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Tome troisieme. K - P.
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(î 4 ) Bu-çhan. ìbtd.pag. 357-

(25) Meze-rai, AbrégéChronol.Tom. III,pag. 35°.

(2 S) Ansel-me, Hist.Généalog.de la M'ai-son deFiance,pag. lz S-

(27) Varil-las,Hist. deLouis XX,Livr. X, pag.>363,364,

(2S) Mat-thieu, Hist.de Louïs XX,

Ij.vr. I, Chap,X XV,pag.

59 > 60.

(29) Dansla Tlcmar-

?«- (Kj-

Q 6 ) Mat rine cyedîtoycwn enimSabattdienstsJît Burgundisf avéré mihijemper visaest : alioyninbonam & pu-dicam illamfur» arbrîtra -tus. Gaguin.Hist. Fianc.Libr. X,folio 288 .

(3 t ) Meze-iai, AbrégéChronol.Tût». ///,/Wg. 35°.

(32J Lk-mt-me, pag. 343.à l'ann *1481.

(33) Comi-nes, L ìvr.

VI , Chap .XIII,p. 405.

(34) Hono-rât de Mey-nier, Res-ponses li-bres auxDemandescurieuses,pag. D 0-

m t O U I s x t

que glorieuse : on l’en raillai mais au fond il fut excusable (G) : car vu le grand nombre d'en-nemis puissans qu’il avoir à craindre, il valoir mieux s’humilier, que faire le fier. De deuxmaux il faut éviter le pire : ce fut un coup de prudence ; l’on ne doit pas à contretems fe pi-quer de cœur Romain. Louis XI leva beaucoup plus d’argent dans ion Roiaume, 6c soukbien plus ses sujets, que n’avoient fait ses prédécesseurs ; 6c néanmoins les dépenses pour fa per-sonne furent fi petites, qu’on ne peut le disculper de mesquinerie (//). Celles de fa maison

furent

L’Auteur Ecossois est suspect. Un domestique ne secroît pas oblige à publier que fa maîtresse étoit haïe dansla maison de son époux, & il ne fait point scrupule de, débiter le contraire. L'est un lieu commun d’éloge. Leslouanges funèbres ne prouvent rien contre la mauvaisehumeur d’un mari. On pourroit prouver par des exem-ples modernes, que des Princesses bien mécontentes, 8cde leur époux, 8c de leur beau-pere, ont été louéesaprès leur mort le plus magnifiquement du monde ; 8cpar les Poètes, 8c par les Prédicateurs. Quoi qu’il ensoit, voici le Passage de Buchanan : Gfiantam illam exis-timabimus vel mentiendi licentiam, vil maledicendi libidi-nem , qua , in ejusdem 'Régis filiam, utuntur : qtiam , ob orisgraveolentiani (nihil enim m morts, hommes alioqui tam im-pudentes , audebant confingerè) marito feribunt fuijfe ingra-tamì At Monstreletus tllorum temporum scriptor âqualis, zyprobam fuijfe , cr formosam , memor'ut prodidit t zy qui li-brum pluscartensem scripfit, eique Regina, & naviganti &morienti , fait cornes, feriptum reliquit , eam , dum vixit ,egregie caram ficero, fierai , & marito fuijfe, epitaphium-que carmen , omni laude plénum , Gallicis verfibus, Cata-launi ad Matronam ( quo in oppido decejfìt ) fuijfe publicatum,quod in Scoticum Sermonem verfum, plerique nostrorum ad-huc habent (24). Mezerai assure que Louis XI n’aimagueres fa prémiere femme à cause de quelque imperfec-tion sécrété, 8c qu’ainfi il n’en eut point d’enfans (ij).11 épousa en secondes noces Charlotte de Savoie. Cesecond mariage fut consommé â Namur Van 1457. Elle futfort maltraitée de son mari durant plusieurs années, zy mou-rut â Amboife le 1 jour de Decembre 1483, âgée de 38ans (26). Je ne sai donc pas pourquoi Mr. Varillas a eurecours au silence des Historiens de Savoie. Louis, dit-il (t- 7 ) , fut adonné à l’amour volage. . . • On a lu dans laBibliothèque du Roi trois contrats de mariage, qu’il signa enfaveur d'autant de ses filles naturelles ... ; mats à cela présles Historiens de Savoye ne Vaccusent pas d'avoir maltraité laReine Charlotte fa femme. On va voir dans un Passage dePierre Matthieu qu’elle ne fut guere heureuse. „ La,» premiere année de son séjour, Charlotte de Savoye„ fut amenée à Namur pour consommer le mariage qui„ avoit esté traicté cinq ans auparavant. Mariage qui„ pour avoir esté faict à regret fut aussi sans amitié.», Quand le Duc de Bourgongne donna au Dauphin fa,, pension de douze mille escus, Olivier de la Marche„ escrit que ce fut à la charge qu’il l’efpousa, ce qut,, monstre qu’il n’en avoit grande envie. Elle y fit un

„ fils qui fut nommé Joachin. L’enfant mourut

,, incontient après, 8c laissa un extreme regret au Pere„ qui n’estant pas encores en ses deífiances que l’aage luy», amena, desiroit de le voir grand, cognoissant bien,, que les enfans qui naissaient tard estoient de bonne,, heure orphelins. La perte de cest enfant, qui le pre-,, mier luy avoit donné le nom de pere, luy fut si sen-,, sible qu’il fit vœu, à ce que dit Philippe de Commi-„ nés, de ne cognoistre autre femme que la fiennè, 8c„ neantmoins en plusieurs endroits de fa Chronique, on„ le void parmy des femmes, on en trouve de perdues,„ on en void de mariées, 8c les maris de basse fortune„ eslevez aux charges, 8c infinis autres traicts qui ne„ font pas d’une continence esgale à celle d’Alexandre„ (28) ”. On verra ci-dessous (29) des particularitez tou-chant ses Galanteries; mais ce qui fufit à persuader queCharlotte de Savoie ne fut guere heureuse, est que sonmari en mourant recommanda à son fils de ne se pas fierà elle; car, dit-il, j’ai toujours trouvé qu’elle favorise leBourguignon (30): Jugez s’il pouvoit l’aimer, quoi quebailleurs il la crût bonne 8c pudique. Mezerai, après avoirdit touchant la prémiere épouse de ce Monarque ce qu’ona vu ci-dessus, ajoûte, Il eust aujsi peu visité la seconde ,n’eust esté le désir d'avoir un heritier (31). Prenez biengarde à ce qui fuit: ,, Tout donnoit de l’aprehenfion au„ Roi Louis, il tenoit toufiours fa femme estoignée de„ lui, 8c ces dernieres années ill’avoit releguée en 8a-,, voye (32) ”. Philippe de Confines remarque que cet-,te Reine nestoit point de celles ou fin mari devoit prendregrand plaisir, mais au demeurant fort bonne Dame (33).

(G) La paix qu il fit avec /’ Angleterre fut plus utile queglorieuse: on l'en railla; mais aufond il fut excusable .] Jem’en vais citer un Auteur qui n’est pas des plus célèbres ;mais qu'importe ? 11 fufit qu’il parle de très-bon sens. Noustrouvons, dit-il (34), que Louys unzàeme du nom, Roy deFrance, fi trouvant trop pressé d'affaires, demanda la paixau Roy d’Angleterre Edouard quatrième, fi test qu il lefieutentré en Picardie, CT Vacheta bien cher, fi souciant peu quele Comte de Lude, & autres jes favoris, Vappellaffent le Roycouard, comme Va escrit le Politique Angevin: parce qu il nefaifiit cette paix qu à dejfein de des-untr cr affaiblir fis enne-mis^, tandis qu il fi firtifieroit pour les deffaire en fuite les unsaprès les autres zsrfi rendre leur maìstre , comme il fit de la

plus part. . 1 . (35) Les Romains eussent plustost perdu leurEstât, que de penser à faire cela : Car il ne fi trouve jamaisen sept cens ans qu ils ont eu guerre à toutes nations, qu'ilsayent demandé la paix, sinon aux Gaulois qui les tenoient. as-siégés au Capitole, après avoir brusté leur ville, dont ils tirè-rent leur raison bien toft après er à Coriolan. Tout au con-traire, estant vaincus par là puijfance du Roy Perfeus, nevoulurent pas recevoir lì vainqueur â la paix, s’il ne fi fius-mettoit luy er fin Royaume à leur mer cy , jaçoit qu il offritleur payer tribut. Et comme le Roy Pyrrhus, après avoir estquelques victoires, c sr receu quelque perte, envoya fis Ambas-sadeurs â Rome pour fraisier la paix à la forme des grandsSeigneurs qui font au pais Hautruy ; on luy fit refponfi qu ilsortît premierement d'Italie, autrement qu on ne parlât pointde la paix , qui esioit la refponfi d’un peuple magnanime, quisentoit fis forces affés grandes pour faire teste à l'ennemy :chose qui fierait mal-feante à un Prince foible, qui doibt,com~.me le sage Pilote, caler les voiles, er obéir à la tempeste qu’ilne peut éviter , pour surgir au port de salut, & n asservir pasla necejsité à Vambition, comme fit le Vaivode de Transilva-nie, qui diíl hault çy clair, qu’iï aimeroit mieux estre esclavedu Turc qu’allié de Ferdinand : ce qui luy advint aujft. Pier-re Matthieu raporte qu’Edoíiard „ avoit faict passer,, avec luy une douzaine des députés des communes,, d’Angleterre, qui estoient défia bien ennuyés de la,, guerre 8c de coucher à la soldade. Ceux-cy approu-„ voient ceste proposition de la paix, Sc disoient que íì„ este estoit juste 8c raisonnable il y auroit de l’impruden-„ ce à la refuser, 8c que l’on se devoit contenter d’avoir„ réduit le Roy de France à demander la paix au Roy„ d’Angleterre,d’autant mesme qu’un grand Roy ne se„ peut humilier davantage, ny descendre plus bas que,, de rechercher son ennemy pour la paix (36) ”. Cefut sans doute une rude mortification pour la France ;mais les circonstances du tems ne permettoient pas d’agird’une autre maniéré ,sans s’exposer à de plus grans maux.Lisez ces paroles de Philippe de Confines : Je crois qu’àplusieurs pourroit sembler que le Roy s’humiliait trop : mais lessages pourroient bien juger par mes paroles precedentes quece Royaume estoit en grand danger, fi Dieu n'y eust mis lamain : lequel disposa le fins de nostre Roy à estire si sage parti,ey troubla bien celuy du Duc de Bourgongne: qui fit tantterreurs (comme avez. veu) en cette matière, après avoirtant désiré ce qu il perdit par fa faute. Nous avions lorsbeaucoup de choses ficrettesparmi nous: dont fuffent venus degrands maux en ce Royaume, ©* promptement, fi cet appoin-tement nefifust trouvé, ey bien tost, tant du costé de Bre-tagne que d’ailleurs (37).

(if) O» ne peut le disculper de mesquinerie.] Voici ce qu’ontrouve dans l’un des Ouvrages de la Mothe le Vayer:„ L’épargne honteuse opposée à ce luxe n’est peut-estre,, pas moins à blasmer. Louis Onzième fe rendit mepri-„ fable par ses mechans habits, 8c ses chapeaux gras, que„ 1 Histoire lui reproche; 8c l’on ne sçauroit lire sans in-» dignation, dans les registres de la chambre des comp-„ tes, un article de vingt fols pour deux manches neuf-„ ves, dont on rabilla l’un de ses pourpoints, avec un,, autre de quinze deniers pour graisser ses bottes (38)”.Un Passage de Mezerai fera joint à celui-là très-commo-dément : La sentence arbitrale de Louis XI satisfit aujfîpeu l’un zy Vautre (39), que fin entrevue avec Henri Roi deCastille satisfit les François zy les Espagnols. Ceux-cy fi mo-quoient de la chicheté zy de la mine baffe cy niaise du RoyLouis, qut nestoit vestu que de bure, avoit un habit court zyej rott C j j), Cy portoït une Nostre-Dame de plomb à fa baret-*?•' ks autns 1 Indignaient de Varrogance Castillane, zy dufaste du Comte de Lodefme , Favory de Henry (40). LaMothe le Vayer 8c Mezerai font redevables de ces parti-cularitez à Jean Bodin; car voici comment il parle: „ On„ peut bien espargner, fans diminuer la Majesté d’un Roy„ ni la dignité de fa maison, ni ravaller sa grandeur; qui„ fait quelquesfois que les ettrangers le méprisent, 8c les„ subjects fe rebellent: comme il en print au Roy Louys„ XI, lequel ayant chassé presque les Gentilshommes de„ fa Maison, se servoit de son tailleur pour tous hérauts„ d’armes, 8c de son barbier pour Ambassadeur, 8c de„ son médecin pour Chancelier (comme un Antioque„ Roy de Syrie de son médecin Apollophanes qu’il fit« chef de son conseil (j),) 8c par moquerie des autres,, Rois il portoit un chapeau gras, 8c du plus meschant», drap 8c mesmes on trouve à la chambre des Comptes,,, 8cc. . . : 8c neantmoins il haussa les charges plus que„ son prédécesseur de trois millions par chacun an, 8c,, aliéna grande partie du domaine (41)”. Voies ce qu’ilavoit dit dans un autre endroit du même Ouvrage (42) :Le Roy d'Egypte ayant veu Agefílaus veautré en un pré ,vestu d'une simple cape de meschant drap, zy que de sa corpu-lence il estoit maigre, petit, zy boiteux, il n en fit point deconte non plus qu en fit du Ray-Louis onzième, lequel estartt

(35) Lí-mì*

592 .

(3 6 ) PierreMatthieu,Hist. deLouis XI,Livr. VI,CUp. X IX,p*g. 317, ’

u?) m? v

lippe deComineS,Livr. IV,Chap. VII,Pfg.m. 222,'a Vann.

1475-

(3-) LaMothe leVayer,Opuscules,

I Part. pag, ■83 du VIIITome de sesOeuvres.

(39) c’est-

à’dire JeiutT{oì d?xAra~gon 9 & Hen-*,n T{oi deCastille .

(f) Les ha-bits courtsestoient ridi-cules aux per-sonnes de quATlité,

( 40 ) Meze-lai, AbrégéChronol.Tom. III,pag. 290,

d 1462,

( 1 ) Polj&l .lib. z.

Í41I Bodin,de la Répu-blique, Livr.VI, Ò>ap. II,vers la stn ,pag. m. »os.

(42) Là-mt--me, Livr. lVtCh’àp. VI ,pag. 631. -