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Tome troisieme. K - P.
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lycophron. LYCORÏS.

9

ffi) Voiez,

PÍAbbé Fay-dit dans laPréface de laTelemaco-îtianie.

(7 )Lk-même,(8) Vtquetothurnatumperiijfe Ly-copbrona ,narrant ,fíareat inf bris miffafagitta tuis .Ovid.inlbiij,Vcr s. m.

ÎOf

qu*il falloit avoir non seulement une grande érudition, mais auíïi beaucoup d’esprit,pour com-poser un tel Livre. Voiez dans Monsr. le Fevre ( a ) une infinité de pensées savantes &'ingé-nieuses fur les ténèbres de cet Ouvrage. Je ne sai pourquoi il débite que Suidas nous a conservéles noms des douze ou treize Tragedies que Lycophron avoit composées ; car on trouve dansSuidas le Titre de vingt Tragédies de Lycophron. Ce Poëte fut tué d’un coup de fléché 5 Scil n’y a qu’Ovide qui nous aprenne cette particularité (L).

& les Notes Grecques que Mr. Nicolle a écrites de fa mainfur le Texte Grec de Lycophron (6). C'efi un très excellentManuscrit, à ce qu’afíure Mr. l’Abbé Faydit (7 ), à quiMr. de Bessat Maître des Comptes neveu de Mr. 1 ’Abpéde Bourzeis l'avoit prêté.

(B) Il fut tué d'un coup de fléché-, & il n y a qu Ovide quinom aprenne cette particularité (8).] Valere André O enc-lins (9), qui prétend que Theodoret en parle, s’est trom-pé, comme le savant Mr. de Boiffieu l’observe (10). IIfait voir que Theodoret ne parle point de la mort deLycophron, ni même du lieu de sa sépulture: car au

(9) Not. in lbin Ovidii, apud Boiffieu, jwg. 107. (10) Com-ment. in lbin, pag. 107.

lieu de Lycophrone il faut lire Leucophryne .- cela paroît parce Passage d’Arnobe (11); Leucophryna mommentum infano apud. Magnefiam Diane, ejfe , Myndius profîtetur acmemorat Zeno. Voici les paroles de Mr. de Boiffieu: Deohitu Lycophronìs ne verhum quiiem apud ûlum (Tiieodo-retum) reperitur : deinde Tkeodoreti locus (12Î .... ubiex Zenone, Lycophronem in Diane. Magnésié, templo condi-tum ejfe refert plane depravatus eft, c? pro Lycophrone,reponendum eft Leucophryne, cujus monumentum erat apudMagnetes in Diane templo , ut ex eodem Zenone tradit Arno-bius. Je m’étonne que Monsr. le Fevre n’ait point parléde ce Passage d’Ovide.

LYCORIS C’est le nom que Virgile donne à une célèbre Courtisane, que d’autres Au-teurs nomment Cytheris. II en parle dans fa X Eglogue, & cela pour consoler .un Ami (A),qui étoit au désespoir de ce qu’elle lui préséroit Marc Antoine. Nous avons parlé amplement•aillein s (a) de 1 attachement de Marc Antoine pour Cytheris ; mais nous n’avons pas assez faitconoitie 1 Histoiie de cette femme. Disons donc ici que c’étoit une fameuse Comédienne,que Volumnius aima, Sc qu il affranchit (£). Ce fut la raison pourquoi elle prit le nom de

Volum-

(d) VÍcdíSPoètesGrecs , paf,m. iz6H>fiáv.

(u) Arnob,'Libr . VI,pag. m. ìçjj,

(12) Théo-doret. Libr,Vlll deGrac. Af-fcst. curât.

(T) Dansr Article deFucvie,Kemarq. (t,)^

(1) InEclo-gam X Vir-giiii.

(2) VoiezScaliger inEusebiiCbron.

Hum. 1990 ,

t«7-

(3) .Armrítm

svorunj deC'ythmde li-tres firipsitquatuor.Servius inEcloe. yV irgilii.

C) 'Obi p u -fr a.

{A) Virgile . . . en parle . . pour consoler un Atni.~\Cet Ami, si l’on en croit Servius (1), étoit l’OrateurCaïus Aíìnius. Gallus, fils d’Afinius Pollion. Mais com-me Servius ajoute que ce Gallus est le prémier qui aitété Gouverneur d’Egypte, on se défie de son Commen-taire; car on voit manifestement qu'il a confondu lePoëte Cornélius Gallus avec l’Orateur Aíìnius Gallus (1).Celui qui obtint d’Auguste le Gouvernement d’Egypteimmédiatement après la conquête de ce Roiaume, est lePoëte Cornélius Gallus. C’est aparemment à lui queVirgile adresse son Eglogue de consolation, sur les infi-délitez cruelles de la Courtisane Cytheris. Celui à quice Poëte parle composa quatre Livres de Poésies fur sesamours (3). 11 nous en reste quelque chose, si l’on encroit quelques Critiques.

(B) C'étoit une . . . Comédienne, que Volumnius aima& qu’il affranchit .] Servius témoigne que la Lycoris deVirgile étoit la Courtisane Cytheris, que Volumniusavoit affranchie: Hic autem Gallus amavit Cytheridem me-(s) Vehebatur retrlc em libertam Volumnii (4). II ne dit pas que Ce fûtin. effedo ul ) e Comédienne ; mais nous l’aprenons d’ailleurs. OnTríb. pubis : fait qne la Courtisane Cytheris Maîtresse de Marc An-lau- mine se faisoit apeller Volumnia (j). Pourquoi, si cen’est à cause que Volumnius l’avoit affranchie ? Or laCytheris de Marc Antoine étoit une Comédienne; ilfaut donc que celle dont Servius parle l’ait été ausii. IIne reste qu’à prouver quelle fut aimée de Volumnius.En voici la preuve tirée d’une Lettre de Cicéron (6):Accubueram hora nona .... apud Volumnium Eutrapelum ,esr quidem supra me Atticus, infra Verrius .... ìnj'ra Eu-trapelum Cytheris accubuit. In eo igitur, ïnquis, conviviocicero ■ ílle quem adfpeliabant, cujus ob os Graji ora obverte-vant suai non me Hercule fufpìcatus fum illam affore: fid.tamen ne Aristippus quidem ille Socraticus erubuit cum eftètobjedlum habere eum Laïda: habeo, inquit, non habeor àLaide. II est visible que Cytheris est ici une Courtisaneque Volumnius entretenoit à pot & à feu. On veut quecette Lettre de Cicéron ait été écrite l’an de Rome 703.II en écrivit une autre (7) à Volumnius la même année,fans rien dire qui se raportât à la Courtisane. Le PereAbram qui s’imagine le contraire n’y avoit pas regardéde près; ,, ad hune amorem lìb. 7. ep. 32.. alludit feribens» a d eundem Volumnium, Ut nihil íit ta m àxúSx(o v quod„ non alicui venustum esse videatur (8) ”, Cela se ra-porte uniquement au mauvais goût touchant les bons-mots. Cicéron veut dire qu'il n’y en a point de fi platni de fi fade, qui ne paroisse beau à quelcun. Au reste,on ne trouve pas de quelle maniéré Cytheris passa des.mains de V olumnius en celles de Marc Antoine, fi cefut par la cession de Volumnius, ou par l’inconstance 8cl’ingratitude de la Maîtresse. Je croirois plutôt le pré-mier que le dernier, parce qu’il est sûr que Volumnius aété l’un des bons amis de Marc Antoine.

lìttjlïreàti antectdt'bant , interquos apertdieffíca M I-Tvi A portaba -tur f yuans exoppidîs muni-cipales homi -ncs honestiobviam neces-fario prodeun-tes , nonvero illo &Tnimico no -mine , fedV OIU M-N ï A M con-salutabant,

Cicer. Phi-

iipp. n.

Cap. XXIV.Dam Poíì-Tjeme Lettredu X Livreà céAtticus , ilnomme Cy-theris cetteMima (jueMarc <-An -toìne menoitavec lui . PI11-tarque inAntonio,pag. 920 la■nomme Cy-theris.

(s) Epist.

XXVI

l , Ubri IX ad Famil. ï 7 ) Le. XXXII du Livre VII ad Famil( 8 ) Abram in Cicer. Orat. Tom. II, pag. «45.

Faits

concernant

Volumnius.

Cela paroît par ce Passage de Crceron (9): Scripfi adAntonium de legatione, ne ft ad Dolabellam folum feripsiffemiracundus homo commoveretur : quod, autem aditus ad eumdifficilior ejfe dicitur, scripfi ad Eutrapelum, ut ts ei meas lif-teras redderet , legatione mihi opus effe. Cela fut écrit àAtticus peu de mois après la mort de Jules César. C’estdu même Volumnius, fi.je ne me trompe, que Cicérona parlé dans la XIII Philippique, en donnant la liste descamarades de jeu. de Marc Antoine ( 10). Nous allonscellufires iy satUUs Eutrapelum, MeUm , Ccelitims érc. Fhffipp. XïXX, ífruï init,

TOM. III»

(9) Epist.V-III UbriXV ad Attic

G=} Addite'•^ntonii

entendre Cornélius Nepos, qui nous aprendra que Vo-lumnius ami intime de Marc Antoine, avoit une chargeconsidérable dans les Troupes de cet Ami. Familiaresejus (M. Antonii) ex urbe profugìentes quantum potuit texit(Atticus) : quibus rébus indiguerunt ad\uvtt : P. vero Volum-nio ea tribuit ut plura à parente proficisci non potuerìnt . . .

( r 1 ). L. Julium Calidium . . . propter magnas ejus Afri-canas pojfeffìones in proferiptorum numerum à, P. Volumnioprafeílo fabrum ■Antonït , abfentem relatum, expedivit (11).La maison de ce Volumnius fut l’asyle de PomponiusAtticus pendant les fureurs de la proscription Triumvi-rale (13). II est impossible, ce me semble, de décidersi notre Volumnius est le même que celui qui fut tué desang froid par les gens de Brutus (14). Les raisons d’endouter, font, 1, que Plutarque traite manifestement.de Comédien celui que les gens de Brutus tuèrent, h’k

Sí rtç I loAoúiiviaç M 7 /toi; xaì SeexovXsm ye^iOTOnaiìf yiAUXÓTSÇ, oQf£v oìSevi t.áyce TtOepsévov toV BpovTcu , srpotrdyovTeç of tpíhat kxtu-yépovv > w; oòiiì vvv tau Myetv xcà trxástreiv espìf VjBpiv uvrSiv Ststt-%o[uvouç. Erat quidam Volumnius mimus ev Sacculio Janniocapti. Hos Brutus quum contemneret, adiuílos ad eum ac-eufaverunt amici ejus ne tune quidem à diélerïis eV contume-liis in ipfos jaciendis temperare (13). z. Qu’il l’associe avecun bouton. 3. Qu’il remarque que Brutus ne faisoit nulcas de ces deux personnes. Cela ne convient point auVolumnius dont parle Cornélius Nepos. Mais d’autrecôté l’humeur railleuse lui convient parfaitement ; la dé-mangeaison, dis-je, des bons mots qui dominoit telle-ment le Volumnius de Plutarque, qu’il ne pouvoir s’em-pêcher d’en dire contre ceux mêmes qui le tenoient enprison. Une Lettre de Cicéron que j’ai citée (16) témoi-gne que Volumnius Eutrapelus (17) étoit grand diseur debons mots. Cicéron ne craignoit que lui en ce genre deperfection, & lui recommande deux choses; lune de

ne point soufrir qu’on attribue à lui Cicéron les mauvai-ses pointes, les sots quolibets, & les méchantes turlupi-nades que l’on débitoit à Rome fous son nom, pendantson absence ; l’autre de protéger le plus qu’il pourroitl’empire de l’urbanité, contre les funestes irruptions de lamauvaise plaisanterie. N’est-ce pas nous representer Vo-lumnius comme un bel esprit ? Gjuibus in litteris omnia mi-hi perjucunda fuerunt , priser illud, quod parum diligenterpoffejfio falinarum mearum à te procuratore defenditur. Aisenim , ut ego difeefferim , omnia omnium ditïa , in his etiamSejliana , in me consent, fjjçid ? tu id paterìs ? nonne défen-dis ? non refiftis ? equidem fperabam, ita notata me reliquijfegénéra diólorum meorum, ut cognofci sua fponte pofient (18).Après ces paroles Cicéron explique à quoi il veut quel’on reconoisse si un bon mot est de lui, & prie Volum-nius de garantir même avec ferment (19) » que tout cequsn’est pas marqué à ce coin vient d’ailleurs que de Ci-céron. Vrbanitatis poffejftonem , amabo , quibufvis mterdic-tis defendamus : in qua te unum metuo , contemno ceteros(10). Voici un autre éloge bien fort ; Opus est huic lima-tulo ev polito tuo judicìo , £9* iU'tt 'interioribus litteris meis qui-bus sape verecundiorem me iu loquendo facis ( z 1 f Gnhomme de ce mérite 8e de cette qualité peut-il être leComédien dont Plutarque fait mention? Et n’est-ìl p asplus vraisemblable que ce Comédien étoit un hommeque Volumnius avoit affranchi, 8c qui à l’exemple deCytheris se donnoit le nom du maître à qui il devoir saliberté? Je ne décide rien. Je croi que Plutarque auroitpu se tromper facilement, par la raison que je m’en vaisdire. Volumnius selon toutes les aparences lâcha telle-ment la bride à son génie railleur 8e goguenard, qu'il negarda pas plus de mesures, 8í qu’il n’eut pas plus d’égardO aux

(ri) C. Ne-pos , invitaAttici , Cap.IX.

(rz) C. Ne-pos , in VitaAttici , Cap,XII.

(13) Ibidem iCap. X,

(1 4 ) îlu-■tarch. înBruto, pag,looj.

(15) Idtmiibidem.

(16) LaXXXlIdÚVII Livre

ad Famil.

(17) 11 futaparemment:ainsi surnomm-ons à cause fe'fan humeurfacétieuse.

Voiez, Vs-Artì-’-cle dfL R A S-ME, Citation

Qr).

(18) Cicero *Epist xxxirLibri Vilad Failli!.

(19) Vt fa~cramento con—tendas meanon ejfe. Ibid.

(20) Ibidem.

(21) Cicero,ad Volum-nium , Epist.XXXIIIUbri VIIad Famil.