LOYOLA
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îttôns fur fa béatification, qui furent très-fortement censurez par la Sorbonne (X), & qui re*
'{t 16) Onécrit ceci le 2idt Novembre
(117) Nt sa-Itcetttllwm profttturi collegiifabrica parie -tem demolirif a * effet ^sed&ntiejuis hti-jufce domusmûris ob ve-tustatis venc-ïationem illi-íatis, contigudmodo adificiaadjungere &exdtare lice-rn. A&aEruditor.Lìps. Tome 1 j'SuppUmentor.$eSt. X,
527-
ÏenseVstémérairesfur le Bon-heur duParadis.
(ri 8 ) Votez,lel Volumede la, Moralepratique.
27Z.
(119) Dansson Livre in-titule , Occu-pation desSaints dansle Cid.
Voiez. la Mo-rale prati-
» là-mcm
274.
ïtro) Mer-cure Fran-çois , Tom»
* * 5 P a $- m,264 > à Cann,
Mh.
(»») Hos-Pinien,*/.
M‘U de sonHistoriaJesiiítica,
donne à cesparoles un ri—ouïe tout 'Particulier :,l J“ traduit“'«fi SDeni-que Monar-c hœ supre-J°it>eo„? td > ejus-y* sanc-‘;ium 0 fì-
î 10 > eostotueri &^'áere tan-3 Uat n ex^gdari
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caie, & le pàïs d’Alava. Ces deux dernieres contréesont produit les ancêtres de St. Ignace : la prémiere lui adonné la naissance dans le territoire d’Azpeytia; car lechâteau de Loyola est situé dans ce territoire. Les sonsbaptismaux de l’Eglise de St. Sebastien d’Azpeytia, danslesquels Ignace reçut le batême, font tous les jours unobjet de dévotion. Les femmes grosses y accourent, 8cdésirent passionnément que leurs enfans y soient batisez ,8c qu’on leur donne le nom d’Ignace, ou d’Ignacia, afinque cela leur porte bonheur. Le château de Loyola oùil naquit subsisse encore, & s’apelle la Santa Casa. LouisHenri de Cabrera & Terese Henriette Velasca de Loyo-la , Marquis 8c Marquise d’Alcanizas & d’Oropesa, der-niers poflesseurs de ce château, en firent une cession so-lennelle l’an 1681 à Marianne d’Autriche, mere du Roid’Espagne à présent régnant (r 16). Cette Princesse ledonna l’année suivante aux Peres Jésuites, afin qu'ils yfondassent un College de leur Société, 8c ne fe réservaque le droit de patronage tant pour soi pendant sa vie ,qu’après fa mort pour le Roi son fils, 8c pour les Roisd’Espagne qui succéderont à son fils. Mais elle imposaaux donataires la même charge qui avoir été annexée à lacession qui lui en fut faite ; c’est qu’il ne seroit permis dedémolir aucune mitraille du château, 6c qu'on se conten-teroit de bâtir auprès (117).
Si après avoir indiqué un Livre curieux de Gabriel He-nao, je n’en difois pas quelque chose, on se pourroitplaindre que je n’aurois fait qu’irriter mal-à-propos la cu-riosité du Lecteur. Je dirai donc que ce Jésuite publiaun volume in folio l’an 1652, intitulé Empyreologia, feuPhilofophia Christiana de Empyreo cœlo , où il étale si distinc-tement le bonheur du Paradis, qu’il dit (118) qu il y au-ra une musique dans le ciel avec des instrument matérielscomme fur la terre. Mais son détail, si je ne me trompe,n’est pas comparable à celui de Louis Henriqués sonConfrère qui assure (119-): pistil y aura un souverain plai-fir à baiser ey embrasser le corps des bienheureux ; qu ils febaigneront à la vue les uns des autres ; qu il y aura pour celades bains tres-agreables ; qu ils y nageront comme des poissons ;qu ils chanteront aujst agréablement que les calandres ey lesrojfignols. Que les Anges s'habilleront en femmes, ey qu’ilsparoistront aux saints avec des habits de Dames, les cheveuxfrifex., des jupes à vertugadins ey du linge du plus riche. Syrieles hommes ey les femmes fe réjouiront avec des mascarades ,des festins , des ballets. Que les femmes chanteront plus agréa-blement que les hommes, afin que le plaisir soit plus grand ;quelles ressusciteront avec les cheveux plus longs ; & quelles fepareront avec des rubans ey des coejfures, comme en cette vie ,& leurs petits mignons d’enfans, ce qui fera avec un grand
sLaiJìr.
(X) On prononça trois Sermons fur- fa béatification ....censures, par la Sorbonne.-] Paul V aiant béatifié Ignace1 an 1609 les Jésuites en firent feste folemnelle par toutes leursMaisons, Colleges , ey Novitiats, oò ils choisirent ey prierentles plus grands Théologiens, ey qui ri estaient de leur Ordr-e ,de faire le Panégyrique (120). Valderrama Prieur des Au-gustins de Seviìle fit le Sermon le 31 de Juillet 1610. Pier-re Deza Dominicain de Valence le fit le 26 de Janvieri6ï°. Jaques Rebullosa Dominicain de Barcelonne le fit- "f 'îpatneme Dimanche de l'Avent 1600. Un Jésuite Li-ss 0 ^ 111 ’. nommé François Solier, traduisit d’Èfpagnol enFrançois ces trois Sermons, & les publia à Poitilrs l’an1611. On y trouva quatre Articles que la Faculté de.Théologie de Paris assemblée dans la sale de Sorbonne leI d’Octobre 1611 foudroia d’une terrible maniéré.
„ Le premier est en la prémiere Prédication de Erere P. de5 , Valderamepage 54 ey Nous savons bien que Moy--, fe, portant fa baguette en main, faifoit de très-grands-, miracles en Pair, 8c en la terre, en l’eau, és pierres ,»> âc en tout ce que bon lui sembloit, jusques à submer-» £er Pharaon avec son armée dans la mer rouge; mais-, c’estoit l’ineffable nom de Dieu, que le docte Tostat-, Evesque d’Avilla dit avoir esté gravé en cesse verge ou-, baguette, lequel operoit ces merveilles. Ce n’estoit„ pas si grand cas que les créatures, voyant les Ordon-„ nances de Dieu leur souverain Roy 8c Seigneur sous-„ crites de son nom, lui rendissent obéissance. Ce n’es-„ toit pas aussi grande merveille que les Apostres feissent„ tant de miracles, puis que c’estoit au nom de Dieu par' „ la vertu 8c pouvoir qu’il leur en avoir donné, le mar-„ quant de son cachet, In nomine meo d&monia ejichnt„ lïnguis loquentur novis, eyc. Mais qu’Ignace, avec son„ nom escrit en papier, face plus de miracles que Moy-„ fe, 6c autant que les Apostres ; que son signet aye tant„ d’authorité sur les créatures, qu’elles lui obéissent sou-„ dain ; c’est ce qui le nous rend grandement admirable.„ Le second, pag.cjl de la mefme Prédication. Tandis qu’I-„ gnace vivoit, fa vie 8c ses mœurs estoyent fi graves,.fl„ sainctes, 8c si relevées, mefme en l'opinion du ciel ,,, qu’il n’y avoir que les Papes, comme sainct Pierre, les-, Impératrices comme la mere de Dieu, quelque souve-„ rain Monarque comme Dieu le pere 8c son sainct Fils,„ qui eussent le bien de la voir (121). Le troisième est en„ h a Prédication de Erere Pierre Dez,a, pag. m ey 112,.» Sans àìle les autres Fondateurs des Ordres Religieux
doublé-
„ furent envoyez en faveur de l’Eglise Lee. Novistîme au-„ tem diebus iftis loquuttts est nobis in stlìo fuo Ignatio, quem„ conftituit hmdem univerfomm, & auquel il ne manqué,, autre poinct de louange que, per quem fecit ey f&cula.„ Le quatriefine est en la Prédication de frere Jaques Rebul-„ lofa, page 207, Le Martyr Ignace portoit une tant„ particulière affection au sainct Pere 8c Pape de Rome,„ comme au légitimé successeur de Jesus-Christ, 8c son„ Vicaire en terre (122) ".
La Faculté opina ey décréta fur le premier article, que ces-te forme de parler par laquelle le nom de la créature est efgaléau nom de Dieu tout puissant-, les miracles saisis au nom deDieu, amoindris ; ey finalement que les miracles qui n estoyentpas entores certains , estoyent preferex. à ceux que l’on de-voit tenir âfune foy Catholique, indubitable, estait scandaleu-se , erronée, blasphémante, ey impie. Quant au second, quecefie assertion, laquelle feint que Dieu reçoit quelque bien dela vision de la créature, est de soi détestable, fausse, ey ma-nifeste hereste. Quant au troifiefme, oh on a approprié le tex-te de f ainSl Paul, Novissime autem'8cc. à autre quàfso-fus-Christ, il est execrable, ey retient du blasphémé ey del’impiété. Quant au dernier article, il a deux parties con-traires , l’une defquelles destruit Vautre : la derniere à la vé-rité est Catholique ey approuvée, fçavoir que le Pape est le Vi-caire de Jesus-Christ en terre : mais la premiere, fçavoir quele Pape est légitimé successeur de Jesus-Christ, est une proposi-tion manifestement fauste ey du tout hérétique. Signé C. Pe-tit Jan Curé de S. Pierre (123).
Le Pere Solier publia une Apologie très-hardie 8c me-naçante (124), où il dit entre autres choses qu’il faloitfe souvenir que l’on parle populairement es Sermons eyDéclamations , fur tout au genre qu ils appellent démons-tratif ey encomiastique , qui reçoit plus facilement les am-plifications que le deliberatif ou judiciaire (125) , 8cqu’il est aisé de conoître quand le Prédicateur avan-ce une conception plustost pour deleSler V oreille , que pourenseigner ferieusement ses auditeurs (126). II fit voirque Louis de Grenade, Saint Antonin , 8c Saint Ber-nard , ont fait des aplications de l’Ecriture aussi fortes ,ou même plus fortes, que celles dont on se plaignoit. IIcita plusieurs Passages de l’Ecriture (127), pour justifiercette pensée de Valderrama, Tandis qu Ignace vivoit, favie ey ses mœurs nestoìent cornes de tous , ey n y avoit queDieu le Pere ey son fils qui eujjent le bien de la voir, maissoudain qu’il fut mort tous les courtisans du Roy eternel ac-coururent pour le voir (128). 11 demanda (129) si quand leS. Esprit dit es Cantiques à une ame choisie, ostende mihifaciemtuam, sonet vox tua in auribus meis, vox enimtua dulcis 8c fades tua décora, ce seroit mal traduire, ceseroit blafphemer ou paraphraser le passage, que de dire, Macolombe fais que j’aye le bien de voir ta face 8c d’enten-dre ta voix, d’autant que ta voix est douce 8c ton re-gard de bonne grâce. II ne répond rien fur la quatrièmeProposition qui fut censurée; 8c il paroit ignorer qu’ellel!eût été. Ce n’est pas qu’il n’entreprenne de justifierquatre Articles ; niais il supose que le quatrième étoitcelui-ci: „ Il n y a que l’Ordre de S. François qui face des„ miracles en matière de pauvreté volontaire (130). Car„ un Frere-lai de son Ordre, dit-ìl, avec le cordon qui„ lui sert de ceinture, en sa main, fait plus de miracles>, que ne fit jamais la verge de Moyse, parce que celle--, là ne tira que de l’eau d’une pierre, Sc cestui-ci tire,, pain, vin , chair, Sc tout ce qui lui fait besoin des poic-„ trines plus dures que les rochers”. II justifie cela endeux maniérés: x, en disant que c’est une de ces pen-sées qu’un Prédicateur avance, non pas pour dogmatisersérieusement, mais pour chatouiller l'oreille de ses Audi-teurs : 2, en soutenant qu’au pied de la lettre la Proposi-tion est véritable. Maïs, dit-ìl, quand on voudroit la pren-dre à l’estroit du garrot, & avec toutes les rigueurs de l’Efcho-le, neft-ilpas vrai que c est une plus grande œuvre de flefehirun cœur acéré en malice , ey endurci en impiété, que de fairejaillir l'eau claire des rochers ? S. Bernard na-il pas dit en cesens, que Jesus-Christ a esté plus miraculeux en la conversionde Marie Magdelaine, qu en la refurreSUon de son frere La-zare? II auroit bien sait de s’en tenir à la prémiere rai-son , c’est-à-dire , de représenter uniquement qu’il sautfaire grâce aux saillies d’un Orateur, 8c que l’Eloquencede la Chaire,principalement parmi les Moines, 8c le jourd’un Panégyrique, est en possession d’une licence presquesans bornes. Mais cela n’empêche point qu on ne doiveceusurer quelquefois les enthousiasmes de cette licence,comme Monsr. l’Archevêque de Reims 1 a pratiqué de-puis peu (131). Je n’oublie point que Scioppius (132)a fort plaisanté sur un endroit de ce Sermon de PierreDeza. C’est celui où le Prédicateur fait valoir comme ungrand miracle le bonheur qu avoient les Jésuites d’obte-nir universellement ce qu ils demandoient, dans un sié-cle avare, dur, 8c sourd à la charité. _
Hospinien en parlant de cette a faite a dit une chosequ’il a fans doute persuadée a bien des gens, 8c qui néan-moins semble tres-fiausse. II dit que les Jésuites compo-sèrent eux-mêmes ces trois Sermons; mais que pourfaire plus d’honneur à leur St. Ignace, ils firent acroireque des Dominicains Espagnols les avoient prêchez. IIT r ' ' ajoute
(122) Mer-cure F tan-çois, Tom.II,pog. 265cVoira, oujjì UI Tome de laMoralepratique,M- rr>
(123) Là-m*me ,
266.
(124) LesBibliothécat resdes J- fuitesn y en parlentpoint , nonplus que de laVersion destrois Ser-mons.
(123) Mer-,cure Fran-çois , Tem.
II,{ag. 2S7.
(12.6) Là-mêpn>e,p^.zyc. ‘
(127) Entreautres celuides Piovèib.
chap. vm;
Vers. 3i..DelitisiueT estecum filiishonununsi
(128) Mer-cure Fran-çois , Tom.II,.pog. i 67 à
(129) Là-
meme ,pag~2 SS.
(130) Là-
même ,pag.271. CcstDeza qui seservit de cettepensée, pag,-D,
(t}t] VoieZi’Histoiredes Ouvra-ges des Sa-vans 1 Moisd’^íoíìt 1695,
f a S-SSs &ci-dejfns U7 \emarq.de PArticle
François
d’Aslise.
(132) Sciop-pius, Infant.FamianiStrad x,p*gi ,