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Tome troisieme. K - P.
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LOYOLA.

(c) Rìbade-neira > inVit a Ignat.Libr. 1 ,

Cap. XIV,t a Z- 73.

(t S 1 ) Tiré

même

Sotuel,f«j.

ï ér 2.

(17) Du’Fanatismede l’EgliseRomaine,depuis la page286 jtifqu'àla page 303.

(18) Mel-ehior Ca-nus, ín Ju-dicio de So-cietate In-nici Loyo-la, anno1548 lirerisconsignato.Scioppius

le cite Infatn.FamianiStradx,m. 6 zAlphonsede Vargasle cite aufjiKelat. Cap. I.Votez, lesFactumsdes païensdc Janse-bìus, pag.

327 duVIII\Tome de laM. oralepratique.

(19) Melch.Canus,apud Sciop-pium, ibid.

(20) Idem yâpud eam-dem y pag.

< 3 .

gue Latine. Je ne parie point des Avantures miraculeuses de son voiage ( C) j je n’aurois ja-mais fait fi je voulois copier là-deffus ion Historien. II se mit aux rudimens de la GrammairePan ifZ4i '& trouvant que la lecture d’un Livre d’Erasine ralentiíToit fa dévotion (.D), il nevoulut plus ouïr parler de cet Ecrivain, Lc s’attacha à Thomas à Kempis. Au bout de deuxans on jugea qu’il avoit fait assez de progrès, pour être admis aux Leçons de Philosophie: ils’en alla donc à Complute l’an isr.6. Sa vie de mendiant, son équipage, & celui des quatrecompagnons qui s’étoient déjà attachez à fa fortune, & les instructions qu’il donnoit à plu-sieurs personnes qui s’attroupoient autour de lui, obligèrent l’Inquisition à examiner ce quec’étoit. La chose alla si avant qu’on le fit mettre en prison (£), d’où il ne sortit qu’à con-dition qu’il s’abstiendroit de dogmatiser pendant quatre ans (<?). Cette loi ne s’accommodoitnullement à son dessein : ne voulant donc pas s’y soumettre-, il se retira à Salamanque, où ilcontinua de discourir sur des matières de dévotion. On l’emprisonna tout de nouveau, &c onne le mit en liberté qu’aux conditions de Complute. Ce fut alors qu’il résolut d’aller à Paris.II y arriva au commencement de Février 15-2.8, avec une ferme résolution de bien étudier *mais la misere où il se trouva réduit, qui l’obligea à mendier par les rues, & à se mettre dansl’Hôpital de St. Jaques, traversa extrêmement ion dessein. II se servit de plusieurs expédienspour lever tous ces obstacles: mais à mesure qu’il se délivroit d’une fâcheuse difficulté, il s’é-levoit d’autres embarras ; parce que l’on aperçut que l’empressement, avec lequel il exhortoitles jeunes gens à la spiritualité, les portoit à une maniéré de vie très-particuliere. On le dé-féra à l’Inquifiteur de la Foi ; & peu s’en salut qu’on ne lui donnât le fouet au College dcSainte Barbe (F). Tous ces embarras n’empêchérent point qu’il ne fît son . Cours de Philo-sophie & son Cours de Théologie, & qu’il n’attirât un certain nombre de compagnons quis’engagérent par vœu à une nouvelle vie. Ils firent cela dans P Eglise de Montmartre le iyd’Août if34, & ils renouvelèrent deux fois de fuite au même lieu, & à pareil jour, & avecles mêmes cérémonies, leur engagement. D’abord ils n’étoient que sept, en y comptantLoyola même ; mais enfin ils furent dix. II fut arrêté entre eux qu’Ignace retourneroit enEspagne pour y régler quelques affaires, & qu’ensuite il s’en iroit à Venise, & qu’ils parti -roient de Paris le zy de Janvier 15-37, pour l’aller rejoindre. II s’en alla en Espagne l’an 15-35-:

il

( 1 1 ) Riba-deneira, inVira Igna-tii, Libr. I.Cap, X111,gag. 6‘J,

chez les Jésuites l’an 1558 in 8. Depuis on le publia dansla même ville en Latin, 8c en Espagnol in folio l'an 1606.

La Version Latine fut faite par Jean Polancus Secrétairede l’Auteur (16).

(C) Je ne parle point des Aventures miraculeuses de sonvoiage. ] Le seul récit de ses visions extatiques rempli-roit une fort longue Remarque, si je m’amufois à rapor-ter toutes celles qui se trouvent dans son Histoire. Voiezle Docteur Stillingfleet (17), qui tire de là une bonnepreuve que les Jésuites, aussi bien que les autres Moines,ont un Institut fondé fur le Fanatisme. II cite MelchiorCanus, qui dit que Loyola s’enfuit d’Espagne, de crain-te que l’ínquisition qui le soupçonnoit de l’Hérésie desIlluminez, ne l'emprisonnât (18). Melchior Canus ajoti-te que Loyola lui conta hors de propos mille choses tou-chant ses vertus, 8c touchant ses révélations , & qu'ilparla de l’un de ses camarades comme d'un grand Saint.

Ce prétendu Saint interrogé par Melchior Canus débitaplusieurs Hérésies par ignorance. Loyola pour l’excuserallégua que ce n’étoit pas un Hérétique, mais un fou quiavoit de bons intervalles, & qui alors à cause de la nouvellelune n’étoit pas bon Catholique : Cum aliquando Rome.esjem , Innicum iftum videre mihì libuit : qui in sermone sineulla occafione cœpit suam commemorare justifiât» , ev perfe-tutionem , quam paffus effet in Hifpania nullo fuo merito.

Multa etiam esr magna pradicabat de revelatïonibus, quasdivinisas habuiffet , idque nulla ejus rei necejfitate : qua fuitoccafa , car eum pro bomine vano haberem , nec de revelatio-

nibus fuis quicquam ei crederem (19). Quen-

dam fociormn pro sanílo pradicare cœpit, qui cum accitus ve-niffet , illico hominis non satis incolumi capite mibi fuspìcio-nem movit : cumque de rébus divinis eum percunblatus effem ,multa h&retica refpondit , quippe qui idiota , planeque rudisC-r indoâlus effet. Innicus ejus causa confufus , iste, inquit,non est bttreticus , fed fatuus , credoque eum lucida babereintervalla, jamque adeo propter conjunâîionem Lun& non esseusquequaque Catholicum (20).

(D) ll trouva que la leâlure cFun Livre d'Erasme ralen-tissait sa dévotion .] Ce Livre d’Erasme a pour Titre En-chiridion militis Chrifiiani. Tout le monde le regardecomme un Ecrit, où la pureté du style est jointe avec lesplus sages Réglés de la Morale Chrétienne. CependantLoyola ne s’en accommoda point; c’étoit une glace quiamortissoit en lui le feu de l’amour divin : c’est pourquoiil le prit en aversion, 8c ne voulut jamais lire les Ecritsde cet Auteur ; il voulut même que ses Disciples ne leslussent point. Ribadeneira nous va raconter ce fait. Inbac studiorum palastra versanti , pii quidam ac doclì viri con-filium dederunt , ut Erasmi Roterodami , qui eo tempore bons,

Latinitatis auldor habebatur , libellum de milite Christianolegeret, ut fermonis scilicet elegantiam cum pietate conjunge-ret. Cujus constlii Confejfarius etiam ad reliquos audlor ac-cessit. Quod chm Ignatius fimpliciter feciffet , observavit il-

lius libelli leSiione refrigescere in se spiritum Dei , i? devotio- ^ ___ ^ ---

nis fenstm ardorem restingui. Qua re animadversa, librum de se déterminer à souffrir cette ignominie (31). Ce ne futde manibus omnìno abjecit , e? ita est aversatus , ut nec ipfi point au College de Montaigu, mais à celui de Sainteamplius legerit illius auéloris libros , ©• passim in Societate Barbe, où l’on eut dessein de le foiieter; & la raisonn’é-nostra legi vetuerit (zr). • _ toit pas qu’il n’aprit pas bien fa leçon: c’étoit à cause

(£) La chose alla fi avant qu on le fit. mettre en prison .] qu il y avoit des Ecoliers qui manquoient à leurs exerci-Avant que d'en venir là, on avoit fait des enquêtes fur ces, pour pratiquer les conseils de spiritualité dont il lesfa vie, & for fa doctrine, 8c on lui avoit seulement en- , infa-

jomt de le chausser, Lc ne pas faire porter à ses compa- (,0) //Papelhit Jaques Govca. (;i) IWcLibadea. ub.u,cap.aï.

gnons le même habit. Mais quand on eut remarquéqu’une veuve accompagnée de sa fille avoit entrepris unpèlerinage à pié & en mendiant, on cria beaucoup con-tre Ignace qui étoit leur Directeur. Ce fut alors qu’onle fit emprisonner. Je ne m’étonne pas que l’on s’allar-mât à la vue du grand ascendant que prenoit cet hommesur le beau sexe. On continua de s’attrouper autour delui dans fa prison, pour l’entendre discourir, 8c il y eutbien des personnes de qualité hommes 8c femmes (22),qui lui offrirent leurs bons offices, mais il les en remer-cia. Interrogé s’il étoit fauteur du pèlerinage de la veu-ve, il répondit qu’au contraire il savoir déconseillé, crai-gnant que la jeune fille, qui étoit très-belle, ne s’expo-sât pendant cette course à quelque inconvénient (23). LaSentence lui fut prononcée le 42 jour de sa prison, 8c ilfut mis en liberté (24). On le traita plus durement à Sa-lamanque (25).

(F) Peu s’en fallut qu on ne lui donnât le fouet au Colle-ge de Ste. Barbe.] Considérez bien ce narré de Mr. Ju-neu (26). Il vint 0 Paris l’an 1528 & estant bien convain-cu de son ignorance , il entra dans le College de Montaigu ; ily recommença f es classes, fe mit dans lafixiefmepour y ap-prendre une seconde fois la Grammaire, CT pria son Regent deluy régler fes leçons ,ZT de luy donner le fouet comme aux au-tres efcoliers , quand il manqueroit â les apprendre. Il avoitalors 37 ans: c étoit un fort plaisant speb'tacle, de voir trous-ser la chemise de ce venerable Saint, au milieu d'une troupede petits garçons spettateurs de la comedie. ... ( 27 ) Nousavons dejà vu comment après cela, à l’âge de 37 ans il fefaisoit donner le fouet dans le College de Montaigu en prefencedes petits efcoliers. On affirme là deux choses; l’une quenon seulement Ignace pria son Régent de le fouetter ,mais aussi qu’il fut fouetté; l’autre que ce fut à Paris dansle College de Montaigu. Je pense que l’on fe trompedans l’un 8c dans l'autre de ces deux faits, 8c qu’il vautmieux s’en tenir à la narration suivante. „ Estant de re" jour à Barcelone il commença sa Grammaire à 30 ans„ (28); mais comme dit Maffée (f), à peine pouvoit-il„ dire amo fans que son esprit s’égarât je ne sai où, 8c il„ avoit toujours tant de visions, qu’il ne pouvoit se re-„ souvenir d un seul mot de ce qu’il aprenoit. Ceci l'o-” jîf ea ... , P ner Ion maître à genoux avec beaucoup„ d humilité. . . . qu’il soi (J.) plût de l’attacher ponc-„ tueliement à une lésion comme il faisoit les autres Eco-„ bers, 8c de le fouetter âpres cela bien ferré s’il man-” stuoit (29) Vous voiez que tout se réduit à la fim-Pj e résolution de souffrir d’être fouetté, en cas que l’onn aprît point fa leçon, 8c que ce fut à Barcelone à l’âgede trente-trois ans, 8c non à Paris à l’âge de trente-sept,que 1 on se voulut soumettre à ce châtiment. Je sai bienqu a Paris même Ignace voulut fe soumettre au fouet ;niais ce fut après qu’on lui eut apris que le Principal duCollege (30) avoit résolu de le soi faire donner, 8c ilsentit plusieurs combats entre la chair 8c V esprit, avant que

(iz) Entreantres Terefede Cardenas& EleonorMascarena,qui fut enfrn*te Gouver-nante de Phi-lippe II. Ri*badeneira*in Vita Ig-nat. Libr. JVCap. XlV xP a X 7Z.

(23) Nihtlcerte minus Timmo boc tìèlaffirme per-tarstuionèrejufmodi in

universumillis diffUa-sife me , ne

filiA ça atató

ac forma incu-

jufcjuam pe-tulantiam in-curreret.

Idem, ibid,pag. 74.

(24) Ex Rï-. badeneira,

Libr. I,

Cap. X j V.

(2;) Idem *,ibid. Cap. XEJ

(26) Jtirieu,Apologiepour la Ré-ïbrmation ,I Partie,Chap. I,pag. S o.

(27)

m bp. SIjSX.

(28 j 11 salaitdire à 33ans.

0 ) Mas.

L.l.c. 1 64

(s) Or lan*din. Hifi.l.i.n. 47,

1 29) Stil-lingfleet,du Fana-tisme del’EglifeRomaine,’pag. 293,