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Tome troisieme. K - P.
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L O L L I U S.

chées fous les fausses aparences de la vertu. Sa dissimulation avoit été si heureuse, qu’encoreque l’avarice fût son fossile il avoit passé pour imprenable à l’argent (A). Les préscns immen-ses, qu’il extorqua pendant qu’il fut auprès du jeune César, lui firent perdre cette fausse répu-tation (b). II fit paraître d’autres défauts dans ce même emploi j car afin de fe rendre plus W Mnécessaire, il entrétenoit la discorde entre libéré ÔC Caïus César (B)-, & l'on croit même (^T(g)*qu’il servoit d’efpion au Roi des Parthes, pour éloigner la conclusion de la Paix. Caïus apritcette trahison (C), lors qu’il s’aboucha avec ce Monarque dans une Isle de l’Euphrate (c ),Sc Cil conçut une telle haine' pour son Gouverneur, que celui-ci s’en désespéra : il sc fit mourir cap. cllui-même (Z>). II avoit vaincu les Besses l’an 738 (d), & aiant porté tout de fuite la guerredans l’Allemagne, il y avoit reçu un affront $ mais il avoit eu fa revanche (A), & réduit lesAllemans à faire la paix. Marc Lollius son fils fut Consul on ne sait en quelle année ,

Lc laissa une fille qui fut femme de Caligula (F), comme je le dis dans les Remarques (G).

(d) Dio,Libr. LIV,p«g- m. 61 î<

{A) Il avoit pajfé pour imprenable a ïargent.] Entre plu-sieurs autres éloges Horace lui donne celui-là :

fi) Horat,Ode IXLibri IV.

(1) SubLe-gàto M. L0IIÍ9homine t ntrama pecuntsquant reliejaciendì cupbdiore, & intersummum vi-îîorttm dijjl -TWUtionernvitìosijfìmo.Paterculus,Ubr , //,Cap. XCV1I.

(?) Sueton.in Tiberio,Cap. XII.

(4) Tarit.Annal, Libr.IIIy Cap.XLVIIL

(5) Je metsla viraitaprès Csesari,& sien vasdevant , com-me Boecîe-lu s: maisj y aimeroismieux encorelire , commefont plusieurs yindicata,Casfaris iravulgavit,

(6) riisl.Libr. IX,Cab, XXXV.

(7) Solin.Cap. LUI,f “S- m - 85 -

Q) Patercu-lus , Libr. //,Cap. CU.

f9) Sueton.in Tiberio ,Cap. XIII.

f 10) Lollia-narà f cla-dem ) majo-ris ijtfamia ,quam detri-

Agrippine seroit préférée à Paulline, ou à Elia Petina. 1Jugez fi cela peut convenir à une femme d'environ cin-quante ans. Paulline ne pouvoit pas être de beaucoupplus jeune, fi elle étoit fille de notre Marc Lollius, quisortit de Rome avec son éleve environ Pan 7 ji, & mou-rut deux ans après : or la dispute dont je parle éclata l’ande Rome - 801. II ri est pas.aisé de bien décider fi celui aà qui Horace adressa la II & la XVIII Lettre du pre-mier Livre, est le même que celui à qui il adresse l’OdeIX du I V Livre. Mr. Dacier, qui l’aífirme,,croit parconséquent que ces trois Pieces font adressées à MarcLollius Gouverneur de Caïus César. II croit même queLollius avoit .cette charge lors qu’Horace lui écrivit laXVIII Lettre, qu’il supose que l’on peut dater de l’ande Rome 742 (18). II y a deux choses à observer contrecela. 1. Aucun Historien ne fait mention que Lollius aiteu cette charge avant que ce jeune Prince fût envoie enOrient. 2.11 n’est nullement vrai-semblable que si Horaceavoit écrit cette Lettre au Gouverneur de Caïus César, ‘Edit.'deQuoi qriun Poète de Cour ne fasse guere conscience de il rient rien marqué qui se raportàt à cet honneur. Ordonner aux gens les éloges dont ils font reconus indi- il est certain qu’on ne trouve dans cette Lettre aucune

•" " ' r r — 1 chose qui fasse conjecturer, que Lollius avoit été jugé Ça) c'.-fi

digne d’être préposé à l’éducation du petit-fils de l’Em- A 1

Non ego te metsChartis inornatum filerì,

Totve tuos patiar laboresImpune, Lolli, carpere lividasObliviones, eft animtls tibì

Rerumque prudent, z?JecundtsTemporibtts dubìifque reflus,yindex avantfraudìs, zsr abstinensDucïniis ad se cunci» PECVNlijConsulque non unius anni,

Sed quoties bonus atque fidusJudex honefium pntulit utili , ïiRejecit alto dona NOCENTXUWtV u l t u : e? per obstantes catervasExplicuit sua viSlor arma ( 1 ).

(18) MotifaDacier fuiHorace,Tom. X.pag. 428

gnes.il faut croire qu’Horace fe régie ici fur les aparences,c’est-à-dire, qriìl proportionne ses éloges à F estime oucelui qu’il loue étoit alors ; car nous aprenons d’un célè-bre Historien que ce Lollius cachoit admirablement sesmauvaises qualitez (2).

(B) Il entretenois le désordre entre Tibere zy Càius César.]C’est ce qu'on peut inférer de ces paroles de Suetone (z):Namque privignum Cajum orienti pnpofitum cutn visendigratia trajecisset Samum (Tiberius.) alìeniorem fibi senfit excriminationibus M. Lollii comitis ct* relions ejus. Cela pa-roit encore plus clairement par le témoignage que Tibe-re rendit à Quirinus Gouverneur de Caïus César. Da-tusque reBor C. Casari Armeniam obtinenti Tiberium quoqueRhodi agentem coluerat , quod tune patesecit in senatu, lau-datis in se officiis, zsr incufato M. Lolita, quem autorem C.Cétsari pravitatis C? difcordiarum arguebat (4).

(C) Caïus aprit cette trahison.] Considérez ces parolesde Paterculus. A»o tempore M.. Lollii quem veluti modéra-torem juvenu filii fui Augustus ejje voluerat,perfidìa z? plenafiubdolt ac versuti animt consilia per P art hum indicata C<e-sari ( 5 ), fama vulgavit.

(-D) Lollius se fit mourir lui-même.] C'est Pline quinous l’aprend. M. Lollius infamatus regum muneribus in totoOriente ïnterâìíia amicitia à C. Cefare Augufii filio venenumbiberet (6). Solin témoigne la même chose (7). Patercu-lus plus voisin de ce tems-là doute si Lollius fe fit mou-rir: Cujus mors intrapaucos diesfortuita an voluntaria fueritignora (8); mais il assure que Lollius ne vécut guere de-puis F entrevue de Caïus César, & du Roi des Parthes.II- semble que Suetone fasse vivre quelque tems Lolliusdepuis fa-disgrâce; il dit que Caïus Céíar-faché contreLollius s’apaisa envers Tibere, & consentit qu’on le ra-pelát à Rome. Is ( Cajus César ) forte tune M. Lollio offen-fior > facilis exorabilifque in vitricum fuit (9).

(E) Il y avoit repu un affront, mais il avoit eu fa revanche.]La honte fut plus grande que la perte dans l’échec de no-tre Marc Lollius (10). On y perdit l’aigle de la cinquie-

fur cela qué

pereur. Où est le Poète qui s’aviseroit de donner mille xr/// Let-conseils au Gouverneur de l'héritier d’un grand Empire, ue du mi-lans insinuer pour le moins qu’il parle à un homme très- »« d’ a ora-capable de faire leçon aux autres fur la vertu civile (19) , ce - Eoìec les& qui instruisoit actuellement un jeune Prince par le p Mrschoix d’un grand Monarque ? La même raison me per-suade que Lollius n’étoit pas encore Gouverneur du jeu- Tom. ix,ne César (zo), lors qu’Horace lui adressa l’Ode IX du W- 1- * 6 -IV Livre. Le Poète se fût-il dispensé de le louer de ce . . ucôté-là ? De plus Horace s’adresse à un homme qui avoit Dacierporté les armes au commencement de fa jeunesse, dans Horace ”l’expédition d’Auguste contre les Cantabres. Militiam Tom. iv,puer, zsr Cantabrica bella tulisti, Sub duce, qui t emplis Par- f a £- m - 242thorum signa refixìt, Et nunc, fi quid abest, Italis adjudicatarmis (zi). Ce peuple fut subjugué en l’année 729, lorsque notre Lollius gouvernent la Galatie. Par cette Re-marque le Pere Noris (22) fait voir qu’Horace ria pointécrit à Marc Lollius Gouverneur de Caïus César la Let-tre dont nous parlons. Mr. Dacier (23)3 beau direqu’Auguste fit son premier volage contre les Cantabresl’an de Rome 726, & que ce volage dura quatre ans, &que puer signifioit souvent un homme fait; Kr que Lol-lius avoit eu dispense d’âge pour être Consul Fan 732,il n’affoiblit point la preuve du Pere Noris. Disons doncavec ce savant Auteur, qu’Horace ria point écrit la se-conde & la dixhuitieme Lettre du premier Livre à Lol- > Rlius Gouverneur de Caïus César, comme Glandorp Fa marques"prétendu à la page 547 de son Onomasticon, mais au fils siu Horacesde ce Lollius. Tome IX *

(G) . . . comme je le dis dans les Remarques.] C’est icique l’on trouvera F Article de L o l lia Paullina,petite-fille de notre Marc Lollius. Son premier maris’apelloit Caïus Memmius Regulus ; il étoit Consul lorsque Séjan fut tué : quelque tems après étant à la tête - -dune armée (24), il reçut ordre d’amenersa femme à ú ‘ m f f*

croit que Lot’*lius avoit déjàb-cette Charge*

(21) Horaír^Epíst. xvm

Libr. /,fers. s S.

(22) NoriaCenotaph,Pisan. pag.

aï J.

( 24) SeloriDion, LivrJL VIII,731 ,

Sueton.;» me légion (11). Eusebe, fans parler d aucune disgrâce de Rome, pour la marier avec l’Empereur Caligula. Je

Auguste, T « 11 :,.^ ..tin re mip Ipc Opirnomc fnrpnt batllS nar rp CtX. U.’o *_ 7 - _* _ _-.ï--.. r- ,

Cep. XX U.

f n) Paterc.Lilr. II,

Cep. XCVII.

sir) Scalig.Animadv.in Eufeb.t*£. «t. 171.

(n) Dio, 'Libr. LI Y,-

m- «12.

(14) Tacitedit, Annal.Libr. XII,Cap. I, queLollia Paul-linet étoit filleM. EolliiConíularis.

(1$) Solin,Cap. LUI,le dit .

Lollius, assure que les Germains furent batus par ce Gé-néral Fan 4 de la 190 Olympiade. Scaliger (12) prétendqu’Eusebe se trompe, & quant au fait, & quant à Fan-née ; mais puis que Dion assûre que les Germains aiantsu les préparatifs de guerre de Lollius, & le volage qu’Au-guste faisoit en Gaule avec une armée, fe retirèrent dansleur païs, & firent la paix, & donnèrent des otages(13),il est aparent qu’ils avoient été batus en quelque rencon-tre , comme Eusebe le supose.

(F) Son fils fut Consul (14) • • • ^ Iniffa une fille ....femme de Caligula.] II y a bien des Auteurs qui disent queLollius, Gouverneur de Caïus César, étoit le pere decette fille (1;) : c’est un mensonge; Lollia Paullina étoitla- petite-fille de ce Lollius : nous trouvons cela dans Pli-ne (16) en propres termes, & Tailleurs nous le pouvonsinférer solidement de la concurrence où elle lut avecAgrippine, quand il fut question de remarier 1 EmpereurClaude. Tout ce qu’il y eut de Dames recommanda-( r ,ar * eur haissance, par leur beauté , par leurs ri-chesses, entrèrent en lice pour disputer ce mariage (17);mais enfin toute la dispute fut réduite à la question fi

(ï6) Libr IX, Cap. XXXV, par. m. zz;, (17) Voter. Tacitesite dant lit Remarque suivante. ’

vcrneuY deMjsie & deMacedoine.

dis pour la marier ; car ce Prince aiant ouï dire quel’aieule de Lollia Paullina avoit eu une très-grande beau-té, commanda tout aussitôt à Memmius de venir lui don-ner en mariage fa femme, 8c d’-agir dans le contrat com-me un pere qui marie fa fille. Lolliam Paullinatn C. Mem-mio Confularì exercitus regenti nuptam fada mentione avistejus, ut quondam pulcherrima, subito ex provincta evocavitac perduâlam à marito conjunxit fibi. Voilà ce que ditSuetone dans le Chapitre vingt-cinquieme de la Vie de repocpúeeeCaligula, & voici ce que dit Eusebe dans fa Chronique ; tIktougowCujus Memmìì Regult uxorem duxìt, ìmpellens eum ut uxoris - '

suapatrem ejsesescriberet (25 ). Si vous souhaitez de voirune Note de Casaubon sur cet endroit de Suetone, lisezce qui fuit, Sc souvenez-vous que ce qu’il raporte deDion est au Livre LIX, à la page 745. Ait Eusebius,feriberet, nempe in dotait instrumenta, nam ut omnia allalégitime viderentur, omnia fiolemnia funt fervata. Maritustgttur pro pâtre fiât, qui eam Çajo defponfavit, dotem dixit,ad novum maritum perduxit. Au 'clor Dio. Htnc intelli-gtmus Suetonii fequentia verba, perductam à marito con-junxit fibi. Ceci arriva Fan de Rome 791. Caligula dé- . _goûté bientôt de Paulline la répudia fous prétexte de fié- 7Î7 » **rilité (26), 8t lui ordonna de n’avoir jamais à faire avec 7sl '

aucun

(i$) Eufe-bíus, numerq

20 JÍ.

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rò ó’âtat-Úè; dri Sue-'xopitç aÙTijíêyéyovei. Ad prafensverò exturba-in Pauiinaut fterili, feíi,révéra quia

Hinc intelli- f ati r etas ,

ipfum cepcratjDÎo, Libr,LIX, pag.