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Tome troisieme. K - P.
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LOYOLA,

(g) Tire delà Vie d’I-gnace deLoyola,composée par

Ribadenei-

xa.

orfelins. II se vit exposé aux plus furieuses médisances (Z) í ce qui ne l’empécha point detravailler à tout ce qui pouvoit iervir à la gloire 8c à raffermissement de son Ordre. II y eutdes personnes de l’autre sexe, qui voulurent se soumettre à fa discipline (M) ; mais la peine,que la direction de trois femmes lui avoit donnée, Pobligea à délivrer pour toûjours de cettefatigue fa Société. Aiant fait confirmer son Ordre par le Pape Jules III l’an iffo, il voulutse démettre de son Généralat> mais les Jésuites n’y voulurent point aquiescer. II garda donccette charge jusques à fa mort, c’est-à-dire jusques au dernier de Juillet iff<5 (g). L’Auteurque je cite aiant reconu de bonne foi, que son Saint Ignace n’avoit pas eu le don des miracles,& aiant même prévenu les Objections qu’on pouvoit craindre de ce côté-là, fut averti fansdoute qu’il s’étoit trop avancé, & qu’il n’étoit pas de la prudence de faire de tels aveux de-vant le public. Quoi qu’il en soit, il sc rétracta dans un nouveau Livre, & raconta je ne saicombien de miracles du Fondateur de son Ordre (N). On est allé jusques à prétendre qu’en

fa

sji ) Le PiredelaMain-ferrae > itiClypeonaícent.Fontebrald.OidinisDisert. IV,ftg. 219 ,s* est servi deeet exemplef oter justifier'Robert -Ar-írisel dagrand snnqidit prit desfilles de joie.Voiez la r [{e-marque (.D )de l'Article

Tonte-V R A U D.

(j 2) Riba-deneira , in

Vira Ignat.pag. 216.

in vitiis jam occalluistent, facileque reverterentur ad vomi-tum : Minime fané, inquit Ignatius ; fed fi omnibus mett vi-ta curis, atque laboribus id posfim efficere, ut vel unam noc-tem, peccato vacuam praterire istarum aliqua velit : omnesego quídem nervos contendam , ut vel illo tam exiguo tempore£>eus ac Domìmts nojler non offendatur : et tam fi sciam illamfiatim ad ingenium redituram ($1). S’il eut foin de réparerle passé, il n’oublia point le mal à venir. II savoit quel’honneur de plusieurs filles est en péril, soit à causequ’elles font pauvres, soit à cause que leurs, meres n’enprenent pas assez de foin, ou même qu’elles en devien-nent les maquerelles : il fit donc enforte que l’on bâtitun Couvent, où l’on transférât les filles qui seroient dansun tel danger. Illud etiam excogitavit, in lubrico versantivirgmum pudicitia qua ratione succurreretme videlìcetpuellariscaftitas,aut matrum turpitudine incuriave defioresceret,aut fau-pertate. Quamobrem pr&clarum , omnique laude dignum Cœ-nobium construclum est, SanFU Catherine-, ut vulgo vacant,de funariìs : in quod, tanquam in asylum arcemque trans-seruntur adolescentula , qua in periculo pudicitia versan-tur (qzs

( L ) Use vit exposé aux plus furieuses médisances. ] Riba-deneira n’est point entré dans le détail, & je ne croispoint avoir aucun Livre où les particularisez de ces mé-disances soient exposées. Je dirai donc seulement aprèscet Historien, qu’Ignace aiant fait mettre dans l’hôtelde Ste. Marthe une femme mariée qui s’étoit laissé en-leVer par son galant, s’exposa à l’indignation de ce ravis-seur, qui, étant un homme fort emporté, ne fe conten-ta pas de jetter des pierres pendant la nuit fur la maisonoù sa maîtresse étoit enfermée, mais de plus il diffamales Jésuites par toute la ville, & sema contre eux centpafquinades. II les accufoit de toute forte de dérégle-mens, & des crimes les plus impies, & les plus sales. IIpréoccupa de telle forte contre eux la ville de Rome,

trium muliercularum gubernatio , quantum illì molestia es-occupationis paucis diebus attulerit. Ergo Pontìficem Maxi-mum docet, quant0 ea res impedimento Societati fit sutura ;orat, obsecratque Pontificem, ut se prasenti moleftia, Societa-tem metu perpetuo liberet : neque permittat noftrds hommes ,aliis in rébus magnis, utilibus, neceffariis occupatos, hac mu-lierum cura minus necestaria implicari. (stuod utique Ponti-fex, rationes Ignatii probans, Societati dédit : literasque Apos-tolìcas firìbì jujfit, quibus nostri in perpetuum ab onere Mo-nialium éximuntur , z? quarumcunqué mulierum cura subobedientia nofirorum in commuai, vel alias vivere volentium,anno 1547, 13 Calend. Junii. §luo non.contentas Ignatms,ut locum hune maxime periculosum communiret , omnesqueaditus obstrueret, illud etiam anno 1549 ab eodem Paul»III impetravit , ne curam Montàlium , feu Religiofarumquarumlibet personarum recipere teneamur, per literas Apos-tolicas impetratas , vel in posterum impetrandas : nifi deindulto illo , i? ordine noftro , exfircjfam sacientes mentio-nem (5 6), -

Au reste, ce ne fut point pat précaution pour fa chas-teté qu’il fe voulut délivrer de cette forte d’affaires; carfi l’on en croit ses Historiens, la Ste. Vierge lui accordaun tel don de continence, que depuis qu’il fut son Che-valier jusques à fa mort , il ne sentit pas même les com-mencemens d’une tentation impudique. II pouvoit doncfréquenter les femmes impunément, & fe conserver aumilieu de toutes ces flammes, auffi entier que les troisJuifs dans la fournaise de Babylone. Les plus grandesliaisons avec le sexe n’auroient pas été pour lui une oc-cupation qui eût mérité qu’on lui eût dit, Periculose. plé-num opus aléa trafilas, er incedis per ignés suppofitos cìneridoloso ($j). A cet égard il avoit le don des Hirpes ( 58 ).Ce que l’on dit de certains soldats charmez, qu'ils n’ontrien à craindre, quoi qu’ils s’exposent à une furieuse grê-le de mousquetades, est limage de la continence de

( 56 ) Riba-deneira, inVita Ignat»pag. 231.

(57) Horat^Ode I Li-en II.

(s 8) Voiez. !eSdémarquesde l y ArticleHIRPINS.

(ss) Vilgi-

nis beneíì'cio impetra-vît , ut abììlo dìeusjntad ultìmuímvitee omnìslibidinis sens*caruerìt. Sec-

fj 3 ) Idem,Libr. III,Cap. X III.fag, 228.

(54) Invìdictftirmílìs inci-tâttts itaexar -Jit, ut saisisillum odiofìs-que crimina-tionibus ininvidiam vo-caríì nosiros-que infamiœia.be asper -gere conaretur .Nam& hare-fis calum-niam , &audit arumconfefjìonumfacratijftmajura vtolata ,<ár alta , c]u<zhonejie dicinon pojsunt ,non est vere-cundatus obji-cere: & Ig-natìum ìpsumvivum flam-mis creman-dum jaùfare.Ribadenei-, ibìd.

229.

ynuaup uc icnc tune cunuc lua .AAAA. Loyola: les'œillades les plus lascives, les caresses les plus

qu’ils n’oioient presque se monmicar j e S S r ^" udissoienf . tendres, & en général tout ce que les femmes auroient

par tout des gens qur lesasm qu’on ne croie voulu mettre en œuvre contre fa vertu, l’auroit trouvé ILH.'

Je «porte les paroles de Rrbadenerra, afin qu on ne croie .^^rable. Bien entendu que l’on s’en «porte» aux

paroles de Massée (59). J’ai lu un Parallèle de Lvither 8cde Loyola (60), où l’on observe que Luther, lans au-cune grâce extraordinaire, vécut d “ s lln célibat

îufau’à l’àee de quarante-deux ans, & que setant marieensuite ifne blessa point la pudeur & la piete & q u ’ a -près tout la chasteté de Loyola ne meriteroit aucunelouange, puis qu’il n’y a point de vertu fans une victoiredisputée contre les pallions (61).

(O) Ribadeneira se retraita . . . & raconta je ne sai ( fi i) Patcombien de miracles du Vondateur de son Ordre.'] Le XIII qaidemastìr-Chapitre du V Livre de la Vie de St. Ignace composée tnssisTpar le Jésuite Ribadeneira est fort remarquable. 11 com- t » r ,

Libr. iij*ex

-Maffeio, itiVita Ignat,Loyola;.

(6 oj Apttd

Seckendotf

ibidem.

<5k) M 1 ™’ibidem >

Cap. XIV,pal. 23 °.

pas que j’amplifie. Ut erat vir acer, ac ferox, c? in ip-sumSanfila Martha Cœnobium furere nofilurms lapidationibuscccpit, o* in- nofiros inìquïs cnmtnationtbus debacchari : mul-taque in vulgus spargere , qu<t non solttm falsa estent ,sed disttuetiam turpìsfima. Eoque processif (gratia ferlasse, qua vale-bat plurimum, & autoritate fretus ) ut Ignatn nomen pu-blicé inseBaretur, e v laceraret : cr ea nostris per se, esr suoscoram objieeret , qua honesté audire non postent. Famosos pra-tereà libelles confiât, £? vulgo jattavit, quibus multa nefa-ria, O 1 impur a, multaimpia, w fielerata continebanmr : utnostris vix in publicum prodtre, vix cim homimbus de tpfi-rum salute agere liceret ; ita aut conviens ab improbisfimo

quoque, aut malediílis excìpïebantur (53)-. Ignace upia e : na r cette Objection (6a') : Si tout ce que vous venez, est viraisPape de nommer des Commissaires qm examinassent ces mence par çette c-Djerara ; saínHet f de LoyoU M m pi-

Accusations. Elles furent Aminées par le Gouverneur coLme celle de tait d'an- L,

x? rar le Vicaire de Rome qui déclarèrent dans leur point es e cernpee par aes ' exemtm quai

Wenre rendue le 10 d’Août 1543, que c’étoient des tres Saints? L’Auteur répond , pi a conu l intention de viacat.ldlm,S “ eut un Prêtre à Rome qui noircit ter- D«» seul fait des choses merveilleuses, & comme c est lui seul ibid. Voiez

Wementla réfutation des Jésuites. II les accusa d’Hé- qui les peut faire, c est auffi lui seul qm conmt les tems v lesn , r o, 2 e révéler le secret des confessions, & de com- lieux ou les miracles doivent etre faits, çy par les prières de âN, a-r eUe, « pudeur défend de nommer, & . qui. Ut filus Me hac potefi efficere, ita illefilus wvit quo tM ; m ( a ).

mettre des ci q du feu> Votez en marge les l«co , quo tempore mtracula w quorum precibus facienda

qU1 Pi Rihadfneira ut\ qui observe que ce Prêtre fut /«*» ( 6 3 )• . 11 a I 0Ut ® <ì ue t 1 0US les n’ont pas eu leparoles de ^e fos Bénéfices, 8 r condamné à nne àcm des miracles, & que les Saints les plus distinguez

^ssnníínîtuelk pour des crimes que le tems révéla en- P« la LEÙeur, ou par le nombre de leurs miracles, j^n c 7 r miant au^ Accusations que je viens de rapor- n’ont pas pour cela Impasse les autres en famtete. Car - -fin. Car quant a matent point: ils les laissèrent ce n ess point par les actions miraculeuses, mais par les ,...

ter, les Jésuites ne s e p g actions de charité, qu’il faut juger de la sainteté des per-

^fìsil^eTdes pannes de l’autre sexe, qui voulurent sonnes. II prouve cela par l’automé de St. Grégoire ‘J,

[M) II y eut des pi’-r ne J ? Rgli _ j, ar des raisons tirées de l’Ecriture, & par des exemples. u p ara mira .

se soumettre a sadiscip 'j des Cnuvenc filles & Neque omnes sanfili vìri miraculis excelluerunt . neque qui culù ì & , u t

gion parmi les Moines qui n ass ues Couvens de fiUfs» « ul ^ Hm m( ^agnitudine prasiìterunt ,-aut copia, iâcirco re-

liquos fanilitate super arum. Non enim sanâlitas cujufque si-gnis, fid charitate aftimanda est (64). II fait voir par 1E-criture que le don des miracles est accorde quelquefoisaux faux Docteurs, & en très-peu de paroles il étale toutce que lès Protestait? peuvent dite de plus fort, contreceux qui leur reprochent que Luther & que Calvin n ontpas eu ce don. Je ne dis pas cela, continue-t-il, pour ex-ténuer cette vertu, mais afin de laite entendie au Lec-teur prudent qu’il faut se remettre de tout cela à la Pro-vidence du bon Dieu, qui distribue ses dons comme bonlui semble. II raporte ensuite quelques raisons pour les-quelles Dieu a pu permettre, & cela en faveur même

des

-.»*w****.« 1 —--

je ne sai fi l’on pourroit nommer plufieurs Fondateurs,qui pendant leur vie n’aient pas eu des dévotes qui nepouvoient les quitter. Ignace eut les siennes; mais il neconsentit point qu’il se formât des Couvens de filles quiembrassassent fa Réglé. Isabelle Rosella sa bienfaitriceeut tant de passion de le revoir, qu’elle alla d’Espagne àRome pour se mettre sous fa discipline. Elle & quel- •ques autres obtinrent du Pape la permission de faire lesmêmes vœux que les Jésuites ( 5 j ). Ignace ne s’y oposaqu âpres qu’st eut éprouvé la peine extrême qu’elles luiuonnoient. Vpiant donc que cela incommoderoit saCompagnie , il représenta fi fortement ses raisons aupape, qu il impétra la décharge de ce fardeau. Mirmn est

(62) Sed dhcat aliejuìs ,

fetto fant ,qui d causc estquamobremULimsàníiìtasminus efi

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declaratay

virtutumqmoperationibusinsiignìtà ?Ribadcn.Libr. V,Cap. A’"///’,pag. Si 9 .

(6 i) Riba-den. ibìd*pag. S 4 °*

(64)