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Tome troisieme. K - P.
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157
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L O R M E. L O R R AINE.

ìS 7

0 ) Patin,

lettre

CCCCVII,

t*&. Zoj da111 Tome .

(®) Le mê-

m ‘, LettreCCCCXXI,H- as j.

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4Sv.

(8) T^emar-9 «e (N) de* MrticleBeZe.

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suivante.

mort j mais au contraire cela ne servit qu’à faire mourir la jeune femme. Elle gagna une phti-sie auprès de ce bon vieillard , & n’en put jamais guérir ( E). La conversation de ce Monsr.de Lorme étroit admirable ( F ). II avoit été Médecin de Gaston de France Duc d’Orleans ,mais il ne conserva guere cet emploi (a). II exerça beaucoup plus long-tems celui de Méde-cin des Eaux de Bourbon. Nous verrons ci-dessous qu’il mourut l’an 1678 (G).

jus pollinélo jam corporì marúdam seneëlutem tucm subftra-vifiisii). On devroit peut-être parmi les Chrétiens casserplus souvent que l’on ne fait les contracts de mariage quijoignent ensemble ou deux extrémitez de même nom,ou deux extrémitez oposées, deux vieillesses, ou l’âgecaduc & la fleur de l’âge.

(F) ... La conversation de ce Mr. de Lorme étoit admi-rable. ] Deux Passages de Gui Patin feront ici tout monCommentaire. „Je vis hier (11) Monsieur de Lorme par„ visite chez luy,il me fit grand accueil, nous causa'mes„ ensemble une bonne heure, nous ne fumes muets ni,, l'un ni l’autre, il est admirable en son entretien , aulîî„ bien qu’en toute autre chose, il a une mémoire ad-„ mirable pour son âge de 85 ans, je pense qu’il mourra„ en sa vieille peau, avec son antimoine dans le cœur &,, dans la tête; 8c néantmoins, ce qui me console, c’est„ que j’espére qu’il n’en prendra jamais, auffi n’en a-t-il„ pas besoin (13) ”. Quelques semaines après on lui ren-dit une autre visite. Je vis hier Monsieur de Lorme, qui aencore l'esprit bien ver d & une mémoire prodigieuse, ces deuxFacultés font en luy fort vigoureuses, & ne sentent rien duveillard-, mais pour le reste je n en répons point, maximus estaretalogus: j'apprens qu il n a pas bonne main pour la prati-que, nonobstant fa prétendue etr assez, mystique polypharmacie,il est d’une puissante conversation, il f ait beaucoup de bonneschoses, e? les debiie merveilleusement bien , o* qui plus est ,il est fort retenu, quand il est question de juger du mérite deplusteurs pavans, qui ont vécu en France depuis tantôt centans, il y employé heureusement son jugement sa charité , ne-mini facit injuriant, nulliquidquam detrahit debitselaudis

„ qui ne relèveront jamais & ne sauteront plus. Dieu le„ veuille bien conserver & ramener de Bourbon en bonne„ santé: 8c puis qu’il pense à se remarier, je lui souhaite„ une belle femme telle qu’il la voudra choisir. II n’est„ rien tel que de mourir d’une belle épée. II faut entrer„ avec honneur en la Sainte Synagogue (5) ”. Dans uneLettre du 10 d’Octobre de la même année il dit ceci (6):J’aprens que Monsieur de Lorme est party de Lyon & qu ils’en retourne a Bourbon ou à Moulins -, où il a dessein de seremarier. Il fait bien, p c est pour le salut de son ame : carfour son corps je croi qu’il ria plus guéres besoin de ce meublede ménage. Ce deflein n’étoit ni exécuté ni abandonnéquand le même Patin écrivit la Lettre où se trouvent cesparoles: „Je vis dernierement Monsieur de Lorme qui,, étoit un peu indisposé, mais avec la même vigueur„ d’esprit qu’en parfaite santé. Tout âgé qu’il est, on„ dit qu’il veut se remarier 8c quelqu’un pousse à lui,, mettre cette folie dans la tête pour l’amenerauTrium-„ virât, qui fera un dangereux joug pour lui 8c peut-être,, fatal. Je souhaite que ce soit pour le salut de son ame„ 8c pour la chaleur de ses piés ( 7 ) ”. II raporte ensuitel’Epigramme d’Etienne Pasquier que l’on a vue ci-des-sus(8). Cette Lettre est datée de Paris le 14 de Janvier1Ó70. Elle prouve que Monsr. de Lorme demeuroitalors dans cette ville, 8c qu’il avoit été marié deuxfois.

(E)Sa femme gagna me phtisie auprìs de ce bon vieil-lard , ■& n en put jamais guérirs\ Si elle s’étoit résolue parl’espérance d’un gros douaire à n’avoir que la conditionde la Sunamite (9), elle eut bien sujet de s’afliger en

(d) Patin,LettreCCCCXV,pag. 13 s duILI Tome,

(n) Valer.Máximus,Libr. VU,Cap. VII,mtm. 4 ,pag,m. 64J,

(iz) C’est-à-dire le 6 deNovembre

1669*

(13) Patin ;Lettre D J,

459 .

volant les mauvais effets.de cette fonction, 8c combien, à tout prendre, cest un grand homme, qui pour ses perfettìonsétoit contagieux pour une jeune personne le lit d’un vieil- a de grandes obligations à Dieu , e? 1 a la nature, je voudroislard. Plusieurs Médecins soutiennent qu’il est utile à un feulement qu il fut moins hâbleur, quand il est question dehomme décrépit de coucher avec un enfant bien gras 8c louer quelcun qui le mérite moins, mais il me semble qu il faitbien potelé; mais qu’il est dangereux à celui-ci d’avoir cela tout exprès,pour ne point passer pour glorieux c? médisant,un tel voisinage. Néanmoins on volt arriver assez rare- e? à quelque chose cette retenue est fort bonne (14). Du pré

' de ces deux Passages l’on peut inférer qu.

ment ce qui arriva à la femme de notre de Lorme, 8cainsi l’espérance qu’elle eût pu avoir d’être bien-tôt unejeune yeuve, fraîche 8c gaillarde, 8c bien dotée, n’eûtpas été téméraire. Quant à lui s’il ne paioit pas son tributà la vieillesse par l’assoiblissement dé sa mémoire. (10) 8cde sa science, il le paioit par une autre chose, c’est-à-dire par la folie de vouloir se remarier. Tant il est vraique la vieillesse est un péage qui n’admet point d’exem-tions pures 8c simples î II y auroit bien des raisons à ra-porter de part 8z d'autre fur la question si les mariagestels celui de Mr. de Lorme fout plus mal assortis que.

ceux qui ressemblent à celui de Publicius 8c de Septicie,deux personnes fort âgées. Valere Maxime nous aprendqu’Auguste cassa le Testament de Septicie par .lequel elleavoit laissé tout son bien à son mari au préjudice. des em-fans qu’elle avoit d’un autre lit. Cet Auteur éleve jusque»,aux nues la justice de cet Arrêt. St ipsa aquitas hac de re,cognofceret , pos[etne justius aut gravius pronunûareì Spernisquos genuifti : nuits effbeta , testaments ordinem violento animocontundts: neque erubefcis eì totum tatrimonium

(t) Meze-

'V-NL. de

fiance,

: am - m,

z, *

mier de ces deux Partages t on peut mierer qu’il étoit néPan 1584.

(G) il mourut l'an 1678.] Ma preuve fera tirée de cePassage du Mercure Galant: „ Nous avons perdu un Me-„ decin auffi ancien que fameux. C’est Mr. de Lorme,„ qui a toûjours fait ce qui a passé en Proverbe à l’égard,, des Médecins, à qui on ne manque jamais de dire„ qu’ils ayent à se guérir eux-mesmes. II avoit mis en„ vogue une Tisane appellée Bouillon-rouge, dont mille„ Gens se sont bien trouvez. Les grandes sommes, qu’il„ a employées pour faire des expériences, font des mar-„ ques du plaisir qu’il se faisoit de n’ignorer rien dans son„ Art. II est mort à l’Hostel de Monsieur le Maréchal„ de Crequy où il demeuroit, après avoir vescu plus de„ cent ans. II avoit encor l’esprit vif, 8c j’ay veu des„ Vers de luy fott bien tournez, qu’on m’a assuré qu’il„ avoit faits depuis quinze jours (r;)". Je ne pense pasqu’il ait vécu plus de cent ans, 8c j’aimerois mieux m’entenir au calcul de Mr. Patin, selon lequel il seroit mortet totum patrìmonium addicere, cu- à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans.

f 1 0 RR AI NE ( C HA r l e s DE) Cardinal Sc Archevêque de-ILheims, fils de Claudepremier Duc de Guise, naquit au mois de Février ifzy ( a ). C’étoit un homme qui avoitde très-grandes qualitez j mais il en abusa au grand préjudice de la France (y/), pour satisfai-re son avidité insatiable d’aquerir des biens & des dignitez. II recueillit une succession très-amplé de Bénéfices l’an ifso , par la mort du Cardinal Jean de Lorraine son oncle {B ), dont

il

( o ) .A commenter Pâmée au mois de Janvier. Morcri , qui le fait naître Pan 1519., fe trompe. Son Epitaphe porte qu’il mourut vil Kal. Jan,. 1574 , ië qu’it vécut annos 49, masses 10 , dies 8, honjs quatuor. Voiez, le Nomenclator Cardinalìum, pag. 141.

(A) Il avoit de tr'es-grandes qualitez, mais il en abusaau grand préjudice de la France .] Voici son portrait selonMr. de Mezerai. „ Le Cardinal étoit un homme tout dé„ feu, toûjours agissant, 8c remuant fans cesse des in-,, trigues 8c des factions pour agrandir fa maison; auffi„ capable de les inventer avec vivacité, comme son aîné„ de les executer avec prudence: extremement aspre à,, amasser du bien, haut en paroles 8c vindicatif, nean-„ moins couvert, craintif 8c dissimulé hormis pour le ;

,, ressentiment des injures ; au reste qui par l’aide des,, belles lettres qu’il avoit aquises, 8c par les charmes de,, l’éloquence qui lui étoit naturelle, avoit cet avantage„ dë se faire écouter de tout le monde (i)”. Si vous vou-iez voir unefuit. Ce Prince

on ne peut nier qu’il n’ait eu toute sa vie une passton démesuréepour l'agrandissement de sa Maison, (z). Ces paroles deMonsr. Maimbourg précédent l’endroit où il raconte, quece Cardinal forma dans le Concile de Trente le prémierplan de la Ligue.

{B) Il recueillit une succession tres-ample de Bénéfices l’an155 °par la mort de . . . . son oncle.] Le Cardinal Jeande Lorraine avoit cherché son établissement en France, àlimitation de Duc de Guise sonfrere, & P avoit fait au mé-pris des Canons sacrés & des plus anciennes Loix de l'Eglise.Il étoit en même temps Archevêque de Lyon, de Reims, e?de Narbonne; Evêque de Mets, de Foui, de Verdun , deTerottane, de Lucon, d’Alby , & tie Valence; o* Abbé decopie de ce portrait, lisez seulement ce qui Gorze, de Fécamp, de Cluny, & de Marmoutier (3). Son•ce, dont le nom est fi célébré dans /’ Histoire, o 1 neveu ne recueillit point toute cette succession, mais feu-

qui avoit l’esprit extremement vif & pénétrant, le naturel ar-dent, impétueux etr violent, une rare éloquence naturellebeaucoup plus de doílrine qu’on n en doit attendre des person-nes de fa qualité, c? que son éloquence faisoit paroïfire bienff"s grande encore qu’elle n’estoic ên effet, efioit le plus hardide tous les hommes dans le cabinet à imaginer esr d vouloirentreprendre de grandes choses CV de vastes desseins ; maisauffi le plus timide & le plus foible, quand il s agìffoit d’envenir tt P exécution , c r qu'il y voyois dft péril : cr fur tout,

(14)1 Le me*me , LctttCD III,pag. 47 6 : tilttst datée dit i jde Decembrt166-,

(ï$) Mercu-re Galantdu. Mois deJuillet 167 1 9pag. 142,14!»Edition deHollande^

lement une très-bonne partie (4)* L Evêché de Metsfut donné à Robert de Lenoncourt qui contribua beau-coup à faire tomber cette ville fous le pouvoir de laFrance peu de tems après (;).

Le Cardinal Jean de Lorraine avoit éprouvé qu’on nevouloir point diférer jusqu après fa mort à jouir de fadépouille. Lisez ce qui suit. „ O vilaine 8 c détestable„ ingratitude, n’ayant patience que le feu Cardinal de„ Lorraine son oncle, par la faveur duquel il estoit ve-T 3 ' „ nu

(î) Maim-bourg, Hist.de la Ligue,Lìvr. I,t*g. izEdit.de Hollande .

(3) Varillas,Histoire dcïianfoisl,Livr. VII,pag. 264 , ài’ann. IJ 3 S.

(4) Voiezdans la Re-marque fui- .vante Us pa-roles de Mr.de Thou.

(;) Thuan.Libr. VI, pag.122 , ad asm,155 °.