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Tome troisieme. K - P.
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LYCURGUE.

(6z) C* étsiìtBenserade.

(64) kA causede ce s parolesII craintQue vousn’en soiezpas e'muë

Accoutu-mez vous2. la vueD'un hom-me quisouffre Ôc seplaint.

(65) Balzac,à la fin duSocrateChrétien -pag, m . 142.

(56) O r, Aíjy

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f&ç. Namcum totamcivìtatem la-tor legumvellet ad tole-randos &per-ferendos la-bores ejse for-tem ac robus-in virisguident per-fpictte quodvolebat ajfecu-tus efi : inmulieribus•vero negligen-tem se prœ-buit. Vivmt

mira intempé-rantes & lu-xurîofe , adomne scilicetinîtmperanti <egentts solutéclique effuse.Axistoteles,Libr. II deRepublica,Cap. 7 X,pag» m» 246.

( 67 ) T2íç ZZyweet’mç ,

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Fceminascmtem ajuntLycurgum sublegum jugumadducere co-tiatum s cumHia réclama-ient, ir contramterentur , abincœpto dtsti-tijse. Aristot.L'kr. II deRepubl.

Cap. IX,pag. 247.

(6g) Plut .inLycurgo,

ϫS< * 7 .

leur ame me impression, dangereuse tíz criminelle. Il se saitUne habitude de l'œil ez de l’objet , qui dispose à. l’insensibilité,C? qui bannit les sales defirs de l’imagination. L’émotion nevient que de la nouveauté du speéìacle. Une coutume perpé-tuelle rebute plus les yeux quelle ne les tente; LZ fi vous vousmettez, une fois dans l’esprit l'intégrité des mœurs de la na-tion, vous demeurerez persuadé de ce bon mot : Les filles deSparte n’êtoient point nues , l’honnesteté publique lescouvroit. Generalement parlant, je ne vous diray pas queleur excuse fût une excuse pour nous ; mais enfin il y a encoreaujourd’huy quantité de lieux dans V Amerique Septentriona-le , ' oh les femmes paroiffent toujours dans V état de celles quidanfaient à Sparte; <& cependant tous nos Voyageurs affeu-rent que le crime en est entìerement banny. Mais je seroisbien ici dix ans entiers à plaider la cause des filles de Sparte ;je voy bien que je ne vous donnerois jamais bonne opinion deleur modestie. Vous en croirez bien plûtôt les Satyres piquan-tes des Athéniens, & méme celle d'Aristote, qui tout Macé-donien qu il étoit , avoit demeuré trop long-tems à Athènes ,pour n y avoir pas contrarié la haine contagieuse qui y régnaitcontre les Spartiates. Voici ce qu il a dit des Lacedemonicnsdans le second Livre de ses Politiques, (fiuand Lycurgue aentrepris d’introduire ct Sparte la fermeté esr la patience , c estune chose évidente qu’à l’égard des hommes il y a rettjfi :mais il s’y est pris plus negligemment du côté des femmes ; carelles y vivent dans une mollesse z? un dérèglement général. Ilajoute que Lycurgue essaya vainement de les reformer; enquoy il est dementy par Plutarque. Ce qu’on nous dit làde cette habitude de l’œil, 8c de l'objet qui dispose àl’in-sensibilité, est bon & solide généralement parlant, &c’est une des Remarques de Balzac contre le fameuxSonnet de Job. L’Auteur du Sonnet (63) fut accuséde se contredire (64); 8c voici comment on prétenditl’en convaincre. „ II a peur que sa Dame ne soit pas,, esmeuë d’un objet digne de compassion; 8c immedia-,, tement après, il deíìre qu’elle s’accoustume à voir cet„ objet. Par conséquent il désiré ce qu’il craint. Cette,, accoustumance à voir, devant oster a sa Dame 1 emo-„ tion qu’il voudroìt qu’elle eust, il la prie d’une chose„ qu’il a tesmoigné de ne vouloir pas. II prendra la pei-„ ne, s’il luy plaist, d’accorder cela, & se souviendra ,„ cependant, de ce vieux mot, dont l’Université reten-„ tit depuis saint Yves jusqu a sainte Geneviève, Ab as-„ suetis non fit pasfio. L’ame 11e recevant l’émotion que„ par le passage des yeux, quand ils font une fois bien,, asseurez, elle ne sautoir estre surprise. Quand lesyeux„ ont contracté habitude 8c familiarité avec les plus es-,, tranges objets, ces objets, de farouches qu’ils estoient,„ devenant apprivoisez, 8c entrant dans l’ame comme,, amis, ils n’y excitent plus de tumulte, 8c rien ne s’é-,, meut à leur veuë. A force de voir des monstres, ce,, ne font plus monstres aux yeux qui les voyeut. Les,, Spectres mesmes & les Furies, armées de leurs torches„ 8c de leurs serpens, perdraient leur force 8c leur hor-,, reur dans nostre imagination, par l’accoustumance de„ Ies voir, A plus forte raison, 8cc (65) ”, Mais ,quelque solide que puisse être cette doctrine, je ne saifi on la peut apliquer à notre sujet, puis que les filles deLacedemone ne paroissoient nues qu’en certains joursde cérémonie, 8c que 1c reste du tems elles portoient unhabit qui ne laiffoit voir que leurs cuisses. C’étoit lemoien d’irriter la corruption, fans disposer à l’insenstbili-té par une coutume perpétuelle. De plus, il y a unegrande différence entre Lycurgue, 8c tant de Nationssauvages où la nudité se pratique. Celles-ci font de touttems en possession de cet usage; mais Lycurgue intro-duisit la nudité dans une ville où elle n’étoit pas corme ,Sç pendant que tous les peuples voisins observoient labienséance. On ne saurait donc l’excuser. Enfin, lavertu des Américains, si ce que les Voiageurs en disent,est véritable , ne sert de rien pour justifier ce Législateur;car F événement a fait voir que Lacedemone n’étoit pasun lien où de telles nouveautez pussent être innocem-ment introduites. C’est en vain que l’on s’efforce d’af-foiblir le témoignage d’Aristote. II n’y a rien de plusgrave ni de plus sensé j que le Livre où ce Philosopheparle si mal des Lacedeìnoniennes (66) : l’esprit de par-tialité ne paroît point dans cet Ouvrage; 8c ainsi, auheu de dire que les médisances des Poëtes ont fait im-pression fur F esprit Ae ce Philosophe, il faloit dire queF autorité de ce Philosophe justifie les médisances des Poë-tes. Au reste, il n’est pas vrai que Plutarque ait démen-ti Aristote dans le fait dont il s’agit. II est clair, quandon lit avec attention, que ce Philosophe ne parle que dela coutume qu’avoient les Lacedemoniennes de maîtri-ser leurs maris. Lycurgue voulut reformer cela, enôtant aux femmes,l’empire quelles exerçoient; maisn’aiant vu aucune aparence d’y réussir, il désista de sonentreprise (67), sans négliger néanmoins de faire plu-sieurs Réglemens qui fe raportoient au sexe, 8c qui lerendoient très-propre à produire des enfans robustes,Ç’est en vertu de ces Réglemens que Plutarque a démen-ti Aristote; mais il est tombé dans le Sophisme que l’onnomme ignoratio Elenchi: il n’a point su de quoi st étoitquestion. Lycurgue, dit-il (68), régla d’abord tout cequt regardait les mariages LZ les naissances; car il ne faut pascrotre ce que dit Aristou t qu’ayant tenté de regler & de re-

former les femmes, ìl y renonça", he poussant venir àbout de leur licence effrenêe, o 1 de la trop grande auto-rité quelles avoient prise sur leurs maris. II est visible quePlutarque raisonne mal ; un Législateur, qui abandonneFentreprise de soumettre les femmes à leurs maris, n’a-bandonne pas pour cela tous les soins qui fe raportent à1 éducation des filles, à leur mariage, 8cc; 8c néanmoinsvoici Plutarque, qui, pour montrer qu’Aristote n’a paseu raison de dire, qne Lycurgue renonça à Fentreprisede réformer la domination des femmes, allégué des Ré-glemens de Lycurgue qui ne tendent qu’a exciter les gar-çons à fe marier, 8c qu’à faire ensorte que les enfanssoient robustes. On trouverait un million de pareils So-phismes dans Plutarque, st l’on prenoit la peine de lesbien chercher. II raporte dans la page suivante une Ré-ponse qui supose manifestement cette vérité de fait, queles maris à Lacedemone étoient dominez par leurs fem-mes. C’est une marque que Lycurgue ne réforma pointcet abus. Remarquez bien qu’Aristote reconoît dans lemême lieu, que Lycurgue fit des Loix pour la multipli-cation des enfans (69).

Ma III Remarque est fur ces paroles de Monsr. Cuil-ler. fe noferois vous décrire, dit-il (70), l’habit des filles,de l’ancienne Lacedemone. Sophocle vous l’apprendra, fi vousvoulez voir comment il a décrit celui d’Hermione, dans unfragment que Plutarque raporte; il étoit fi court , que le Poè-te Ibycus en s’en moquant les apelloit Phsenomerides. II estsûr, 1, qu’on ne trouve point dans ce Fragment de So-phocle la description d’un habit; car ce Poëte dit seule-ment que lastunique d’Hermione etoit entrouverte, 8cqu’elle laiffoit paraître les cuisses. 2. Ibycus, apeliantlesfilles de Lacedemone Phanomerìdes , ne fe fondoit point furce qu’elles portoient un habit fort court, mais fur ce queleur habit fendu de chaque côté laiffoit voir leurs cuisses.C’est Plutarque qui nous donne très-clairement cette rai-son de la raillerie d’Ibycus (71 ). Je m’étonne que Cra-gius ait pu commettre la faute que l’on va lire. E& (mu-lieres) ìnstituto veteri vestes supra genua decurtatas defere-bant. Unde (ftuivonyfifcç dìïl& funt ab Ibyco Po'èta , ut tefta-tur P lutar chus , tanquam qua femora mda oftenderint (72.).Peut-on dire qu’un habit qui ne va que jusqu’au genoulaisse voir les cuisses ? Le haut de chausses que les hom-mes portent depuis tant de siécles ne prouve-t-il pas lecontraire dans toutes les variations par où la mode le faitpasser? 3. 11 n’est pas vrai, généralement parlant, ouel’habit des Lacédémoniennes fût court. L’autorité deClement Alexandrin est mal alléguée. Cragius ne Fa pasprise du bon côté. OvSì yàp, dit ce Pere (73 ) , wìt yfwXzùzTTsp ràç A ccKOtívcaç ircspôévovç s^aÂíaSzi kzKóv' ycep

pévaç ortovv k^oyu^vov 7 $(Kt yvvaiKÒç ev 7 rpe 7 réç. C’eít-à-dire , i/n’est pas beau de porter des robes qui n’aillent que jusqu’audessus du genou , comme on le dit de celles des filles de Lace-demone; car la bienséance ne souffre pas qu’une femme faffevoir a md aucune partie de son corps quelle quelle soit. D’a-bord on volt là que Clement Alexandrin ne prétend pasque cette vêture Lacedemonienne laissât voir les cuisses ;mais qu’i] la blâme de ce qu’elle laiffoit voir les pieds 8cles jambes. Cragius devoir pour le moins s’en tenir là ,8c ne monter point plus haut. J ajoute que l’on peutconserver à ce Passage toute la vérité nécessaire, sans iu-poser que Clement Alexandrin ait prétendu que les fillesde Lacedemone aboient toujours ainsi vêtues: il suffitqu’estes parussent en cet état, quand elles alloîent à lachasse, quand elles lutoient, ou quand elles faisoientquelque, autre exercice. Or cela ne prouve point queleur habit fût fort court : cela prouve seulement qu’ellesse troussoient jusqu’au dessus du genou, afin de n’en êtrepas embarassées. C’est ce qu’il faut suposer nécessaire-ment, à moins qu’on ne veuille accuser Virgile d’unegrossière ignorance; car il a donné aux filles de Lacede-mone une longue 8c large robe, mais retroussée fur le ge-nou quand elles chassoient:

Cui mater média sese tulit obvia stlva

Virginie os habìtumque gerens , ez virginie arma

SPAR.TANA

Namque humeris de more habilem suspenderat arcum

Venatrix, dederatque comam diffundere ventis

NuDAGENUjNODOQJuE sinus collecta pluen-tes(74).

La description, que Pollux nous a laissée-de l’habit desfilles de Lacedemone, ne nous permet pas de douterqu il ne fût long; car cet Auteur dit que quand elles fedélaçoient jusques à un certain point, elles laissoient pa-raître leurs cuisses depuis leurs pieds. C’est ainsi qu’ils’exprime, (7;). On peut donc compter pour une chosecertaine, qu’à l’égard du fait Cragius 8c ceux qui le sui-vent se trompent : mais on pourrait dire quelque choseen leur faveur, à l’égard du raisonnement qu’ils ont fon-dé sur le fait. Un habit pourrait être fi court qu’il lais-serait voir les cuisses. Volez ces paroles de Martial, Di-midiasque nates Gallicapalla tegit (76); 8c ce que Dubra-vius observe des modes qu’un Roi de Boheme (77)apor-ta de France. Il laiffoit croître ses cheveux fort longs , sechauffoit de souliers pointus («), cz ne s’habilloit que de pe-tits

(69) Bít/Aé-tievoe yiip SVOUoioTlie w}orteí^ovçeívat toì>çZTxpriáTaç iorpoéyeraí

TOVÇ 7 T 0 ÁÍTXÇ%Tt ’KteíçOVÇ

vroisïerôujTcâìSut;, Namcum vellet la-tor legis (juAm

flmimos esseSpartjatas ,invìtavìt at-qv,e allexitcivets adquampluri-mos libcrosprecreandos.Aristot. Libr.II de Repub.Cap. ix,Z47, G.

(70) Lace-demoneanc.& nouy.pag. 172.

(?r) Votez cl sdessus U,

rôles de Plu-tarque , 7 {e-marque (B) ,Citation (g).

(72) Cra-gius , de R.e-publ. Lace-dxm. Libr.III, Cap. IX,pag. m. 1 s s.

( 73 ) Clem.Alexandr.in Pxdago-go, Libr. II,Cap. X,pag. 204.

( 74 ) Virgil,JEneid.

Libr. I 9Vers. 314,

(77) E’j iu-Aiiro Sì nuiÔ Tâ/VOTiCpùg-vm outio%.ir 010 taxai;,OÙ TO/J2AÚ-GievTeç ’áxftrivòç ràçotTgpuyuç,

Ijí tíjç xárairêÇti ocupé-

tpouvoi/ TOÙÇPW°i>C liÚAl-çûí eeï S/ng/i-

Ttúrth; , L;

0/àî TOVTO

<Ponvo[zifpíSa^

àvófjctÇov.

Isa autem dt-cebatur etîamvirgìrmm tu.-piicuía : ctíjusfostejuam ali -quo ufiftte pin-nas solvìjfimt ,à malleolo in-feriore pedìsfemora ofien-debant , maxi-me Spart ana 9quas idcircaphanomeridasappellabant .

Jul. Pollux,apud Meur-sium, Mis-cell. Enco-ure. Libr.

Cap. XIX ,pag. 8

(76) Mar-tial. Epi-gramm.XCIIILibri 1 .

( 77 ) Jean dela Maison deLuxembourg.