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Tome troisieme. K - P.
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LOYOLA.

24,1

iî y prêcha k repentance ( G ), & s’y fit suivre paf une foule prodigieuse d’auditeurs. II íesouvint des affaires que ses compagnons lui avoient recommandées, après quoi il passa par merà Genes., & s’en alla à Venise, où ils le rejoignirent le 8 de Janvier iy 37 (/). En les atten-dant il ne se tint pas oisif: il gagna des âmes, & il fit conoissance" avec Jean Pierre Caraffa (//),qui a été Pape. Comme ils s’étoient engagez par vœu au volage de Jérusalem, ils se prépa-rèrent à cette course; mais ils voulurent avant toutes choses saluer le Pape, obtenir sa béné-diction Sc sa permission. Ils allèrent donc à Rome, Sc y obtinrent ce qu’ils souhaitoient.Etant retournez à Venise pour s’y embarquer, ils n’en trouvèrent aucune occasion : la guerrequ’on avoit avec la Porte fit cesser entièrement le transport des Pèlerins. Là-dessus pour n’êtrepas fans rien faire, ils résolurent de se répandre dans les villes des Vénitiens. Ils y prêchèrentdans les rues, Sc puis ils allèrent dans les villes d’Académie pour gagner des Ecoliers, Sc enfinils retournèrent à Rome. Ce fut là qu’Ignace forma le plan d’une nouvelle Société, que lePape Paul III confirma l’an iyqo, avec quelques limitations, Sc l’an 15*43 s‘ ms limitations.Ignace fut créé Général de ce nouvel Ordre l’an 1 yqi. II se tint à Rome pendant que ses com-pagnons se répandoient par toute la terre, Sc s’occupa à diverses choses, soit pour la conver-sion des Juifs (/), soit pour la conversion des femmes de mauvaise vie ( K ), soit en faveur des

orfelins.

(f) tu ,

é toient páruide Parts le5 de NovembreI Si 6 ,&

)i avoient paeattendu lete. me dont île:■toient convt-

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tnulta ? pre-htnsa manuGoveanus,

ad cœnationemIgnaîium ad-duxit , hicrepente se om-nibus t'nfpec-tantibus , ìlliad pedes ttbji-cit * lachrymisVeniam petit :ft nimis cre -dulum , illumvir.um fatic-tum clamai ,qui noninten-tati cruciatusUrrore , fedï>ei tantumhonore tango,'tur. Ribade-

nciia., Lîbr,

II. Cap. ///,

e<%. s s.

O 3) Lutetiaprimum inMatais ^ícutiGymnaste f efonis Latini-tatis pracep-toribus refor-ittandtem tra-didìty in eoquefiudio bien-nittm feretonfumpfit .Idem, ibid.

Cap. J,

(34) Maff.

in Vit a

ïgnatii 9

Libr. /,

Cap. XVUI.

(i s) ras-quiet, Ca-téchismedes Jésuites iLívi. /,

Chap. XI.

(36) Votez,Cicéron,de Offic.

Libr. I.

Cap. XXIII.

< 37 ) Riba-deneira/'n,Vita Ignatii,Cap. V,f<%. 10 j.

f38) Idem,*ahr. II,

Cap. VI,

Phg. 109.

( 39 ) MoralePratique desJésuites,f™. III,t*g. 17 s.

(40) Joan-ncs Rhô.à- Arnaud

P» ajotl-

Ur Francis-as Sacchi-

?U 5 , íjui a3 °‘nt à U

infatuoit. Or bien loin que le Principal du Collegeexécutât fa résolution, qu’au contraire quand il eut ouïIgnace, il se jetta à ses pieds pour lui demander pardon(Zj)- Notez qu’Ignace étudia dans le College de Mon-taigu la Langue Latine (33) ; mais je n’ai point lu qu’ilyait fait toutes ses classes à commencer parlalìxieme ,comme l’affûre Mr. Jurieu. 11 est vrai que l’on seroit ex-cusable de l’inférer de ces paroles de Massée : Igitur adMontis acuti Collegium itare quotidie , atque inter procaciumpuerorum greges matura jam Mate vir Grammatica rudimen-ta repetere non dedignatus est (34). Voiez Pasquier qui semoque bien plaiiamment des études & de l’ignorance deLoyola (3 y). 11 ne savoir pas alors que cet homme se-roit bientôt invoqué: il s’exposoit à la faute du non pu-taram (36). Je ferai là-deffus une Réfléxion dans la Re-marque ( r).

( G ) ll . , . prêcha la repentance.'] II cria entre autreschoses contre le concubinage des Prêtres, qui ne passoitpresque plus pour malhonnête ; car leurs servantes pré-voient hardiment la coëffure d’une femme mariée, & enufoient avec eux comme s’ils eussent été maris légitimes.Ignace fut cause que l’on fit des loix sévéres contre cetabus. Quibus quidem operibus €? vita exemplo , prudentiaquetantum apud illos homines prrfecit, ut errores multos corrige-ret-, vitia, que in sucerdotum etiam mores irrepferant, cs?longa jam consuetudine honefiatis nomen obsederant, emenda-re non deftitit : multaque constituit, qm ad hominum moresconformandos , pietatemque augendam pertinerent. In his fé-déra leges fuerunt ejus opéra latte à magistratibus, de aléa , deconcubinatu sacerdotum. Nam cum patrio more Virgines ,quoadviro traderentur, capite aperto estent, pestimo exemplomu . ’ cum a Pstd clerìcos turpiter viverent , perinde caput ob-mbebant, ac stlegttimo eis matrimonìo junSla fuistent : qui-tus fidem, quasi marins, prestabam. §uod nefarmm insti-tutum, ac facrilegum, funditus lollendum curavit (37).

habitu valde distmiles, populus rudis externa specie deceptus,alienum nomen noftris imposuit , Roma primum ; unde in aliasdeinde urbes infiuxit, es? in remotas etiam provincias pene-travit ( 41 ). f 48 ) R!ba-

(7) U . s'occupa ..... soit pour la conversion 5 p nelra > ,ri

des Juifs.] II nourrit dans la maison des Jésuites quelques ^

Juifs qui s’étoient fait batííer, & à force de sollicitationsil obtint qu’on entretien droit, dans une certaine maisondestinée à cet usage, tous les juifs qui embrasseraient lavraie foi. A fa priere le Pape Paul III ordonna qu’ilsconserveraient tous leurs biens, & que s’ils étoient en-fans de famille, 8c que malgré leurs peres & meres ilsfe convertissent, tout le patrimoine seroit pour eux (43).

Et quant aux biens aquis par usure, 8c dont le véritableMaître seroit inconu, on ordonna qu’ils seraient donnezaux Juifs convertis. Jules III, 8c Paul IV, ajoutèrentune nouvelle ordonnance, c’est que toutes les Synago-gues d’Italie seraient taxées tous les ans à une certainesomme aplicable à l’entretien de ces prosélytes (44). LesConvertisseurs de France ont imité de nos jours une par-tie de ces Réglemens.

( K ) . . . soit pour la conversion des femmes de mauvaisevie. ] En ce tems-là leur nombre étoit prodigieux (. 4y ) :celles qui se vouloient retirer de cette infamie étoientreçues au Couvent des Magdelonnettes, pourvu qu’elless’engageassent à une étemelle clôture, 8c à tous les vœuxde l’Ordre. Cette condition un peu dure retardoit lefruit que l’on avoit attendu de l’institution de ce Cou-vent: elle excluoit toutes les femmes mariées, & toutesles filles 8c veuves qui vouloient bien fe retirer de lacorruption, mais non pas s’assujetir aux loix d’une lon-gue pénitence. II y avoit donc deux sortes de débau-chées pour qui il faloit travailler. Celles qui craignoientle ressentiment de leurs maris avoient besoin d’un lieud’entrepos où elles fussent en sûreté,jusques à ce qu’elles

f43) Im»veto JudoQèrum liberisad Cbrijhtmcontra paren*tum volunta •tem venien -tibus , bona ip*forum omniaintégra omni*no efsent. .Ribaden.Libr . 11 s$Cap. lX ypag. 2I3.

(44) Tirs dèRibaden. ìn.Vita Ignat^pag. 2iz.

(H) il fit conoiffance avec Jean Pierre Caraffa. ] Qui fut eussent fait leur paix avec eux. Celles qui vouloient

Pape fous le nom de Paul IV, 8c qui alors s’étoìt jointavec quelques autres dévots (38), pour former la Congré-gation qu’on nomma les Théatins. Ceux-ci ont eu dansce siécle une fort grosse querelle avec les Jésuites. Volons1 usage que Mr. Arnaud en fait. On peut jurer dit-il Cao)en s adressant aux Jésuites, d. ^

U mamerefi aigre o* fi dure dont voî Ecrits Z

traite les Théatins , four a'voir dit dans la vie du ìiènheu-

(45) Magna7 loma murliercularumearum vise -batur multi-tudo , qua exprofiìtuta pu-dicitia quai-tum facie -bant ( mapfenim per idtempus , mo-rum in urbelicentìa » qt*a

quitter le crime, fans renoncer d’ailleurs aux plaisirs hon-nêtes , avoient besoin auffi d’un lieu qui ne fût pas unCouvent, 8c qui leur fournît de quoi subsister, pendantqu’elles ne gagneraient rien au métier de courtisane.

C’est pourquoi Ignace fit bâtir des apartemens dans l’E- s M a;js,mor»mglise de Ste. Marthe dans lesquels on fonda une nouvelle pmtífimm

Communauté pour cette espece de repenties (46). Per-

. ~ - c T onulta ex iis nupta funt 9 qua hoc perfugio excluduntur : quibtts i -, *

retix Cote t an : Que St. Ignace quatre ou cinq ans avant tamen locus aliquís dandus est, quo fe recipïant, dum maritis .Lp,

1 ctablistement de votre Société , demeurant chez les reconciliantur, ut à vita honeftate , quampetunt, abfit péri- ir mbs ipf.Théatins à Venise, lors qu’il y passa au sortir d’Espagne culum. Porro alu emergere quidem ex ftcibus ilhs vellent,

l’an Ï536, avoit été fi édifié 8c íi touché de la sainteté fed non continua fe diuturm pœnitentu dedere: neque fi ut

de ses hôtes, qu’il demanda à être reçu parmi eux : mais f estima fugiant parattt junt,jeclariidúrco optima concupi/cunt:que le bienheureux Cajetan ne voulut pas lui accorder quibus receptum ad tempus dari Cœnobii ìllius f 47 ) leges nonce qu il^demandoit, parce que Dieu lui avoit fait conoi- finunt. Ignatius igitur, ut omnium faluti confuleret: es? ne

qua effet, qua viâìus quirendi difficultatem sua turpitudmipratexeret , locum peropportunum infiituendum curavit , quodomnium effet commune perfugium (48). II fut ]e premier quiconsacra à cet édifice une bonne somme d’argent : sonéxemple fut suivi par plusieurs personnes , 8c principale- (47) c'e/ì-à.

tre qu il fonderait un autre Institut plus appliqué à fac-tion. §ue cela soit vrai ou non , auroit-ce été un sujet de"j°'f T sff ttre fi fort en colere , & de continuer une guerre fiéchauffée pendant prés de 30 ans, s il étoit vrai que vousjujjiex, auffi peu sensibles , que vous dites , à ce qui ne toucheque la réputation de vôtre Société. Mr. de Sponde (41) re-marque que Jean Sleidan, & quelques autres à fa fuite,ont dit faussement que les Jésuites furent fondez par ceJean Pierre Caraffa. Ce qu’il y a de certain, ajoûte-t-ilest que comme les Jésuites vinrent au monde peu aprèsles Théatins, 8c presque sous le même habit, on lesnomma Théatins, Sc on leur donne encore ce'norn enEspagne & en Italie. Si en revanche on donna celui deJésuites aux Théatins, il faudra moins s’étonner du men-

mentrtcìisfordibtís objíi*Ufci.bat,

Idem, ibid.

(46)' On lanomma la

Communauté

de la Grâce deIn Ste. Vierge^

ment par Leonora Osoria, femme de Jean Vega Am-bassadeur de Charles-Quint. C’étoit un spectacle biencurieux, que de voir le Général des Jésuites à la tête deplusieurs filles de joie, qu’il amenoit ou a l'Eglise de Ste.Marthe , ou chez des femmes de qualité qui se char-geoient de les instruire. In hoc autem diva Marths. Cœ-nobium, mulierculas à turpi qu/tfiu abduùlas ipsemet sepenu-mero , ne périrent , vel in matrone alicujus honesta domum,

id &tatis vir, es? Generalis

dire le Cou-vent desMag-delonnetes.

(48) Riha-deneira, t»Vita Ignat,fag. 214.

__ infiituendas ad virtutis studium ■.

songe de Sleidan. L’Auteur que j’ai tant cité avoue que Prapositus deducebat ^qç). Quand on se mettoit à lui dire, , - „

ces deux ClrArei de Clercs Réeulievs fe sun r ;—<. j: e r„:_ -..-.'1 c„ Uennoir nour la conversion de reo y?/ »

ibidem ,

pog. 215.

ces deux Ordres de Clercs Réguliers se suivirent de si que les soins qu’il se donnoit pour la conversion de cesprès, 8c furent semblables en tant de choses, qu’on don- débauchées étoient une peine perdue, vu qu’elles étoientna aux Jésuites le titre de Théatins. A quibus vulgi errore endurcies au péché, 8c qu’elles se replongeraient bientôtf alfa Theatinorum in nos est appellatio, cognomenquè trans- au vomissement , il répondoit qu’il croirait tous les tra-fusum. Nam cum ordouterque, nofier c? tllorum, clerico- vaux de fa vie bien emploiez, s’il pouvoit faire que ces

rum Regularium fint , eodemque ferme tempore nati, neque Créatures s’abstinffent feulement une nuit d’offenser Dieu,

yrtie de

•■‘«àositatu'qJoí 11 j tes pur Orlandin , me Préface, ir. un Traité cujus sit

ne i „ .J 1 B - Çajetam Thiensi Vita de e --' -

Castaldo

ìn Biblioì

Liét. XXVI.

S. lgnatio traditur à Joan-mititisse ipsum ut in Theatinoium Otdinem admittere-45 i. C 4 1 ) Spondanus, ai arn. 1 SS 5 > mm. 8, U

8c qu’étant même persuadé que le lendemain elles 1e re-plongeraient dans leur infâme commerce, il ne laisseraitpas de travailler de toutes ses forces a sauver ce petit es-pace de tems (50). Cum autem lgnatio objieeretur , in cu-randis hujufmoât mulkrculis maie operam poni , quippe qua

S 3 m

(fo) Riba*deneira, inVita Ignat,pag, 215,