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Tome troisieme. K - P.
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L O U I S XI

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(i) Mezcïî'-u - AbrégéChtonolog.Lom. III, àé ' atm . 1472 ,». 322.

(2) Là-mè-n ‘,pag. 258,^ 59 , à CAnn.1440.

(3) Mat-thieu, His-toire deLouis XI,Livr. I, chap,^ t, pag. m,

18 » 19.

C4) Là-mè-^f’pog. la,

(s) Zà-mê-

m e, Chap, xi

si- i*, 4

1 «». 1440,

•ingénu fans bornes en quelques rencontres. On a eu raison de dire qu’il se rendit autant considé-rable en sis. vices comme en sis vertus , s'estant en Ï" un &-en Vautre point attaché aux ext remisez (b),II ne fut ni bon fils, ni bon pere, ni bon frere, ni bon mari. Dès l’âge de seize ans il se renditchef de parti, & aiant été contraint de rentrer dans son devoir, il ménagea d’autres occasionsde révolte, & persévéra dans cet esprit jusques à la mort de son pere {B)-, 8 c même depuis cetems-là il fit paroître d’une façon scandaleuse son humeur dénaturée ( C ). II n’eut aucun soinde l’éducation de son fils, & il maria ses filles d’une maniéré qui fit voir qu’il ne se soucioit pasde leur bonheur (D). On prétend qu’il fit mourir son frere {E)- } & il est sor qu’il eut desmaîtresses, & des bâtardes ( F ). La paix qu’il fit avec l’Angleterre l’an 147s fut plus utile

que

me de rendre inviolable jusqu à la fin l'autorité du Souverainri est pas recevable: il a raison; mais s’il a cru que ce futle véritable motif de ce Prince, s’il a cru, dis-je, qu’onvoulut suivre l’esprit de Domitien (1;), il & trompe. LeMédecin ne fut puni que parce que Louis onzième eutde F aversion pour une personne, qui avoit tâché de sau-

fs) Ban-quier, LetirfjLivr. III 3 jstag. m f 154.

„ jet à faire'des fautes, qu’habile à les réparer; Ce qu’il,, faifoit par toutes voyes, plus souvent mauvaises que„ bonnes (1)”.

(-L) ll Je rendit chef de parti . . . & ménagea d'autresoccafions de révelte, esr persévéra dans cet esprit jusques a lamort de son pere.] Charles V 11 fit une réforme qui ,, ne,, pouvoit plaire aux Grands ny aux Capitaines, qui ver la vie à Charles sept.

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s’engraissoient de la misère du peuple. Ils l’intertq.mpi-,, rent par une dangereuse esmotion , qu’on nomma la„ Praguerie. Les Ducs d’Alençon, de Bourbon, 8c de„ Vendofme, le Bastard d’Orléans, & plusieurs autres,„ en escient. Us fe plaignoient que le Roy ne donnoit», part du Gouvernement qu’à deux ou trois particuliers ;,, Et là. dessus ils firent une ligue contre ses Ministres.,, La Trimouille mefme, qui estoit disgracié, se joignit,, avec eux afin de rentrer, par quelque moyen que ce„ fust à la Cour (z)”. Pour donner plus de poids à cecomplot, les conjurez mirent à leur tête le Dauphin, &publièrent qu’ils n’avoient pour but que la reformation desdésordres, 8c de faire enforte que toutes choses fe fijfent do-refnavant par Vautorité de ce Prince reglée par l’advis desPrinces du.fang (3). Ils dressèrent fous son nom des Lettresaux villes d'Auvergne , ev autres Provinces ou ils croioientces dejfeings pouvoir estre aprouvez. . . . mais toutes les villeseurent horreur de cefie esmotion (4): 8c comme le Roi nes’endormoit pas, 8c qu’il attaqua vivement les conjurezpar tout où ils firent ferme, ils furent contraints de re-courir à L clemence , 8c de lui remettre le Dauphin.Cette brouillerie fut estoufée en moins de neuf mois (7). Ce-la fait voir que ceux qui comparent les peuples à descoquettes, ont quelque raison. II y a des jours où celles-ci ne font prenables, ni par des soupirs, ni par des pré-sens : le lendemain on en vient à bout fans aucune peine.Disons aussi qu’il y a des conjonctures où les Manifestes

(6) Vm,

1444.

(7) Mat-hieu , Hist.de Louis XI,L™. î,Chap.XX, 4Í>/• «te Ro-bert Gua-guin.

(8) Zà-mc-me,pag. $0.

(9) Là-mê-me,p*í. 52.

(D) Il n eut aucun 'foin de J éducation de son fils, ©•> ilmaria ses filles d'une maniéré qui fit voir qu'il ne fe soucioitpas de leur bonheur] II ,, fut mauvais pere ; 8c quoi qu’il„ eût eu si tard son fils. unique qui fut depuis Charles„ Huit, qu’il n’y avoit aucune apparence que ce jeune,, Prince luy donnât les mêmes inquiétudes qu’il fe fou-,» venoit d’avoir autrefois données à Charles Sept, il ne„ laissa pas de le regarder comme la personne qui luy», étoit la plus redoutable. II ne prit, aucun foin de son„ éducation : II n’en permit l’accés qu’à des gens de bas-„ fe condition : II le fit nourrir dans l’oisiveté 8c dans les„ delices; 8c la feule maxime qu’il luy apprit, fut que„ l’on étoit incapable de regner quand on ne fa volt pas,, dissimuler. Anne de France fa fille aînée étoit tout-à-,, fait bien faite ; mais elle avoit plus d’esprit fans com-„ paraison qu’il n’auroit voulu quelle en eût ; 8c ce fut„ pour l’humilier qu’il la maria avec un Cadet de la Mai-„ son dé Bourbon, d’un genie tellement au dessous du,, médiocre, que fa Majesté, n’avoit pas à craindre qu’il,, entrât dans aucune intrigue contre son service. Jean->, ne de France sa seconde fille étoit si contrefaite, que,, les Médecins assuroient qu’elle n’auroit point d’enfans,,, 8c néanmoins il contraignit le Due d’Orleans prémier,, Prince de son Sang de Vépouser, quoy qu’il eût assez„ lieu de prévoir qu’elle seroit malheureuse avec luy„ (16) ”. II s’étoit obligé à donner des troupes au Ducde Calabre, pour recouvrer les Roiaumes de Naples Sc

(15) Vt da-mesiici '■ per-suadent nehono tjuidemexemplo mrdendam ejsestatroni necem^Epaphrodìttimà libellis , c«L-pitali pcenacondemnavjt(Domitia-nus ) ejuodpofl deftittt 'tionem Neroìn ctdipìf-ccnda morte•manu ejus ad-jutus existi-mabaîHr.Sueton. inDomit. Cap*KIV.

les plus plausibles de ceux qui prenent les armes contre de Sicile, & déplus fa fille aînée en mariage: mais de l’hu-leur Souverain n’ébranlent point la fidélité des peuples: meur qu'il étoit, il ri avoit garde, de choisir pour gendre un fien d’autres tems la moitié de ces prétextes susiroit à une honnête homme, il ri exécuta ritV une rit ï autre des promes-entiere Révolution. fis qu'il lui avoit faites. ... Ze Comte de Beaujeu fut pre-

LeRoi aiant pardonné à son fils le retint auprès de lui,.» feré à ce Duc, par la feule raison qu’il étoit beaucoup au des-& à observer soigneusement. II le mena à quelques fous de luy four le mérité est pour la valeur ; mais la fortuneexpéditions : il l’envoìa à quélques autres, 8c lui donna de ce Cadet de la Maison de Bourbon ne devint pas meilleure,lieu de s beMCoup de réputation, 8c principale- pour avoir épousé Anne de France. On luy prefinta à signer

fl S) Varií-las, Hist. d cLouis XI,

561. Uparticularisedans i y EpîtreDe'dicatoirela mauvaiseEducation deCharles VUl %

í'°) Vaiil-Ls, Hist. d eLthu's XïD-vr. Xlft«S- 3 60.

s'D Mcze.íî,‘ > AbrégéChro noI . 0r »m. Ilr

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peu de quelques mots aujquels on ne prit pas garde-, £? tant que lecourt; mais le jeune Prince fe cabroit trop fièrement, 8c Boy son beaupere vécut, il ne l’employa qu’à des affairesl’on dit même qu'il donna un bon souflet à la belle Agnes odieuses . ... er après tout cela il ne luy fit jamais aucunj.. - - --- - J ’—- 1 -- r bien (17). Pierre Matthieu (18) observe que Louis XI

haïssoit Jeanne sa fisse, parce qu ’elle estoit noire , petite, vvouftée. Le Seigneur de Lesquiere son Gouverneur lacachoit souvent sous fa robe longue, quand le Roi larencontroit, afin qu’il ne s’afligeât de fa vue.

(A) O» prétend, qu il fit mourir fion firerefij dom mentonsencore ceci par les paroles de Mr. Varillas. „ Encore„ que Louis, pour suivre le conseil que François Sforce„ luy avoit donné, eût appanagé son frere du Duché de„ Normandie, il le luy ôta peu de temps aprez que la„ Ligue du Bien Public fut rompue; & il n’en apporta„ d autre raison, sinon que cette Province faifoit alors le„ tiers du revenu de la France, 8c que son cadet auroit„ été trop riche en la possédant. II aima mieux luy ce-», der la Guienne; mais il s’en repentit fi bien,que l’Au-,, teur de l’Histoire d’Aquitaine & l’Abbé de Brantôme

maîtresse du Roi (7). Cela joint à d’autres choses obligea bien (17). Pierre Matthieu (18) observe que Louis XIson pere à l’envoier en Daupbiné pour quatre mois (8). haïssnit 1canne fa fisse, narre nn’»//* Aioit noire . têtu* mL e Dauphin ne s’y retira qu’en menaçant: il y fit le maî-tre avec beaucoup de hauteur, 8c avec des exactions in-supportables (9). II fit des intrigues avec les Princes voifins, 8c ne songeoit plus à retourner à la Cour: il reçutordre d’y revenir, 8c n’obéït point; 8c sachant que Char-les VII prenoit des mesures pour s’assûrer de lui, il fesauva à la Cour de Bourgogne, est il fi fit de là tellementcraindre, que fin pere fi procura la mort par me trop grandeabstinence , dans la feule .veue d'éviter qu’il ne l'empoison-nât (10). Mezerai a raison de dire que Charles VII eûtpu être nommé heureux, s’il avoit eu un autre pere cr unautre fils (i 1).

(C) ll fit paraître . . .son humeur dénaturée après lamort de son pere.] Cette mort „luy causa une joye trop„ grande pour être entierement renfermée au dedans de„ luy-même, 8c il en donna des marques qui ne firent

(17) Varil-las , Histoi-re de LouisXI, Livy. X >

page 362.VoìeZr Anfji ipag. - 25 -

(18) Mat-thieu , Hist.de Louis XL,Livr. X,Chap. XI,pag. 606.

(s 9) Varil-las , Hist. deLouis XI,Livr. X,pag,Z64-

„ prétendent qu’il fit empoisonner son frere par l’Abbé», de St. Jean d’Angeli (19) ”. J’ai raporté ailleurs (20)que trop appréhender le gouvernement d’un Fils fi de- les paroles de Brantôme: je ne les repete point. Voieznaturé. 11 récompensa celuy qui luy en avoit apporté aussi Pierre Matthieu dans l’Histoire de Louïs X I (21).la premiere nouvelle au delà de ce qu’il art en doit de (E) A eut des maîtresses est des bâtardes 1 J’observe ce-

_ Jaques

1436. Elle mourut à Chaalons fur Maine le 26 d’Aout1446, âgée de vingt-íìx ans (22). Hall 8c Grafton, deuxHistoriens Anglois, assûrent quelle fut désagréable à sonmari, à cause de la puanteur de son haleine (23). Bu-chanan s’emporte contre eux, 8c les réfute en 1 lieu parMonstrelet, qui a dit quelle étoit belle 8c vertueuse : en2 lieu, par un Auteur Ecossois, qui passa en France avecelle, 8c qui ne la quitta point tant qu'elle vécut. II alaissé par écrit qu’elle fut aimée de son beau-pere, de sabesse-mere, 8c de son mari, 8c qu’elle fut fort louéedans une Piece de Poésie qui fut faite fur fa mort. Letémoignage de Monstrelet ne réfute point les Historiensavoit contraint le Roi malade de manger. Celui qui m’a- Anglois. Une femme, pour être belle 8c honnête, neprend cela ajoûte, que le pretexte, que prenoit Louis onm- laisse pas de pouvoir déplaise par l’endroH' qu’ils cottent.J 0 M. ul - ' Y z . L’A»-

Courtisans qui s’étoient hâtez de le venir joindre à„ Guenep, de suivre son exemple, puisqu’il ne leur per->, mit de se presenter devant luy qu’avec des habits de>> couleur semblable aux siennes (12) . Un autre His-torien dit que par les premiers deportemens de ce Roi, onjugea qu il embellirait les auspices de son régné d.'autres tro-phées que de la clemence. ll defapoinéla quasi tous les offi-ciers o- serviteurs du Roi Charles son pere , prenant ûn extrê-me contentement à dejfaire ce qu’il avoit fait , abbattre cequ il avoit efievé , C7 d estever ce qu’il avoit abbattuUsi- On remarque'(14) qu’il punit le Médecin de Char-™ septième fin pere, à cause que suivant Us réglés de fin art

(21) Mat-thieu , Hist.de Louis xr,

Livr, V ,Chap, XVII ,pag. l$6.

(23) Vol f z:Buchanati,in Histor.Scocia:, Libn.X,p.m. 3 S«4