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Tome troisieme. K - P.
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LOYER. L O Y O L A,

folie, il aété entièrement inconu à Vossius,& à Colomiés (D). Ce dernier ne l’a point misdans fa Gallia Orientalis. Pierre le Loyer mourut à Angers l’an 1634, âgé de quatre-vingtquatre ans («).

Gabriel Naudé, lui rendant justice à l’égard de la lecture & du savoir, se moque irien ou-vertement de ses prétentions touchant Orphée le plus grand Sorcier qui ait jamais vesou , disoit-il, 13 le plus grand Necromant , dont les Escrits n'esoient farcis que des louanges des Diables , commede Jupiter Àlastor y Démon vengeur (3 exterminateur. Voiez le Chapitre IX de l’Apologie desgrans Hommes accusez de Magie. Voiez auíîi le Chevraeana à la page 30 de la II Partie. •J’ai oublié de.dire que les Vers qu’il composa dans fa jeunesse ne présageoient point qu’il te-rnit un jour ce qu’il devint. Ils ne le menaçoient point de la destinée de Postel & de Cahierdoïïes & fols ( b ). Ils étoient remplis de vivacité, Sc de gentillesses, Sc d’inventions ingé-nieuses Sc gaillardes (A), Sc par là on devoit conjecturer que s’il s’enfonçoit dans l’Erudition,tóoìique’de d aquerroit une Litérature polie Sc assaisonnée d’agrémens, Sc non pas un Savoir bourru Scpé-sancy. dantesque. Le caractère d’esprit qui fait d’abord badiner Sc folâtrer avec les Muses sert de re-mede ordinairement contre les mauvais effets d’une aplication trop forte à étudier. II répandde la politesse fur l’Erudition que l’on aquiert, quelque profonde qu’elle soit, Sc il empêchequ’une grande Sc vaste lecture n’étoufe Sc n’acable de son poids la vivacité Sc la raison naturel-le. Notre le Loyer fut une exception à cette réglé générale. II gâta par ses études.le bonfond d’esprit que la nature lui avoit donné : si le Grec lui ébranla le cerveau, l’Hébreu ache-va de le perdre.

été tnçonu à Vojsius...'] J'ai lu dans quelcuné de

(b) Epîtreï)edicat.de la Con-fession Ca-

( 9 ) C*ejf UDXXX 9pa%. m. 439,

(10) Cejì unin douz.e de

. ZS 6 feuillets ,£}XÌ futachevé d*im-primer kParis pourJean Poupyle 7 de Sep-tembre 1578.un a mis » auTitre 1579.Du Veidierassure que leLivre futimprimé par*Abel PiAn-gilier.

(p) ll a

ses Lettres (9) une Conjecture"qui fait foi de cette igno-rance. II croît que Loerius de Speclrìs a été dit pour La-vai e r us.

§. (*) II étoit donc né en 1550, & non pas en 1540comme le dit M. Bayle. Rem. Crii.

(E) Les Vers qu'il composa dans fa jeunesse ..

étoient remplis de vivacité ....£? d’inventions ingénieuses& gaillardes. ] Les Pieces qui fe trouvent dans le Livre'intitulé (10) Les Oeuvres er Meflanges Poétiques de Pierre leLoyer Angevin, Ensemble la Comédie Nephelococugie, ou laNue'e des Cocus non moins docte que facétieuse , fontCelles-ci; les Amours de Flore: quelques Odes : quel-ques Idylles: premier 8c second Boccage de l’Art d’aimer:Sonnets politiques ou Meílanges: le Muet insensé, Co-médie : I3 Comédie Nephelococugie : les Folatries &Esbatz de Jeunesse. II y a dans ce Recueil quelques

surpris qu’il n’ait point choisi l’Epigramme qui est au (i«) Vbîez. ;feuillet m. On m’excusera si je la raporte, puis qu’elle dml la Vvest une Imitation, ou une Version, des Vers Latins que Tt^Artìkc

dcLICVR-GUE le Lé-gifateur , UPdjfage àt laSuite duMenagiana,

c ’st ce- Poésies Greques & Latines, mais en petit nombre. L ’E-legrn Virginis vetula, au feuillet z;o, est fort jolie. L'Au-teur dédia son Livre à Monsieur de la Valette le jeu-ne (n), Gntilhomme ordinaire de la Chambre du Roi:l’Epitre Dédicatoire est datée de Paris le 9 Septembre1578, 8e nous aprend que e’étoit la prémiere fois quel’Auteur faifoit imprimer ses Poésies. Ayant pies a dans

Tholose à la poursuite de mes estudes .à î’Imprimé

jusqu’ à a esté de ce monde (1 z) inclus; $í encore jusqu’à (13)Et puis que celuy exclus.

. . . Ainfi quelque temps, j'allay supprimant cr cachant . , ,à l’Imprimé jusqu’à Le sujet lequel y est exclus.

Je ne fai comment accorder cela, ni avec La Croixdu Maine (14),ni avec Du Verdier Vauprivas, dont l’unassure que Pierre le Loyer fit imprimer à Paris l'an 1576

lui qui futDuc d'E-pernon.

(12) Ce futen i$ 7 î>quece Monsieurde la Valettemourut :voiez. lePereAnselmeHist. desgrandsOfficiers,

fag. Z88.

Os) Leloyer, Epî-tre Dedica-toire de fesOeuvresPoétiques.

(14) LaCroix duMaine, pag.

403 •, imi-tez. qu’il

Ignore l'Edi- ‘pajsetemps d’Amour ìmp. 8. par Abel l'Angelìer 1976 (16 j.f f f pan Si ces deux Bibliothécaires ne fe trompent point, Pierre

( 15 ) Faute<P Impressionpour Eroto-pegnie.fi 6) Du Ver-dier, Bi-blioth.

Franc. pag.ïoig/

(17) Voiez, faBibliothè-que Françoi-te>pag. 1018.dr fuiv.

j’ai citez dans l’Article de Lycurgue (18).

Epigramme d’une Dame infortunée en Efpoux,

En mes bas arts ....à l’Imprimé jusqu’à (19) allusions exclus.

II y a des groísiéretez dans Ie> Passage que Du Verdier Í I9 1 Le 0 ,a tiré de la Nephelococugie; mais quelque infurportables vres^oëti-”qú’elles paraissent aujourd’hui, elles ne font que du miel qu es, /„//» 'en comparaison de plusieurs autres endroits de la même 121 vtr fe-Comédie, qui font d’une obscénité afreuse. Le Loyers’en justifie le mieux qu’il peut dans fa Préface. II dit í zo ) Le n .que fes amis l’ont assuré que le docte & benevole Lecteur vie^kà-"excuserait aisément quelques petites gentillesses lascives mes- ques, f,u alées avecques choses serieuses <& doctes. . . , *62.

à l’Imprimé jusqu’à Comique (20) inclus.

(21) Là-

II avoue que Plut arque. . . (au Livre de la Comparaison fsfjçde Menandre à’Aristophane) a comparé les Comédies v,‘ T p,. 4

de ce dernier aux amours lubriques d'une paillarde èfrontée ;mais il apelle de ce jugement, & après avoir parlé dumérite d’Aristophane, il continue de cette maniéré (aï),

&u e fi quelques Catons vouloient censurer mon livre .

à rimprimé jusqu’à Continuant ainsi exclus,

A tdcìrco venifiì citation (rz) & en marge.

(22) Voîit. uKcmarq. (È)du r ArticleFXO RACitation (s),'

(23) Voiezdam U %t-marque (^tj

Ces excuses n’empêchent pas qu’on ne le doive blâ-mer d’avoir suivi jusqu’à l’excès la coutume de son temps, _

Sa Comédie qui est pleine d’invention, & assaisonnée de u, y m d*•liuiv quu 11U». lit i,ii F iim C i « a-UT,S t «« i, /o beaucoup d’esprit & de sel (m)> àoR àb àte meil- Ronsard.

un sien Oeuvre en Vers François, intitulé Erotopegnie ou leure, si elle étoit moins c es ® devant -d*

Fajfetemps d’Amour. L’autre, après avoir détaillé les Pie- toutes les descriptions ou P S rcffembloient oeavies. 1

r - - à celui-ci, où nen ne révolté les chastes oreilles,

ces contenues dans le Recueil dont je parle ci-dessus,ajoute ces mots, il Ztvoit auparavant mis en lumière unepartie desdites compositions soubs le titre de Erotopegnie (15) ou

le Loyer fut bien hardi, ou plutôt bien impudent, puisqu’il osa dire qu’il avoit diféré jusqu’en 1578 la publica-tion de ses Poésies. Pouvoit-il bien s'imaginer que Mr.de la Valette amateur de la Poésie ignorerait l’Èditionde l’an 1576? Du Verdier Vauprivas a inséré dans sonOuvrage (17) trois Sonnets de Pierre le Loyer, quatreEpigrammes, plusieurs Quatrains du Boccage de l’Artd’aimer, & divers morceaux de la Nuée des Cocus. Cesmorceaux font des-Portraits où le caractère de plusieurssortes de personnes est représenté satiriquement. Je suis

Le cruel Mars efmouvant les couragesAux fiers combats ....

à Tlmprimé jusqu’à (15) Or maintenant que exclus.

Poétiquesde Pierre Iç.Loyer avtcphtfieítrs an-tres que lesxAmis deP ^Auteurcomposèrent

Notez que presque dans toutes lesPoëíìes de du Loyer àfaleuange;il y a beaucoup d’ordures, II avoit une sœur qui fit unQuadrain de fort bon sens, & qu’il a mis à la tête dc fes (24) LeOeuvres Poétiques: Loyer,Oeu-

vres Poëti-

Si vos Amours font du tout vrayes, ^ ^

Vous estes malheureux vray ment ;

Mais fi elles font pures bayes ,

'élue sert feindre tant de tourment?

?

LOYOLA(Ignace de) Fondateur des Jésuites, nâquit l’an 1401 dans 1 a Province deGuipuscoa en Espagne. 11 fut élevé à la Cour de Ferdinand & d’Isabelle ; & dès que son âge lui .permit déporter les armes, il chercha les occasions de fe signaler. II donna des preuves d’un grand iìoft,coji u coura g e au Siégé dePampelonne (a ), & il y fut même blessé d’un coup de canon qui lui fracassa j 3 r fsf c cla jambe droite. Pendant qu’il guérissoit de cette blessure,il forma la résolution de renoncer aux mtm '

(a)

Stege que lesFrançois ymirent Pan1521 , & quifut suivi dela redditionde la Plact.

vanitez de la terre, 6c d’aller à Jérusalem, 6c puis de mener un genre de vie fort distingué. Dès

nt-i’îl -Cn ♦- /vu 1 1 r>ri 1- 1 F 1 NsritTf*— A A f 73 \ Q r 1 _ CL, a. * L *1

(l) C’eft-i-dtreLoyola,

ran-

(c) Cum atttem in profanis librís legiffct ritmn qxo novi milites olim imiígmabantur, nt ejus Titus imaginem qmmdam fpiritualiter in fe reprastnta -r et, novis contra diabolum armis accinflus ,&c. Rlb.uiciicira, yita Ignatii, Libr, /, Cap. IV, pag. m. 32.

(_<í) Il imita autant qu’il put les loìx de l ancienne Cheva- qu il fut converti en lisant les légendes des Saints , comme

Ignace i e leri e .'] Un des plus savans hommes de ce siecle a plaisanté Dom Quixot 1 ? fut » la vie Romanesque, par la lecture des

' la > sur ceci dune maniéré qui mérite d’être raportée. Lapre- viols Romans . Son Compatriote ne fut jamais plus

miere chose qu il saut remarquer en luy (i ), dit-il (z), est touché des Avantures des premiers Chevaliers, qu Ignace le

... fut des Histoires de St. Dominique CV de St. François (*),

2S8 ^ | tlllm g flee t » du Fanatisme de l’Eglife Romaine, pag. m. car ce font celles qui le touchèrent particulièrement, e? devantmeí ‘ rs dc u .-«/.".w. - r..J... fan q „ e p rendre â résolution de courir comme un Religieux

Errant par le monde, il fe reprefenta les dïfftïles Avanturesde ces deux illustres héros , & trouva qu’il avoit aisés de cou-

ragt

m.

me fers de U Tradtiëlìon Françoise imprimée à Londres FanL 7 j ^, tàtojgyant quelques barbarismes. Ceux qui souhaiteront une

(*) TtsbaCdeneir. Vît.Ignat. c, »,