LOYOLA
(t) Tîjhade-»«>. c. I.Criandin.Hifi, L i.
««W. 12.
(i) Orlan-din. Hist./••I. ». I*.Haffaus,
h I>c. 4.
(t) Mas-f ms, l, 1.
f- 3.
<í) StlI-lingfleet,du Fanatis-me de l’E-glise Ro-maine, pag.2^89, exMafteio, ìn
Vha Ignat,Liir. 1,c *p. I.
I
f4) Ale-Rambe, Bi-bUotb. So-® !ct atis Je-
L) n fez
j' e gambet, Sotuel® lb hoth.
Soc ‘«. init.
rangeant fous les étendars de cette milice spirituelle. II partit avant íe jour, êc s’habííía enPèlerin, 8c s’en alla à Manresa, où il séjourna environ un an parmi les pauvres de l’Hopital,& dans toutes sortes de macérations. Ce fut là qu’il écrivit son Livre des Exercices spiri-tuels (a6). S’étant embarqué à Barcelone pour son voiage de Jérusalem, il arriva à Caïetedans cinq jours , 8c ne voulut point continuer son entreprise sans avoir reçu la bénédiction duPape, il «vint à Rome {d ), d’où après avoir fait la révérence à Hadrien VI il s’en alla à Ve-nise. II s’y embarqua le quatorzième de Juillet 15-2.3, & arriva à Joppe le dernier d’Août ,8c à Jérusalem le 4 de Septembre de la même année. Aiant satisfait en ce païs-là fa dévotecuriosité, il s’en revint à Venise, d’où il fut s’embarquer à Genes, pour retourner à Barcelo-ne, où il s’arrêta, comme à un lieu très-commode au deíTein qu’il avoit fait d’étudier la Lan-gue
(d) Il yriirn le jourde Pâquesfleuries iszfi
rage four en entreprendre autant. Ainfi dans un âcc’es de zé-lé (j), il se jetta une nuit de son lit, se mit à genoux de-vant VImage de la bienheureuse Vierge, <& dans cette posturevoua d’eflre son Chevalier, ce qui est une fi considérable cir-constance que je meftonne que Massée l'ayt omise, aujfi bienque l'estrange bruit qui se fit dans la maison, le tremblementde la Chambre, e? le fracafiement de toutts les vitres des fe-nestres qui arriva pour lors , marque dit Orlandin que leDiable luy dit adieu. Apres ceci la Vierge luy aparut avecbeaucoup de gloire tenant son fils en son giron, ce qui l’encou-ragea de sorte dans son premier dessein, qu un peu âpres il pritle chemin de Montserrat, qui est un lieu de grande dévotionà la Vierge . En y allant il pensa commencer sa premiereavanture par se battre contre un More, qui avouant que laB. V. ayant esté Vierge jusqu à son enfantement, niait qu ellel'eust esté âpres. Car St. Ignace, considérant de qui il estaitChevalier, devint fi enrage, qu il se creut absolument obligéde vanger sur le More V affront qu il avoit fait à sa Mais-trejse; mais consultant un peu ce quìl sterott, le ‘Miré prit
une autre route, zs
mule lui mettant la bride sur le col, résolu de luy ôter’la viefi au premier carrefour elle prenoit le chemin qu il avoit pris.La bonne mule sachant ajfés bien l'intention de son Maiftrelaissa le grand chemin, zn prit celuy de Monserrat, ou es-tant arrivé il s'y acquitta d'une cérémonie remarcable quevoicy. Ignace, comme Orlandin zx Massée (j) le disent ex-pressément , ayant leu dans les Livres de Chevalerie que lesanciens Chevaliers prenant fur eux cet honnorable employ,avoyent tousjours eu de coutume de veiller toute la nuit dansleurs armes, il se creut obligé de commencer de même. Ilvous pendit donc son Espée z? sa Baïonnette devant l'autel dela V. se revestit de ses habillements, zsr au lieu d’armes écla-tantes , prit une longue Robe de fort gros drap qu'ìl ceignità! une grojfe corde, à quoy il attacha une bouteille pour met-tre de l'eau ; au lieu de lance il prit un simple Baston, mar-chant un soullier d'ozìer dans un fié. zx Vautre nu , fansprendre de morrion en teste pour Vexposer aux injures dutemps. Devant qu’entrer en ville il attacha tous ces vefte-rnents, qu t l s estait procurés par le chemin, au pommeau defa celle, dit Massée o , de peur que le peuple ne le creût enson bon sens, z? ne les vestit point qu il ne fuft au lieu oh parles loix de Chevalerie il devoit veiller ainfi enharnachê à faguise. Estant venu au dit lieu il les mit, z? veilla, dìfint-ils, tantôt en se tenant debout, tantôt en s agenouillant, zvse consacrant ainfi de tout son pouvoir au service de la B. V.Cecy fait, il s’en alla de grand Matin, ce qui est une cir-constance nécessaire aux Avanturiers, à Monresa , oh il seOgea dans l Hospital de la ville laissant croistre ses cheveux7 ,x s TourTdlL m r ndmm r e I° rte en torte, jeûnant toujours
Jix jours de la semaine se donnant la Disciplina trois sois lemur. demeurant sept heures tous les jours en prières vocales,
néreût dans Une Assemblée générale (6) le Livre où St.Ignace étoit accusé d’être plagiaire (7). Innocent dix metlà chose hors de doute, à ce que prétend le PereSotuel;car ce Pape a fait insérer dans lé Bréviaire Romain un té-moignage précis que St. Ignace est l’Auteur des Exerci-ces. Nunc extra omnem controverfiam Catholicis certa essedebet (ea res) poftquam in Breviarmm Romanum est relata,atque in leSliombus toti Ecclefia propofitis aufíoritate Innocen-ta X. Pont. Max. in festo S. Ignatìi diserte tradita his verbis,quo tempore homo literarum plane rudis admirabilem il-lum composuit Exetcitiôrum librum, S. Apostolicâé se disjudicio 8C omnium utilitate comprobatum (8). Alexan-dre VII confirma la même chose par un Bref du iid’Octobre 1657 ,où il accorde indulgence pléniere à tousceux qui pratiqueront les Exercices spirituels de SaintIgnace (9).
Les' deux Bibliothécaires de la Compagnie tí’ont pointfait l’honneur au Bénédictin de le nommer; mais on faitd’ailleurs qu’il s’apelloit Conflantinus Caetanus. II débita
luy, laissa V affaire au jugemdnt de fa, qú’un Bénédictin,-nommé Gardas Ci/neros, est le vrai’ ’ r ' ' c, , , ... - Auteur dés Exercices spirituels qui ont couru fous le nom
du Fondateur des Jésuites, 8c que trois Moines du MontCaflìn donnèrent au même Ignace le Livre des Constitu-tions dé la Compagnie de Jésus, lors qu’il alla faire untour Cher eux pendant qu’il rouloit dans fa tête le desseind’un nouvel Ordre. Ce Bénédictin, qui met ainfi St.Ignace au nombre des Plagiaires, se fortifie du témoi-gnage d’un fameux Jésuite , dont il a mal pris la pensée;car ce Jésuite n’a dit autre chose íinon que le Fondateurdes Bénédictins assista de ses divines lumières St. Ignace ,pour former les Constitutions de la Compagnie. Celaveut-il dire qUe trois Moines de St. Benoît dictèrent cesConstitutions à Ignace comme à un Copiste ? Dixi Socie-tatem J É s tr videri charam S. Benediéìó, in cujus finu Lutè-ti& primhm delineata fit-, zr postmodhm Cajfmi sanélo sunda-tori illuc digresso, Sandlìffimus Patriarcha illius loci prestes fmulta lutnina ZV cœlefies ajflatus exorastse vìstus est. Hoc Caé-tanus ad exceptas inibì per S. Ignaûum à tribus MonachisConstitutiones Societatis Je su traxit; quasi quoddixi, S.Be-nediâlum, (utpium est arbitrari,) cœlestem lucem, h&rentiìn ade sua S. Ignatio esse apprecatum, idem sonet, quod tresMonachos nigros, diâlaffe S. Ignatio velut amanuenfi, suasConstitutiones (ió). Notez en passant (n) que ce mêmeBénédictin soutient, que le Jésuite qu’il cite commit unpéché mortel, en mettant un autre nom que le sien à latête de son Ouvrage (iz). Un Jésuite nommé Jean Rhôa fort mal traité cet Accusateur d’Ignace. II me reste àdire une chose touchant le Livre des Exercices. On tâ-cha de le faire condamner en Espagne l’an 355-3. Mel-chior Canus s’y employa vivement, Sc l’Archevêque deTolede n'niiroit pas été fâché que cela eût réussi; maisle Docteur qu’il consulta fut d’un autre sentiment. C’estce que les Jésuites racontent : qui fait s’ils disent vrai ? /»-ventisunt qui. . . . anno 1553 eum librum non allatrarentmodô, sed ZV morderent, Thomas quidam Pedrovius, ahemea in re voluntatïs aâtninister, zv Melchlor Canus , cujus sug-gillationes, Zfi obelos, cum Paschali Mantio Ord. Pradicato-rum , Complutenfi Theologo primario, exhibuistset Joannes Si-liceus Prafed Toletanus ; qui librum ìllum cupiebat ab eo im-probarì, responsum retulit, mhtl este m fie dispunSlo librodamnatione iignum, pr&ter Cani dispunâliones, zsr suggilla-tiones, ut ad illum annum récitât Orlandinus, addito per-gravì Bartholomai Torris, pofiea Canarienfis Prasulis elogìoeorumdem Exercitìorum (13).
On attribue quelques autres Livres à ce rriême Auteur,une Lettre de religiosa obedtentia ad Lufitaniasocìos acfiljos,écrite de Rome le zó de Mars 1553: elle a été inféréedans la Bibliothèque des Peres. Une Lettre de religiosaperseSlione ad Hifpania socios, écrite le 4 de Mars 1547 : el-le est imprimée en Latin dans le Recueil des Lettres desGénéraux des Jésuites. 11 y en a une autre Version La-tine (14), imprimée à Cracovie l’an 1007 dans le Re-cueil qui a pour Titre, Thésaurus sptntualìum rerum adSocietatem stesu pertìnentìum. L ne Lettre à Claude Roid’Ethiopie en date du zz de Fevrier 1J55: 011 la trouve
(6) TèntiSa %r.vcnné. 9 an 1644.
(7) SotreljBiblioth.Societ.
Jclu, pog. ï
CoL 2.
(S) ldem\ibidem*
(9) Concejs*
indu(gentÌAfeccatontmplenarìaomnibusChrìsti fidtìi *bus , ExenittAfpzritualia àS, Ignatioinftituiaagentibus0 id m spatiçin domibnsSocietatis.
idem, ìbid»
& ne se couchant que sur la terre fimplement, afin de fi mieuxfreparer pour ses avantures vers Jérusalem.
(B) Son Livre des Exercices spirituels. - ] II le composa enEspagnol l’an i;zz, & le pubha à Rome l’an 1548, tra-duit en Latin par André Frusius, & muni de l’Aproba-tion de Paul III. Ceux qui s’étonnent qu’il ait pu ljredes Vies des Saints pendant la cure de fa jambe fracassée,attendu qu’il n ’avoit presque pas apris son A. B. C. (3), su-turent raison de s’étonner qu’il ait pu faire le Livre desExercices dans le tems de son ignorance; ils auroient ,dis-je, raison de s’en étonner, s’ils ne savoient pas ceque Louis du Pont assure. que la Sainte Vierge l’aida àles composer. „ Resert Ludovïcus de Ponte, vïr omni ex-„ ceptione major, ìn Vitâ P. Balthasaris Alvarez c. 43. fidâ„ tradittone inde usque d P. Jacobo Lainìo, altéra Societatis„ Jesu Prapofito Generali, acceptum haberì, Deum híecExer-„ citia Sancto Patri nostro révélasse: imò per Gabrie-„ lem Archangelum non nemini fuisse à Deiparâ Virgi-„ ne fígnificatum , se patronam eorum, fundatricem„ atque adjutricem fuisse, docuisseque Ignatium, ut ea'
„ sic conciperet ; quo nomme se hure operi dédisse ini-„ tium (4) ”. Au bout d’un fíecle, on intenta publi-quement un procès de vol au Fondateur des Jésuites tou-chant cet Ouvrage (5) : on soutint qu’il ne l’avoit pas „ _ . A
composé. L’Accusateur étoit un Bénédictin. C’étoit dans rHistohe des Jésuites composée par Orlandin & ail- t-mdo.'
faire injure à Paul 111,8c à la Congrégation des Rites ; ' ” " ” ' m>-1'
car ce Pape assure formellement le contraire dans l’Apro-bation du Livre : 8c lors que le Cardinal François Mariedel Monte raporta devant Grégoire X V les procédures decette Congrégation à l’égard de la canonisation de St.
Ignace, il exposa que le Livre des Exercices .spirituels, étoit un Ouvrage de celui qu’ou alloit canoniser. LesBénédictins de la Congrégation du Mont Caíïin condam-
TO M. m. • -
(10) Théo-phiíus Ray-naudus,Hoploth.Self. II,Sérié II,
Cap. KII,pag.m. 2jtf,
(11) Ibid.
(12) c'est leTraité deAquivoca-tione, contreJean Lai-nes.
(D) Thèû-
phil.Ray-
»aud. dèmalis 8c bo-nis Libiis,num, 514 .pag. m t 2*5.
(14) Intitu-lée , De fer-vore ípiii-tus riie iauobis exci-
leurs. II avoit fait un Ouvrage fur la Trinité, avant quede s’être mis à 2’etude. On ne fait comment ce Livre ctr) c’ests’est perdu. Personne ne doute qu’il ne soit l’Auteur du cel ‘ ed ‘ rheo -Livre qui a pour titre Constitutiones Societatis J e stu decem S nZin partes mais cjuelc]ue$-uns croient cjue J iques dc viii t
Lassiez est l'Auteur des Déclarations qui y sont jointes îtaS-.-..Le Pere Sotuel réfute cette opinion (15). Ce Livre des con “ aC!e 'Constitutions, 8cc,fut imprimé la prémiere fois à Rome scownuk 2 > chez