Band 
Tome troisieme. K - P.
Seite
173
JPEG-Download
 

L © U I

L

m

{43 ) Dansi.t Remarque

t* A

(44) Ctstr

à-dire deLouis XI.

ftlrent fur le même pied. On peut dire k même chose de fer Ambassades (7) ; maïs à d’autreségards il étoit, prodigue (c) ; & il avoir des peníionairés qui lui coutoient beaucoup dans les/pais étrangers. II dépensoit beaucoup en espions, & pour la chasse, Lc pour les Dames (K) $6c il récompenfoit largement ceux qui croient les premiers à lui aporter les grandes nouvelles;Il donna quatre cens marcs d’argent à Philippe de Comines, & au Seigneur de Bouchage, quilui avoient donné la prémiere nouvelle de la bataille dé Morat (d). II diíoit quelquefois, jedonnerai tant à celui qui m'aportera telle nouvelle (e). II s’entretenoit souvent de l’issue des affai-res avant que d’en être averti (/). C’est une marque de son impatience, 6c après cela il ne fautpoint s’étonner qu’il ait établi les postes (g). II faisoit paier exactement la solde de ses gensde guerre, 6c leur défendoit sévèrement de faire tort à personne, 6c punissoit avec k derniererigueur les contrevenans. Cela faisoit que son Roiaume, quoi que bien, chargé d’exactions, nelaissoit pas d'être riche (L). C’est à lui que l’on attribue rétablissement de laLoi qui soumet àk peine capitale ceux qui n’ont point d’autre part à une conspiration que de n’avoir pas révéléce qu’ils en favoient (M). II étoit sujet à des caprices, 6c a des humeurs qui tenoient du bu-tinage,

„ marques, de Vincontitience de Louis » puifqu’st y paroit„ en qualité de Pere de,trois filles naturelles, 6c qu’il. ] es„ marie fans déguisement (49)”. Pierre Matthieu va nousdire que ce Prince faisoit des dëpences pour ses amours,lors même qu’il étoit réduit à la nécessité d’emprunter.„ J’ay veu au compte de la Chambre des deniers, qu’es-„ tant au voyage d’Arras il emprunta d’un fie ses fervi-„ teurs, nommé Jacques Hamelin, la somme de trois,, cens vingt livres seize fols hui ct deniers, pour t employer.„ à ses plaisirs ex voluptez, Sc que faisant venir une Da-„ moiselle de Dijon nommée Huquette Jaquelin vefve», de feu Philippe Chamargis, au mois d’Aoust de l’an„ mil quatre cens soixante dix-neuf, (**) un valet tren-„ chant qui l’alla quérir avança les frais & de son voyage, & du séjour qu’elle fit à Tours (50) ”, Notez qu’en cetems-là on faisoit avec vingt sols ce qu’on ne feroit pasaujourd’hui avec deux pistoles.

esteu arbitre pour juger le diffèrent S entre les Rois de Navarreex de Castille , les Espagnols d’arrivée se moquoyent des Fran-çois , ex de leur Roy, qui semblait quelque pelerin saint Ja-ques avec son chapeau gras, bordé d’images, est fa jaquettede drap tanné, ex qui navoit aucune Majesté en fa face, nonplus qu en ses façons de faire, ex fa fuite accoustrée de mefmes:car il ne pouvoit voir personne brave en accoufiremens ; au lieuque le Roy de Castille ex fa troupe estant venus, parez, de somp-tueux habits , ex leurs chevaux richement caparaffonnez.,monstroyent une certaine grandeur Espagnole, ex telle qu ilfimbloit que les François ne fusent que leurs valets. Nousverrons ci-dessous (43 ) qu’on peut remonter jusqu’à unAuteur , qui précede Bodin, 8c que Mr. Varillas n’a pointentendu.

( I) Les dépenses de fa maison . . . & àefes Ambassades. ]Voici des paroles de Pierre Matthieu qui écrivoit sous leRégné d’Henri IV. La defpence de fa maison (44 ) fut beau-

U) niezMatthieu,

dans fa Vie*Livr. X /,fàg. 6§§, 700.

(d) Là-me-pag. 700„

(e) La-mi-me, U cite .,

dé ;

Cominés.’(fyxJt-memei‘(g ) Là-me-

me- t pagf 69^'-

• T

(49) Vctril"las, Hist. deLouis XI,Livr. X j324 S

coup inferieure d. celle de plusieurs Seigneurs de ce temps . §. («) On conserve, dans la Bibliothèque de Ste. Eli-

Z/ /a, r. ...x , . . . .. . J ^ .fl. . 1 . .aA, aMAa fl I AU /aA AfUU AA. / A a 1 ,4 4 _ 1 ", , . _ /î_ _ _ T T t í\. a. ..._ - . ta. . i A b. 4» /I /4 A n D A\ 1 A # . ,

(t) Le RoyLouys XIdòftna troistens Uvresd?accroisse-ment à -Mar-tin Barthelotmàstrt.de UChambre desdeniers, UChambre desComptes ne levoulut pajs„sans une j KS -ston, qui futexpédiée ài’Aray íe Mai-nt le 6^ivril 148s.

Í4J) Mat-thieu, Hist.«e Louis XI,Livr. XI,M- «47.

Í46) LaB-oque,Traité de laNoblesse,Chap. XCVI,peg. 338 .

(47) Olive-rius DandusLegatus Lu-dovici XI adMariam Bur-gwidìam abea ludibrio

Lahhus:tn,m quasivitS*q Fbi opm

nsedico cum

"i"!"-- valerctyuaerat ton -L" feu chi .

La

a ?<ÌUC,/é-Tltnt e % 11zaporte celacomm c de Ga-S u in; mais jele trouvef”’’* dans U,Anales deCí f 'Auteur.

(48) w; c .Siefort dej. A mbass a -° eut > L nr .;■ Cha t- VII,íy^ISo; &

f 4 ?. 26 .

ft.L>ms

d{ MeT ^ 1

Par les comptes on void quelle s'augmente selon les années, lesaffaires, & les vtyages. Elle ne passe point trente six millelivres jusques en l'année mil quatre cens quatre-vingts, quellevint à. quarante trots mille six cens dix-neuf livres. Elle futtannée mil quatre cens quatre-vingts un, de soixante six mil-le six cens quatre-vingts livres, es 1 en la derniere année defa. vie, de quatre-vingts mille six cens trois livres, & neant-molns il ne bougea du Plejsis, depuis le huiéliefme Novembrejusques au feptiefme Septembre de Vannée suivante, qu’il futporté en la sépulture à nostre Dame de Clery. . Le nombre desserviteurs pour le service ordinaire de cesie defpence n’estait pasgrand , les gages petits, en comparaison du temps où nous som-mes. ils fervoient toute Vannée, ©* Vannée commençait aumois d’Oâlobre. Autres que ceux-cy ne font couchez, en l'Estâtde ses pensions volontaires. Deux Chappelains À raison de dixlivres par mois chacun, N un Clerc de Chapelle à. cent fols.

n valet de Chambre du Roy à quatre-vingts dix livres par.an - Quatre Escuters de cuifine à six vingts livres par an cha-cun. Un hasteur , un potager, un faujsier, un queux, unsommelier d'armeures, deux valets de sommiers, à raison dedix livres par mois chacun. Deux galloppins de cuisine à huisilivres par mois, un porteur, un pâtissier, un boulanger, deuxcharretiers à chacun soixante livres par an, unpallesrenìer©“ deux de ses ay des, d, vingt quatre livres par mois. UnMarefchal de forges, à six vingts livres. Le Maistre de laC ambre des deniers du Roy avoit douze cens livres, CT le

tour 7 ^°r Tb Ctn ? Ce "i ?" ne donnait que cinquante fils

pour les robbes de valets, & douze livre: pour les manteauxdes Clercs, Notaires CT* Secret aires de la Maison e? Couronnede France (45).

On a déjà vu que ce Prince emploioit à des Ambassa-des son barbier. II l’annoblit par Lettres de l’an 1474, enl’investissant du Comté de Meulant, 8c il lui changea lenom d’Olivier le Diable en celui d’Olivier le Daim (46).11 l’envoia à l’hériticre de Bourgogne qui s’en moqua :Qu’ai-je à faire, dit-elle, d’un Médecin; puis que je meporte bien (47) ? Mr. de Wicquefort a parlé de cette Dé-putation d’Olivier le Daim (48).

(K) Il dépensait beaucoup . ; o 1 pour la chaffe,

O 1 pour les Dames. ] ,, Les deux pallions dominantes de-, Louis furent pour la chasse, 8c pour les Daines (») ;„ 8c l’on remarque que fa libéralité passoit dans un excez„ inconcevable, toutes les fois qu’il s’agissoit de satisfaire„ l’une ou l’autre de ces passons. Quant à la premiere,„ il entretenoit un prodigieux nombre de Veneurs, de,, Fauconniers, d’oiseaux , 8c de chiens ; 8c il étoit û„ jaloux d’empêcher que ceux qui avoient le droit de„ chasser ne l’cxerçassent fous quelque pretexte que ce„ fût, qu’il étoit plus dangereux de tuer un cerf qu’un

„ homme. Quand il partit de Lyon aprez avoir

„ reçu l’avis certain de la défaite du Duc de Bourgogne,, à Morat, st mena avec luy au grand scandale des gens,, de bien depuis cette Ville jusqu’à celle de Paris deux,, Maîtresses, (*) l’une nommée la Gigonne qui étoit,, veuve, 8c l’autre appellée la Passefilon qui étoit fem-,, me d’un Marchand. II fit depuis revenir de Dijon in-» continent aprez que le Prince d’Orange l’eut rendu» maître du Duché de Bourgogne, une Demoiselle tout-» à-fait charmante, nommée Huguete de Jaquelin. Mais-- a,vant tout cela l’on trouve dans la Bibliothèque du" R°y trois Contrats de mariage, qui font autant de

sabeth de Brestau, une Histoire manuscrite des Rois Char-les VIÍ 8c Louis XI depuis l’année 1410 jusqu’èn 1483.L’Auteur, qui ne s’est point nommé, mais qui dans laPréface fe vante d’avoir eu dans fa jeunesse plusieurs en-tretiens avec le Roi Charles VII, finit son Ouvrage parcette Epitaphe du Roi Louis XI:

Persista insignis, hinc ufqite ad Tartara notus;

Formofi oppreffor pecorìs, nequijsimus ipft. Rem.Ckit,

(L) Cela faisoit que son Royaume . ... ne laissoit pasd'être riche.'] Voilà comment les mauvaises quajitez d’unMonarque font quelquefois compensées par d’autres qua-litez, qui font qu’à tout prendre ìes peuples ne font pasplus malheureux, que fous un chef qui est bon 8c dé-bonnaire (51 ). Ce que dit ‘Tacite que les désordres duGouvernement sont interrompus par les bons Princes quisuccèdent aux mauvais, & que cela forme des compen-sations, est une bonne pensée. Vitia erunt donec hommes.,sied neque hue continua, z? meliorum interventu pensantur (jz).Mais on peut aster plus avant, 8c dire que dans une mê-me personne le mal 8c le bien se contrebalancent quel-quefois fie telle forte, qu’st en résulte plus d'Militez pu-bliques , que d’une certaine bonté uniforme. Louis XIlevoit trop d’argent fur ses sujets : mais st faisoit circulercet argent-là; car st faloit que ses troupes paiassent exac-tement tout ce qui leur étoit nécessaire, 8c il ne permet-toit point qu’elles dérobassent la moindre chose. Servons-nous du style naïf Lc antique de Jean Bouchet ( 53 )• Uvouioit que Justice sust administrée , VEglise reveree , & nonpillée : ew fe delefloit a décorer les Images CT monfiiers : £ 3 * sivouioit que fes Gensdarmes fussent bien payés de leurs stipen-dies, fans y saillir par fis trésoriers, fur peine de la corde .Il eut long temps d fa fiulde plus de quatre mil hommes d’ar-mes &• grand nombre de gens de píé, appelles Francs ar-chiers, dont la terre eftoyt toute couverte, depuis Bourdeaulxjusques en Picardie : entre lesquels y avoyt fi bonne police, &discipline militaire, qu on ne fieut violence avoyr esté saisie attpaoure peuple, fors en ung lieu d’ung Bournois d’abeilles, O*en Vautre d’ung larrecin de deux gelines, dont les malfaiteursfurent incontinent pendus cr eftranglés, KX fi estaient hommesd’Armes. A cefte cause, combien que le peuple sust charge degrans tailles ex subsides, ex que le Roy levast fur le peuplequatre millions, ex fipt cens mil livres de tailles ex subsides,neantmoins le Roiaulme de France estait riche, parce que Var-gent que le peuple baillott, les gensdarmes estoient bien payés,ex les gensdarmes âpres baillaient partie de ce qu ils avoientreceu , en paiant ce qu’ils prenaient , ex n’alloit ung double horsdu Roiaulme. Car jamais ce sage Roy ne ta fiha avoir deuxcouronnes, ne sceptre Impérial. Voilà un bon Car : rienn’épuise plus un Roiaume que l’envie qu’ont les Princesde fe faire des créatures dans les pais étrangers pour lesconquêtes d’élection, ou autres. Notons qu’en tout ceciJean Bouchet fe trouve opposé à d’autres.Historiens,qujassurent que Louis XI apauvrit beaucoup fes sujets (54),8c emploioit beaucoup d’argent pour avoir des peniìo-naires, 8c des intelligences dans les pais étrangers.

(Mj On lui. attribue l’établissement de la Lot qui soumeta la peine capitale ceux qui n ont. point d autre part a uneconspiration que de n avoir pas révélé ce qu ils en favoient.]Ce Texte n'est pas.indigne de la curiosité des Lecteurs:mais le commentaire en est encorç plus digne ; car stV 3 còn-

(**) Cstcdefpence de-puis U pre-mier jourd'^Aouft, jus-ques k Pun-zjefme Dt-cerabre , femonte à lusomme dedeux censquatr eruìngt sdix-httift li-

(50) Mat-thieu , Hist^de LouisX I j LtVTmX /, pag.707.

(îi) Voles

d-dtssts 'Re-vtarqut (BB}de P ^Article

Henri IL,

(52) Tarit,Hist. Libr.IV, Cap.LX XIV,

(st) Bou-chet , An-nales d’A-quitaine,

folio m, iSqverso,

C4) Votezla itemarque

(Z).

/

9