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Tome troisieme. K - P.
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L G GN A C. LOYER:

i.Z 7

Je ne lai íî les Laugtiâcs, qui furent tuez eh duel fous le Régné de Louis XIII, deícendoientde celui-ci (G).

(28) Me. deThou, á-dejsus Cita-tion (is), lenomme Mon-

peíatum

Loniacum.

deux prémiers noms est une faute ; car Mompezat étoitl’un des noms de notre Laugnac (z8). Que s’ils enten-dent par leur Lomacus, 8c Lognac , celui dont je traitedans cet Article, ils s’abusent; il n’étoit plus à la Cour.

Au reste, du Guast ne meritoit pas d’être cru, quandst alléguoit l’excuse que Pasquier raporte. L’Action qu’il'vouloir justifier sembloit fi noire, si infâme, si perfide,qu’il n’y a point de mensonge que l’on ne dût inventerpour la couvrir. Et c’est assez la coutume de ceux quicommettent de semblables crimes, de soutenir que fanscela ils eussent été perdus, 8c qu’ils avoient de très-bonsavis du dessein qu’on avoit formé contre leur vie. Ilsne mentent pas toujours, mais ils mentent très-souvent;8c cela susit pour rendre suspectes d’imposture toutes lesApologies de cette espece, à moins qu’on ne les apuiefur des argumens certains. II n’étoit pas impossible queLaugnac prît des mesures pour suplanter l’autre; car il yavoit peu d’hornêtes. gens en ce tems-là, soit à la Cour,soitdans le parti de la Ligue: mais la présomption est toutecontre du Guast. C’étoit un malhonnête homme: 8c stle fit voir bientôt après ; puis qu’il voulut livrer à la Li-gue les prisonniers dont Henri troifieme lui avoit com-mis la garde : 8c il les eût livrez effectivement , fi cePrince ne l’en eût su détourner par la voie du profit.Malheureux Prince ! qui étoit «bligé de récompenser lestrahisons les plus infâmes de ses sujets. Malheureux fie-cleì où l’assassinat» le parjure, la déloiauté, étoient lesmoiens ordinaires de s’agrandir ! siecle pire que celui defer, 8c dont chacun pouvoit dire,

Nunc iaas agitur , péjoraque fecula ferriTemporìbus , quorum feeleri non invenit ipsttNomen , or à millo pofuit naturel métallo (2p).

(G) Je ne fai st les Laugnacs qui furent tuez. en duel ....defeendoient de celui-ci. ] D’Audiguier l’assûre : il avoitoïti raconter que l’un de ceux qui se bâtirent pour le Ba-ron de Biron, demeura le dernier à vaincre, 8c aiant portefinalement par terre son ennemi, luy donna plufieur's coupsd'efpée fans le pouvoir achever de tuer , tellement qu il futcontraint de le laisser en vie, voyant Jes compagnons s'en aller,âpres avoir demeuré neantmoins longuement tout seul achevaipour le voir mourir ( 30 ). Si c’est Lotgnac, continue-t-il,„ il en a esté puny en ses successeurs; car les derniers„ Loignacs , pere 8c fils , ont esté tous deux tuez en„ Duel depuis quatre ou cinq ans : l’un en Rouergue„ par le Baron de Megelas, 8c l’autre icy auprès de Bis-„ íetre par le Baron de Rabat (31). Deux braves Ba-„ rons qui ne font pas moins discrets 8c courtois que>, braves, 8c qui font venus à bout de deux braves hom-„ mes. Je ne connoissois pas le fils, mais le sang qu’il„ tira par diverses playes de celuy qui le tua, rend tes-,, moignage de ce qu’il estoit. Pour le pere je l’ay veu„ quelques-fois en la compagnie du Baron de Ro-,, quefueil (un autre courage dès plus généreux du„ monde) 8c chez la feu Reyne Marguerite, où il fai-,, soit merveilles de disputer en Philosophie, 8c faire pa-„ roistre la connoissance qu’il avoit des bonnes lettres”.

(29) Juvé-nal. Sat.XIII, Vers2S.

(D Menag.

in Vita PétrijErodii,í“g. zo.

(2) Remar-ques fur laVie de lier-re Ayrault,M- Í68.j

f 3 ) Ce fatPan 1572, 4ce qttedirL'3.Croix duMaine,â- 4 ° 3 .

(4) Imprì-roez. à Parisl’an 1620,ift 8.

(s) Ména-gé, Re-marq. f urla Vie der - Ayrault,

î a S - 16S, 167,

(6) Là-mc-”“’}ag. 167.

Q) Là-mi-

m t.

f A) C’étoit un des plus savant hommes de son fiecle.jV oi-ci ce qu’en dit Mr. Ménagé. Erat quidem toerius Gr&c'e &'Latine , Ebr.aicè , Arabicè, or Chalddìce dotlijfimus, fedJuris in quo verfabatur plane ignarus (r). II y a beaucoupde gens de ce caractère : ils n’ignorent rien que ce qu’ilsdevroient le mieux savoir. Un Conseiller comme luidevoit entendre la Jurisprudence, 8c n’avoit que faireni de 1 Hébreu, ni de l’Arabe; cependant il ne savoitrien en Droit , 8c il étoit profond dans les LanguesOrientales. Continuons d’entendre les Eloges que Mr.Ménagé Ini a donnez (z). A la réserve de ces visions, Pier-re le Loyer efloit un grand personnage. Cefioit un des hom-mes du monde qui avoit le plus lu, comme le témoignent sesOuvrages, ses Colonies , fes Speâlres , fa Paraphrase sur leMagnificat. Il avoit outre cela de belles lettres, il a écritdes vers Grecs, Latins, er François. Etudiant en Droit àToulouse, ,1 remporta aux Jeux Floraux le prix de l'Eglan-Jsts P)' a sait une Comédie en vers François, intitulée laMéphelOCOCUgie, fus Ificqucllc Ronsard # siait cc pjuadrain •

Loyer, ta dofle MufenerreDe bâtir une Ville en Vair ,

Ou les Cocus puisent voler :

Pour eux trop petite efi la terre.

Voiez La Croix du Maine, 8c Du Verdier Vau-Privas,dans leurs Bibliothèques Françoises.

(S) Il s'infatua tellement d'étymologies amenées de l'Hé-breu, qu’il se rendit ridicule . ] „ Dans ses Livres des Co-„ Ionies Iduméanes (4) . ... st fait venir de la Langue„ Ebraique ou Caldaïque, non seulement les noms des„ Villes de France, mais ceux des Villages d’Anjou; des„ Hameaux; des Maisons; des Bordages; des pièces de,, terre; des morceaux de pré. Je dirai donc premìere-„ ment , dit-il à la page Z17 , que le village dHuillé (c’est„ le lieu de fa naissance) efi i’Ahalé ou Oholé d'Ezé-„ chiel , qui est Ada, ou Gada, femme d’Estait , or mere„ d'Eliphaz. Prés d’Huillé, & à demi mille , fur la ri-„ viére de Loir, se volt en un costau un petit hameau dé„ maisons,'apellé Bassetas, que je dérive de Baffemath or„ de Bassemtis, autre femme dl Estait, or mère de Raguel,„ ayeule de Jerahh, or bifayeule de Job (y)”. Mr. Ménagéaiant raporté trois ou quatre autres exemples de mêmeforce, ajoûte, Tout le Livre e(l rempli de semblables Obser-vations : ce qui fne fait dire hardiment que nous ri avons pasfait une grande perte , dans la perte'de 'dix ou douze. Volumesd’autres Livres de Colonies du mefme Auteur (6). Je ne saifi Mr. Bochart ne souhaitoit pas que la perte eût été plusgénérale.

(30) D’Aucdiguier, del’Uíagedes-Duels, pag.439 .

(31) Cs Dttd

se sit fan1615 * lcPrésident deGramond enparle , Lìhr.

I Histor.Galli x,pag rw. 7 i»

LOYER (Pierre le) Conseiller au Préíidial d’Angers, naquit au sillage d’Huillédans l'Anjou le 2.4 de Novembre iyqo (a). C’étoit un des plus savans hommes de son siecle(-c/ ), & tout ensemble un des plus grans Visionaires que l’on vit jamais. II entendoit par-faitement les Langues Orientales^ mais il s’infatua tellement d’étymologies amenées de l'Hé-breu , qu’il fe rendit ridicule (B). II prétendoit auíïi trouver dans Homere tout ce qu’ilvou-loit (C). II y trouva le village de fa naissance, 8c son propre nom; 8c de peur qu’on ne l’ac-eufât de fe vanter d’une connoissance extraordinaire, il déclara que c’étoit la grâce de Dieuqui opéroit dans son esprit tous ces merveilleux effets. On voit dans son Livre des Speétresune leóture prodigieuse; -mais quelque savant qu’il fût, 8c cela avec un si grand mélange de

folie,

(a) Ména-ge, Remar-ques fur laVie d’Ay-rault , pog.168.

, vers, son nom de batesme, son nom de famille, le, nom du Village où il avoit pris naissance, le nom de, la Province où est fítué ce village, 8c le nom duRoyau-, me où est située cette Province. Dans une chose aiiíïì„ peu croyable qu’est celle dont je parle , je me sens„ obligé de rapporter icy fes propres termes. C’est dans„ fes Colonies Iduméanes. Apres cette grande prophétie,, qu on me devra toute, Homère vient à dire ce vers (*),

, adressé, en parlant , a Ulyjfe ,

-- Sìv S’ oVrra nç ’éxei xccXòv yspxçi à?.Kk ëx^Asç.

„ Et personne, ce dit l’Ombre d’Antìclée à son fils Ulyjfe',

„ 11’a encore ton loyer, 8c toutefois bien reposé : ce„ qui s enfuit, qui touche un autre sens. En tout ce long„ vers , vous y lisez entierement, '

nêrpoí Aa ispiof, A’vSéwxoç, TÚMoc, TXsifi.

„ C'est-a-dire , Pierre le Loyer , Angevin , Gaulsois,’,, d’Huillé. Il riy a ny plus ny moins-, concédant à qui„ voudra, d’en faire l’ejfay. Cela j’offre à ceux qui me li-ront pour tout garent âge : combien que je ne fois tenu ga-rentir ce qui est notoirement mien dans Homère. Il n y a.point de fattifdation que d’une chose qui n’est sienne, oudoubtée d’eftre penne. Et Homère m attribue ce vers , qui,„ ce faisant, est mien, Ct non d’autre. En quelque façon qu on„ tourne le vers d’Homère , il fera toujours mien : 07 le pdts„ vendìquer pour mien. Il y a trois Lettres qui restent de tout,, ce vers, qu on pourroït a-l’aventure dire superflues, or ne„ le feroient pourtant. Ce font les lettres numérales Grec-,, ques de, «> %, u, qui dénotent le temps que feroit révélé„ le nom qui est porté en ce vers d’Homère, qui est l un de,, Christ i6zo. Et qu’est ce qu il y a moins icy de superflu?

„ Or ce fera ajfez parlé de ce qui me touchoit : que je ne rap-„ porte point pour gloire que j’en espère; ains pfree que je ne,, pouvois or devois taire ce qui avoit este révélé a Homère„ de moy. Ceci servira davantage pour valider mon Oeu-,, vre des Origines, migrations , or colonies des peuples, qui,, m’estoient réservées. Homère a eu beau cacher l origine debeaucoup -de nations fous l’écorce de fes Fables; st est-ce„ qu’il y en devoit avoir un ex sectes a. vemr, qui decou-vriroit ce qu il avoit pnjé st bien cacher. Je ne me vantepoint pour cela fçavoir plus que les autres. Mais qui vou-7 dra impugner la grâce de Dieu coopérante en moy ? C’est ce' q U ’ a découvert Homère, jusques a nommer le petit village” ou je prendrois ma naiffance , afin que je ne me glorifiasse" poí „ t in mon imbécillité or bassesse, ams en Dieu qui'me" f a jt ce que je fust , & <ì u i me rend ajfez puissant or vigou-" reux , en ce qu'il me conforte (8)”. Il n’y avoit rien à re-(C) Il prétendoit trouver dans Homere tout ce qu’ìl vou- brancher dans ce long Passage, ou tout marque une fo-loit-l ( 7 ) „ Ce Pierre le Loyer trouvoit de mesrne ton- lie st. docte 8c si singulier e.

„ tes choses dans-Homere. II y a trouvé dans un seul ’

T o M, III, S '(£>) st

(*) Versde siOdyfJïeUmbda*

(6) Conss*rez. avec céce (juc M(

tagné, E,fais, Livilll^ CbaX , raportid*an Confeiler de fa cnaissance,paroles ontété dp tiquédans les Nivelles deRépublic]des LettiNoví 168pag. 1286Voíùtl aujGonçale;de Salasde dupli<viventimiterra.