L I P S E.
ìîf
environ Tan r f 74, & il n’en eut point ssenfans. Quelques-uns disent que c’étoit une trés^mé-chante femme (F) ; mais il assure qu’il vécut en paix avec elle. Je ne sai íì je dpis dire queson écriture étoit très-mauvaise ( G ) j & que sa conversation & sa mine ne répondoient point àl’idée qu’on-s’étoit faite de lui (H). Ses Amis ne l’abandonnérent point après fa mort à la(^TVej u Critique de ses Adversaires (/); mais il . étoit difficile en bien des choses de faire son Apologie*W’ Je ne mets point en ce rang-là ce que le Pere Garasse se crut obligé de censurer (d). Lipse sevit accusé plus d’une fois d’avoir été Plagiaire, & ne voulut point demeurer d’accord qu’on
l’en
(37) Op«! estf*ne non ine -Tuditum , <£rquod arguaifcrìptoremm ulta leftio-
* nìsi quodsupra moittmWodeflU es-serve f ci t , qttonomme etiamserio repre-hensus est abhero'é Scalì -gero.
^audiuSiïpist. L VI.Centur. II,
?- 242.
( 38 ) Ibidem,
( 39 ) Gruter.aptid Qi.iiri-num Reute-ium Epist.CCCXCIII,
inter eas 'qti*ad Goldas-tura script*prodieruntamìo Í 688 ,
( 40 ) Voiez,le Recueildes Lettresécrites àGoldast,publié Van2 tí 8 8 , p, Z91.
son eût fait un Livre si violent contre Lipse (37). II ditauffi que c’est ignorer lesLoix de l'humanité, 8t les droitsdes belles I ettres, que de prétendre que les Savans doi-vent épouíer les uns contre les autres les guerres d’Etat,& les querelles de Religion, & que pour lui il ne suivrajamais ces maximes, pendant qu’il lui restera une goûtede bon sens. Non dijstmulo , nec unquam dissimulabo, in-tercedere mihï cum Lipfio, extra caussam religionis cy liber-tatis, ob quant publice bello decertamus, omnia jura summttnecesfitudinïs, quét cum ullo mortali ejfe pojfunt. Numquamlitarunt Gratiis, c? ignorant quid humaniores litera , quidhumanisas ipsa flagitet , qui ob eam rem testatas inimicitiaspromifcue omnibus indicendas ejfe arbitrantur. In eo cenfunon erit Baudius , quamdiu fanam animi merîtem obtine-bit (38). Gruterus, qui avoit des Lettres de Lipse, nevoulutjamais les communiquer à ceux qui les lui deman-dèrent,pour en faire part au public. 11 ne voulut pas four-nir des armes contre l’honneur de ce savant homme.Lipfii Epifiolas amici multi à me petierunt, quìbus jemper ne-gavi quod nollem quidquam ex iis depromi unde ei aliquidinureretur infamia. fi 9). Mais Lingelsheim (40) ne fut pas
custodìa hac me halet. Liberos' tamen nullos genui, nec huneconjugii fruclum aut lenimentum Detts dédit (50).
(G) Son écriture étoit trés-mauvaife .] IIl’avoue lui-mê-'me, 8c il réfute par là ceux qui prétendoient avoir im-primé fur l’Original la Harangue de duplìcì concordia; furson Original, dis-je, très-bien écrit. Ego belle cy mundu-le firibo ? dit-il (çi). Vellem,fed totam Europam tefiemnxMeyi>a<t>fxç hujus habeo, cy querelas quod autographa meaagre vel non legant. Confirmons cela par cePaflàge de Ga-briel Naudésçz) : „ Ce digne escolier de nôtre Muret M.,, Antonìus Bonciarius de Perouse se plaignoit un jour,„ qu’il ne pouvoit lire que les deux ou trois premieres,, lignes des Lettres que Lipse lui escrivoit, parce que„ tout le reste estoit griffonné d’une estrange sorte. Nan-„ celius en disoit autant de l’escriture de RamuS.
(H) Sa conversation cy fa mine ne répondoient point à l’idéequ on s’étoit faite de lui.] Voici l’aveu d’Aubert le Mire (53)fur ce fait-là : In gejiu, cultu, fermone , modicus fuit : adeout plerique, quibus magnos viros per anibitionem testi-mare m os est, vifo afpectoque L1 p s 1 o quasrerent fa-mam, pauci interpretarentur (*). Constat certe exteros,
(50) LîpsiúS;Ep. LXXUCmty.r. adGermanos& Gallos ,pag. m. 7°S-
( 51 ) iipsius,Ep. LXV1UCentur. adGermanos& Gallos,pag. m. 701.
( 52 ) Dialog*dé Maícu-rat ,p. 363,
( ) In Vitá
Lipfri, p. 32,
fi délicat, veu qu’après s’être servi de quelques Lettres ’quos ab ultimâ etiam Sarmatìá , ejus videndi audiendiqueque Lipse étant à Iene avoit écrites à Camerarius, il les gratìà (ut olim magni illius Livït) fréquenter venijje feimus,offrit à Goldast pour être imprimées (41). Goldast avoit cum Lipsium vidèrent, eundemsape requistvijsè.
#ìpî<a sent- à T t’«Â. 1^. J —.. „,, s t\ «« V/iU/iv>/hin.nprp.nt tfìíflt ... à. la
déja fait à Lipse la supercherie dont j’ai parlé en un au-tre lieu (41).
II faut convenir , comme Baudius l’affûre , que lesLoix de la générosité ne permettent pas, que l’on se pré-vaille de ce qu’un homme peut avoir écrit confidem-ment à ceux avec qui il entretient commerce de Lettres.Les Paiens n’ignoroient pas cette vérité; car voici com-( 41 ) Goldast ment on relança Marc Antoine, qui avoit récité devantjubiu quel- le Sénat quelques Lettres qu’il avoit reçues de Cicéron.lues Lettres At etiam literas, quas me fibi mifijfe diceret , recitavit; ho-mo cy humanìtatis expers , cy vita, communis ìgnarus. 6 }uisentm unquam qui paulum modo bonorum confuetudinem nof-fet, lifteras ad se ab amicomijsas, ojfensone aliqua interpo-siez in médium protulit , palamque recitavit I Squid est aliudtollere e vita vita focietatem, quam tollere amicorum colloquiaubfentium ! Suam multa joca soient ejfe in Epiftolis, qua prola-*a fi fint, inepta videanturì quam multa séria neque tamena 0 modo divulganda ? Sit hoc inhumanitatis tua (43). Biendes gens croient qu’en faveur de la Religion il est per-mis de violer cette belle Loi, c’est-à-dire , lors qu’onpeut décrier un homme qui a écrit contre notre Religion,ou qui par fa révolte pourroit ébranler la foi des simples ;& ainsi ils ne font point de scrupule de publier jusqu’ades Billets de cet homnïe-là, s’il leur en tombe des co-
anecdoteslipse ,s«, leTare de Lipíu
tetyxvce.
C 42)
V-jtrúde deGOIDAST ,'Remarq. (/).
( 43 ) Cicero,Ehilipp. II.Cap. IV.
f 44 ) Mois dedécembreI68 S >?«.1337.
(I) Ses Amis ne ïabandonnèrent point ... à la Critiquede j es Adversaires .j Le Jésuite Scribanius, selon F espé-rance de Lipse (54), se porta pour son défenseur. V’oiez,son Orthodoxa fidei controversa , sa Defensto Lipjii poftuma ,cvc. Claude Dausqueius Chanoine de Tournai publia l’an1616 un Livre qu’il intitula D. M a r x a. Aspricolli sOATMATO Tprox Scutum .... alterum item A. LipjiiScutum: utrumque adversus AgrtcoU Thracii fapjrìcas peti-tiones. 11 veut dire qu’il répond à un Ouvrage que Geor-ge Thomson, Ecostois, publia à Londres Fan 1606 fousce Titre: Vindex veritatis adverses Jufium Lipjium libriduo. Prior insanam ejus religionem politicam , fatuam ne-fariamque de Fato , fceleratijfimam de fraude docìrmam re-fellit. Pofterior ^eoSorroefSévou Sichemienjis , id est Idoll As-pricollis , Dea lignea miracula convellit. Vterque Lipfium aborco Gentilifmum revotasse docet. Voiez la Remarque (Ajdel’Article Lingelsheim, Citation.(iz). Je ne parlepas de ceux qui Font attaqué ou défendu fur des matièresde Litérature. Vincent Contarini, successeur de Sigo-nius dans la Chaire de Padoue, critiqua (;;) assez docte-ment Juste .Lipse Fan 1609 circa frumentariam Romano-rum largitionem cy militare Romanorum stipendium.
Garasse, qui lui donna deux coups de dent, fut bienrepoussé. II prétendit (56) que le dogme de Lipsms fur la
< 4k ) 3al-duin. Res
pies entre les mains. Ils seroient peut-être plus scrupu- destinée est une vraye chimere fans fondement, & le blâ-
1^11 V C llo Af At att 4 - A.. ... ò 1 _ t ~ ï 1* _ _ Svt rt / A n N *1 .. n ft a -7 a A tt rf A.( E. 1 L . . T /yi A 2*. A« * I .Jji . A 1 . . A m— .
leux, s’ils étoient eux-mêmes la personne à qui l’on au-roit écrit ces Billets; car il n’est pas auffi contraire à la
uuui, ives- ▼ • j — ——, '-‘ï-*. u ui u
pons. 11 ad dont nous parions, de publier une Lettre
jo. Calvin.pag. s 6.
Í 4 S) Patin,LettreCCXCIV,t<*g. 5«r dull Tome.
tre a r™ nTri ’ Cf puDller nne Lettre qu'un au-tre a reçue, que de publier une Lettre que l'on a reçuesoi-meme. Voiez l’ Avertissement des Considérations gé~nérales fur le Livre de Mr. Brueys, imprimées à Rotter-dam en 1684. On y divulgue un secret que Mr, Brueysavoit écrit à un Ami. Voiez aussi les Nouvelles de la hominis & jumentorum, & œqua est utriuíque condìtio.
ma (57) d’avoir drejjé des Mausolées à ses trois petits chiens,dom le premier s’appelloit Mopsus, le second Sapphirus, letroisième Mopsulus, comme il se void dans le Livre qui portepour filtre, Delitia; Christiani orbis. Je ne puis aggréer ,continue-t-il, toutes ces inventions ridicules cv profanes,dr' autant que défi dire en bon François , quoy que l intentiondes autheurs puìjfe estre bien dìjferente , Unus interitUS est
République des Lettres (44) > dans l’Extrait des Dialoguesde Photin & d’Irenée , où Fou inséra une Lettre deMonsr. Ranchin. Le Jurisconsulte Baudouin reproche àCalvin d’avoir imprimé plusieurs Lettres qu’il lui avoit^)' a Voiez le Pere Quesnel contre la Sentencede 1 Archevêque de Malines fondée en partie fur les pa-piers qu on lui avoit saisis. II cite Nicol. de Clemangis,Epist. 4LIII. 6
(T) §hfelques-uns disent que fa femme étoit une tres-mé-chante femme.] ,, Le bonhomme Lipse qui avoit une,, méchante femme a dit quelque part en ses Epitres, qu’il,, y a quelque secret du destin dans les mariages (46) ",Voici le Passage dont Patin entend parler: Vxorem duxi,dit Lipse (47), tne t magis animi quam amicorum impulse.Sed, ut ille ait (48) , rà p.h dp z ou IzéxKmm ôco) ccutoí, àDiis fataliter hoc decretum, cy concorditer fane viximusfruElus tamen matrimonii , id est liberorum, exfortes. On acru que Lipse ne changea de Religion qu’à cause de sonambition, cy de l’importunitè de fa femme, qui étoit ex-traordinairement superstitieuse. Mr. Teiffier (49) assure ce-la sur la foi de Scaliger, dont il cite la CXX Lettre du11 Livre. J’ai parlé à des gens qui m’ont fait des contesde l’humeur bourrue de cette femme. Ils les avoients's Eloges, ouï faire à des vieillars qui avoient vu Lipse.í4**3Si ’ Quelques Marchands du Païs-Bas racontèrent à Flo-3 ' rimond de Remond Fan 1600, que Lipse s’étoit marié.II l’en félicita; mais Lipse lui répondit que cette nouvellel’avoit bien fait rire, 8c qu’il y avoit long-tems qu’il étoitdans cette prison. At de conjugio, quod tu à Mercurialibusnostris audìeras, quam rifum mihi movit ! Ego , vtr optime,non recens in eam najfam veni , sed annos jam vigmtisex
(st) TadtííS
*Agricolte*
(54) HtM .importune <juijam abeuntem& majoramagifqueséria médi-tant em ,su~petvacub la-cejsis ■ siOpus ir tisttifucrit nondeerit arnicaalíqua marins( é" Car ohm,Scribaniumi .. designa,stbat) qu*Lipsium nonpatietur inul «tum. MirxuSjin Vita Lip-
ûi,pag.zs.
( 55 ) SonLivre futréimprimé àWefei Ion166s in12.
(jSjGarasséjDofc Cu-lieuse, pag.343 .
(57) Là-mè*
me, pag. 904,
( 47 ) Epist.XXXXVIICentur. IIImifeell. pag.t». 313.
( 48 ) Voicice que ditAubert leMhe dansla _ Vie de
Eipsejp, j z ,Sed > ut iïleait > sic eratst fatis , érJetaient virofataincequetorum esse
Euripides]oiiin xno-juit, Lip-«US usu
^idicit,
(49) Addit.
(S S) Cenlu-Jté de la
Le Censeur de la Doctrine Curieuse de ce Jésuite sou-tient (58) que le destin enseigné par Lipstus est conformeau sentiment de Thomas d’Aquin. II raporte (59) qu’-í«-bertus Mir&us ... n'a pas oublié l’affeâïion que Lipsius avoit Doctrineaux chiens, cy le nom tnej'me de trois qu il avoit chéris fur Curieuse,les autres ... il les avoit saisi peindre en un tableau avec m ~ ISS *leur nom à chacun d'eux, leur aage, leur poil, cy quelques . ,vers au dessous, ou il avoit rencontré non moins ingénieuse - IfiJ '
ment que plaisamment Vers cy Inscriptions qui font rapportéesdans le Livre intitulé Selectse Christiani orbis delicias.
Voilà ce que Garasse prend pour tombeau cy epitaphe : telle-ment que quiconque fait peindre son perroquet, son chien, sonchat , sa femme , cyc. avec quelque inscription ou quelquevers, lui dresse un Epitaphe, un Mausolée. . - - - Qu-ant àïèpitaphe du seul Sapphirus qui se trouve dans le Livre sus-dit, Select» delicise, cyc. c est une picce supposée, que^ mes-mes le compilateur F. Suertius ria pas osé mettre auprès destrois inscriptions qui se trouvent soux le ttltre Lovaneníìa,
C9- que sans doute quelqu un a moule facilement fur l inscrip - 1
tion de Lipsius de son chien Sapphirus , pour exercer son esprit,
comme il est facile À voir par Ustmple leùìure. Le Cenieur
ajoûte que la prétendue profanation, que Garasse trouve
la est une chimere; il s’etend assez là-deïìus , &; fait
voir l’impertinence de la raison qu’on avoit fondée sur le
mus est interìtus , e*. Mr. des Marets (60) , qui a cru ,
que ce Critique de Garasse etoit un Anonyme Docteur N ^
de Sorbonne, s’est trompe : il eut du lui donner le nom ,-„‘ S aiute’
de Charles ■ Ogier («), 6c lui oter le Titre de Sorbo- Reformât*
nista. Erra.
§. («) II faloit dire, François Ogier, Frere de Charles, {,a ^ s6 ‘Rem, Cri ï.
Q 3 ' K) R