L Y C U R G U E. L Y D I A T. li;
(78) DUbia-à, Histor.Bohem.
Libr. XX,«pud Vale-«ana, pag,6r.
tîis manteaux courts , qui ne couvraient que le haut des cuìs-ses : Inerat ei peregrims habìtus in nutriendis comis , in cal-ceandts pedibus rostratis calceis , in vestiendo corpore palliolisvix dimidìas nates tegentibus (78). Mais je persiste àmaintenir que la nudité des cuisses, que l’on reprochoitaux’Lacedemoniennes, ne venoit point de ce que leurjuppe étoit trop courte; car si elle eût ressemblé à nosculotes de Page, ou aux habits dont parlent Martial &Dubravius, on ne se fût pas contenté de les apeller pha-nomerides. II n’y a personne qui ne comprenne fort aisé-ment , que si leur juppe, qui étoit fendue des deux co-ter, sans être cousue au bas des fentes, ne fût descenduequ’un peu au dessous des fesses, elles eussent fait beau-coup pis que montrer la cuisse, quand elles eussent mar-ché ; desorte que les Poètes, qui avoient en ce tems-làplus de liberté qu’aujourd’hui de-s’exprimer grossièrement,leur eussent donné une épithete beaucoup plus forte quen’est celle de ph&nomerìdes , montreuses de cuijfe. II n’estpas nécessaire d’éclaircir plus amplement cette pensée.
§. («) Ce n’est pas ainsi qu’il faloit rendre le calceisros-tratis de Dubravius. Les souliers qu’il appelle rostrati senommoient en François souliers à poulaìnes , c’est-à-dire ,à la Polonaise, espece d’escarpins, dont le bec étoit re-courbé en forme de proue de navire, à la maniéré despatins. Certains sabots ont retenu quelque chose de cerostrum des souliers à poulaines, appeliez d’ailleurs ainsi parMezerai, fur l an 1365 de son Abrégé Chronologique. Onpeut voir sur ce mot la Note 31 furie Chap. VII. duII. Livre de Rabelais. Rem. C r i t.
Au reste, la mode des habits courts eût été portée à,degrans excès à la Cour de France (p), si ce qu’on lit
dans un Auteur Italien qui a vécu vers la fin du X V sié-cle étoit vrai. II supose qu’un Voiageur Italien dédai-gna d’aller eii France, tant à cause que les Françoisétoient ignorans, qu’à cause que leur Monarque poitoitun habit si court qu’il ne couvroit pas les parties qu’onne nomme pas. Cur obsecro trans Alpes non frofeâlus ?Gsuoàsctrem Galles maxime fiolidos ejfe, corpusque curare mu-gis quam animum colere : regemque eorum quamvis splendi-diffimum tam brevi tamen veftitu incedere, ut puàenda nonvelet, ac fi Cynicorumseêlator fit inftitutorum (79).
§ (si) La Mode des habits courts avoit régné en Fran-ce , pour le moins dès Tannée 1346 : & Gaguin , fur letems de la Bataille de Creci, Liv. VIII. de son Histoi-re , parle en ces termes, &c de cette m °de, & de T in-constance de la Nation Françoise en fait d’habits : Fuifiéper id tempus per Franciam vefiimentorum nìmiam deformi-tatem, Scriptores tradunt: ita ut joculatoriam vitam agereFrancos à vestìbus judicares. Crediderim non defuijfe ilU s z?lasciviam atque superbiam , qmtidìana gentis mala. Itaquevel angustia, vel laxttate : item brevitate , feu longitudine ves-timentorum , Galli semper peccant. Apparemment que ,comme l’insinuë Gaguin, on ne tarda gueres à se lasserde ces habits courts ; mais, quoi qu’il en soit, ils parois-soient encore, & plus que jamais six-vingts ans après ,puisque le Roi Charles V. fut obligé d’en bannir la mo-de, & d’autres encore non moins ridicules, par Editsdont parle Mezerai fur Tannée 1365 : & cependant, tantest vraie la remarque de Gaguin, la même mode des ha-bits courts étoit de nouveau en France, St même vérita-blement fur le Throne, fur la fin du XV. Siecle : suivantle témoignage oculaire de Jovien Pontan. Rem. Cri t.
LYCURGUE, Orateur Athénien, fils de Lycophron, & petit-fils d’un autre Lycur-gue que les trente Tyrans firent mourir, florissoit en même tems que Demosthene. II philo-sopha d’abord fous Platon j mais ensuite il s’attacha à l’Art Oratoire fous Isocrate, & s’avançaaux emplois publics (a). Ce fut un Juge tout-à-fait sévère, & qui va de pair avec le Pré-teur Cassius (A). On parle assez amplement de lui dans le Suplément de Moreri; mais non
Î >as fans commettre quelques fautes (B). On le confond quelquefois avec Lycurgue leLégis-ateur de Lacedemone {b).
(b) Lindenbroch in Ammian. Marcellin. Lií. XXII, Cap. IX, ir Corradus in Cicer. a d Atticum, Libr. I, Ëpist.-XIIÎ,prenent pour Lycurgue de Lacedemone, celui qu 1 il faloit prendrè pour P Orateur Athénien.
(A) Ce fut unJuge[tout-à-faitsévère, & qui va depaiAvec le Préteur Cassius.] Cela paroît par ces paroles d’Ammien Marcellin. Verum ille, il parle de l’Empereur Julien, judicibus Cajfiis trifiior or Lycurgis causarum momenta aquo jure perpendens, suum cuique tribuebat, nusquam ,vero abdutlus, atrius in calumniatores exsurgens quos oderamultorum hujufmodi petulantem sape dementiam adusque discrìmen expertus, dum ejset adhue humtlìs c? privatus ( 1 )
Marque observe qu’on disoit de ce Lycurgue qu’]rempoit sa plume dans,la mort, pensée qui ne s’accordpas mal avec le reproche qu’on faisoit à Dracon, d’avoimis ses Loix par écrit, non avec de l’encre, mais avedu sang ( 1 ). É'<r%£ Sè xceì rou %çeo; rie tp'JMexìjv , xxl rtë
xcer.oúpyaiv trijv cvlXtjlnv , c'f e'fjAusev Uosavrceç, <5ç xoù tSv wpusTm híovç, híym > A vxoSpyov où ptéhotn «Mà éxvÚTip xt‘ avTel xixdAeefiw kutìí rSv '/reiuífâv > oí/ra <soyypú<peiv. XIrbis ettam custodia ei mandata fuit, or maleficorum comprehenfio. Quoquidem omnes expulit : adeo ut Sophiftarum quidam dicerentà contra malos scribere, ut qui calamum no,
renr7l^r sed ™bueret ( 3 ). Diodore de Sicile l
represente comme un Accusateur très-piquant (4) j 0 ;
gnez a cela ces paroles de Cicéron : Nofmenpfi quìsycur
gei d principio suijjemus, quotìdk demitigamur (5). Voie-
la Remarque suivante à l’endroit qui concerne Ibis.
(B) Non pas fans commettre quelques fautes.] I. II faloidire en général qu’il chassa tous les malfaiteurs ( 6 ),&noisimplement tous les faineans & tous les vagabons. II. Je ntrouve point qu’il ait excellé dans les exercices, ni qu’il ai
--r——, ete^ tres-souï/ent vainqueur dans les Jeux qui se celebroient e
ív toìc, i. 6 yoi; prefince du peuple. III. II ne faloit pas dire que quand :tcapiyofoç. se fit porter au Sénat pour y. rendre lui-même publiquement u,
compté exaíl de toutes ses aidions, elles furent louées de tout ine àloit pas, dis-je, débiter cela,fans observequ st s ele va un Accusateur dont il réfuta les calomnies ( 7 )cc il ne faloit point passer fous silence qu’il fut accusé diverses fois (8). IV. Les Athéniens, s’il en faut croire 1Suplement, le regardant comme un perjonnage qui avoit elui quelque chose de divin , lui consacrèrent âpres fa mort «
(1) Amm.Marcellin,
Libr. XXII,Cap. XIX,m. 32i.
(z) AuudSut
ilçspov sùùo-xfHU<rer, sì-aràw Sti Sîtei'uxTOS oùSiée fíÉA«vo{rois vipun/çc ù. f Kiev'íypx-peo,tostmodumlepìde ait De-7 nades fangui-7 te Dr-aconemnon airamento
fcrtpMè l&s-ïlutareh.f»Solone,
87 . £,
(î) Plutai-
chus, in
Vitis decemRhetorum,
pag. S41.
Í4) IF" SìocixpÓTUroç
Diodor.
Siculus,
Libr. XVI.
Voiez. aujjiDenysd’Halicar-naffe, inCensuraver. Scrip-torum , pag.
m. 192, 193. (s) Cicero ad Atticum, Epist. XIII Libri I. (s) Plutarqin Vitis decem Rhetorum, se sert dtt mot xíxovpyoç, maleficus. (7) pj^,chus, ibidem , pag. S42, E. (8) Plut. in Vitis decem Rhetorum, pag. >
ibis (oiseau d’Egypte semblablé a peu pr'es à une cigogne) dcmême que le hibou avoit été consacré à Xenophon : C’estn’entendre rien dans les paroles de Plutarque fur quoil’on se fonde; voici comment Amiot les a traduites, o»surnommoit Lycurgus, Ibis qui est une cigoigne noire, Ct di-soit on communément à Lycurgus l'ibis, à Xenophon le Chat-huan. Ce Passage de Plutarque (9) est en fort mauvaisétat; mais il est pourtant aisé de voir qu’il ne signifie pasce que Ton débite dans le Suplément. Le doéte HenriValois nous aidera à Tentendre: Vnde' (10), dit-il, etiamIbis cognominatus ejfe vìdetur, quoA scilicet ut ibis angues,fie ipfe noxios cives g? peregrìnos expelleret. Arifiophanes inAvìbus :
l"si<; Aooxoùpyai, zotipepuvTi vvureptç.
Qjtanquam scio Scholiaflem ejus cognominis aïtam afferre cau-sam, quod scilicet FEgypto oriundus, aut quod longis cruribuseffet Lycurgus. Sed noftram sententiam confirmare vìdeturPlutarchus in Lycurgì Rhetoris Vita : ubi ex verfum illumAristophanis adducit, sed mendosum ( 11 )- n me vient unpetit doute. Cette Comédie d’Arislophane fut jouée Tanz de la 91 Olympiade (iz), & Lycurgue non seulementétoit en vie Tan z de la 111 Olympiade, mais il étoitTun des plus fameux Orateurs que ceux d’Athènes refu-sèrent de livrer à Alexandre (13). Quel âge ne faudroit-il pas lui donner quand il mourut, si c’étoit de lui qu’A-ristophane a parlé dans fa Comédie ? Ce Poète failbit-ilmention de gens obscurs ? V. Quand on dit que sur le té-moignage de Demosthene les fils de Lycurgue jurent bien-tètremis en liberté, on déclare manifestement que Demos-thene témoigna de leur innocence; mais cela est faux.II étoit alors en éxil, & il écrivit aux Athéniens qu’onles blâmoit du traitement qu’ils faiíoient aux fils de Ly-curgue (14). Là-dessus on les relâcha. Ce ne fut pointparce que fur le témoignage de Demosthene on les crûtinjustement accusez. VI. II ne faloit point citer Hérodo-te, qui étant, mort avant que Lycurgue fût aU monden’a pu rien dire de lui. La Citation de Pausanias est fous*frable, quoi qu’il n’ait dit (13) qu’une petite partie de cequ’on raporte ; mais n’avoir pas cité Plutarque, c’est uneomission qui ne se peut pardonner.
LYDIAT (Thomas) Anglois de nation, publia quelques Ecrits au commencementdu XVI siecle, dans lesquels il attaqua les fentimens de Scaliger, & ceux d’Aristote, &c{A). Scaliger fe fâcha fort contre lui, & le réfuta avec beaucoup de hauteur. Voiez les
Prole-
(A) Il publia quelques Ecrits . . . . , dans lesquels il at-taqua les fentimens de Scaliger, Z? ceux à' Aristote, gy-g/j jjfit imprimer à Londres en 1605 un Traité De variìs an-norum firmis , où il réfute Clavius & les Mathématiciensdu College de Rome, Sc Joseph Scaliger. Voici un Pas-T o M, m,,
sage du Scaligerana, où on l’accuse de n’avoir point en-tendu cc qu’il censure de Clavius; Lydiat est melancholi-cus, JEqutnoiïium mirum statuts 36 dtebus post/olitum, c V. dicit à veteribus sic observatum. Reprehendit Clavium, gpillum non capit (1). Mr. Konig fait mention de cet Ou-vrage
(7 9) Joviáo,Pont anus,tn Dîalogo
Antonius,pa^ m.
(a) Pliitar-Ichus, in Vi-tis decemRhetorum-pag. 84-,
(9) Ibidem l ’pag. 84} > D.
(10) C est-À-dire, panequ’il accusaitaigrement & ;ardemment ,
(ri) Hernie,Valeíìus inAmmian.Marcellin.Libr. XXII,Cap. IX,pag. m, 321.
f12) VideSam PetitíMiscellaneâ,
L,br. I,
Cap. X.
Diod. ]Siculus,
Libr. XVII,Cap. XV,
(rQ' Plut.Vitis decemRhetorum,pag. ? 4 i, D.
(i S ) Pausan ’ •Liir. I,pag. 19 ,
(t) Scalíge-
rami, VeceLydiat,