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Tome troisieme. K - P.
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LOUIS VII. LOUIS XI.

en avoit fait un semblable à St. Jaques de Galice, non pas fan lift comme Mezerai Paslure,mais l’an i x f f (H). 11 fit sacrer à Reims son fils Philippe le premier de Novembre 1179. IIl’avoit eu d’Alix de Champagne fa troisième femme. Je ne me fuis pas arrêté fur le détailchronologique de ses actions, parce qu’on le peut trouver dans Mr. Moreri.

(45) Meze-rai , Hist.de..France,Tom, 1 Ip pag,

139.

{46) Ttcver-srts inde fi-iiam CafarisJuliam quamin matrimo-nio MarcdHshabiterasduxit uxorem,feminam ne-que fibi nequereipublicx fe-licis uterì.PatercuJus,Libr. I /, Cap,X-ÇllU

(47) ' *Ad ul-

timum taritonobis effefta«fi vinculoJinccrìffimadìleílionis ,qua Ttplìgionesalias quasirefpuens ,ve-Limen nofiriOrdinis fus-tipere , & insiofira pra.de -gît Ecdefiafepeliri. Ex' NecrologioPontis-Ebialdi,apud Patremde la Main-ferme, Cly-peo nascen-tis Ordinis,Dissertât. III,pal 159.

Í4 8 ) Voiez. leJLivre dfíP, de.la.Mainfer-lïie, ibid .

Jean fans terre la secourut, 8c fit prisonnier ce Prince, 8cle massacra quelque tems après. II n’osa le faire, dit-on,pendant la vie d’Eleonor. Cette Reine mourut chargéed'années & de pechez. Servons nous des phrases de Mr.de Mezerai. ,, Cette femme, consommée en toutes sor-„ tes demechancetez, vécut plus de 80 ans, entretint la,» guerre durant plus de 60, & laissa entre la France 8c„ l’Ângleterre une haine qui a duré plus de trois fiecles;,, de forte qu’avec raison on pourroit dire d’elle ce que„ le Poète Grec a dit de la femme dé Menelas, qu on a„souffert , non pas dix ans, mais quatre cens, four une,, telle femme v le fer & lafiame (45) . Sa féconditéne mérite qu’une partie des êpithetes que Fà la fécondité de Julie fille d Auguste (46); car les filsd’Eleonor eurent une grande complaisance pour les pas-sions de leur mere: ils se révoltèrent contre leur perequand elle le souhaita, 8c ceux qui régnèrent la laissè-rent jouir de la Régence; mais bailleurs ils causèrent-mille maux à leur patrie. Ils eurent du cœur comme deslions;,mais c’étoit moins un véritable courage, qu’unehardiesse déterminée à mépriser les malédictions de la re-nommée , 8c à regarder d’un œil froid l’átrocite des plusgrans crimes. En un mot, ils ne firent honneur ni à laFrance d’où ils étoient originaires, tant du côté paternelqûe du côté maternel, ni à l’Angleterre l’héritage deleur pere. La mort d’Eleonor est mise au 31 de Mars12,24, par Mr. Moreri, qui ajoûte qu’étant sortie de pri-son Fan 1194, elle se retira dant un Monastère, b mourutà xelui de Fontevraud. II se trompe de cinq ans a 1 égarddu tems où elle sortit de prison : il se trompe beaucoupplus à l’égard de la retraite qu’il lui attribue; car depuisfa liberté elle fit paroitre autant que jamais son ambition,son esprit d’intrigue, son humeur jalouse & vindicative.Mais il est vrai qu’elle voulut être enterrée à Frontevaux,8c qu’elle prit le voile de l’Ordre (47). Elle avoit faitbeaucoup de bien à cette, maison (48); e’est pourquoi on

dit Mezerai (53): „ II n’estoit point permis aux Rois de„ France, ce dit Yves de Chartres, d’ëspouser des bas-„ tardes. Or il courut un bruit que Constance (54) l’es-„ toit. Voilà pourquoy Louis deux ans après son ma-„ riage s'en voulut esclaircir luy-mesme; 8c sous pre-„ texte d’aller en pèlerinage à Sainct Jacques en Galice,„ passa par la Cour de son Beaupere; le plus magnifique„ Prince de son temps, qui le reçut 8c le traita royale-,, ment à Burgos, & luy osta le doute qu’il avoit dans„ l’esprit ”. Cela nous montre que la dévotion a étéí’une des qualitez principales de Louis VII. il fut peuheureux en Jet grandes entreprises , c’est Mezerai qui parleque l’on a données (55), C? trop mol dans les affaires qui defiroient de la ■vi-

gueur ; mais auffì pieux, charitable, bon, équitable, libéral,C? vaillant, qu aucun Prince de son stécle. On ne luy peutreprocher que deux fautes : tune contre la prudence, d’avoirrépudié fa femme-, l’autre contre les droits de la nature, d’a-voir foustenu la rébellion des enfans du Roy Henry contre leurpere. La dévotion & la piété font incontestablement lesplus grandes de toutes les vertus. Un Prince n’est pasmours obligé qu’un particulier à les posséder : 8c s’il aimemieux en observer les devoirs, que de conserver ses Etats,il est devant Dieu l’un des plus grans hommes du mon-de; mais il est sûr, que selon le train des choses humai-nes , il n’y a rien de plus capable de ruiner une Nation ,que la conscience scrupuleuse de celui qui la gouverne.Si ses voisins saisissent comme lui, on auroit à espérer desa piété le plus grand bonheur dont les peuples puissentjouir; mais si pendant qu’ils pratiquent toutes les rusesde la Politique, il se roidit à ne s’écarter jamais des ré-glés sévères de la Morale de l’Evangile, lui 8c ses sujetsseront infailliblement la proie des autres Nations, 8c toutle monde dira qu’il est plus propre à la vie monastique ,qu’à porter une couronne, & qu’il seroit bien de céderfa place à un Prince moins scrupuleux. Exeat aula quivolet este pius (56). Cette Maxime regarde principalement

la représente dans le Necrologue de Frontevaux comme le Chef d’une Cour. Je ne parle point de cette piété qui

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une des plus vertueuses Princesses du monde: tant il estsûr que pour obtenir de Meilleurs les Moines une attesta-tion de bonne vie, au milieu d’une conduite fi scanda-leuse que l’Histoire la plus flateuse n’ose s’en taire, il su-fit de les enrichir. Volez la Remarque (I) de T Articlede Saint Grégoire. Migravit àseculó domina Alieno-

confiste à faire bâtir de magnifiques Eglises, à étendrepar la voie des armes les limites de fa Religion, & à ex-tirper les Sectes. Cette espece de piété sert quelquefois(57) au bien temporel d’un Prince, à son agrandissement,à ses conquêtes: je parle d’une piété qui empêche de seservir des obliquitez de la Politique: je parle d’une Con-

nid là V,,«-2T _ o_ __ »

ris Regina Franck C? Anglk, Ducista Aqmtank, qua nito- ' science qui préféré toûj ours 1 honnête à l’utile, & qui re-re Regixfobolis sua mundum illustravit. Nobilitatem generis, jette toutes les Maximes de FArt de régner, qui fontvit a deioravit honefiate, morum ditavit grand, vtrtutum contraires a 1 exacte probité Cette vertu est fans douteflòribus pisiuravit, &■ incomparabilìs ■ f robitans honore, fere pr judiciable pat raport au bien temporel, à cause qu’el-- -- • T “ e ne permet pas que l'on résiste aux attaóu» ^ à ea-

ft») -E?NecrologioTpntis-Ebraldï,apad laMainfermein Clypeonaíc. Ordin.ïontebrald.158 .

(tp) T d ‘

vérifié quecela t/' fie r :voiez. lesTableauxGénéalogi-ques de ceJésuite, pag.49 Edit. deParis 1LS4.

(51). foi

vérifié .cela tvoiez, PHis-r sire dela Maison&oiaIé, pag,73 ,

{52) Meze-r.ai> Abrégé,Chionoiog.'ïom. I ly gag,582,1!i * vm , 1178.

( a ) Voiez.

VarUlas,Hístoìr. deLouis xi,

ÌJvr, X } pag.

cunâîis pr&flìtit Reginis ( 49 )' fíîché <^UC

le Pere de la Mainferme n’áit point marqué le jour Scl’ánnée de la mort d’Eleonor; car si c’est le zi 3 e Mars1204, comme Fassûre Mr. Moreri, il s’en-siiit que Mrs.de Mezerai & De Larrey se sont trompez, quand ils ont-dit que Jean fans terre n’osa tuer son nevéu Artus pen-dant la Vie de fa 'ïnere. Mr. Pinffon des Riolles, quej’ávois prié de consulter le Pere de la Mainferme, m’a-ptit que ce Religieux étoit mort, & que le Pere Labbe

, , -, ,, P as . ^ ue 1 on résiste aux attaques 8c aux ca-

bales de 1 ennemi. Louis VII en est un exemple (58),quoi qu’il faille avouer que ses scrupules étoient d’untour fort particulier: car ils ne l’empëchoient point d’ex-citer- à la révolte les enfans contre leurs peres, ni de pro-téger cette rébellion; mais ils ne lui permettoient pasd-’être marié à une bâtarde; ils le contraignirent à faireunvoiage, pour savoir si son épouse étoit fille légitimedu Roi Alfonse.il craignoit d’offenser les Unix

,__„ - , „ „ „ . craignoit d’offenser le? Loix du Roiau-

d'ans ses Tableaux Généalogiques (5:0), 8c le Pere Ansel- me. Pourquoi ne craignolt-il pas d’offenser la Loi deme dans son Histoire de la Maison Roiàle de Fran- Dieu, qui ordonne que les enfans honorent leurs pères?ce (51), marquent le tems de la mort d’Eleonor comme Je finis par un Passage de Mr. Amelot de la Houssaye,Moreri. ou il cite Machiavel. ,,L’homme, dit-il dans le Chapitre

11 ne faut pas oublier que cette Princesse a été mise ,, 15 de son Prince, qui voudra faire profession d’être par-‘dans le Catalogue des Femmes savantes. Annocu cc.ui. ,, faitement bon, parmi tant d’antres, qui ne le font pas,

obitt Aleonora Regina . Ab eruditione, ac-prudentia, ,, ne manquera jamais de périr. C est donc une héces-

multhm celebrata est. Scripstt Epïftolas ad cœlestinum Pa- ,, site, que le Prince, qui veut se maintenir, aprenneàpam, Henricum Cafarem, Richardum ct* stoannem filios. vi~ » pouvoir n’être pas bon, quand il ne le faut pas être (*).

de plura apuâ Matthmm Parifium .ainsi que pàrle Voisins à la page 82 de son Traité âePhi-lologia, à l’Edition d’Amsterdam 1650: c’ést un morceaudes Additions de son Ouvrage. II ne savoir pas encorecela lors qu’il fit le Chapitre II, où il donne une longueListe de Femmes savantes.

( H ) il un v 0 ,a í e & dévotion en Angleterre ... & unh St. Jaques de Galice . ... en Servons nous des

paroles de Mezerai. „ Comme la dévotion envers les„ reliques de Saint Thomas de Cantorbery croissoit, par,, l’exemple mesme du Roy Henry, qui de son Persecu-,, teur estoit devenu son adorateur : le Roy Louis passa„ en Angleterre,' fit ses prières fur son tombeau, 8c y„ laissa de riches marques de fa pieté (52) ”. Ce Princeavoit déjà fait un volage de dévotion. Voici ce qu en

" Et . dans í on Chapitre 18 aprìs avoir dit que le Prince ne„ doit pas tenir fa parole, lors qu elle fait tort à son intereft,» if ntJou'è franchement, que ce précepte ne seroit pas bon,, à donner, fi tous les hommes étoient bons; mais qu’é-„ tant tous médians 8c trompeurs, il est de la sûreté du„ Prince de le savoir être ausiì. Sans quoi il perdroìt sonEtat, cr par conséquent sa réputation, étant impossible que„ le Prince qui a perdu ïun, conserve l’autre (59)”. Quelquespages après il parle ainsi : Il faut interpréter plus équitable-ment qu’on ne fait de certaines Maximes d’Etat , dont la pra-tique est devenue presque absolument nécestaire, à cause de laméchanceté e/ de la perfidie des hommes. Joint que let Prin-ces fe font tellement rafinés, que celui, qui voudroit- aujour-dhui procéder rondement envers ses voisins , en seroit bien-tôtla dupe.

LOUIS XI, Roi de France, né à Bourges l’an 142.3, succéda à Charles Vllsonperèl’an 1461. Ce fut un Prince très-habile dans P Art de régner: il étoit consommé dans les ru-ses de la Politique, & il les emploia très-utilement pour fe tirer de mille embarras ; mais ellesle confondirent quelquefois (a ), 8c l’on s’en étonne moins quand on considère qu’il n’y étoitpas uniforme, il passoit d’une extrémité à l’autre {A ), réservé jufqu’à l’excès pour l’ordinaire,

ingénu

OO iïpststoit d’une extrémité à l'autre.'] Voici ce qu’unHistorien dit de lui : „ Il sçavoit mieux que Prince dun monde gagner les hommes, descouvrir les secrets de

» ses ennemis, les embarrasser de défiances, diviser les„ plus unis : mais dans la joye il ne pouvoir retenir ses„ secrets, tout luy èschapoit, 8c il estoit encore plus su-

» jet

(s$) Lx-mt*'

mcypAg, 571À fann, 11525mais il f doitmarquer fatsH 55 -

(S4) FiJlecf'JilfonseVU Hoi deCafiitU j ma-riée à Louïsfan 1154.

(ss) Meze-rai, AbrégéChronol.Fora. II, pqg %5 * 3 .

Re'fie-xion furles Princes

scrupuleux,

($«) Ltica-nus, Libr.VIIIy Verfi495 .

(5 7 ) Il “ foinmettre cetterefiri(fionscar quelque-fois aujji -cettepiété aporteun grand, pré-judice AUXplus puissantPrinces .

La Maisond? AutricheVa sentis. Ut

France lèsent,

(58) Votez* lePere Maitn-bourg, His-toire desCroiiades,

Livr. III fpag, m. 357

Ò“ suivi OH-

il montre queles ferupulesde u Monar-que furent Ucause de laruine de fesaffaires à C ex-pédition de UtTerre Sainte*

(*) Plutar-4 ue dit ques*il faloitabsolumentremplir 'tousles devoirs, &observer tou-tes les reliesde la jufiiee *pour bien ré-gner, Jupitetmême n 7 enseroit pascapable ♦

(59) Ame-lot , Préf-ac

de la Tradtípftion Franfoirdu PrinceMachiavel,iy