dont les femmes ont des gahns ? Prouvez tant qu’stvous plaira qu’il a fait beaucoup d’honneur à l’oiscau quenous apellons cocu: ajoutez qu’il a voulu que ses statues por-tassent des cornes; n’oubliez point celles que les autres DieuxVoulurent porter : vous ne touchez point au fais, paroe ou’ence tems-là le mot de cocu, le mot de cornes, ne íè^re-noient point au sens qu'on leur a donné depuis, & qu’onleur donne aujourd’hui. De plus, se déguster en cocu, pourréuífir dans ses entreprises, ne serait pas même dans notresiecle une marque que l’on souhaitât d’être marié à une fem-me galante. Mes Lecteurs s’imagineront facilement que Cos- .

tar ne manqua pas d’aperccvoir la nullité des Réponses qui l ,r ‘slui furent faites: mais st quelques-uns en doutoient, je lestirerai bientôt d’erreur en raportant ses paroles. On y verra ÍS siir* c »

( 10 ) Giífl*»Reponse alu Défensetíe Voiture.S,ct. X Á VU

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(n) Costal»Suite d» 1»Défense, ,p a*. z8r, ""futt cici ( tfca sarcla-’Aristote ter.porte quel*que partdans seRhétori-que, qu’fse*ge'ippus,

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que l’affectation d’étaler trop de lecture I’cngage à mêler dans dà,s fa R c 'ses Répliqués certaines choies qui gâtent fa cause. U com- pìique,menec par la métamorphose de Jupiter en l’oiseau qui porte le p»ï; "nom de cocu, & voici cc qu’il en dit ( rzj). Ve

§ (*) En vain aurait-on cherché cc Conte dans les Ecrits qu0 'des Anciens. II est de Rabelais, Liv. III. Ch. XXXII ; maisle fonds s’en trouve dans Plutarque, n. 17. de la Consolationenvoiée à Apollonius fur la mort de son fils. Rem. C r i t.

„ Ce petit conte de vieille & cette ridicule invention„ d’un Grammairien abusant de son loisir ( c’est ainsi qu’E-„ rasme (*) en a parlé) est tiré d’un Scholiaste de Theocri-„ te, qui rapporte que Junon s’estant esloignée de ses Com-„ pagnes pour s’entretenir toute feule & en liberté, après„ une longue promenade, fe coucha fur l'herbe en un bel„ endroit de la montagne de Thronax. Jupiter, qui la vit,, en cet estât,la trouva si bien faite qu’il prit feu pour elle,

„ & n’en pouvant supporter l’ardeur, fe reveílit du plumage„ & de la figure d’un Cocu, & suscitant un froid extrême„ dans l’air, tout tremblant & tout gelé s’allajetter entre les„ bras de 3 aDeesse;où retournant en fa forme ordinaire & luy„ promettant mariage, il receut d’elle la satisfaction qu’il de-„ liroir. Ce froid que Jupiter suscita dans cette occasion»

„ n’estoit pas plus grand que celuy de la mauvaise raillerie d e,, noslre Savant. En effet il paroist que ce ne fut pas l’awout„ du Cocuage qui fit Jupiter Cocu, púis que ny parmi se s„ Dieux ny parmi ses hommes le nom de cet oiseau ne h-„ gnifioit point alors un mari à qui fa femme faisoit des inn*

„ delitez. Au moins il ne s’en voit aucune marque chez les„ Anciens: Au contraire,il y a des femmes dans Plaute.qut„ appellent Cocus leurs maris qu’elles surprennent en adulte-„ re: Et Juvénal (**) a nommé JF auvette un pauvre homm„ à qui l'on faisoit cette injure : sans doute parce que la ra,, verte nourrit Jes petits du Cocu q w, les va pondre„ son nid ”. Costar passe ensuite » Ia considératio

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