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Tome troisieme. K - P.
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LOGES. L O G N A C.

rZ5

Tetites

Réflexionsfur ce quedessus.

(i) Ceìuì quifut décapité*n I6sr.

(z) Tiré deCayet,Histoire dela PaìXîj'ò-lio 319 verso,

(3) Cayet,Chronolo-gie Nove-naire, Tom.I,folio r 09.

», Ab c en est sait ! je cede a la rigueur du sort b' », Je vais mourir-, je me meurs-, .je fuis mort-,

», qui est de feu M. Habert Ceriíì, l'un des plus beaux,, Esprits de nostre temps”. ;

Qui'ne voít là un exemple de l’incertitude historique?Mr. de Balzac Croioit communiquer à son Ami un faittrès-certain » un morceau incomparable d’Anecdotes » 8cinfiniment précieux à quiconque souhaite de bien savoirce qu’on apelle perfonalitez.. II l’avoit persuadé à tous sesLecteurs. Mr. Ménagé , l’aiant transféré dans l'un deses Livres, étoit prêt à le répandre encore de toutes parts;le hazard voulut que Mrs. de Racan 8c de Gombaut vé-cussent encore, 8c désabusassent Mr. Ménagé avant queses Observations fur Malherbe se vendissent. Voilà d'oùvient que le public n'est plus dans l’erreur. Si ces deuxMeilleurs fussent morts fans avoir parlé de cela à Mr.Ménagé, ou s’ils lui en eussent parlé en un autre terns,la prémiere narration auroit peut-être encore tout soncrédit. Combien y a-t-il d’autres faits, 8c beaucoup plusimportans, qui passent d’âge en âge, 8c de génération en gé-ratìon fans que personne en conoisse la fausseté, faute deces rencontres fortuites, qui ressemblent à la Conversation

de Mr. Ménagé avec Mr. de Racan j & avec Mr. de.

Gombaut? Quoi qu’il en soit, voilà Madame Des-Lo-ges déchargée du blâme d'avoir composé des Vers un peutrop gaillards. On ne peut nier que Balzac n’ait eu rai-son de trouver que la fin de l’Epigramme est peu con-forme à la modestie, & à la pureté qui doit regner danstous lés Ecrits du beau sexe. Ce n’est pas qú’il failleadopter la temeraire 8c la trop rigide Maxime de ceuxqui prétendent qu’une femme , qui reprocheroit à unhomme qu’il n’a que des paroles, déclarèrent en mêmetems qu’elle est bien fâchée de n’en avoir point tiré, 8cde n’en tirer point journellement quelque chose déplus „ easjyiaréel. Cette Maxime est outrée 8c fausse ; mais qui n’ad- herbe,mireroit Mr. de Racan, s’il étoit vrai qu’il fût l'Auteur aitribrst ra-de la Vie de Malherbe (n), imprimée avec quelques ' te Vie “ ^ap-pétits fraisez en 1672,: qui ne l’admireroit,dis-je, de obï

dira que cerécit ct étéjowtpar melicence de Li-braire k la

Vie de Malherbe dans P Edition dei6 72. Les licences des Libraires devroient ‘être cttéejen exemple plus que celtes des P octet y car elles les surpassent .

fti) A&.Me*nage, dansfeèObserva-tions furMalherbe,cite souventcette Viè, com*-me faite parMr. de Ra-can. Morerîne í* a pointsu; il s'eftcontenté de diredans Phéni-cie de Mal-

ce qu’il auroit apris à Mr. Ménagé les méprises de Bal-zac , 8c qu’il n’auroit pas laissé d’insérer tout ce récit deBalzac (iz) dans la Vie de Malherbe, fans le rectifier lemoins du monde ?

LOGNAC, ou LO IGNAC, ou LONGNAC, ou plutôt LAUGNAC (J),se rendit extrêmement considérable sous le Régné de Henri III, 8c eut beaucoup de part à lafaveur de ce Prince. II étoit brave, & fur ce point-là il avoit très-bien établi fa réputationpar quelques duels, 8c par des querelles que la Maison de Guise lui avoit suscitées (fS), &dont il s’étoit tiré honorablement. II fut Capitaine des quarante-cinq Gentilshommes ( C ), quifurent choisis pour 1a plus grande sûreté d’Henri III. II fut aussi Maître de la Garderobe (a),Le Gentilhomme de la Chambre de ce Prince (b). Tout le monde convient qu’il l’anima à sedéfaire du Duc de Guise ( D ), & qu’il fut présent à l'exécution ; mais on ne s’accorde pointfur la maniéré dont il y participa (E). On ne s’accorde point non plus fur fa disgrâce ; car lesuns disent tout court qu’il fut chassé à cause qu’il demandoit un Gouvernement, 8c les autres

di-

(ss) Lognac., ou plutôt Laugnac.] II

paroìtra par les Remarques fuivanteé que les quatre ma-niérés d’orthographier le nom de ce Gentilhomme, quej’ai rapo.rtées, fe trouvent dans nos Historiens. La der-niere est la meilleure, ce me semble; car c’est celle queDupleix qui étoit du même pais a emploiée; 8c l’on faitque la diphthongue au est fort commune dans les nomspropres en ce païs-là. Cette diphthongue se prononcecomme Yo à Paris & dans les Provinces voisines; 8c delà vint que les Auteurs mirent un o & non pas un a» dansla prémiere syllabe du nom de ce Favori de Henri trois.J’observerai en. passant qu’il faut être bien attentif si l’onveut entendre une Harangue Latine prononcée par desParisiens; car ils prononcent de la même façon aurum ,& horum : atirts , 8c oris; 8c ainsi de plusieurs autres motsqui ne lignifient rien de semblable.

( B ) Il avoit tres-bien établi fa réputation par quelquesduels , & par des querelles que la Maison de Guise lui avoitsuscitées.'] Le Baron de Biron (i) eut une querelle l’an1585 avec le Sieur de Carence fils aifné du Comte de la Vatt-

guyon . pour l'heritiere de la maison de Caumont quils

defiroìent avoir tous deux en mariage. Cette querelle fe ter-mina par un combat de trois contre trois : Biron, Loìgnac ,J? Janïffac ct un costé, tuerent Carency , d’Eftìjsac , ez*a Bastìe (z)-. L’Auteur qui .m’aprend cela raconte dans' ÍL autre «ístoirc ( 3 ) : ,, Que depuis que le Duc d’Es-" P ern °n s etoit retire en Angoulesme ; l e Roy avant» Pourveu de 1 estât de premier Gentil-homme de sa Clíam-,, bre le Sieur de Loìgnac, ce Seigneur avoit esté com-„ me une butte où par la persuasion du Duc de Guise„ tous les Princes de la Ligue avoient descoché leur en-

„ de faire fortune rendqit capables de tout: Lognac en„ estoit le Capitaine ( j )

( D ) Tout le monde convient qu il anima Henri III à. sedéfaire du Duc de Guise.] „ Avec cela le Duc de Nevers,„ 8c Lognac Capitaine des Quarante-cinq, irritoient fans„ cesse son indignation: le Duc de Nevers, parce qu’il„ haïssoit irreconcìliablement le Duc de Guise, 8c Lo-„ gnac, parce qu’ayant en quelque façon succédé à la„ faveur d’Espernon, comme en second avec Bellegarde„ cousin germain de ce Duc, il sçavoit bien que la Mai-„ son de Guise, tousjours ennemie des Favorits, ne le„ fouffriroit pas long-temps en ce poste-là (6)

(A) On ne s’accordepoint fur la maniéré dont il participaau meurtre du Duc dé Guise. ] II y a des Auteurs quiassurent que ce Duc, „ voyant que le Conseil n’estoit„ enepres commencé, voulut aller, à la Chambre duRoy,„ Sc ayant passé le long de l’allée qui y conduisoit, en-„ trant en la Chambre de fa Majesté,il apperceut le Sieur„ .de Longnac qui estoit assis fur un coffre de bahu, les,, bras croisez, fans se bouger. De longue-main il avoit„ soupçon que ledit sieur de Longnac avoit entrepris de„ le tuer: Sc estimant qu’il estoit là pour l'attaquer, il„ luy voulut impétueusement courir sus, 8c mettant fa„ main fur son espée la tire à demy : Mais le Sr. de„ Longnac, 8c quelques autres, luy voyans entrepren-„ dre un tel effort à la porte de la Chambre du Roy, le„ previndrent, 8c à Trustant le terrassèrent, & le defpe-,, cherent à coups d’espées , lans luy donner loisir de,, gueres parler. Voylà l’oplnion de ceux qui ont eferit„ ces Histoires imprimées à Geneve (7) : Mais l’opinionde la Ligue, est toute contraire à celle-là (8)”. La

,1 rt f 1 A1A «Ll MA X /«, I aITma /... \ _ ^ .1 —

(a) Voìíz. la\emarq. (f j,Citation (20),

(b) Voiez. la’Xtm. (B),

(s) M exéc-rai, AbrégéChronol.

Tom.

m. z 2 r»

(6) Là-mê-

M-, pag. 3:4,

„ vie. Le Chevalier d’Aumalle peu auparavant la mort Relation dont j’ai parlé ci-dessus (9) porte que Loìgnac„ du Duc de Guise, s’en estoit retourné à Paris: 8c de- avec son epée (10) s’arrêta dans la chambre où se devoirvant qu’y aller il avoit dressé audit Seigneur de Loi-

U) D’Au-ctguiei,Usage desVu-ls, chap.XXXIII,

4 ÎSÔ-

jaivat.

„ gnac une querelle fur le subject de quelques passions„ amoureuses, (ce qui advient d’ordinaire entre jeunes,j Seigneurs.) Loìgnac estoit hardy, homme adextre aux,, armes, 8c qui s’estoit desgagé de plusieurs duels, fa„ qualité de Premier Gentil-homme de-la Chambre du„ Roy, l’efgalloit mefme aux duels avec les Grands es-„ trangers, Sc les luy deffendoit avec ceux qui n’çstoient« de fa qualité- Geste simulté donc Sc séminaire de que-», relie pour l’amour fit juger à Loìgnac que le Duc de„ Guise Sc les Princes de la Ligue le vouloìent osier de„ la bonne fortune que les bonnes grâces du Roy luy„ donneroient On trouve dans d’Audiguier (4) plus decirconstances que dans Cayet du Duel de Biron 8c deCarenci.

(C) Il sut Capitaine des quarante-cinq Gentilshommes.]Citons Mezerai, qui nous aprendra la cause de la créa-tion de cette nouvelle Compagnie. „ Espernon monté», au plus haut degré de la faveur, dont Joyeuse com-„ mençoit à deschoir, ne cessoit d’aiguillonner le Roy,, à la perte des Guises, 8c eux en revanche ayant con-„ juré la sienne, formoient divers complots pour le faire,, périr. II avoit l’addresse ’de perlùader au Roy qu’ils es-

faire Texécution, 8c où le Roi avoit mis huit des qua-rante-cinq. Ces huit avoient chacun un poignard. LeDuc de Guise en entrant dans cette chambre salua ceuxqui y étoient: qui se levent, le saluent en mesme temps, evle suivent comme par respeSl; mais ainst qu’il est à deux pas

prés de la porte du vieux cabinet .. fut tout fmdam

saisi au bras par le Sieur de Montfery l'aifné .O*

tout d’Un temps est par luy mefme frappé d’un coup de poi-gnard dans le sein, disant , Ha! traistre, tu en mourras.En mesme instant le Sieur des Effranatsfe jette a ses jambes,est le Sieur de Saint Malines luy porte, p ar ^ derrìere, ungrand coup de poignard prés de la gorge , dans la poitrine, ct*le Sieur de Loìgnac un coup d’espée dans les reins ( 11 ).„ D’autres Relations disent, que les neuf des quarante-„ cinq sortirent de derriere une tapuìerie on ils étoient„ cachez; 8c que le Duc de Guise voyant auprès de la„ cheminée Longnac qu’il sçavoit etre son mortel enne-„ my, fit quelques pas en arriéré pour mettre 1 épée à„ la main : Qu’il fe debarasta d abord de fes Assassins;„ 8c que Longnac apercevant qu il venoit droit a luy,luy donna dans le' ventre un grand coup d epée" renversa : Qu’il mourut quelques

(7) C'est-à-dire le Mé-moires dela Ligue,ir l’Histoîredes cinqRois.

(8) Cayet,

Chronol.Novenaire,Tom. I, folislos verso.

(9) C/íar.( 49 Jde C ^ArticleHenri m.

(to) Votez.

Marcel,Histoire deFrance,

Tom. IV,pdg. « 3 °.

ct r) Là-même ,631,632.

qui le renverla : N uu U1UUIUL queiques momens

.. „ aprés ( 12. ) ”- Davila fupofe que Lognac ne l e blessa

toient faits contre fa personne sacrée;Et par ce moyen point, Sc qu’il ne fit que le pousser le voiant venir, à lui;-> il le porta à mettre à T entour de luy cette fameuse qu’après ce choc le. Duc qui avoit reçu plusieurs blessu--> bende des qu a r a n t e-c. i n q , lesquels il luy choisit res tomba paf terre Sc rendit l’ame. Dopo moite ferìte nel-- luy-mesine , peut-estre pour la fin que l’évenement capo, eper ogniparte del corpo urtato finalmente da Lognac,« nous monstrera. C’estoient tous Gascons, que l’ardeur al q» ale rmpetmsamenu auventato, cad'e innamá alla

porta

(12) Varil-las,Hist. dcHenii III,Livr. X /,pag. 194 195 »Edition deHollande .